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Temps beaux.
Un à un les matins se remplacent
Et engendrent dans leur cours rapide
Une invisible métamorphose.
Les jours épuisent semaines et mois,
Qui passent sans les pouvoir sentir
Jusqu’à l’an nouveau où l’on s’arrête à l’instant.
Aussitôt repart la cavalcade.
Plaisirs ou souffrances s’effacent
Comme la savonnette glisse et rétrécit insensiblement.
Loin derrière,
Le défilé des décades
M’étonne et surprend.
Quoi, tant de temps déjà engloutis
Jusqu’aux cheveux blancs, la force faible,
La nostalgie d’un regard maintenant retourné.
Et toujours la ronde inexorable, plus vite,
La fuite précipitée du matin et du soir
Jusqu’à l’arrêt brutal de ce matin dernier.

Publié par emiliousollies à 19:42:58 dans Poësies | Commentaires (0) | Permaliens
Si brève !
Si brève dans l'éternité du temps sidéral,
Si infinitésimale dans l'univers céleste,
Si exceptionnelle et singulière,
Si pleine de misères et de douleurs,
Si misérable qu'elle soit souvent,
Elle nous fait connaître la beauté,
La joie et l'amour.
Célébrons, enseignons la vie,
Fugitive et féconde, sans lendemain.

Quand les batailles sont finies
Quand les batailles sont finies,
Qu'un homme à l'issue attendue d'une fin prochaine,
Se retourne et cherche dans les œuvres accomplies celles qui,
Au-delà des richesses qui s'épuisent, des honneurs qui lassent
Des labeurs, et des forces dépassées
Porteront sa marque,
L'une d'elles s'impose, primordiale,
Seul édifice rassurant devant le grand vide du néant.
Lorsque la vie décline, que les jours sont lents
Que les choses et les gens ennuient ou ne proposent
Que des sentiments connus, des émotions anciennes simulées,
Lorsque le décalage des mondes se creuse et les esprits divergent,
Lorsque la Nature toujours sereine,
Règne éternelle et magnifique dans sa grandeur
Alors que par sa puissance immuable, les destins s'estompent,
Il reste au cœur la joie profonde d'avoir donné la vie.
Dans ce monde où conscience ne dure que le temps d'une existence
Où les atomes qui ne meurent composent l'univers
Et en eux, portent l'âme et l'esprit,
Il est vrai que l'essence passe par cette minuscule chose miraculeuse
Offerte dans le plaisir, qui deviendra bientôt un être de chair et de sang
Doué des facultés de l'évolution et de la quintessence du passé.
Cet enfant qui à son tour envoie dans la galaxie un homme dans l'avenir
C'est le nôtre. Il porte en lui notre gène à nul autre pareil,
Témoin et acteur de ce que nous avons été, de notre pensée
De cette conscience propre et unique qui s'affaiblit mais ne périt pas
Puisqu'elle revit peu à peu dans un autre être capable des choix
Et du souvenir qui font de l'homme l'égal du dieu.
O toi mon bébé,
Mon si petit pantin qui geint et ignore encore tout de la vie
Toi qui es déjà si proche de moi
Dans la misère et pleure au premier jour
Toi que j'ai fait sachant combien je t'exposais
Aux peurs et aux souffrances
C'est toi qui me portes maintenant, tu es mon témoin,
C'est toi qui te retournes pour prendre ma main et me dis :
Tu n'es pas effacé, le monde sait que tu as été
Car je suis là et te tiens en mon sang.
Ainsi tu resteras présent par mon âme, par mon être,
Jusqu'à la fin des temps, inoubliable.

Sur la Terre
Ci est notre paradis, la Terre.
Est unique, point d'autre n'en faut quérir.
Nos délices estimés : progrès, civilisation, art
Puis Mort nous rejette au Néant qui alentour flotte.
Ci est notre enfer, la Terre.
Est unique, point d'autre n'en faut quérir.
Nos douleurs soignées : misère, guerre, religion
Puis Mort nous rejette au Néant qui alentour flotte.
Amour, Haine ne sont pas de la Terre.
Naissent dans le cœur.
Pardon est loi
Charité est arme.
Publié par emiliousollies à 18:28:22 dans Poësies | Commentaires (0) | Permaliens
Je suis croyant.
Je suis croyant, mais il n'y a point de Dieu !
Je voudrais croire en Lui mais Il n'est pas.
Je me tourne vers Lui pour une offrande
Mais il n'y a Personne derrière la porte du néant.
Je fais le bien sans qu'Il me voie
Je fais le mal sans qu'Il punisse.
Je me tourne vers Sa demeure dans les cieux
Noirs du vide et cherche encore sans espoir.
Je suis, mais où es-Tu Chimère cruelle ?
Ces tourments vers Moi me conduisent !
Misérable engeance.
Les seuls infinis sont ceux des temps, espace, matière
D’où l’homme a surgi, hasard ou fatalité.
Issu de leurs poussières
Il tente de conquérir une place spirituelle.
Répandant le mal et le bien
Il prétend être le reflet d’un dieu.
Publié par emiliousollies à 16:46:12 dans Poësies | Commentaires (0) | Permaliens
Pour l'enfant toute vie est au présent.
Alors que pour l'adulte il n'est que futur.
Pour le vieillard n'existe que le passé.
Bientôt plus rien qu'un ciel vide
Je regarde le ciel.
Il me vient parfois l'impulsion de vouloir m'envoler.
Je pense que je peux quitter ce monde d'un coup d'aile,
M'élancer libre vers l'azur, débarrassé de toutes contraintes
Oublieux des devoirs, sans passé et encore sans avenir.
Que du bleu, du ciel, et la brise, légère, pour me porter.
Le monde plus bas, à mes pieds loin, évanoui, devient invisible.
Insensible, silence du vent, je vais immatériel planant sur des flocons
Sans penser - uniquement la vue du bleu, les yeux dans un ciel sans fin.
Les astres comme escale, d'un tire-d'aile.
Je vole, à peine bouger pour voguer d'un étoile à l'autre.
Personne.
Il faut ouvrir les yeux. Ce n'est même pas un rêve.
Que le temps d'une poésie, d'une tirade au seul dieu de l'esprit,
Une lâcheté, un oubli - la fuite vers une mort plus douce.
Rester
Rester beau, jusqu'à la fin,
Malgré les insultes et les tourments.
Rester bon, contre les offenses et la haine.
Après, rester fort, dans la maladie et la décadence.

