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Nonsuch Island Evil Triangles

La gazette holo de la première franchise bermudienne d'Ultraball

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Stade : Nonsuch Bermuda Park

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In bed with... Caen | 09 janvier 2009

Cette semaine, le grand match de l'Open League dont tout le monde parle c'est certainement le derby caennais. Les Apolyptical vont jouer dans l'arène des Bouchers-Abattants, le stade de la Triperie. Cependant, les supporters des Apolyptical n'auront qu'une poignée de kilomètres à parcourir depuis leur propre stade pour encourager leur équipe favorite. Autant dire qu'il n'y aura pas de traitement de faveur pour les locaux et que les tribunes seront partagées.

Notre intervieweuse préférée a profité de cet évènement exceptionnel, le derby le plus chaud de l'Open, pour inviter deux protagonistes au Grand Hôtel de Deauville, en terrain neutre. Irina Gorinescu sera ce soir en compagnie de Félix Kervadec, blitzer des Apolyptical, et de Younes Cravello, blitzer des Bouchers-Abattants. Deux joueurs, français, sensiblement de la même génération, tous deux entrés dans la franchise à leur création la saison passée, mais aux styles très différents, à l'image de ces deux équipes et de leur parcours cette saison.

Alors que d'une part, l'ASBA sont à cette heure en tête de l'Open avec quatre victoires, l'Apolyptical a beaucoup plus souffert, avec dix points, et donc six points de retard. Younes d'une part est un pur buteur : auteur de quatre réalisations en quatre matchs, 20 points au compteur, quelques passes ratées mais pas le moindre tacle défensif. Félix pour sa part n'a qu'un but à son actif cette saison, et contre les N.I.E.T., mais compte 21 placages dont 3 sacks, ce qui en fait un élément précieux et polyvalent. De même, autant Younes se fait une spécialité de recevoir les passes millimétrées de son camarade Jacques Leroux, autant Kervadec démontre des qualités de rusheur vraiment intéressantes avec 25 yards parcourus. Tout cela nous promet une opposition de style dimanche prochain des plus réjouissantes.

Car au-delà de ces considérations, ce match sera un match crucial. En battant l'ASBA, l'Apolyptical se mettrait à 3 points de leurs rivaux caennais et se rapprocherait considérablement de la tête de championnat, faisant d'eux un candidat sérieux à la montée ou même au titre. Les Bouchers-Abattants, de leur côté, ne doivent rien lâcher s'ils veulent emporter le titre. Au coude à coude avec les N.I.E.T., deux points de goal average seulement séparent les deux équipes. Sans compter qu'avec une défaite, l'ASBA se retrouverait à égalité (en admettant qu'ils gagnent leur rencontre) avec Belfast et Nemours, et à un point de Manhattan (la chose est déjà impossible puisque Manhattan reçoit Belfast). C'est-à-dire qu'une défaite mettrait les perspectives de montée du leader actuel du championnat en extrême danger, et promettrait une grosse bagarre pour les journées à venir. Voilà donc une rencontre alléchante. Un avant-goût ce soir dans In Bed With... !

 

 

Irina Gorinescu : Bonsoir messieurs ! Merci d'avoir accepté notre invitation sur ma couette. Tout d'abord, permettez-moi de vous poser des questions un peu personnelles... C'est qu'on ne vous a pas encore beaucoup entendus dans la presse... C'est pour tous deux votre deuxième saison à Caen. Êtes-vous tous deux originaires de Caen et si non, pourquoi avez-vous choisi de jouer à Caen ? Si oui, pourquoi avez-vous été tenté de partir à l'étranger ? Souhaiteriez-vous partir si vous en avez l'occasion ?

Younes Cravello : Vous voulez p'tet ma carte d'identité, aussi ! 'Tain, sont dev'nus canons les mecs du KGB (rire assez remarquablement niais).

Ben en fait, je suis issu du « melting pot » d'Hérouville St-Clair, en proche banlieue caennaise. Y'a du Céfran, du Berbère, du Porto et d'l'Ibère qui coule dans mon sang, mais j'suis bien sûr d'une chose. J'suis né au CHR ! (Centre Georges Clémenceau, Ndlr).

Au terme de ma scolarité (CE1 Ndlr), mon père - qui craignait de me voir zoner 24/24 - m'a inscrit à la section handball de l'Avant-Garde caennaise. Inscription gratis, vu que c'était son pote Manu Lopez qui coachait les morveux.
Je me suis fait une petite réputation, au fil des années. Je visais bien, et souvent de manière sadique...si vous voyez ce que je veux dire.

On m'avait surnommé, dans les salles de la région, « brise-couilles » ou « le fil de fer sauvage ».
J'aurais dit « le barbelé », moi, vu que j'avais  un peu d'acné [rire immature].

Enfin bon...quand l'ASBA a vu le jour, les jeunes tireurs d'élite de la région ont été détectés, sollicités, et...envoyés à l'abattoir.
J'ai survécu.
Je suis, moi aussi, une sorte de produit régional placé sur étalage.
Partir ?
Tu rigoles ?
J'ai bien l'intention de m'incruster. Quand je pense que Benoît veut me faire dégager...
Ton regard insistant, là, ça veut dire que je suis trop long ou que tu craques sur les maigres ?

 

IG : Bof, j'aime mieux les garçons bien musclés... Enfin, Félix je crois que c'est à vous.

Félix Kervadec : Je suis originaire de Brest, pour ma part, Caen a été l'équipe m'ayant offert un premier contrat pro, et vous savez certainement que c'est pas vraiment évident quand on débute. Pour moi les Apolypticals sont une aubaine et il faudra vraiment être convaincant pour que je tourne le dos à cette équipe.

