
II
1946-1948
Guerre et paix
Les années suivantes, de 1946 à 1954, furent marquées par la présence quasi permanente des soldats français dans nos campagnes pour chasser le Viêt-Minh. Ils sillonnaient nos villages, semaient la terreur dans notre région où le calme était à peine retrouvé après le départ des Japonais et des Chinois.
Je regardais ces soldats casqués, armés, portant fusils et grenades sur tout le corps avec mes yeux d'enfant comme quelque chose de nouveau. Je n'avais pas peur, mais j'étais seulement surprise de voir des gens de couleurs différentes. À cause de leur gros nez pointu, nous les appelions « Tây mũi lõ ». Ils n'avaient pas tous la peau blanches avec des cheveux dorés, certains étaient noirs, nous les appelions « cột nhà cháy », les bronzés portant des balafres au visage « Tây ma rốc ».
L'événement qui m'a le plus traumatisée fut l'exécution de mon grand-père sous mes yeux. Lors d'une patrouille, tout le monde étant parti se cacher dans les villages voisins ou dans les tranchées ; j'étais restée avec lui dans la maison.
Étant ancien haut fonctionnaire du gouvernement français, il était sûr que rien ne pouvait lui arriver. Il voulut même tirer encore une bouffée sur sa pipe à eau, un kédillot, quand les soldats noirs et bronzés s'introduisirent dans la maison. Ils saisirent avec violence mon grand-père qui me fit signe de m'éloigner. Je courus alors me cacher derrière la porte faite de lattes de bambou. De là, je pus voir à travers les trous percés par l'usure, ces soldats ressortir en tirant mon grand-père, alors qu'il essayait de se dégager en balbutiant des mots que je ne comprenais pas (il devait leur parler en français).

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Ces soldats le collèrent brutalement face contre la muraille du jardin. Après les assourdissants coups de feu, je vis son corps tomber à terre laissant des traces rouges sur la muraille. Lorsqu'ils furent partis, je m'approchai de mon grand-père gisant dans une flaque de sang, il semblait dormir. J'étais restée à côté de lui à attendre qu'il se relève. Je ne savais que faire. J'essayai de secouer sa main pour le ranimer :
- Grand-père, lève-toi vite, ils vont revenir !...
Quand les membres de la famille revinrent, ils crièrent, sanglotèrent. C'est en les voyant se lamenter sur son corps inerte que je me mise à pleurer moi aussi.
Ma famille raconte que, durant le règne de l'empereur Bao Dai, notre famille vivait dans la splendeur et la prospérité. Lorsqu'on voyait l'attroupement d'une foule au bout de la rue, avec des acclamations : C'est le mandarin, c'est le mandarin qui arrive !, c'était l'annonce de l'arrivée de mon grand-père qui venait nous rendre visite. Toute la famille l'attendait, heureuse et fière, en haut des marches de notre demeure de style colonial, pour mieux voir arriver celui qui est assis majestueusement sur sa monture, escorté par des gardes.

Après l'exécution de mon grand-père, et durant toute la période où je vivais à la campagne, j'avais l'impression d'être toujours seule, je ne parlais à personne et personne ne me parlait. Je pensais qu'avec tous ces événements, les grandes personnes avaient d'autres choses à faire qu'à s'occuper de moi. Je commençais alors à avoir l'habitude de vivre dans la solitude. Cet état m'apprenait déjà à vivre seule sans jamais m'ennuyer. Je dormais souvent dans le coin d'une étable ou dans une grange, où j'aménageais ma couchette au sommet d'un tas de foin recouvert d'une natte usée. Le problème de me nourrir ne se posait pas.
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Parfois, entre deux descentes dans les tranchées, j'eus l'occasion de voir différents travaux artisanaux : de la soie, du coton, de la fabrication du tabac, de la distillation de l'alcool de riz, de la fabrication de la nougatine, du tissage des nattes et aussi de la culture du riz. Cuire le riz rien qu'avec l'écorce du paddy comme combustible est un véritable savoir-faire, je sus le faire seulement quelques années plus tard.
