<< l'homme-cage | quelques légères pressions bucco-dentaires | le vomi du diable >>
Juliette
dans les bars branchés il y a du con en pleine forme
du bien sapé du bien bronzé du bien définitif
du bien parfait pour les jeux télévisés du bien sportif
coupe du monde de football oblige
Juliette
dans les bars branchés il y a aussi ton rire communicatif qui est comme la pluie
la pluie qui fait mouiller les nappes phréatiques
Juliette
tu me racontes ta vie
comment tu avais appris à tailler des pipes
en épluchant des bananes avec les dents
ou comment devenir maman si jeune
t'avais permis de faire d'un banal caillou deux jolis bijoux
à savoir faire gravement chier ta mère
et ainsi échapper à un cruel destin de caissière amoureuse d'un vigile marié
Juliette
tu me laisses rêveur
il m'en faut peu en ce moment
et te regarder manger me fascine comme me fascinent
ces documentaires animaliers sur des fauves phénoménaux
dans des pays impossibles
Juliette
ben non je n'ai pas d'enfant
à part moi je n'ai pas d'enfant
et toi tu es un peu comme eux
quand tu ne sais pas trop quoi dire ben tu dis la vérité
la tienne pas celle des autres
Publié par heptanes fraxion à 08:07:48 dans putain je sens que je vais encore oublier de rentrer chez moi (1997) | Commentaires (1) | Permaliens
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