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Chap. I-1 | 17 décembre 2008

 


Chap I-1

1940-1947

Innocence


Petite Souris !
Comment as-tu vécu ta vie d'orpheline,
là-bas, quelque part en Indochine,
dans ce pays ravagé par la guerre et la famine ?


      1940, année de ma naissance est marquée par l'ampleur du désastre mondial, plongeant les cinq continents dans un climat de guerre, avec l'Occupation de l'Europe par les Allemands, dont la France, de l'Asie et du Pacifique par les Japonais, menant inexorablement à un conflit tragique et sanglant, à la plus Grande Guerre de l'Histoire : la Seconde Guerre mondiale. C'est dans cette atmosphère d'hostilité, de terreurs et de carnages que je suis née un matin de novembre quelque part dans un pays du sud-est de l'Asie: le Vietnam près de Hoa Lu.
      Hoa Lu, berceau de notre famille, est un site touristique très visité de nos jours, surnommé Along terrestre, Ha Long actuel (ne pas confondre avec la baie d'Ha Long), où j'ai eu l'occasion de revenir en touriste soixante ans plus tard, fut la capitale du Vietnam antique sous les règnes des dynasties Đinh, Lê, Lý.
      Pour bien visiter et apprécier le site, il est recommandé de louer les petites barques afin de traverser cours d'eau et marécages, tout en admirant le superbe paysage digne d'une aquarelle de maître, avec ses monticules de rochers drapés pudiquement d'un voile de brume, comme pour cacher cette nudité naturelle et sauvage. Après cette belle promenade au milieu des jacinthes d'eau, des roseaux, des oiseaux et des canards sauvages, vous empruntez un chemin escarpé pour atteindre les grottes de Bích Dông et Tam Côc. De là, vous pouvez contempler cette beauté si pure, si naturelle et si paisible que vous ne verrez nulle part ailleurs.

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      Mai Ling est mon prénom : « Esprit pur comme l'aurore ». Je suis la dernière des onze enfants d'une famille aisée et respectée, comprenant sept filles et quatre garçons dont deux sont morts : l'un à la naissance, l'autre plus tard au service de la patrie sur le champ de bataille, laissant derrière lui une veuve de vingt ans, une fille de deux ans et un fils de trois mois, dans la terreur de la guerre. Ma belle-sœur se trouvant du jour au lendemain sans ressource, elle a dû confier son fils à la garderie pour aller travailler. Un jour on l'avait trouvé mort dans son berceau, sans que personne n'ait pu donner à la mère la moindre explication.
      J'étais si petite qu'on me surnommait Tí Bé : « petite souris ». Il m'a été rapporté que j'étais vive, volontaire, gâtée, mais pas capricieuse, une petite fille facile à vivre. À peine âgée de quatre ans, déjà je savais et j'obtenais ce que je voulais. Un dicton vietnamien dit : «Le cadet ou la cadette hérite de tout, la richesse comme la misère».
   Ayant été sevrée très tôt, j'avais une forte envie de succion, et tout ce qu'on me mettait dans la bouche, je le gardais durant des heures. C'était le seul problème que je posais à ma nurse qui me suivait partout avec un bol de riz. Sa tâche devint moins pesante quand elle comprit qu'il suffisait pour me nourrir de mettre dans ma bouche une cuillerée de riz de temps en temps. Cette habitude exerçait déjà mon organisme à ne pas être perturbé par la faim. Elle m'a permit de survivre sans difficulté à la famine de 1945, et de faire face plus tard, à bien d'autres situations. Elle m'a permit aussi de me passer des envies de nourriture : je mange par nécessité et par politesse tout ce qu'on me donne, mais jamais par gourmandise.

