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De Rio de Janeiro à Paris, un avion disparaît et on retrouve un suisse. | 02 juin 2009

Procédures classiques en cas de perte de contact. Tout le monde annonce l'alerte. Il y'a disparus et peu d'espoir.

Les mots qui annoncent une tragédie.



Actualité obsolète

De Rio de Janeiro à Paris, un avion disparaît et on retrouve un suisse.


1er Juin.

Un jour comme un autre, déclencheur d’histoire. Procédures normales. On s’alarme et sonne l’alerte. Un avion entier disparaît englouti dans le néant, déchainant prières et scénarios insolites. Ca n’arrive pas tous les jours et il y a un océan atlantique de questions, très peu d’espoirs. Espoirs timides, espoirs compassionnels, espoirs désespérés. On craint le pire. On sait le pire.


Disparition.


Le mot à lui seul fait peur. Ce n’est pas quelque chose de courant et qui pourtant arrive tous les jours. Il rend impatient, en colère, inquiet, perplexe, c’est un kaléidoscope d’émotions. A degré différent, il n’est jamais juste. Et pourquoi ? Parce qu’à toutes nos questions, il n’a qu’une réponse : Rien. Il n’y a rien à dire, rien à faire, il n’y a plus rien. De tous les maux, il n’y a de pire que le néant paisiblement menaçant, face au quel on ne peut rien et qui ne nous envoie rien d’autre qu’à nous même et nos pires interprétations.
Il fait peur parce qu’il cache. Les réponses que l’ont aimerait entendre et des mots bien pires qu’il nous faudrait entendre. Il vous laisse en proie à toutes les incertitudes, déverse un flot de questions à pattes qui vous mange, vous ronge, vous parasite l’esprit et vous paralyse. « Je ne sais pas. Je ne sais pas ! » Mais il faut savoir sinon se résigner, abandonner, se morfondre, pleurer, tout casser ou, tourner la page, sans néanmoins la déchirer.
Mais pourtant il n’a rien fait. Il n’est pas responsable. Il est là c’est tout, comme on l’a posé. Un mot en suspens. Temporaire. En attente de conclusion. Conclusion que nous sommes seuls à pouvoir écrire.


Il faut pardonner les disparus.


Une disparition est à relativiser. Tout dépend quoi. Tout dépend où. Il y a des choses qui ne sont pas si graves. Des pertes ennuyeuses mais réparables. Puis il y a des choses plus grosses qui causent des soucis énormes. Mais de ce qui a disparu, il y a toujours ce qui reste, dirait-on pour se remonter le moral. Et puis il y a les disparitions qui fâchent vraiment et pour de bon, celles égoïstes, celles qui nous poussent aux conclusions hâtives, celles qui rendent tristes et inconsolables. Les disparitions à tempérament incontrôlables, déclencheuses de toutes les passions. Elles concernent les individus bien plus que les choses. Elles propulsent des questions exponentielles et nous laisse au bord du vide, en proie au rien. De celui qui a disparu, il y a toujours ceux qui restent ? La phrase console déjà beaucoup moins. Parce qu’il y a des êtres qui comptent, des êtres chers, dépositaires de nos affections  auxquels il est difficile voire impossible de dire adieu. Ceux dont on est attaché un peu, trop, qui se doivent, si ce n’est de renvoyer une dose similaire d’intérêt et d’amour, être là, au moins, présents et surtout accessibles. Ceux pour lesquels la disparition serait source de divers chaos, internes, externes. Un chamboulement. Un séisme. Un petit copain qui s’envole sans dire mots, un ami dont on a perdu le contact, un enfant qui échappe à votre vigilance, la mort d’un parent. Les situations comme cette dernière dramatique, où on vous a pris quelqu’un, volé, avec peu ou pas d’espoir de retour qui détruisent, anéantissent vos rêves de futurs et puis il y a celles où la personne est partie, de son plein gré, s’est enfuit, envolé pas volé. Entre les deux, les disparitions énigmes ou on ne sait pas qui blâmer.


Dans tous les cas, il est difficile de s’y résoudre et pourtant… Accepter que quelqu’un disparaisse de sa vie, ne veut pas dire l’effacer de sa mémoire et le lien qui vous unissait ne doit pas vouloir dire qu’il faut se laisser manger par les souvenirs mais, peut être, trouver une autre manière de vivre avec eux, sans lui ou elle.


Si on prend l’exemple fort de l’amitié, le seul dont je peux parler heureusement, il y a une leçon à retenir. De manière progressive ou brutale, il est possible qu’une personne (autrefois) qualifiée d’ami s’évapore au point de ne pas savoir s’il est en vie ou non. Après l’étape de l’inquiétude, il y a l’incompréhension, les doutes, puis la rancœur et parfois le déni. Qui n’a jamais reproché à un ami de ne plus donner de nouvelles ? De ne pas répondre aux appels ? De ne pas être considéré comme l’épaule sur qui se poser en cas de galère ? ou d’être tout simplement ignoré sans raisons évidentes ? Maintenant inversons les sorts. N’avez-vous jamais ignoré votre téléphone ? Voulu être seul(e) ? Changer vos habitudes soudainement ? Pris un nouveau tournant dans votre vie ? Ou avoir simplement voulu vous enfermer dans la solitude temporairement? Sans que vos proches ne comprennent pourquoi et sans avoir la force de leur expliquer ?


J’ai pour ma part ces désirs récurrents et la chance que les autres l’accepte sans trop de heurts. Mais avant de me laisser aller tranquillement à mon égoïsme, il m’a fallu et me faut encore parfois justifier mon désir de couper les liens, fils sacrés de l’amitié aussi temporairement que ce soit. S’il est légitime de se soucier des personnes qui nous tiennent à cœur, il est injuste et dangereux de les incomber de nos attentes, expectations, conditions ou pire espoirs. Si on aime, on attend parfois trop en retour, des gestes, des preuves, des envies purement personnelles d’être rassuré. Comme si parce que je t’aime, tu dois m’aimer, et autant ! Il est facile de projeter ses schémas de pensées « s’il m’aimait vraiment, il n’aurait pas fait ça car moi je l’aime et je ne lui aurais jamais fait ça ». On attend des autres des efforts comme s’ils étaient notre miroir, comme si la dose d’intérêt et d’attention qu’ils m’envoient sont celles que je mérite. Mais il ne faudrait pas tout confondre et comprendre que tout individu réagit de manière différente et il est parfois dangereux de vouloir les sculpter à notre guise, les remouler pour qu’ils nous plaisent plus ou nous déçoivent moins. Parfois il faudrait pour comprendre se poser les bonnes questions et accepter que, ce que je juge être bon peut être corrosif pour d’autres ; que les attaches sont comme des laisses, qui limite le chien et vous font mal au bras quand il tire trop dessus, vous font même tomber à la renverse, comme les barres aux cages d’un oiseau merveilleux qui rêve, peut être, de prendre son envol… Il faut relâcher la pression sur les gens qu’on aime, c’est peut être difficile mais peut être faut-il leur laisser la liberté d’être heureux aussi d’eux mêmes…


 1er juin : De Rio de Janeiro à Paris, un avion disparaît et on retrouve un suisse. Un ami disparaissant qui à la question de savoir pourquoi il s’est reclus ainsi nous répondit : « parce que j’en avais besoin », tout simplement.

Article: ThirdMonkey

Publié par thirdmonkey à 07:28:22 dans thirdmonkey | Commentaires (0) |

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