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De profundis
Toute jouissance va, tout va, de même le délire des fièvres.
De quoi n'ai-je pas été le témoin !
Quelle brillante renommée ne fut la mienne aux jours de ma gloire!
Quelle capitale ne connut le bruit du sabot de mon cheval ?
Plus vite que le simoun, que de villes n'ai-je pas détruites ?
Quelle grandeur plus grande que moi ? Quelle loi qui ne fut mienne?
Et voici ! Toute jouissance va, tout va de même le délire des fièvres
Sans laisser plus de trace que l'écume sur le sable.
Et la mort est venue sans que personne ne la puisse arrêter.
Mes armées, mes courtisans, ni ceux-là, ni d'autres.
Ecoute la parole qui ne passa jamais mes lèvres:
Aie soin de ton âme ! Jouis en paix au calme de la vie !
Profite en sage de toutes les beautés du monde.
Demain la mort t'enlèvera !
Demain, la terre répondra à ceux qui t'appelleront :
Il n'est plus ! Il est dans mon sein pour l’éternité !

Je croyais éternelles ma puissance et mon âme
Quand soudain se fit entendre la voix de celle qui ne meurt pas.
Alors je réfléchis sur ma destinée, je rassemblai les miens,
Tous sans excepter un seul et je leur dis :
Voyez mes cassettes, mes coffres, toutes ces richesses.
Je vous les donne si vous prolongez d'un jour seulement ma vie sur la terre.
Mais ils tinrent les yeux baissés et gardèrent le silence,
Et moi je mourus ; mon palais devint l'asile de la mort.
0 fils des hommes ! Pourquoi conçois-tu tes ténèbres ?
Pourquoi places-tu ta confiance dans un monde vain ?
Ne sais-tu pas que finalement il ne reste rien !
Ou sont-ils les conquérants, les bâtisseurs ?
D'eux à peine un peu de poudre, plus légère que le souvenir !
0 fils des hommes tu cèdes aux plaisirs faciles et la mort
Cramponnée à tes épaules rit plus fort que toi !
D’après Les mille et une nuits.
Publié par emiliousollies à 11:17:29 dans POLYGAMIE AVEC LES MUSES | Commentaires (0) | Permaliens
Je vous pardonne
Vous qui m’avez chassé de l’école
Qui m’avez insulté pour mon nom
Qui m’avez cru menteur alors que je disais vrai.
Je pardonne
A ceux qui m’ont trompé par égoïsme
Aux militaires qui m’ont emprisonné pour un salut oublié
A ceux qui m’ont visé sans m’atteindre
A la patrie qui a coupé mes racines.
Je pardonne aussi
Aux enfants méchants par innocence
Aux proches qui m’ont abandonné dans le besoin
A ceux qui m’ont imputé sa mort alors que je l’aimais
Et qui ont privé ma famille de leur affection
A ceux qui sont morts en me blessant.
Mon pardon aussi aux fonctionnaires
Qui pendant onze ans m’ont vainement torturé pour fraude
A ceux qui m’ont volé dans ma confiance
A la nature aveugle qui des ans m’accable
Même à Dieu qui est tout le temps absent.
Et ceux-là qui m’ont méconnu
Et qui n’ont pas reconnu mon art
A vous qui ne m’avez pas encore pardonné mes erreurs.
Peut-être à moi pour ce que je n’ai pas atteint.
Mais Pardon et Merci à vous qui m’avez mis au monde.

Publié par emiliousollies à 10:46:36 dans Poësies | Commentaires (0) | Permaliens
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