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Lorsqu'on parle de rotation ou de succession des cultures, on laisse entendre la notion de diversité des cultures dans le temps. Précisons que le terme "assolement" est parfois utilisé comme synonyme, mais il réfère plutôt à la culture en place au moment où on en parle ou pour une année à laquelle on réfère. L'assolement, c'est donc l'utilisation actuelle; la rotation, c'est la succession des assolements.
Pourquoi diversifiez les cultures?
D'abord, pour ne pas épuiser la terre. Les plantes que nous cultivons ont chacune leurs besoins spécifiques. Elles puisent dans le sol et dans l'air ce qui leur permet de se développer et de produire leurs fruits et leurs graines: minéraux, eau, gaz carbonique, chaleur.Pour que le sol puisse continuer à nourrir les cultures, on évite de lui soutirer toujours les mêmes éléments. Ces éléments deviendraient déficients pour la culture elle-même, mais aussi pour les autres organismes du sol.
Donc, on varie les cultures afin de ne pas soutirer démesurément du milieu, les mêmes ressources.
Également, pour ne pas créer un vide écologique. Lorsqu'on pratique au même endroit une culture pendant plusieurs années, on favorise toute une faune et une flore associées à cette culture : insectes, microbes, mauvaises herbes, etc. Année après année, les infestations de pathogènes ou de ravageurs prennent de l’ampleur. Les résidus de récolte assurent leur survie en grand nombre. Très vite, les populations de leurs ennemis naturels deviennent trop faibles.
En même temps, la plante, devant s’ajuster au déséquilibre du sol, est plus vulnérable.
De la même façon, les plantes adventives ( mauvaises herbes ), capables de s’ajuster au cycle des pratiques culturales propre à la culture, trouvent un milieu idéal pour proliférer. On s’oblige ainsi à lutter contre des plantes qui viennent précisément corriger les déséquilibres causés au sol. Dans une rotation diversifiée, ces plantes n’auraient pas eu à envahir les cultures.
Rotation des cultures maraîchères
En culture maraîchère, on travaille souvent avec des plantes épuisantes pour le sol, consommatrices d'humus et de minéraux et on laisse le sol nu en bonne partie entre les rangs et en période hivernale.
Pour penser le choix des cultures et la rotation, des objectifs et des moyens spécifiques sont à envisager.
Objectifs:
1. Rendements et qualité;
2. Conservation de la fertilité et de la structure du sol (santé, vie du sol);
3. Propreté des champs ou parcelles (prévention des infestations de pathogènes, de ravageurs, de mauvaises herbes);
4. Rationalisation de l'utilisation du compost.
Moyens:
1. Utiliser en succession des plantes épuisantes, neutres et guérissantes.
Lors de l’établissement d’un potager, sur la parcelle correspondant à la première année de la rotation, on regroupe les légumes très voraces ( épuisants ) et préférant du jeune compost. Sur la deuxième année, ce sont les légumes voraces et intermédiaires préférant des apports de compost bien mûr. La troisième année regroupe les légumes frugal ou peu exigeants en nourriture. Ces légumes ne nécessitant aucun apport de compost mûr, mais des amendements minéraux ( Sul Po Mag, cendre et de la poudre d’os ) selon besoin .Ils se contentent des éléments laissés dans le sol par les cultures précédentes.
Dans le cas où il est possible d’ajouter une quatrième année à la rotation et une parcelle supplémentaire, on peut intégrer les engrais verts tels le sarrasin, le trèfle et les légumineuses. On appelle cette parcelle, la guérissante. On remarquera que ces plantes nourrissent le sol et en remodèlent la structure. Les légumineuses, lorsque bien modulées, permettent le renouvellement direct de l’azote du sol. Certaines sont plus efficaces à fixer l’azote : la luzerne, le trèfle, le lupin, etc. Dans le cas de la luzerne, la nature de ses racines est aussi un atout pour maintenir la structure du sol en bon état. Enfin, c’est aussi le cas des plantes aromatiques. ( tableau # 1 et #2 )
Tableau # 1 : Classification des plantes maraîchères selon leurs exigences.