Parmi ces travaux artisanaux, celui de la soie est le plus captivant et le plus épuisant. Il y a un proverbe qui dit que celui qui cultive le riz « mange couché », celui qui élève les vers à soie « mange debout ». Ce qui veut dire que la culture du riz est une occupation plutôt aisée, tandis que le métier de la soie ne laisse aucun répit.
Le travail de la soie consiste d'abord en l'élevage des vers. On enferme deux ou trois bombyx le ventre gonflé d'oeufs dans une assiette recouverte d'un bol percé de petits trous. Deux ou trois jours après, les oeufs de la taille d'un grain de sable remplissent la surface de l'assiette (très plaisant à voir). Il faut alors la recouvrir de feuilles de mûrier finement découpées, puis la placer dans un endroit tempéré afin de favoriser l'éclosion. Dès que l'on voit les petits vers grouillant au-dessus des feuilles, on les installe sur des vans (sorte de plateau rond fait de lattes de bambou). On doit changer régulièrement la litière souillée de défécations en transférant les vers dans un nouveau van, de plus en plus grand, garni de feuilles fraîches, et ce, au fur et à mesure qu'ils grandissent. Une litière sale peut les tuer ou donner une soie de moindre qualité.

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Ces vers grandissent à vue d'oeil, devenant d'horribles chenilles blanches. Vers le vingtième jour, lorsqu'elles atteignent une longueur d'environ cinq centimètres, elles cessent de se nourrir et commencent à se fixer et à tisser en s'enfermant à l'intérieur du cocon de couleur, allant du jaune au blanc cassé, d'une taille un peu plus grosse qu'une olive. De ces cocons, on extrait les fils de soie à l'aide d'un appareil archaïque de fabrication artisanale.
En regardant l'extraction du fil des cocons flottant dans le récipient d'eau chaude, je m'amusais à les immerger un à un avec mon petit doigt en pensant que les chrysalides extraites de ces cocons, sautées avec du nuoc mam , constituent un plat typique très prisé des connaisseurs du nord.
La cueillette des feuilles de mûrier est aussi un des moments des plus romantiques. Que d'histoires d'amour germent autour du mûrier ! Comme les vers à soie sont très voraces, il faut les nourrir vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Dans un pays où la température atteint parfois 35 °C, voire plus, avec un important taux d'humidité, il fait trop chaud pour la cueillette dans la journée. On la fait donc, soit tôt le matin, soit le soir dès que le soleil commence à se cacher derrière les aréquiers et les bambous. La cueillette du matin est effectuée par des maîtresses de maison qui ont l'habitude de se lever tôt. Tandis que celle du soir est faite par des jeunes filles, après l'école, moment privilégié, car c'est dans cette douceur du soir que les jeunes gens du voisinage, attirés par leurs bavardages, leurs rires, leurs chants, viennent écouter, observer et choisir l'élue de leur coeur...

Mûrier
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Ces vers grandissent à vue d'oeil, devenant d'horribles chenilles blanches. Vers le vingtième jour, lorsqu'elles atteignent une longueur d'environ cinq centimètres, elles cessent de se nourrir et commencent à se fixer et à tisser en s'enfermant à l'intérieur du cocon de couleur, allant du jaune au blanc cassé, d'une taille un peu plus grosse qu'une olive. De ces cocons, on extrait les fils de soie à l'aide d'un appareil archaïque de fabrication artisanale.
En regardant l'extraction du fil des cocons flottant dans le récipient d'eau chaude, je m'amusais à les immerger un à un avec mon petit doigt en pensant que les chrysalides extraites de ces cocons, sautées avec du nuoc mam , constituent un plat typique très prisé des connaisseurs du nord.