Moi dans les bras de mon papa

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     Mon père était un bel homme au teint clair, distingué et posé. Comme il enseignait le français à l'école communale, on l'appelait Ông Giáo (monsieur l'instituteur) ; d'emblée, on appelait ma mère Bà Giáo (madame l'institutrice). La coutume du pays donne à la femme, même ignorante, le même titre que celui de son époux. Seule valeur accordée à la femme à cette époque.
     Ma mère était une belle femme mince, pas très grande. Les gens disent en voyant sa photo que je lui ressemble plus que n'importe quelle fille de la famille. Je ne l'ai presque pas connue. Elle est morte avant l'âge de quarante ans, terrassée par une tuberculose due à l'usure au travail et aux multiples maternités. Lorsqu'elle était encore en vie, je ne la voyais pratiquement pas. Elle était toujours couchée et on m'interdisait d'aller la voir. Parfois, je profitais de la porte ouverte pour pénétrer dans sa chambre et m'approcher d'elle, mais aussitôt quelqu'un venait pour m'éloigner. Je pleurais, je criais :
     - Maman ! Maman ! Je veux ma maman...!

     J'étais parfois inconsolable. Quand je ne la revis plus, elle me manqua terriblement. Je pleurai, je la réclamai nuit et jour. Puis un jour, pour me calmer, on me dit qu'elle était partie au Ciel.
De son vivant, ma mère tenait une boutique de tissus et faisait de la broderie pour améliorer les revenus de notre famille. Afin d'assurer le confort et l'avenir de ses enfants, elle a acquis terres et domaines. Prévoyant sa fin proche, elle avait laissé un testament léguant des lopins de terre à chacun de nous ; j'aurais dû avoir moi aussi ma part mais malheureusement, à cause notamment de l'éclatement de la famille occasionné par la guerre et aussi par le remariage de mon père, nous avons perdu toutes traces et preuves des biens attribués.
    


Mes parents

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     Ma mère était également usée par les nuits blanches à attendre le retour de son mari. Mon père n'était pas un don Juan, mais étant issu de la lignée des mandarins, il possédait tous les atouts d'un homme instruit et cultivé. De quoi faire perdre la tête à beaucoup de jeunes courtisanes romanesques. J'ai eu l'occasion plus tard de rencontrer une demi-sœur issue d'une de ses conquêtes, elle était belle avec sa peau de pêche. Mon teint bronzé - apprécié des Européens - vient du côté maternel, je crois.
Mon grand-père paternel était mandarin et haut fonctionnaire du gouvernement français. Sur l'une des rares photos de famille en ma possession, on peut le voir, portant toque et tunique de haute distinction, élégamment assis à droite de mon grand-père maternel, entouré de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Et moi, âgée alors d'environ deux ans, portée par mon père, je suis en train de grignoter un biscuit, probablement un petit LU nantais. Nous sommes habillés à l'européenne. Mon père se distingue dans son costume sombre, chemise, cravate, mes frères sont en tenue de boy-scouts, mes sœurs et moi-même portons robes et chaussures, et non tuniques et sabots comme la plupart des gens du pays à cette époque.
     L'année 1945 fut marquée par deux décès. En l'espace de quelques jours, mon pauvre papa eut à enterrer deux êtres chers. D'abord ma mère, puis ma sixième sœur, morte de la fièvre typhoïde. Toute la famille était encore sous le choc de la mort de ma mère, personne ne faisait plus attention au régime alimentaire que ma soeur devait suivre. Elle succomba après avoir avalé quelques cuillerées de riz dont elle avait tant envie. Pour ne pas l'affecter dans sa maladie, personne ne lui avait annoncé la tragique nouvelle du décès de ma mère. Mais curieusement, de son lit de malade, dans son délire, elle affirma l'avoir vue passer lui dire au revoir...
     C'était la préférée de mon père. Elle était douce et intelligente.