Épuisantes-- ---------------- ---------------- --------------- Guérissantes 1er groupe 2e groupe 3e groupe 4e groupe 5e groupe Très voraces voraces intermédiaires frugales guérissantes maïs cucurbitacées aubergines tomates tournesol bettes à carde fraises orties crucifères laitues épinards céleris céleris-rave poireaux endives pommes de terre persil menthe estragon basilic ciboulette piments ail oignons betteraves carottes navets rutabagas salsifis radis panais bulbes fleurs herbes culinaires et médicinales légumineuses vivaces engrais verts soya gourganes haricots pois 35 à 45 t/ha. de compost tolèrent-les composts frais 15 à 20 t/ha de compost bien mûr. Sol riche en humus, pas d’apport supplémentaire de compost. Pas de compost, mais des amendements minéraux. Refont le sol. Apport d’azote si l’on utilise les fixatrices d’azote.
Publié par midemers à 02:06:31 dans Le potager | Commentaires (0) | Permaliens
Pour les végétaux, les premières semaines de vie sont également d’une importance cruciale pour leur vigueur, leur résistance et leur productivité futures. Il serait utopique de croire qu'on peut obtenir des résultats optimaux avec des plants partis dans un médium inerte, nourris aux engrais de synthèse et traités aux fongicides.
Afin de maximiser la qualité et le rendement des fruits et des légumes, il importe de transplanter au jardin de jeunes plants qui auront été cultivés écologiquent . Comme de tels plants sont rares sur le marché, le jardinier devrait les produire lui-même. En plus de lui assurer une meilleure qualité de plants, cela lui permet de choisir ses variétés. Pour produire ses semis, il importe avant toute chose de créer un cnvironnement approprié.
L’environnement de la chambre à semis
Pour bien réussir ses semis intérieurs, des conditions propices doivent prévaloir dans la chambre à semis. Elle doit tout d'abord être bien éclairée :14 heures de lumière par jour sont nécessaires à la croissance des végétaux. Une pièce avec de grandes fenêtres orientées vers l’est ou vers le sud convient bien. Comme la photopériode en mars et en avril est encore trop courte pour subvenir aux besoins en lumière des jeunes plants, il faut prévenir un éclairage d'appoint : des fluorescents Coolwhite ou Daylight font bien l'affaire. Une combinaison de 3 tubes Coolwhite, ou Daylighit, de type bleu, pour 1 tube Vitalite ou Agrolite, de type rouge est idéale. Les fluorescents doivent être espacés de 1,5 cm et placés à 15 cm de la tête des plants. Un système de fixation mobile doit être organisé de façon à pouvoir les hausser au fur et à mesure que les plants croissent.
On doit pouvoir contrôler aisément la température de la chambre à semis. La température optimale pour la germination est de 25 °C, alors que pour la croissance, elle est de 20 à 22 °C le jour et de 15 °C la nuit ( Tableau # ). La pièce ne devrait pas être trop sèche. L'humidité relative idéale se situe entre 80 et 90 % , condition difficile à atteindre dans une maison . Un humidificateur, placé dans la chambre à semis, permet de créer des conditions très acceptables . Sa présence n'est toutefois pas essentielle ; on peut vaporiser les jeunes plants de temps à autre avec de l'eau.
Une petite serre constitue l'endroit par excellence pour partir des plants . Elle commande cependant des investissement importants pour sa construction et son chauffage. Une pièce de la maison peut facilement se transformer en chambre à semis sans nécessiter de tels déboursés. Elle a de plus l'avantage d'être déjà chauffée ; i1 s'agit seulement d'y organiser l'éclairage d'appoint.
Les médiums de croissance
Les semis sont normalement cultivés dans des caissettes , afin d'éviter le gaspillage. Elles devraient être réutilisées d'années en années. Les caissettes de plastique ont l'avantage de pouvoir être désinfectées (utilisez à cet effet une solution constituée d'un volume d'eau de Javel et de 10 d'eau). Si un problème de fonte des semis est survenu l'année précédente, cette intervention est nécessaire pour prévenir la réapparition du champignon responsable de ce désordre physiologique.
Les médiums de croissance utilisés pour produire les plants revêtent une importance capitale pour la réussite de l'entreprise. Le jardinier a besoin de 2 types de terreau pour mener ses plants à terme.
LE TERREAU DE GERMINATION LE TERREAU DE CROISSANCE
30 % de compost mûr 50 % de compost mûr
60 % de vermiculite 40 % de vermiculite
10 % de sable horticole 10 % de sable horticole
De tels terreaux permettent normalement de rendre les jeunes plants à maturité sans fertilisation. Ils réduisent les chances de voir se développer des maladies. Ils conservent bien l'humidité tout en se drainant rapidement de leurs excédents d'eau. On ne doit pas les stériliser.