La cueillette des feuilles de mûrier est aussi un des moments des plus romantiques. Que d'histoires d'amour germent autour du mûrier ! Comme les vers à soie sont très voraces, il faut les nourrir vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Dans un pays où la température atteint parfois 35 °C, voire plus, avec un important taux d'humidité, il fait trop chaud pour la cueillette dans la journée. On la fait donc, soit tôt le matin, soit le soir dès que le soleil commence à se cacher derrière les aréquiers et les bambous. La cueillette du matin est effectuée par des maîtresses de maison qui ont l'habitude de se lever tôt. Tandis que celle du soir est faite par des jeunes filles, après l'école, moment privilégié, car c'est dans cette douceur du soir que les jeunes gens du voisinage, attirés par leurs bavardages, leurs rires, leurs chants, viennent écouter, observer et choisir l'élue de leur coeur...
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Le mûrier asiatique n'est guère différent de celui que l'on trouve dans le sud de la France ; ses fruits allongés ou coniques comme des fraises deviennent rouges, sucrés et légèrement acidulés à la maturité. J'allais souvent assister à la cueillette en espérant que les grandes personnes m'en donnent quelques-uns. J'aimais bien ces fruits, mais j'étais trop petite pour les cueillir ; je me contentais alors de manger ceux que l'on me donnait. Les gens disent que ces mûres ont un pouvoir thérapeutique qui retarde le blanchiment des cheveux. Tout en m'amusant à ramasser les feuilles tombées au sol, je m'arrêtais parfois pour écouter les pleurs d'un bébé venant d'une chaumière dont les murs sont bâtis d'un mélange de chaux, d'argile et de paille, où ma belle-soeur Mai, dans son hamac, sous la véranda, berçait sa fille aînée en chantait une rengaine qui commence toujours par : aaa e u illl... Je me rappelle - lors de la naissance de cette petite fille - ma belle-soeur Mai hurlait tellement en traitant son mari de tous les noms que les gens l'avaient comparée à un cochon qu'on égorge. C'est pour cette raison que je m'étais juré de ne pas crier si je devais un jour mettre un enfant au monde.
La paix étant revenue dans nos villages sous la protection des soldats français, nous menions une vie paisible à Phat Diêm où les activités artisanales et la culture redevinrent florissantes et productives. Ce sont les cousins et cousines qui se sont occupés de nous, car mon père était souvent absent, probablement pour faire du commerce ou des affaires afin de trouver de l'argent pour subvenir à nos besoins.
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Puis un jour, je le vis revenir accompagné d'une dame aux cheveux enroulés dans une bande de tissu autour de la tête, du type provincial nhà quê. Elle était souriante et gentille, mais j'étais un peu choquée de la voir sourire en montrant ses dents laquées toutes noires ; je n'avais encore jamais vu cela de ma petite vie, en plus elle chiquait du bétel. Personne ne me dit qui elle était, et ce qu'elle était venue faire dans notre famille, mais je devinai que c'était ma marâtre. Je n'ai pas à juger mon père, c'est tout à fait normal qu'il pense à se remarier après ces années de deuil durant lesquelles, il a dû faire des sacrifices en s'occupant de ses enfants, comme le coq de ses poussins. Les femmes modernes de la ville, voyant cette marmaille, ne voulaient pas de lui.
Cette femme admirable, certainement séduite par le prestige de mon père, a accepté de l'épouser. Elle a du mérite, car il faut avoir un sacré courage pour accepter de telles responsabilités : celles d'avoir du jour au lendemain la charge de sept enfants dont il faut s'occuper et desquels il faut aussi se faire accepter. Si cela avait marché, c'était tant mieux pour mon papa.