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Famine


     1945 annonçait aussi la fin de la guerre. L'Europe euphorique fêtait la victoire et la paix retrouvée, mais le malheur continuait à frapper nos villages et ma famille. Il y avait encore partout la terrifiante présence des Japonais... Ils pillaient nos maisons, nous terrorisaient, nous chassaient.
      Notre maison était assiégée par un commando de fuyards chinois (Tầu ô) affamés. Ils étaient tous atteints du béribéri caractérisé par le renflement des jambes dû à leur façon de consommer le riz. En effet, lorsqu'ils faisaient cuire le riz, ils mettaient beaucoup d'eau et lorsque le riz était cuit, ils jetaient l'eau de la cuisson. Nous leur demandions alors à récupérer cette eau, nous y ajoutions du sel, du nuoc mam, un peu de ciboulette, et nous obtenions une excellente bouillie bourrée de vitamines.
     La meilleure façon de préparer un bon riz est pourtant très simple. On met le riz lavé dans un ustensile avec environ à deux centimètres d'eau au dessus de la surface du riz, puis on le met sur feu moyen en le couvrant jusqu'à l'ébullition. Pour que l'eau ne déborde pas, on enlève le couvercle pendant l'ébullition (pas nécessaire de remuer) et dès que l'eau s'est complètement évaporée, on le recouvre en laissant le riz finir sa cuisson sur feu doux.

     Nous avions dû quitter notre demeure pour nous réfugier dans les villages voisins car ces fuyards étaient très sales, ils ne se lavaient pratiquement jamais et comme ils avaient peur de sortir dehors, ils faisaient leurs besoins un peu partout dans la maison.

     Depuis, je ne voyais plus ma famille. J'étais placée un peu partout : un jour chez une tante, un autre chez un oncle ou chez d'autres personnes que je ne connaissais pas.... Nous vivions le plus souvent dans les tranchées pour être à l'abri des bombardements quasi quotidiens, signalés par une sirène. Pour moi, c'était plutôt amusant, je ne connaissais pas la peur. Dans la tranchée, je voyais les autres enfants effrayés se pelotonner dans les bras de leurs parents, moi je ne savais vers qui aller ; alors, je restais blottie dans un coin, et dès que j'entendais un sifflement au dessus de ma tête, aussitôt je bouchais mes oreilles pour ne pas entendre les assourdissants « Boum...! Boum...! ». Cela durait parfois très longtemps avant que la sirène retentisse à nouveau pour nous permettre de rentrer chez nous.

    

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     1945 était aussi l'année où la famine ravageait la région. Les causes de ce fléau sont multiples. À commencer par une période de sècheresse couplée à des parasites faisant diminuer de 20% la moisson de l'hiver-printemps 1944. Puis s'en suivait une inondation pendant la saison des moissons entraînant une pénurie. Des gens mettent la famine sur le compte des troupes japonaises qui, en accaparant les produits alimentaires des paysans et en les forçant à cultiver le jute au lieu du riz, les privant ainsi de la nourriture nécessaire. De ce fait, ils ont diminué la surface vitale réservée aux cultures vivrières essentielles telles que le maïs et les pommes de terre pour faire place au coton, au jute, et autres plantes à usage industrielles.
     En raison de la diminution de la surface disponible pour la culture, les récoltes alimentaires s'amenuisent considérablement. En plus, pendant les années d'occupation, la population vivait dans la terreur de la guerre, les routes étaient souvent bombardées par les alliés, rendant le transport du riz du sud vers le nord extrêmement difficile. Tandis que la France et le Japon réquisitionnaient la nourriture des fermiers pour l'alimentation de leurs troupes. L'administration française désorganisée ne pouvait pas fournir et distribuer la nourriture. De ce fait, les approvisionnements alimentaires insuffisants causèrent la famine dès le début de 1944.
     Depuis, la population était contrainte de vivre au jour le jour sur leurs maigres récoltes, et les perpétuels exodes, ne leur permettaient pas non plus de s'occuper durablement et sérieusement de la culture et de l'élevage. Et lorsque l'ennemi se retirait, il repartait avec les réserves laissant derrière lui une population démunie, miséreuse et affamée. Il ne restait plus rien à manger et c'était le début d'une terrible pénurie.  Innéluctablement, Le Nord Vietnam sombra alors dans une effroyable famine tuant près de deux millions de personnes.