La vermiculite c'est un matériau stérile qui aère le terreau tout en améliorant sa capacité de rétention d'eau. Le compost mûr doit être un compost de 2 ans très bien décomposé. S'il reste des morceaux grossiers, il peut être sassé dans un treillis fin. Certains composts commerciaux conviennent bien à la fabrication de terreaux. Le mélange des ingrédients se fait au volume. Une fois les ingrédients bien mêlés, le terreau est légèrement humidifié puis dépose dans les caissettes ou multi-cellules sans être compacté. On est alors prêt à procéder au semis. On utilise : le terreau de germination pour les semis et le terreau de croissance pour le repiquage.
Le calendrier des semis
Pour bien réussir ses plants, il importe de les semer au bon moment. De jeunes plants qui stagnent trop longtemps en caissettes avant d'être transplantés perdent une grande partie de leur vigueur et de leur précocité. En respectant le calendrier suivant, les jeunes plants seront prêts à être transplantés au moment opportun.
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Date |
Espèces à semer
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1er Mars
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céleri-rave |
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15 Mars
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laitue (1er semis), céleri, aubergine, poivron |
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1er Avril |
tomate, chicorée, persil, sariette, thym, romarin, tagète
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15 Avril |
brocolie et chou-fleur (1er semis), laitue (2e semis)
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1er Mai |
chou d`hiver, chou de Bruxelles, brocolie, chou-fleur (2e semis), melon, tournesol |
Toutes les espèces sont semées dans un terreau de germination. Pour les oignons et les poireaux, le semis se fait à la volée à raison d'une centaine de semences par caissette ; pour les autres espèces, il se fait normalement en rangs ou quelques graines par multi-cellules. Les semences seront recouvertes de 3 fois leur épaisseur de terreau. On arrosera les caissettes uniformément avec une eau tiède et on les placera dans un endroit chaud de la maison. On ne doit pas les recouvrir avec du polythène. Le melon doit être semé dans un pot de plastique de 8 cm car il ne tolère aucun dérangement des racines lors de la transplantation. Il ne faut pas oublier de bien identifier ses variétés. Des bâtonnets à café en bois marqués à l'encre indélébile conviennent bien à cet usage.
Par la suite, le terreau sera maintenu humide, mais sans excès. L'arrosage se fait de préférence avec un arrosoir à bec inversé qui crée un jet d'eau très fin, moins susceptible de déplacer les semences et d'écraser les jeunes plants. Quelques jours plus tard, les cotylédons devraient faire leur apparition. Il faudra dès leur émergence du sol octroyer aux plants 14 heures de bonne lumière par jour, sinon ils s'étioleront, ce qui les affaiblirait considérablement.
Le repicage
Une fois les 2 premières vraies feuilles bien formées, on procédera au repiquage des jeunes plants (les premières vraies feuilles sont celles qui apparaissent après les cotylédons). Le repiquage est une technique qui consiste à replanter les plantules dans un terreau de croissance en leur octroyant l'espace nécessaire pour compléter leur développement. Voici quelques renseignements concernant le repiquage des principales espèces propagées par semis intérieur.
Oignon et poireau : On ne pratique pas de repiquage pour ces espèces. On sème une centaine de graines par caissette dans un terreau de germination. On fertilisera aux émulsions de poisson si cela s'avère nécessaire. Quand les plants atteignent de 12 à l5 cm, on les rabat à 10 cm à l'aide d'un ciseau. Cette intervention sera pratiquée à 2 ou 3 reprises durant leur croissance en caissette afin de renforcer les plants.
Poivron et aubergine :On repique ces espèces légèrement au-dessus des cotylédons qu'on aura pris soin de pincer quelques jours auparavant. Densité :12 plants par caissette. Un deuxième repiquage en pots peut être effectué 3 semaines avant la transplantation.
Tomate : On repique la tomate légèrement au-dessus des cotylédons qu'on aura pris soin de pincer quelques jours auparavant. Densité : 9 plants par caissette. On peut repiquer une deuxième fois en pot 2 semaines avant la transplantation . Un plant de tomate de qualité est aussi large que haut.
