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Une Divine plaisanterie de Margaret Laurence | 25 décembre 2009

Une Divine plaisanterie de Margaret Laurence

Editions Alto , 2008

 

Résumé

Rachel Cameron, une institutrice célibataire vivant à Manawaka, est enfermée dans un cocon de silence, une armure de désirs inassouvis. Celle qui se définit comme un « anachronisme » continue, jour après jour, de prendre soin de sa mère en couvant à l’insu de ses collègues une détresse intérieure profonde, une soif de liberté et de passion que la rencontre de Nick, un amant de passage, viendra brièvement apaiser.

Récompensé par le Prix littéraire du Gouverneur général et adapté au cinéma par Paul Newman sous le titre Rachel, Rachel, Une divine plaisanterie dissèque avec un humour acide les thèmes de la solitude, de l’amour, de la mort et de la foi. En remarquable peintre des sentiments, la grande dame des lettres canadiennes signe un récit émouvant pétri d’humanité, un portrait de femme hors du commun aux échos universels.

 

Mon avis

Il y a quelques années j’ai visionné l'adaptation cinématographique de ce roman sous le titre de Rachel, Rachel avec Joanne Woodward dans le rôle principal  et j’avais beaucoup aimé en me promettant bien un jour de lire le roman. Bien c’est fait et je ne regrette qu’une chose : de l’avoir déjà terminé car, bien que le film soit très bien, Une Divine plaisanterie reçoit un pourcentage plus haut.

Je ne résumerai pas ce que dit déjà le quatrième de couverture mais  tenter de vous convaincre que ce roman est à découvrir. Son propos n’est pas joyeux car l’héroïne de ce roman, Rachel, n’est pas vraiment heureuse. C’est une dame dans la trentaine, institutrice de métier, qui partage sa vie entre l’école et la maison où elle vit avec une mère dominatrice et très «axée» sur les principes religieux où l’interdit domine.

Rachel s’ennuie et souffre énormément de solitude. Vivre dans un carcan autant au travail qu’à la maison ne lui permet pas vraiment de s’extérioriser. De plus, résider dans une petite ville à la fin des années cinquante où tout le monde se connaît et s’espionne aussi, ne l’aide pas non plus. Mais un jour Nick apparaît dans sa vie…

Ce n’est pas un roman à l’eau de rose qui se termine toujours  ainsi : ils se marièrent et eurent de nombreux enfants. Non.  Une Divine plaisanterie est une histoire profonde, douloureuse d’une femme ne demandant qu’à aimer et être aimer. Ne désirant que se sortir de ce sacro-saint vieux cliché religieux qu’une femme se doit d’être là que pour se soumettre aux parents, au mari, aux enfants et s’oublier tout simplement.

Margaret Laurence, m’a une fois de plus conquise avec ce roman très intime, réaliste et humain. Elle raconte très bien avec des mots justes et vrais. Une plume qui sait «jouer» avec les émotions de ses personnages pour bien nous faire comprendre et en touchant nos propres valeurs. Un petit bijou.

 

 

N.B.: Ce roman est le deuxième livre du Cycle de Manawaka (ville fictive se situant dans le Manitoba, au Canada). Cependant, ce n’est pas une suite et chaque roman de ce cycle a sa propre histoire.

 

Source pour jaquette et résumé : Éditions Alto

Publié par Suzan à 18:40:28 dans Autres lectures | Commentaires (0) |

Margaret Laurence | 25 décembre 2009

Margaret Laurence, née Jean Margaret Wemyss, romancière (Neepawa, Man., 18 juill. 1926 -- Lakefield, Ont., 5 janv. 1987).
Dès l'âge de sept ans, elle écrit des histoires. Ses travaux d'écriture se poursuivent pendant ses études secondaires, puis pendant la période où elle travaille pour un quotidien syndical, le Winnipeg Citizen. Il faudra attendre son séjour en Somalie pour que paraisse sa première oeuvre. En 1954, le protectorat britannique de Somalie publie A Tree for Poverty, une traduction de légendes et de poèmes somaliens. L'Afrique transforme la jeune occidentale, libérale et idéaliste qu'était Margaret en une femme pleine de maturité. [éElle saisit vite les problèmes des jeunes nations, sympathise avec leurs peuples et lit tout ce qui se r...]
De retour à Vancouver, Laurence reprend ses mémoires des années somaliennes, qui seront publiées sous le titre The Prophet's Camel Bell (1963). Puis, elle se concentre sur son personnage Hagar Shipley, inventé à partir de ses souvenirs de ses Prairies natales. The Stone Angel (1964 ; trad.L'Ange de pierre, 1976) raconte le dernier voyage de Hagar vers l'acceptation de l'amour et de la liberté et marque une date