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     Il n'y avait ni viande, ni poisson aux repas. Pour nous aider à avaler le riz, on y ajoutait du sucre, de la banane, et en guise de bouillon, une simple infusion de boutons de thé (vối) ; pour augmenter la quantité de nourriture, on faisait cuire le riz avec de la patate douce ou du maïs.
     Les gens mangeaient tout ce qu'ils trouvaient, presque tout ce qui pousse : tubercules, taros, patates, maïs ; ainsi que tout ce qui bouge : serpents, rats, chiens, moineaux... En ce temps-là, on attrapait les oiseaux sans carabine ni chevrotines, uniquement à l'aide d'une grande corbeille, un bâtonnet, une longue ficelle et une poignée de graines. La méthode est simple : on place dans la cour la corbeille renversée maintenue entrouverte d'un côté par le bâtonnet auquel est attachée la ficelle allant jusqu'à la cachette du chasseur, puis sous la corbeille, on éparpille quelques graines. Le piège ainsi posé, le chasseur n'a plus qu'à attendre dans sa cachette. Lorsque les oiseaux entrent dans le piège, il suffit de tirer un coup sec sur la ficelle, la corbeille retombe et le tour est joué. Voilà de la viande fraîche tombée du ciel pour ce patient et habile chasseur ainsi que sa famille.

     Il y avait des morts partout, dans les champs et au bord des routes. Ils étaient tous très maigres avec la bouche ouverte comme pour réclamer à manger. Il y avait aussi des scènes pathétiques, comme ce bébé qui pleurait en cherchant à téter les seins atrophiés de sa mère morte ou cette petite fille pleurant, errant  cherchant désespérément ses parents parmi les cadavres.

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     Le fait de voir les morts gisant à chaque coin de rue, sans savoir ni comment ni pourquoi, je finissais par devenir insensible à la vue des cadavres. Depuis, j'ai rarement l'occasion de voir des morts, mais lorsqu'il m'arrive d'en voir un, j'ai plutôt une curieuse tendance à me réjouir pour lui, considérant la mort non pas comme une fatalité, mais comme une opportunité pour certains de se délivrer de leur misérable existence, de passer à l'état de paix et de sérénité, peut-être même de lui permettre de renaître dans une vie meilleure ou, au pire, retourner à l'état « néant ».

     La famine est un événement tragique certes, mais elle fait partie de notre vie constituée de périodes d'abondance et de pénurie. Ce sont des épreuves permettant aux uns, de se surpasser pour subsister et transmettre cette résistance, cette force, à leurs descendants, aux autres, par leur destinée, d'être rappelés à Dieu. C'est une sélection naturelle pour former un monde de plus en plus fort afin de faire face aux exigences dues aux progrès. C'est pourquoi, Dieu provoque aussi de temps en temps des fléaux tels que maladies, tremblements de terre ou autres catastrophes naturelles pour rappeler à lui les faibles et ceux qu'il juge être une menace pour l'humanité. Tandis que les survivants, les sélectionnés, continueront à peupler la terre pour sa gloire. À l'instar du cultivateur qui, afin de voir sa culture saine et productive, doit sans cesse biner, éclaircir, détruire les parasites, ôter les mauvaises herbes, les plantes rebelles, gourmandes, faibles, malades ou stériles. Un monde peuplé ou surpeuplé de faibles, de malades et d'incapables ou de génies de malfaisance est un monde condamné à la décadence, voire à la disparition. L'œuvre que Dieu a créée n'aurait plus de raison d'être.