Laitue et chicorée : On repique la laitue et la chicorée légèrement au-dessous des cotylédons. Densité : de 25 à 30 plants par caissette. Temps total en caissette : de 6 à 7 semaines. Le repiquage se fait à 3 semaines.
Choux : On repique les choux à la hauteur des cotylédons. Densité : de 25 à 30 plants par caissette. Temps total en caissette : 4 à 5 semaines.
Melon : On sème le melon directement dans un terreau de germination dans un pot de 8 cm à raiscin de 2 à 3 semences par pot, On coupe les 2 moins beaux des 3 plants à l'apparition des premières vraies feuilles. On ne le repique pas. Il faut le transplanter au jardin sans déranger ses racines, car les cucurbitacées tolèrent très mal le repiquage.
Le repiquage stimule 1a croissance des jeunes plants en favorisant la formation de nouvelles racines le long de la tige enterrée. I1 atténue ainsi les effets de l'étiolement. Au cours de cette opération, les jeunes plants sont manipulés délicatement par la feuille ou la tigelle. Seulement les plus beaux plants sont repiqués. On compte généralement une perte de l'ordre de 15 % lors de cette sélection. Le terreau ne doit en aucun ca s’ être compacté. Une fois le repiquage terminé, les caissettes seront arrosées et replacées à la lumière.
La fonte des semis
Durant la croissance des plants, l'irrigation est particulièrement importante à surveiller. Un excès d'humidité ouvre la voie au développement de la fonte des semis, fatale pour les jeunes plants. Ce désordre physiologique est causé par un champignon qui prolifère à la surface du terreau. I1 provoque l'étranglement des jeunes plants qui deviennent alors minces comme un fil au niveau du collet. Un mauvais terreau (fait avec du compost trop jeune ou avec de la terre de jardin, par exemple), des températures trop fraîches ou un excès d'humidité constituent les principales causes de la fonte des semis.
Les plants ne seront irrigués que les matins de journées ensoleillées. On n'arrose jamais par temps nuageux. Le terreau doit être sec en surface avant de procéder à un nouvel arrosage. Pour prévenir ou contrôler la fonte des semis, on peut arroser les plants avec l'une ou l'autre des préparations suivantes.
La décotion de prêle : Faire bouillir 100 g de prêle séchée dans 5 litres d'eau pendant 10 minutes. Laisser infuser pendant 12 heures. Pour contrôler la fonte des semis, on arrose avec la décoction pure. Pour prévenir l'apparition du champignon, on utilise la décoction diluée dans une partie égale d'eau. La prêle doit idéalement être récoltée vers le 25 juin. On prendra soin à chaque année d'en faire une ample provision pour la période des semis. La prêle se sèche très bien en bouquet, attachée par une corde, tête en bas.
L’infusion de camomille : Faire infuser pendant une demi-heure 7 g de camomille par litre d'eau. Pour prévenir ou guérir la fonte des semis, on arrose avec l'infusion pure. Si le compost utilisé pour fabriquer le terreau est de bonne qualité, il devrait contenir tous les éléments nutritifs dont les jeunes plants ont besoin pour se rendre à terme. Si des carences en azote (feuillage pâle) ou en phosphore (feuillage violacé) se
manifestent, on arrose les plants avec une solution d'émulsions de poisson à raison de 10 ml par litre d'eau. Pour corriger une carence en phosphore, il faut s'assurer que les émulsions contiennent suffisamment de cet élément.
L'endurcissement
Avant la transplantation des plants à l'extérieur, il importe de les endurcir. L'endurcissement consiste à exposer graduellement les jeunes plants aux éléments extérieurs, soit le vent, le soleil et le froid. Les premiers jours (choisir de préférence des journées nuageuses), les jeunes plants ne seront sortis que quelques heures . Puis, leur temps d'exposition sera accru jusqu'à ce qu'ils soient entièrement adaptés à leur nouvel environnement. La production de plants comporte pour le jardinier de nombreux avantages. En plus de lui permettre de choisir ses propres variétés et de travailler avec des plants de qualité biologique, elle lui offre le printemps dès le mois de mars. L'hiver lui paraît ainsi beaucoup moins long !