importante dans l'histoire de la littérature canadienne. Ce sera le chef-d'oeuvre de Laurence. L'action se déroule à Manawaka, une ville imaginaire que Margaret Laurence fait surgir du paysage canadien et qui annonce ses futurs romans.
A Jest of God (1966 ; trad.
Un dieu farceur, 1981) raconte l'histoire de Rachel Cameron, qui, au sortir de l'épreuve qu'elle traverse au cours d'un été à Manawaka, dans les années 60, se découvre une personnalité fragile mais riche.
[...] Stacey MacAindra, l'héroïne de The Fire-Dwellers (1969 ; trad. Ta maison est en feu, 1971), est la soeur de Rachel Cameron. Épouse d'un commis qui tire le diable par la queue et mère de quatre enfants, Stacey vit à Vancouver et incarne la femme au foyer de notre époque.
[...]
The Diviners (1974 ; trad.
Les oracles, 1979), histoire de l'écrivaine Morag Gunn, rappelle la propre démarche de Laurence et représente l'apogée du cycle de Manawaka. [...]

Installée à Lakefield, Laurence milite constamment au sein de divers organismes pacifistes, en particulier du Project Ploughshares. Elle est nommée Membre de l'Ordre du Canada et reçoit des grades honorifiques de 14 universités canadiennes. [...]
Auteure attachante, son nom restera gravé dans la mémoire pour ses ouvrages, sa personnalité chaleureuse, sa vigueur et son humour qu'elle a partagé avec tant de générosité. Son testament littéraire, ses mémoires Dance on the Earth, qu'elle a terminés avant de mourir, ont été publiées en 1988. Atteinte d'un cancer du poumon elle se suicide dans sa maison le 5 janvier 1987.

Bibliographie (non exhaustive)
Le Cycle de Manawaka
N.B. (Les romans de ce cycle peuvent être lus indépendamment car ce cycle n'est pas une suite)

L'Ange de pierres 
Une Divine plaisanterie  (Aussi titré Un dieu farceur et au cinéma: Rachel, Rachel)
Ta maison est en feu ou Les habitants du feu
Les Oracles

Autres

Un oiseau dans la maison (Nouvelles)
Heart of a Stranger (collection d'essais publiés en 1976)
Dance on the Earth (Mémoires)

Source: http://www.thecanadianencyclopedia.com

Publié par Suzan à 18:37:05 dans Portraits d'auteur(e)s | Commentaires (0) |

Tous mes voeux | 24 décembre 2009

Image: Joe Bergeron

Source:  http://homepage.mac.com/joebergeron/

Citation et montage:  © Sue2009

Publié par Suzan à 04:27:44 dans Autres lectures | Commentaires (11) |

Sonate en fou mineur : Éloi Paré | 23 décembre 2009

Lu il y a un bout

Sonate en fou mineur : Éloi Paré
Edition Guy St-Jean, 2009

Résumé
Pascal est un compositeur doué, rongé par le désir de composer une sonate, un chef-d'oeuvre qui le propulsera au sommet de son art. Pour y parvenir, il occupe plusieurs petits boulots jusqu'à ce qu'il décroche un emploi de rêve : gardien de nuit à l'institut Saint-Martin, un hôpital psychiatrique. Là, dans le silence de la nuit, son inspiration pourra éclore sans entrave, croit-il ; il n'aura plus qu'à la laisser courir sur son piano le matin venu. C'est dans cet endroit étrange, où les couloirs résonnent de bruits lugubres et sinistres, qu'il fait la connaissance de Tristan, un jeune homme interné à cause d'une histoire sordide. Prisonnier de l'hôpital depuis sept ans, celui-ci tente de convaincre Pascal qu'il est sain d'esprit et qu'il doit à tout prix être libéré. Intrigué, le musicien-gardien se fait prendre au jeu des questions que Tristan lui impose. Et chaque nuit, Pascal alimente le jeune homme d'anecdotes banales, tranches de vie sans intérêt, qui pourtant captivent son auditeur. Ainsi s'installe une relation toute particulière où chacun devient indispensable à l'autre. Puis, les récits du gardien prennent une dimension insoupçonnée lorsqu'ils révèlent l'existence d'Agathe Dumas. Pascal devient alors bien malgré lui l'instigateur d'une relation épistolaire entre le patient et la jeune femme, chacun envoûté par l'existence de l'autre. Et c'est parmi tous ces méandres que le compositeur trouvera la « clé » de l'inspiration qu'il espérait tant, à un moment aussi surprenant qu'inattendu.