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     Souvent, nous nous posons la question : Pourquoi Dieu, qui est Tout-Puissant, permet-il cela ?
     Dieu n'est pas à blâmer. Avons-nous déjà interrogé les défunts sur ce qu'ils pensent de leur mort ? Dans l'ignorance, faisons confiance à celui qui nous a créés, c'est son œuvre, il sait ce qu'il fait. Il nous a créés à son image, à l'état brut, tous dotés de la même force et de la même liberté à la naissance. C'est à nous de choisir notre destin et d'aider nos descendants à faire le bon choix afin de ne pas sombrer dans la misère ou d'être rongés par la maladie.
     Pour Dieu, la mort n'est pas une tragédie, mais une renaissance à la vie, la vraie, dans la lumière ou dans les ténèbres, selon celle qu'on a menée sur la Terre. Notre passage ici-bas est un stade de sélection. Ceux qui acceptent d'y passer les épreuves connaîtront la Vie Éternelle et découvriront, peut-être, l'univers et ses secrets...
     La mort est aussi un moyen pour régénérer la terre. Notre globe terrestre est un élément vivant, il vit par ses mouvements sismiques (air, terre, mer, feu.) et se fertilise des substances organiques de la décomposition d'humains, d'animaux, de végétaux, formant un cycle nourricier pour que la chaîne de vie puisse continuer. Notre mort est utile, acceptons-la comme une fin et non comme une fatalité. Certes, elle est une perte douloureuse pour les proches ; mais pour les défunts, c'est une délivrance.
     La « mort » faisant partie de notre vie n'est qu'un triste mot pour désigner la fin de l'existence. Pour aider certaines personnes à l'accepter avec plus de résignation, plus de sérénité, pourquoi ne pas le remplacer par « délivrance » ?
     Telle est ma conviction profonde sur la Vie et la Mort.

La mort est notre destination.
C'est la manière de mourir qui est à craindre.

                                      (M.L.)

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   L'Homme, depuis la nuit des temps, ne cesse d'explorer, de conquérir, et de plus en plus loin. D'abord les continents, puis l'espace, toujours dans l'espoir de trouver un monde nouveau, un monde de secours lorsque la Terre cessera d'exister. Ce seront les enfants, portant les gènes de ceux qui ont survécu à cette sélection naturelle qui continueront à explorer le cosmos et transmettront leurs découvertes à leurs descendants.
   Grâce aux progrès de la médecine et au confort, l'homme vit de plus en plus longtemps, les enfants sont de plus en plus intelligents par la transmission des gènes et par le mélange des races ; avec une technologie de plus en plus sophistiquée plus performante, il n'est pas impossible que l'homme parvienne un jour à défier le temps et l'espace.
   Du temps des pharaons, génies de l'astronomie, qui aurait osé penser que quelques dizaines de siècles plus tard on marcherait sur la Lune ? Nous sommes seulement au XXIe siècle, et déjà dans l'ère interplanétaire. Je crois fermement que la conquête d'un nouveau monde sera possible au plus tard dans quelques millénaires.

À tout bon voyageur le monde appartient.
À tout bon explorateur l'univers appartient.

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     C'est pourquoi nous avons besoin de cette force, d'abord pour faire face à la dégradation de la planète due à la pollution, aux éventuelles manifestations ou invasions venant d'ailleurs, puis pour nous préparer à la conquête de l'univers. Peut être pas sous notre condition actuelle mais, après mutations, sous d'autres apparences pour nous adapter à ce monde nouveau. C'est lorsque nous parviendrons à nous extraire de la pesanteur de ce globe, lieu transitoire, terre de sélection qui nous aspire, nous retient, que nous pourrons un jour, peut-être, atteindre l'Infini, la Perfection, la Vie Éternelle, sans passer par la mort.
     Est-ce là l'objectif auquel Dieu veut aboutir ?
     En attendant, acceptons cette unique possibilité d'extraction qui s'offre à nous : la mort.
     En ce qui me concerne, j'aime la vie, mais je ne crains pas la mort. Si un jour, je devais me trouver entre les deux, je demanderais que l'on n'essaye pas de me ramener à la vie, mais seulement de soulager ma souffrance et de me laisser entre les mains de Dieu.
     Lui seul décidera si je dois vivre ou être « libérée ».

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............ à suivre le 19/9  

 

Publié par Mai Ling à 22:09:10 dans ♣ Chapitre I | Commentaires (0) |

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