Les semis directs et les transplantations à l’extérieur
Ce calendrier a été conçu pour la zone 5 Pour la région de Montréal et ses environs. Pour l’estrie, Lanaudière, la Mauricie, le centre du Québec et Charlevoix , on les retardera de 2 semaines. Dans les Laurentides, au lac Saint-Jean, en Abitibi, en Gaspésie et sur la Côte nord, on les retardera de 4 semaines.
Mi-avril
Semis direct : ail, oignonet
Fin avril
Semis direct : radis (1er semis), épinard, pois, laitue (1er semis), chicorée
Transplantation : laitue (1er semis), oignon, poireau
Début mai
Semis direct : carotte (1er semis), panais, betterave (1er semis), bette à carde, chou-rave (1er semis), chou, brocoli, pomme de terre, tournesol
Transplantation : brocoli (1er semis), chou-fleur (1er semis), tournesol, chicorée, persil
Mi-mai
Publié par midemers à 23:54:26 dans Le potager | Commentaires (0) | Permaliens
Pour arriver à produire des fruits et des légumes en quantité et en qualité, le sol et la régie revêtent une grande importance. Le jardinier ne peut cependant faire fi du caractère génétique de ses plants. Il doit accorder une attention particulière au choix de ses variétés ainsi qu'à la qualité de ses semences. Mais avant de s'attarder à ces considérations, voyons de quels facteurs il doit tenir compte dans le choix des espèces qu'il cultivera.
Le choix des espèces
Avant de sélectionner ses variétés, le jardinier doit tout d'abord choisir les espèces qu'il produira. Les facteurs à considérer dans ces choix sont multiples. Les besoins alimentaires de la maisonnée constituent le principal facteur de sélection, mais il faut aussi tenir compte de l'espace disponible, du climat et de l'expérience du jardinier. Lorsque l'espace est limité, la sélection des espèces doit être plus rigoureuse. Le maïs, la pomme de terre et les courges, des espèces gourmandes de surface, seront délaissés au profit des oignons, des poireaux, des 1aitues, des tomates et des choux, qui sont plus productifs en rapport avec la superficie utilisée.
On doit aussi considérer la saison de croissance dans le choix des espèces. Il serait utopique de penser obtenir dans le nord, d'abondantes récoltes de poivrons, de melons et d'aubergines . Les radis, les choux de Siam, les pois, les laitues, les carottes, les oignons et les choux conviennent mieux aux conditions de ces régions. Cela ne signifie pas pour autant qu'un jardinier ne peut tenter sa chance avec des melons dans les Laurentides. Toutefois des techniques de protection et de forçage devront être appliquées.
Enfin, un jardinier qui débute ne devrait pas se lancer dès les premières années dans des cultures difficiles comme celles du melon, du chou-fleur ou du céleri-rave. I1 devrait plutôt s'orienter vers des légumes plus traditionnels comme les haricots, les carottes et les oignons, question de se faire la main.
Le choix des variétés
Il est très laborieux, lorsqu'on consulte un catalogue de semences, de faire un choix judicieux de variétés. Le nombre offert et les multiples qualificatifs employés pour les décrire contribuent fortement à l'hésitation et à l'incertitude des jardiniers. Chez Stokes, par exemple, on trouve près de 100 variétés de tomates. Leurs noms, très accrocheurs, évoquent cependant peu les caractéristiques du fruit. Ils mettent souvent le jardinier sur de fausses pistes. Les noms Ultrasonic, Fireball ou Ultra Girl captent certes l'attention, mais ils ne décrivent nullement les qualités de la tomate qui sera récoltée. II faut tenir compte de nombreux facteurs dans la sélection des variétés. Voici les principaux.
Les caractéristiques de la partie commestible
Ce sont les caractéristiques de la partie comestible qui comptent le plus pour le jardinier car elles sont intimement liées aux plaisirs de la table. N'investissons-nous pas toute cette énergie dans le jardinage pour savourer des fruits et des légumes de
qualité supérieure à ceux du supermarché ? La saveur de la partie comestible constitue donc le principal critêre dans le choix des variétés. Ce n'est cependant que par l'expérience qu'on arrive à découvrir les variétés qui correspondent le plus à nos attentes gustatives.
À l'aide des descriptions faites dans les catalogues, on peut arrêter ses choix sur certains types de fruits ou de légumes : on optera pour un melon brodé ou un melon de miel, un maïs sucré ou un maïs hypersucré, un poivron jaune ou un poivron rouge, une tomate rouge, rose ou jaune.