Dans les premiers temps, elle s'était montrée très maternelle. Je me rappelle certains soirs où j'étais couchée entre elle et mon père ; elle me racontait des légendes, des histoires pour enfants comme Tâm, Cam : une Cendrillon à la vietnamienne. Elle m'apprenait aussi à chanter des chansons, des complaintes, à citer des poèmes et des proverbes. Je me rappelle encore tous ces doux moments et tout ce qu'elle m'avait appris, notamment une chanson que je connais par coeur et que je chante encore de temps en temps : Cô lái dò. Cette chanson relate le souvenir romantique d'une « passeuse de barque » :
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Cô lái dò. Cette chanson relate le souvenir romantique d'une « passeuse de barque » :
Ce printemps-là :
Au cours d'une traversée,
en amenant ses passagers
elle rencontra son bien-aimé
des promesses se sont échangées.
Depuis, elle l'attendait :
Sur le « fleuve sans retour »
elle ramait sa barque chaque jour
d'une rive à l'autre avec amour
trois ans durant, elle se languissait de son retour
Ce printemps-là :
Elle s'en alla se marier en quittant
sa barque, ses rames, en laissant
le fleuve Rouge et ses clients
dans la tristesse de son absence...
Chaque fois que je chante cette chanson, mon coeur se remplit de mélancolie au souvenir de cette époque où je commençais à prendre conscience des événements, et à apprécier les bons moments. Malheureusement, ce laps de temps fut court et interrompu par la naissance de ma demi-soeur. Cette dernière prit ma place, me poussant avec ses petits pieds innocents dans le « néant ».
Cette naissance provoqua une rupture affective brutale entre ma belle-mère et moi. Son attitude changea, elle devint plus froide, plus distante. Elle m'ignorait. Je n'existais plus. Je ne comptais plus. Je devenais au fil des jours une délaissée. Elle ne s'occupait plus de moi, et lorsqu'elle avait quelque chose de bon, elle le mangeait en cachette avec sa fille. Je revois encore cette scène où elle dégustait une mangue avec sa fille dans leur chambre. De l'extérieur, je les regardais se régaler, elles ne m'avaient même pas tendu un morceau. Cette image est restée gravée comme un sceau dans ma tête. Aujourd'hui, chaque fois que je vois une mangue ou un monceau de mangues entassées pêle-mêle à l'étalage des supermarchés, je ne peux m'empêcher de penser à cette scène en me disant que si je veux, ce monceau de mangues est à moi.
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Un jour, on me força à téter les seins de ma belle-mère, car elle avait trop de lait et cela la soulageait. C'était affreux, j'avais envie de vomir mais je n'avais pas le choix, il fallait le faire, moi qui n'ai jamais tété les seins de ma propre mère ! Depuis, j'éprouve un certain rejet pour le lait : voir un verre de lait me soulève le coeur. À partir de ce moment, j'eus l'impression d'avoir perdu quelque chose en moi, mon comportement changea, je devins taciturne et renfermée. Cette attitude était-elle la réaction instinctive qui initiait le blocage mental pour m'empêcher de percevoir d'autres sévices issus de l'hostilité et de la domination, ou est-ce Dieu qui, n'ayant pas accepté cette offense, cette humiliation, avait ôté de mon esprit toute ma volonté, toute mon émotion, toutes mes facultés, en m'enfermant dans une inconscience quasi totale ?... Du jour au lendemain, je fus réduite à l'état de «légume».
Désœuvrement
Mon père n'avait toujours pas retrouvé de poste d'enseignant, car Phat Diêm n'était qu'un petit village. L'école communale n'existait pas, l'enseignement primaire était assuré par des religieuses. On m'envoyait à l'école, moins pour les études que pour se débarrasser de moi. On ne se souciait guère de savoir ce que j'y faisais. Souvent, je ne rentrais pas déjeuner, et comme il n'y avait pas de cantine, il m'arrivait parfois de manger n'importe quoi.
