S’il est une donnée fondamentale de mon être, c’est bien l’attachement viscéral que j’éprouve à l’égard de ma langue, de ma terre et de ma culture. Charles Bertin
Un petit coin pour venir vous jaser de lectures, d'auteurs, de musique, bref, de ce qui me passionne. Entre les lignes, au coeur des mots, les vôtres, les miens tout simplement. Bonne visite.
Merci à Allie pour le bouton Blogue québécois.
Je lis toujours et encore
Poésies complètes d'Émile Nelligan
Fides 1950, Réédition 1979
Citation
Comme Rimbaud, Émile Nelligan, poète d'origine irlandaise, a connu une heure de gloire, qui s'est étalée sur un court laps de temps, soit de 1896 à 1899. Ce beau jeune homme vécut son apogée à 17 ans, après quoi il sombra dans l'abîme du rêve, expression qui désignait à l'époque la folie. On peut comprendre que, vivant auprès d'un père opposé à l'expression de son don pour l'écriture, son âme s'enroula comme un serpent pour s'étouffer elle-même. De par la facture de ses poèmes, il appartient à l'école parnassienne. Son oeuvre retrace son enfance et laisse paraître son manque de maturité, qui l'incline vers son moi qu'il sent déprécier. En ce sens, il est bien de son âge. Mais ses préoccupations alimentent surtout les pensées propices au mois de novembre. Sa vie fut un automne qu'il termina dans l'hiver glacial des murs d'un institut psychiatrique.
Petit mot
Il est difficile d'émettre une critique sur un tel recueil. Cependant, ce bouquin comprenant des poésies de ce grand auteur reflète la vie d'un être blessé au plus profond de son âme. Ses écrits sont d'une écriture qui atteint le cœur et l’âme . J'adore ce livre et pour moi c'est un trésor de poésies inoubliables. Une référence, vraiment.
Un poète
Laissez-le vivre ainsi sans lui faire de mal !
Laissez-le s'en aller ; c'est un rêveur qui passe ;
C'est une âme angélique ouverte sur l'espace,
Qui porte en elle un ciel de printemps auroral.
C'est une poésie aussi triste que pure
Qui s'élève de lui dans un tourbillon d'or.
L'étoile la comprend, l'étoile qui s'endort
Dans sa blancheur céleste aux frissons de guipure.
Il ne veut rien savoir ; il aime sans amour.
Ne le regardez pas ! que nul ne s'en occupe !
Dites même qu'il est de son propre sort dupe !
Riez de lui !... Qu'importe ! il faut mourir un jour...
Alors, dans le pays où le bon Dieu demeure,
On vous fera connaître, avec reproche amer,
Ce qu'il fut de candeur sous ce front simple et fier
Et de tristesse dans ce grand oeil gris qui pleure !
Source: ÉditionFides
Publié par Suzan à 19:22:26 dans Nouvelles, poésie et théâtre | Commentaires (1) | Permaliens
Né à Montréal le 24 décembre 1879, Émile Nelligan s'adonne à la poésie alors qu'il est encore écolier. Après avoir interrompu ses études, il mène une vie de bohème. Il publie une vingtaine de poèmes dans plusieurs journaux et revues entre 1896 et 1899, années au cours desquelles il compose l'essentiel de son œuvre, qui paraîtra en 1904 grâce au critique Louis Dantin. Atteint de maladie mentale, il est d'abord hospitalisé à la retraite Saint-Benoît-Joseph-Labre en 1899, il y restera jusqu'en 1925, alors qu'il est interné à Saint-Jean-de-Dieu où il meurt le 18 novembre 1941.
Objet de nombreuses études jusqu'à nos jours, la poésie de Nelligan rallie l'opinion des critiques, qui lui reconnaissent une sensibilité extrême et un talent exceptionnel. Sur le mode romantique et symboliste, Nelligan aborde les thèmes de l'enfance, de la musique, de l'amour et de la mort. Son destin tragique, son œuvre lourde de promesses et empêchée, ses exigences esthétiques ont fait de lui une figure mythique de la poésie québécoise.