La dimension des fruits ou des légumes est également indiquée dans les catalogues. On peut ainsi choisir des courges géantes ou miniatures, une petite carotte de fantaisie au goût délicat ou une autre plus grossière, excellente pour le jus et les ragoûts. L'apparence des fruits et des légumes compte aussi pour beaucoup dans la sélection. On choisira un maïs blanc, jaune ou bicolore, un zucchini vert ou jaune. Il existe même des brocolis mauves, des betteraves jaunes et des choux-fleurs verts. Malgré les indications données dans les catalogues de semences, il faut souvent essayer différentes variétés avant d'arrêter définitivement son choix sur celles qui donneront entière satisfaction.
Les caractéristiques du plants
Toutes les variétés n'occupent pas le même espace. Certains plants sont compacts, alors que d'autres occupent plus de surface. On choisira donc ses variétés selon le terrain disponible. Par exemple, le concombre Spacemaster prend 2 fois moins d'espace qu’une variété standard. Dans le même ordre d'idées, on optera pour un haricot nain ou un haricot grimpant, une tomate déterminée (plutôt compacte) ou indéterminée (à croissance continue).
Le temps de croissance
Chaque variété a un temps de croissance qui lui est assigné. Cependant, les données inscrites dans les catalogues sont obtenues dans des conditions de croissance optimales. De plus, les cultures servant à établir ces chiffres sont généralement faites avec des apports abusifs d'engrais chimiques. Les temps de croissance indiqués dans les catalogues sont donc souvent subjectifs et aléatoires ; ils constituent néanmoins une référence qui doit être considérée dans la sélection de variétés.
Dans les régions nordiques, des variétés plus hâtives seront choisies ; alors qu'au sud des variétés plus tardives peuvent être adoptées.
La résistance aux insectes et au maladies
Les généticiens développent sans cesse de nouvelles variétés opposant des résistances à un nombre croissant de maladies et de ravageurs. Par exemple, ils ont créé des variétés de concombres entièrement exemptes de cucurbitacine (substance amère présente dans le feuillage et parfois dans le.fruit), ce qui les rend sans intérêt pour la chrysomèle rayée du concombre. De nombreuses variétés de concombres modernes résistent maintenant à la tache angulaire, à l'anthracnose et à la mosaïque. Plusieurs variétés de tomates résistent à la mosaïque du tabac et au verticillium ; d'autres ne sont pas affectées par les nématodes, des vers microscopiques qui parasitent les racines. Le jardinier sélectionnera donc ses variétés en fonction des problèmes qui prévalent dans son milieu.
La qualité des semences
Une fois que les espèces et les variétés ont été sélectionnées, le jardinier doit porter une attention particulière à la qualité de ses semences. L'âge des semences joue sur leur taux de germination. Le tableau qui suit indique le temps de conservation des principales espèces. Les semences sont normalement conservées dans un endroit frais et sec ; au congélateur, elles se conservent jusqu'à 20 ans dans la plupart des cas.
Temps de conservation Plantes maraîchères de 1 à 2 ans mais, oignon, persil, panais de 2 à 3 ans poireau, poivron, salsifis de 3 à 4 ans asperge, haricot,corotte, céleri, tomate, pois, laitue, épinard, tournesol de 4 à 5 ans tous les choux, betterave, radis, bette à carde, les courges et les citrouilles de 5 à 6 ans concombre, melon, cerise de terre, chicorée
Le taux de germination des semences varie d'un grainier à l'autre. Il faut donc bien choisir ses fournisseurs. Ceux qui figurent dans l'annexe à la fin de cet ouvrage respectent habituellement les normes fixées par Agriculture Canada ; dans bien des cas, ils les dépassent même. Cependant, les semences vendues en pharmacie ou dans les supermarchés n'atteignent pas toujours les standards de qualité auxquels on est en droit de s'attendre.
Des semences de qualité biologique répondent toujours mieux à la culture écologique que celles produites à l'aide de doses massives d'engrais de synthèse et de pesticides. Elles donnent des plants plus vigoureux, plus résistants et mieux adaptés.
Des semences produites localement donnent des plants mieux adaptés à la région. Des semences biologiques et locales sont toutefois rarement disponibles. Le jardinier peut cependant les produire lui-même. Des échanges sur une base locale permettent de tendre vers une certaine autosuffisance et de travailler avec des variétés qui réagissent mieux aux conditions régionales.
