La symbolique du solstice d'hiver : que se passe-t-il dans la nature ?
Le cycle du temps a quatre portes : les deux solstices et les deux équinoxes.
Les équinoxes (jour égal à la nuit) marquent des changements depolarité dans le temps : d'une énergie émettrice à une énergie réceptrice pour l'équinoxe d'automne (du yang au yin) et de l'énergie yin à l'énergie yang pour l'équinoxe de printemps.
Les solstices marquent eux le moment paroxysmique dechaque énergie.
Sol stat : paroxysme de yang, de lumière visible, de puissance visible
pour l'été, la célébration de la manifestation, le Christ-Roi dans la symbolique chrétienne, paroxysme de yin et de puissance invisible souterraine, avec le solstice d'hiver.
Le solstice d'hiver est le moment où la lumière visible est la plus faible, où la nuit est la plus longue et le jour le plus court, avec la crainte que le soleil ne se lève plus, d'où le symbole de la fête du Sol Invictus, le soleil invaincu, qui a triomphé des ténèbres.
Au niveau du cycle de la nature, à vrai dire, le renouveau est à ce moment, et pas à Pâques, bien que Pâques soit la fête de la résurrection visible et du renouveau visible de la nature, mais le renouveau naît à Noël, et est justement représenté à la fois par la faible lumière des bougies des fêtes de Noël et par l'innocent enfant qui naît et qui est la promesse du futur.
Certains symbolistes attribuaient même le nom de NOËL à la signification
« Nouvel Helios », nouveau soleil.
Donc, dans la nature tout renaît d'abord dans l'invisible à Noël, durant tout l'hiver où la puissance est extraordinaire mais souterraine, tout germe à l'intérieur de la terre, comme à l'intérieur de soi, sort à la lumière au printemps, arrive à maturité pour être récolté en été et meurt à l'automne.
L'automne est associé à la mort et aux fêtes de morts, mais Noël est une fête de renouveau, de nouvelle naissance, à partir de l'innocence (ou du potentiel originel), qui doit à nouveau apporter la lumière, la paix, la joie, la chaleur. La nativité marque aussi dans la spiritualité christique le départ d'un processus de spiritualisation de la conscience, qui est le mystère de la passion et de la résurrection.
Contrairement à l'étude qu'on en fait en général, les Evangiles retracent un parcours spirituel, le Maître traçant le chemin pour le disciple, de la même manière que la plupart des textes sacrés tracent un chemin spirituel, comme la Bhagavad-Gîtâ par exemple.
Noël est la fête de la naissance de la lumière.
Dans plusieurs traditions religieuses ou spirituelles, on fait naître un "sauveur" le soir de Noël ou du solstice: on dit que Mithra et Krishna sont nés ce soir-là, comme le Christ de notre tradition.
On les fait naître au solstice d'hiver, au cœur de la nuit la plus longue de l'année, c'est à-dire au moment où l'on touche le fond de la nuit, au bout de l'année, là où tout semble mort.
L'arrivée de la lumière est la promesse de salut.
Et, c'est à ce moment que les journées commencent à s'allonger peu à peu; comme si la lumière apportée devait triompher petit à petit jusqu'à ce qu'elle atteigne l'autre pôle de l'année, le solstice d'été, la fête de la Saint-Jean.
Le moment du solstice est un moment qui nous permet de prendre conscience de la présence de l'esprit dans la matière, comme un éclair de lumière dans l'obscurité, une grande espérance.
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Le solstice d'hiver est le point culminant où l'énergie de Lumière s'ancre profondément dans notre terre intérieure.
Parce qu'il ouvre la porte de la phase ascendante du cycle annuel, parce qu'il voit renaître de façon encore secrète - et donc sacrée - la lumière, le solstice d'hiver est lié aux traditions les plus ésotériques en célébrant la naissance de la vie réelle.
La tradition chinoise place au minuit du solstice d'hiver le moment le plus propice à la conception.
Quant aux Indiens d'Amérique du Nord, si l'on en croit Sun Bear, ils donnent à cette lunaison le nom de "lune du renouveau de la terre" en l'associant au même arbre totem que les Celtes, le bouleau, parce qu'il se propage seul et qu'il est le premier des arbres forestiers à sortir ses feuilles. Comme chez les chrétiens célébrant la naissance de Jésus d'une vierge dans une étable, le rite celte d'Imbolc célèbre l'enfantement du fils de la déesse mère à minuit dans une caverne.
Les Berbères enfin consacrent cette "porte de l'année" à ennayer, rite où l'on purifie la maison et où l'on se rassasie pour écarter la famine sans oublier de réserver la part de l'Invisible.
Pouvoir du NORD chez les amérindiens, le solstice d'hiver incarne ensemble la mort apparente de la nature et la plénitude spirituelle. Il est au coeur de la nuit, le moment où l'être - telle la graine enfouie dans l'attente d'une lointaine moisson - commence de s'éveiller à la Lumière.
(Source : "le petit livre de tous les jours")( Nouvelle acropole)
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