Mon avis
Une histoire somme toute intéressante. Un compositeur en mal d’inspiration est engagé comme gardien de nuit dans un institut psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. Il voit là l’opportunité du calme de la nuit pour se remettre à composer. Il se lit «d’amitié» avec un jeune criminel, Tristan, enfermé depuis sept ans car accusé d’un crime atroce. Notre personnage principal Pascal, va écouter Tristan se raconter et petit à petit l’inspiration va lui revenir basée sur la vie de ce jeune homme. Bien entendu au fil du roman nous faisons connaissance avec d’autres personnages dont Agathe qui interviendra aussi dans la vie de notre Pascal.
Ce n’est pas un mauvais roman pour un premier écrit. Bon style, des phrases courtes bien structurées, un rythme intéressant bien qu’entrecoupé de quelques longueurs mais un bon roman.
Je vous avoue que je n’ai pas été hyper emballée malgré certains passages touchant mon autre passion la musique car je me suis un peu perdue au travers quelques péripéties peu vraisemblables. Par contre, je dois admettre que pour un premier roman c’est tout de même réussi.

Source pour résumé et jaquette :editionguystjean

Publié par Suzan à 16:59:26 dans Autres lectures | Commentaires (2) |

La culture selon Michel Tremblay | 22 décembre 2009

Je suis une amoureuse des mots de ce grand monsieur car non seulement il est un excellent auteur mais il a et aura toujours à coeur la langue française et la culture, notre culture, celle qui nous est propre.

 

« La culture d’un pays, c’est sa façon de s’exprimer, de se décrire lui-même, de se chanter, de se danser, de se voir, de se fêter, de se critiquer, de se comprendre grâce à l’imagination des artistes, et de s’affirmer devant le reste du monde en lui montrant qui il est et ce qu’il est capable de faire. Couper dans la culture, vouloir l’étouffer, la censurer, lui défendre de voyager, c’est empêcher un peuple, à travers ses artistes, d’utiliser son imagination et empêcher l’imagination mène à l’apathie et à l’ignorance. Ou à la seule version du monde d’un gouvernement frileux qui a peur de la subversion. La subversion vient souvent de la culture, c’est vrai, elle est la plupart du temps dérangeante et pas souvent belle, elle dit ou montre des choses qu’on ne veut pas toujours voir ou entendre, mais elle est nécessaire à la vie d’un pays démocratique. Parce que la culture existe aussi pour dénoncer ce qui ne fonctionne pas dans la société et que la subversion soulève des questions que jamais un gouvernement n’oserait poser par peur de se rendre impopulaire et de perdre de précieux votes. La culture a, entre autres, une tâche presque aussi importante que celle d’un gouvernement : dénoncer ce qui va mal. Couper dans le soutien à la culture tout en prévoyant acheter des engins de guerre usagés dont personne dans le monde ne veut est un geste non seulement arrogant et inconséquent, mais aussi une preuve d’ignorance crasse. Essayer de faire taire une partie de la culture d’un pays, surtout celle qui voyage et qui peut faire la réputation de ce pays, sous prétexte d’économies de bouts de chandelle, c’est assassiner ce pays à petit feu ou, du moins, commencer à le pousser vers l’inertie et l’insignifiance. La culture donne un sens à la vie ; pas l’achat d’engins de guerre.

Une fois pour toutes, vive la créativité, le sel même de l’existence d’un peuple, et à bas la censure néfaste et dévastatrice pratiquée par un gouvernement qui veut ne voir prévaloir qu’une façon de penser, la sienne ! »


Michel Tremblay
24 novembre 2008

 

Discours de l’auteur à la réception de son prix de La Presse et du grand public pour son roman La Traversée du continent  au salon du livre de Montréal 2008.

 

Source pour article:  cyberpresse.ca

Montage image : © Sue2009

Publié par Suzan à 17:17:35 dans Balades en mots et images | Commentaires (8) |

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