Si on traite avec des grainiers commerciaux, on devrait en choisir qui testent leurs variétés dans des conditions similaires aux siennes. Ainsi, les descriptions faites dans leur catalogue quant au rendement et à la précocité correspondent davantage à ce qu'on peut espérer atteindre.
Les hybrides ne peuvent être utilisés pour produire des semences car leurs descendants n'auront pas les mêmes caractéristiques que leurs parents. On devra donc, si on désire produire ses propres semences, travailler avec des variétés standard appelées aussi cultivars. On peut ainsi accroître la qualité des variétés par une sélection méticuleuse des plants et des fruits qui donneront les semences. Cette sélection permet d'améliorer graduellement certaines caractéristiques spécifiques des végétaux. Il s'agit de choisir des plants ou des fruits qui possèdent les qualités que l'on désire privilégier. Par exemple, dans le cas de la tomate, on pourrait choisir comme parent un plant résistant â une maladie fongique ou dont le fruit est peu sensible au craquement.
Les hybrides ne sont cependant pas à dédaigner même s'ils encouragent le monopole des grainiers. Les croisements permettent maintenant de cultiver certaines espèces plus au nord que nous ne le pouvions il y a quelques décennies. Les manipulations génétiques exercées sur les tomates, les poivrons, les aubergines et les melons rendent possibles des récoltes abondantes même dans les zones froides. Les hybrides auront donc toujours leur place dans les jardins ; mais si on désire travailler avec des variétés mieux adaptées, il faut investir dans la production de semences.
Enfin, le jardinier écologique ne devrait en aucun cas utiliser des graines traitées. Les fongicides dont on enrobe les semences pour les protéger de la pourriture constituent des poisons dangereux qui peuvent porter préjudice à notre santé lors de la manipulation des graines. De plus, ces poisons stérilisent le sol autour de la semence en germination, ce qui perturbe les associations intimes entre les micro-organismes et la plante naissante : sa croissance en sera inévitablement affectée. Dans un sol sain et bien structuré, les semences ne pourrissent pas lorsqu'elles sont mises en terre au bon moment. La présence de fongicide sur les semences est toujours indiquée sur l'emballage. Le Captan, un fongicide cancérigène, est souvent employé ; sa présence est caractérisée par des graines de couleur rose. Le Thiram est aussi utilisé.
Toutes ces recommandations relatives au choix des semences ont pour but de guider le jardinier dans sa démarche d'autosuffisance alimentaire. Mais ce n'est vraiment que par l'expérience qu'il pourra arrêter ses choix sur les variétés qui correspondent le mieux à ses goûts et à ses besoins.
Publié par midemers à 23:44:33 dans Le potager | Commentaires (0) | Permaliens
Un potager ne peut s’installer n’importe où. Les légumes dont des plantes sensibles Qui demandent que l’on choisisse avec soin leur lieu de culture. Il convient aussi de songer aux accès pour simplifier le travail du jardinier. Enfin, le potager fleuri doit trouver harmonieusement sa place dans le jardin ornemental qui l'entoure.
Choisir l’emplacement du potager dans le jardin, c’est choisir un endroit ensoleillé, orienté au sud. La parcelle, à 95% au soleil, peut néanmoins contenir une petite partie ombragée, à réserver pour les petits fruits.
Le potager doit aussi être protégé, à l’abri des vents dominants, car les légumes se dessèchent aux courants d’air. C’est pour toutes ces raisons que beaucoup d’anciens potagers étaient entourés de muret, coupe-vent qui créaient un effet de réchauffement, faisant commencer la chaleur plus tôt au printemps et durer plus tard en automne. Pour abriter le potager,
Publié par midemers à 23:41:21 dans Le potager | Commentaires (0) | Permaliens
Il y a peu de temps encore le jardin potager était relégué derrière la maison, rares étaient les jardiniers qui trouvaient de l’intérêt à faire visiter ou à le montrer. Cette obstination à laisser le potager à un rang de subalterne n’était pas sans conséquences sur notre alimentation.