(Source : Les Éditions Fides)
Bibliographie
Émile Nelligan et son Oeuvre
Poésies complètes
Poèmes choisis
Émile Nelligan,
Poésies
Émile Nelligan après cent ans, 1879-1979,
31 poèmes autographes. 2 carnets d'hôpital 1938,
Oeuvres complètes, tome I, (Poésies complètes 1896-1941),
Oeuvres complètes, tome II, (Poèmes et textes d'asile 1900-1941),
Poèmes autographes, (présentation, classement et commentaires de P. Wyczynski),
Émile Nelligan Poésies (en version originale)
Source : http://www.emile-nelligan.com/
Biographie plus complète ici :
http://www.collectionscanada.gc.ca/canvers/t16-204-f.html
Publié par Suzan à 19:17:20 dans Portraits d'auteur(e)s | Commentaires (0) | Permaliens
Lu il y a un bout
Un Jardin entouré de murailles de Robert Lalonde
Boréal, 2002
Présentation de l’éditeur
Automne 1957. Accompagnée de Grace Frick, Marguerite Yourcenar quitte Petite Plaisance pour effectuer à Montréal une tournée de conférences. Il arrivait alors à celle qui commençait à peine à goûter à la gloire, avec le succès tout récent des Mémoires d’Hadrien, d’accepter de tels engagements. Est-ce l’éclat de l’été indien? la rupture de la routine du couple? le feu qui se dégage des êtres qui croisent leur chemin? Survient un moment où les deux femmes se résignent à rentrer chez elles, chacune de son côté. À partir de cet épisode tiré de la vie d’un des écrivains les plus étonnants du siècle, Robert Lalonde construit un roman où s’entrecroisent les thèmes majeurs de toute son œuvre : la réconciliation du désir et de la vie, le destin des êtres d’exception, l’écrivain dans le monde. Mais il s’agit surtout d'un roman qui met en scène un couple, couple unique et impossible, comme le sont tous les couples, et qui ne finit jamais par livrer son mystère, puisque «tout grand amour est un jardin entouré de murailles».
Mon avis
J’ai dans ma bibliothèque Mémoire d’Hadrien de Marguerite Yourcenar que je n’ai pas encore lu donc je ne connais aucunement l’écriture de cette écrivaine. Par contre, je connais et aime beaucoup celle de Robert Lalonde ainsi j’espérais bien que la lecture de ce petit bouquin m’apporterais un certain plaisir et je vous avoue que je n’ai pas été déçue. Les mots de Lalonde ont cette magie de me retenir à leur lecture. Et Un jardin entouré de murailles m’a plu de la première à la dernière page.
L’auteur, idolâtre l’écrivaine Yourcenar et, au fil de ses lectures biographiques et d’écrits de celle-ci, a concocté et imaginé ce roman à partir d’un voyage de l’écrivaine accompagnée de son amante au Québec pour y donner quelques conférences. Mais un malaise cardiaque contraint Marguerite Yourcenar à l’hospitalisation et dès ce instant nous entrons dans le vif du roman.
Un petit livre délicieux dans lequel Lalonde nous démontre le caractère bouillant de Yourcenar mais aussi et surtout ses désirs, ses peines, ses sentiments envers Grace son amante, sa compagne, son amie et aussi son souffre-douleur. Un roman tantôt drôle, tantôt triste, tantôt choquant par ce qu’on perçoit comme caractère chez Yourcenar. Une dame gâtée par la vie, vedette incontestée de l’écrit qui est habituée de tout avoir et que ses quatre volontés soient constamment comblées. Puis, d’un autre côté, Lalonde nous raconte aussi l’être humain qu’est cette femme avec ses défauts et faiblesses. Une histoire écrite simplement, humainement avec amour et respect.
J’ai beaucoup aimé et je regrette qu’une chose : ne pas avoir lu Marguerite Yourcenar avant la lecture de ce roman ainsi j’aurais sûrement mieux saisi certains passages. Enfin, c’est un tout petit bémol qui n’interfère aucunement à la beauté de ce roman.
Source pour jaquette et résumé : Les éditions Boréal
Publié par Suzan à 18:42:42 dans Autres lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Robert Lalonde est né à Oka en 1947. Après avoir obtenu un baccalauréat ès arts au Séminaire de Sainte-Thérèse, il a poursuivi des études en interprétation théâtrale au Conservatoire d'art dramatique de Montréal. En 1970, il a obtenu le premier prix d'interprétation du Conservatoire et une bourse d'un an qui lui a permis de voyager en Europe et aux États-Unis. Professeur d'art dramatique au Cégep Lionel-Groulx, il a aussi enseigné au Conservatoire d’art dramatique de Montréal ainsi qu'à l’Université du Québec de Trois-Rivières. Acteur dans de nombreux films et téléfilms, homme de scène, il se consacre également à l'adaptation de textes pour le théâtre et à l'écriture romanesque. […]
Robert Lalonde représente le Québec à chaque automne depuis 1997 en tant que membre du jury du Prix de l’Union latine, à Rome (Italie).