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Je me souviens qu'un jour, derrière la salle de classe, j'avalai furtivement une carambole (qua khê) trouvée au sol dans le parc pour assouvir ma petite envie de fruits, car les seuls fruits qu'il m'était permis de manger étaient ceux qu'on n'achète pas « Beurk ! C'est acide ! » Durant tout l'après-midi, je subissais d'atroces brûlures à l'estomac, j'ai dû endurer cette douleur sans oser en parler. Certains jours, l'une de mes soeurs, ne me voyant pas à la maison, venait m'apporter, enveloppé dans une feuille de bananier, du riz formé en une boule grosse comme une balle de tennis, fourrée d'un morceau de porc au caramel ou de quelques crevettes sautées au sel.
Je devais avoir huit ou neuf ans quand je commençai à apprendre à lire et à écrire, alors que la plupart des enfants commencent dès la maternelle. C'est pour cette raison que beaucoup ne se souviennent pas de leurs premiers bâtons. Moi je m'en souviens ! Je ne parvenais pas à faire les bâtons correctement sur les lignes prétracées d'une feuille de papier de qualité médiocre. Ma première page d'écriture - je la revois encore - était parsemée de trous à force de gommer, recommencer... gommer, recommencer... avec une gomme dure comme de la pierre ponce. Je reconnais là deux de mes aptitudes : « patience et perfectionnisme ».
C'est tout ce dont je me souviens de mes études à Phát Diêm, c'est-à-dire, pas grand-chose. Quand l'école était fermée, je passais mon temps à me promener dans les champs, comme une désoeuvrée, vêtue d'un corsage usé, tout rapiécé, et d'un pantalon trop court. Je portais toujours le même. Depuis quand ? Je grandissais mais pas lui.
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Je me baladais ainsi le long des digues bordant les rizières tout en observant la nature et le beau paysage verdoyant... Ici, un buffle broutant tranquillement avec son pâtre sur le dos, un peu plus loin, un laboureur marchant lentement en tenant la charrue derrière son buffle. À une centaine de mètres de moi, deux femmes sur la digue, tête couverte du chapeau conique, face à face, elles transvasent l'eau à l'aide d'une écope à laquelle est attaché de chaque côté un trapèze. Tenant chacune une barre du trapèze, d'un rythme coordonné et régulier, elles se baissent pour puiser l'eau et s'étirent en arrière pour la verser dans la rizière. Image typique de mon pays.
Je m'amusais aussi à attraper les papillons, les libellules, les crabes, les coquillages, en m'arrêtant parfois devant un des autels d'adoration que l'on trouve par-ci par-là sur les routes, pour y déposer au pied des statuettes quelques gerbes de petites fleurs sauvages cueillies le long des digues. J'évitais surtout de mettre les pieds dans l'eau à cause des sangsues, vampires (nageant et rampant) tant redoutés des soldats français et américains devant traverser les fleuves et les marécages à la recherche des Viêt-Công. Il paraît que si une sangsue parvient à pénétrer dans les parties intimes ou dans l'oreille, et à atteindre le cerveau, on peut mourir dans des souffrances atroces. Rien que d'y penser, j'en ai la chair de poule. En fait, ces excellentes suceuses de sang occupent depuis longue date une fonction utile dans la médecine .
Jusqu'à cette époque, certaines images apparaissent dans ma mémoire comme des flashes, mélangées à des faits racontés par ma famille. Je ne sais pas exactement l'année ni même l'âge que j'avais, car on ne parlait jamais de l'âge, et on ne fêtait pas les anniversaires non plus.
Toutefois, je tiens à préciser que ce récit n'est pas une accusation ni une dénonciation. Je me contente de relater les faits tels qu'ils étaient en m'adressant à ceux qui sont dans la même situation ou dans une situation similaire, pour leur dire que malgré un passé aussi exécrable, il y a toujours l'espoir.
À force de volonté, de courage, de persévérance et de détachement, nous pouvons gagner la bataille de notre mauvais karma.
C'est le résultat final qui compte !
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---------- à demain 02/10 Chapitre III
Publié par Mai Ling à 09:03:11 dans ♣ Chapitre II | Commentaires (0) | Permaliens
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