Heureusement, les choses ont bien changé et aujourd’hui le jardin vivrier est devenu jardin de loisir et un jardin de plaisir. On ne le cache plus. Bien au contraire, le potager a pris des couleurs avec l’arrivé de nouveaux légumes. Même dans nos assiettes, les plus grands chefs du monde enjolivent de teintes nouvelles la présentation des aliments : le légume est promu au rang de grand coloriste ! Donner de la couleur au potager n’est pourtant plus suffisant aujourd’hui et, dans cet univers de plaisir qu’est devenu le jardin tout entier, le jardienier amateur avait envie d’aller plus loin.
Innovation Création Non, car fleurir le potager est une aventure vieille comme le monde… si l’on en croit les historiens des jardins. Lointains, en effets, furent les temps ou il n’existait pas de hiérachie entre les légumes et fleurs : les uns comme les autres étaient un « don de dieu » et voisinaient sans « états d’âme » dans ces jardins à carreaux qui furent à l’honneur au Moyen Âge. Le jardin vivrier jouxtait celui des « Bonnes Santés » (médicinales et aromatiques) et faisant face au jardin des autels. C’était là qu’on cultivait lis et roses afin d’en déposer aux pieds de la sainte Vierge.
Puis ce furent les jardins de la Renaissance ou, là encore la fleur et le légume faisaient bon ménage, se poussant du coude mutuellement pour embellir encore ces paysages sortis de l’imagination des horticulteurs d’alors. Au grand siècle, traversé majestueusement par le Roi Soleil et ces jardiniers d’exception que furent La Nôtre et La Quitine, c’était même le légume qui l’hiver servait d’ornement aux massifs et aux parterres royaux. C’est à cette époque qu’on retrouva la costume ancienne de garnir plates-bandes et carrés pour l’automne de choux d’ornement dont les premières gelées transformaient le feuillage gris vert bordé de crème en d’éblouissants éventails de verts, de mauves, de jaunes et de rouges. Mais là encore, si la couleur était présente par la feuille, la fleur ou le fruit, le légume demeurait le maître dans son royaume.
Fleurir son potager est, je le crois, une tradition qui a perduré dans les régions et chez les vignobles. Dans les pays du vin, on plantait un rosier au bout de chaque rang de vigne, à la fois pour la beauté, mais également pour que le rosier, premier atteint par les maladies, alerte le vigneron, celui-ci traitant alors à temps le précieux raisin. Dans le jardin de nos grands pères, on avait l’habitude de terminer un repiquage de laitues par la plantation d’un dahlia, de semer des zinnias entre les rangs de carottes, de contre-planter les choux avec des tagètes à fleurs jaunes, dont tout bon jardinier connait les vertus insecticides. Les roses trémières et les fameuses passe-roses montaient la garde entre les pommiers longeant le potager. On avait aussi l’habitude d’installer un rosier au cœur d’un cœur d’un carré de légumes (betteraves et tomates), afin qu’il procure en abondance des fleurs durant toute la saison pour les vases de la maison. Il s’agissait d’une variété de rosiers à longue tiges souvent disgracieux pour une roseraie déclassée et qui, là, retrouvait une fonction glorieuse de fournisseur de fleurs.
Un des premiers secrets d’un potager fleuri réussi est que la fleur ne fasse pas d’ombre au légume, au sens propre comme au sens figuré. Il y a en effet des voisinages malsains et d’autres qui, au contraire, sont bénéfiques, comme le mariage des soucis et des choux ou des oignons. De préférence, privilégiez, pour fleurir votre potager, des espèces annuelles de culture voisine de celles des légumes : une touffe de lis, sans prendre la place, conviendra parfaitement au bout d’un rang de poireaux d’été ou d’oignons.
Fleurir le potager, ce n’est pas pour autant favoriser une immigration sauvage de fleurs étrangères parmi les légumes, mais c’est aussi savoir jouer avec toutes les notes de la gamme. Les plantes médicinales, aromatiques ou condimentaires, qui ont toujours eu leur place au potager, vont jouer un rôle important dans le fleurissement des carrés de légumes : une bordure de ciboulette qu’on laisse monter en fleurs, puisque quelques pieds coupés et recoupés suffiront pour la provision de fines herbes. Sur deux touffes de rhubarbe, laissez-en une fleurir une, c’est d’un effet aussi rose que fort. La bourrache, la lavande, les thyms de diverses couleurs, le romarin et d’autres aromatiques compléteront votre palette de jardinier-peintre.
Publié par midemers à 19:05:18 dans Le potager | Commentaires (0) | Permaliens
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