En 2005, il a fait paraître le roman Que vais-je devenir jusqu’à ce que je meure ?, un bouleversant portrait de l’adolescence. Enfin, au printemps 2007, Robert Lalonde nous a offert le recueil de nouvelles Espèces en voie de disparition, une plongée vers l’humanité qui se cache derrière le quotidien, une échappée vers la part la plus vivante de nous. Ce recueil a été finaliste dans la catégorie « Romans et nouvelles » des prix du Gouverneur général 2007 et finaliste du Prix du Grand public La Presse /Salon du livre de Montréal. Il a également été finaliste du Grand Prix littéraire Archambault et du Prix littéraire des collégiens 2008.
Bibliographie
La belle épouvante, Les Quinze éditeur, 1981.
Le Dernier été des indiens, Éditions du Seuil, 1982.
Une belle journée d'avance, Éditions du Boréal, 1998 (2e édition).
Le fou du père, Éditions du Boréal, 1988.
Le diable en personne, Éditions du Boréal, 1999 (2e édition).
Baie de feu, Écrits des Forges (poésie), 1991.
L'ogre de Grand Remous, Éditions du Boréal, 2000 (2e édition).
Sept lacs plus au nord, Éditions du Boréal, 2000 (2e édition).
Le petit aigle à tête blanche, Éditions du Boréal, 2000 (2e édition).
Où vont les sizerins flammés en été?, Éditions du Boréal, 1996.
Le monde sur le flanc de la truite - Notes sur l'art de voir, de lire et d'écrire l’Olivier, 1999 (2e édition).
Des nouvelles d'amis très chers, Éditions du Boréal, 1999.
Le vacarmeur - Notes sur l'art de voir, de lire et d'écrire, Éditions du Boréal, 1999.
Monsieur Bovary - ou Mourir au théâtre, (Théâtre), Éditions du Boréal, 2001.
Un Jardin entouré de murailles, Éditions du Boréal, 2002.
Iotékha', Éditions du Boréal , 2004.
Que vais-je devenir jusqu’à ce que je meure ?, Éditions du Boréal, 2005.
Espèces en voie de disparition, nouvelles, 2007, Éditions du Boréal, 2007.
Sources Éditions Boréal et wikipedia.org
Publié par Suzan à 18:38:36 dans Portraits d'auteur(e)s | Commentaires (0) | Permaliens
Y’a des moments dans notre vie de tous les jours où des petits riens apportent de grands plaisirs. Pour plusieurs se rendre à la bibliothèque est une activité comme une autre. Pour d’autres c’est un moment de relaxation dans un calme assuré. Et pour le lectorat compulsif, maniaque et même mélomane c’est une nécessité, un besoin essentiel. Je vous avoue que mon cas ressemble étrangement à ce dernier exemple car je suis une inconditionnelle de bibliothèque. J’aime m’y balader, fureter, sentir l’odeur des livres. Malgré que je pourrais faire ça de chez-moi, j’aime aussi prendre le temps de consulter les nouveautés, m’installer à un des ordinateurs qu’offre la bibliothèque et rechercher les titres notés de vos suggestions ou encore de quelques-unes de mes promenades au fil de sites littéraires. Mais mon grand plaisir est celui de m’asseoir entre les rayons, prendre un bouquin au hasard, caresser sa couverture, sentir son odeur et le feuilleter du bout des doigts, tendrement, amoureusement. Parfois j’hésite, je le pose à mes côtés et je recommence le même stratège à quelques reprises non par indécision mais pour le bonheur du geste. J’aime ressentir cette complicité entre les livres et moi. Je sais qu’ils me parlent, m’invitent, m’attirent. Ô certains m’ignorent j’en suis certaine mais peu importe, ces petits moments entre les livres et moi dans un lieu invitant comme une bibliothèque ça n’a pas de nom. Un baume? Un exutoire? Hum oui parfois mais dans le fond, c’est tout simplement le bonheur.
Source toile: Karin Jurik
Publié par Suzan à 20:41:04 dans Balades entre mes lignes | Commentaires (8) | Permaliens
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