Eternel regret.
Les souvenirs sont des moments d'éternité.
Pourquoi ? Comment ?
Il n'y a pas de réponse aux interrogations du destin.
Le passé se fige, demeure le souvenir du temps.
On y revient sans cesse,
Le retourne et tourne, l'examine, l'interroge
Sans que jamais il ne change
Sans que jamais on ne puisse l'ordonner,
Le rectifier, même avec les ongles.
Il est dur, méchant
Beau et triste
Cruel et lancinant.
Tout proche mais intouchable.
Il gonfle et s'enrichit.
Il ne peut être que douleurs et
Eternels regrets.
Publié par emiliousollies à 20:10:12 dans Poësies | Commentaires (0) | Permaliens
Nénuphar du soir.

Même à présent,
Quand je vois en mon cœur surgir ma belle aux seins dorés
Toujours tenté lorsque m'apparaît son visage céleste
Et son corps flamboyant transpercé du feu de mon amour,
Quand je revois celle que j'ai choisie pour ses jeunes années
Mon cœur bat, saignant sous la neige.
Même à présent,
Si ma belle aux yeux de vair revenait vers moi
Lourde d'amour,
Je lui tendrais comme autrefois mes bras avides
Et je serais comme une abeille étourdie de miel
Pillant le calice noir d'un nénuphar.
Même à présent
Si je la voyais étendue, les yeux clos et la joue enflammée,
Se retournant sur son flanc pâle et m'appelant,
Mon amour serait un collier,
Et la nuit nous embrasserait
Telle une amante aux cheveux sombres baisant la poitrine de l'aube.
Même à présent
Que mes yeux vides de larmes me font voir, ah! me font voir
Tous les visages de mon enfant perdue : 0 cercles d'or
Qui caressaient ses joues de fleur de magnolia
Et vous blancheurs, suaves blancheurs où mes lèvres savaient écrire
Des stances de baisers que plus jamais elles n'écriront !
Même à présent
Que mon tourment rappelle le battement des paupières bistrées, ses yeux égarés,
Et la pitié de son corps svelte que la passion brisait
Et les petites fleurs rouges de ses seins adorés
Qui palpitaient entre les voiles pour mes délices,
Et ses lèvres écarlates où quelques jours j'ai mis mon sceau, pour ma désolation.
Même à présent
Qu'ils ont évoqué sa faiblesse sur les places et les marchés,
Faiblesse si ardente à m'aimer que nul prince ne l'a menée vers son lit infâme,
Et que ces petits hommes qui vendent pour or et pour argent se frottent encore les yeux !
Ma petite fille égarée
Tu t'accrochais à moi comme un noyé à l'épave, 0 mon enfant !
Même à présent,
J'adore encore les yeux caressants et soyeux, tristes toujours, tristes encore,
Les yeux soumis dont les paupières baissées étendaient une ombre si douce
Que c'était un autre bonheur.
Les cheveux bouclés plus subtils qu'un nuage sous ses doigts légers.
Le corail de sa bouche fraîche sur les gemmes nacrées, je le languis.
Ah ! Le parfum de cette bouche.
Même à présent,
Je me souviens lorsque tu soupirais doucement contre mon épaule,
Et que nous ne faisions qu'une vie, ta main posée sur ma poitrine.
La brûlure de ton corps languissant m'apporte une image étrange.
J'aperçois devant le Temple les vierges implorer sous la clarté lunaire,
Je les vois pâles danser et chanter au centre des colonnes obscures,
Puis s'en aller une à une, innocentes et soumises.

Même à présent,
Lassé d'entendre deviser les sages de la terre qui méditent sur leur histoire
Petits mots sages, petits mots drôles,
Aquarelles de confuses couleurs, murmures argentés d'un ruisseau,
Sur lesquels nous nous endormions.
Même à présent,
Lassé des cyprès et des roses, des montagnes bleues, des collines ondulées
De la musique de la mer, je pense aux jours où scintillaient des yeux implorants,
Où des mains se posaient sur moi comme des papillons,
Quand au loin l'alouette chantait dans le thym
Et que les enfants foulaient en riant l'eau des torrents.
Même à présent,
Je sais que j'ai goûté à la plus haute saveur de cette vie.
J'ai vidé la coupe céleste au grand festin.
A peine le temps d'un rêve j'ai entrevu ma bien-aimée
Et mon cœur émerveillé en est demeuré misérable
Et lui voue un éternel amour.
Conte indou.
Publié par emiliousollies à 11:52:20 dans Poësies | Commentaires (0) | Permaliens
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