 

IG : Comment avez-vous connu l'Ultraball ? Qu'est-ce qui vous a attirés dans ce sport ?

FK : C'est mon père qui m'a poussé vers l'Ultraball et j'admets que j'y ai pris goût assez rapidement. C'est d'ailleurs mon paternel qui m'entraînait en amateur et il est très fier de moi depuis que je suis en pro.

YC : Ce qui m'a attiré ? Je dirais 641 euros par semaine. Ceci étant, quand j'vois ce que touche Guille et ce qu'il faut parfois subir pour palper l'oseille...

Z'avez vu ce que j'ai mangé lors du match contre les Chacals de Kundu ?
L'UB m'a permis d'assumer ma nature de mauvais garçon en gagnant honnêtement ma vie.
Je ne suis plus le déshonneur des Cravello. Merci l'ASBA.Un grande merci, également, aux produits de qualité Hèle&Vire qui me donnent bon teint et embellissent mon quotidien.

 

IG : Les deux franchises sont nées à peu de temps d'intervalle, mais ne semblaient pas a priori avoir de relations. Comment les supporters ressentent-ils cette opposition ? C'est la première fois que ce derby a lieu. Le redoutiez-vous ? Une pression supplémentaire repose-t-elle sur vos épaules ? Vous sentez-vous portés par les supporters ?

YC : Les deux clubs ont grandi, je crois, sans se faire d'ombre. Y sont comme les pommiers d'un verger bien entretenu. Chacun fleurit à sa place.


Notre public est assez largement rural, et la Triperie sert de point de rendez-vous à tous les bouseux de la région. Y'a aussi pas mal d'ouvriers et d'artisans, j'crois. On est soutenus par des  laborieux, si on peut dire : ça fait l'identité du club. J'crois que l'Apocalyptical tape plus dans les citadins, les csp+, et ces raclures d'étudiants.

ASBA/Apocalyptical, ça a p'tet un côté Rats des villes vs Rats des Champs. Mains caleuses d'un côté, tronches bien pleines de l'autre. Pour autant, faut pas imaginer de rivalité malsaine.
Les publics sont différents, mais se respectent. L'ambiance en ville est conviviale.
Deux franchises, c'est une richesse. Et il y a déjà un fossé autour du château de Guillaume !

Maint'nant, faut voir.
Suffit d'un mort sur le terrain, d'un score humiliant, d'une phrase malheureuse...et tout peut dégénérer.
Mais pour l'instant, les supporters se préparent à une fête, pas à une guerre civile.

FK : Certes les deux franchises de Caen n'ont rien à voir l'une avec l'autre, je pense que certains supporters sont inconditionnels de l'une ou l'autre et que certains supportent même les deux ! Je ne pense pas qu'il y ait une certaine rivalité entre nos deux équipes, je ne suis pas sûr que cette rivalité soit plus affirmée que contre une autre équipe de la ligue... Je dirais même le contraire ! Ce match représente plus pour nous une fête, d'ailleurs c'est à l'initiative de notre coach que ce match a lieu.

IG : Ainsi donc Félix, vous nous affirmez que cette « affiche » est un défi de Mesiah ? Quel scoop !

FK : Absolument !

 

IG : Merci encore, Félix. Cela prouve bien l'importance de ce derby. Est-il plus intense qu'un match contre une équipe bretonne, lorsqu'on connaît la rivalité régionale entre normands et bretons, en particulier vos origines, Félix ? Enviez-vous les palmarès des équipes bretonnes dans la Fédération Internationale d'Ultraball ? Vous sentez-vous unis, à Caen, contre un « ennemi commun » ?

FK : sourire. Du point de vue des joueurs, je pense que c'est plus un match d'exhibition. Du point de vue des supporters, oui, on s'attend à ce que les joueurs donnent leur maximum pour prouver a notre  «grand frere »  que nous sommes tout aussi vaillant, c'est surtout ça qui nous met la pression.

En ce qui concerne l'ennemi commun, c'est plus de la raillerie vis-à-vis des bretons, d'ailleurs dans les vestiaires Samuel et Timothée me chambrent beaucoup sur le fait que je sois breton, mais sans aucune méchanceté.

YC : Ben non, ma grande. J'crois que j'vais encore te décevoir (car je vois bien que tu cherches - quelque part - à foutre la merde) mais...je ne crois pas les Normands véritablement habités par une breizhophobie primaire. Je crois que le coach aime bien les Oursons rennais, d'ailleurs.

Je vois pas pourquoi il faudrait entretenir vainement cette rivalité ancestrale. Notre beurre est meilleur, notre eau plus propre. Notre cidre est intouchable et le Mont trempe ses pierres en Normandie. Vraiment pas de quoi polémiquer.
Je ne connais d'ailleurs que deux véritables ennemis aux dirigeants de l'ASBA :
Le lobby végétarien, et les industriels de la gélule nutritive.

Le match contre nos voisins sera intense, pour sûr, mais tous les matches joués à la Triperie le sont.
Dimanche, on va s'expliquer en famille. A la loyale. Je suis d'ailleurs prêt à parier que nous organiserons - après-match - un décrassage commun et que, tous ensemble, nous chercherons dents, oreilles et doigts égarés dans la grasse pelouse de notre arène.

 

 

IG : A la loyale ? Ce n'est pas la spécialité dans le monde de l'Ultraball. On dit, d'ailleurs, parfois que les blitzers ont un esprit de compétition particulièrement développé.  En tant que blitzers, vous devez être concentrés sur votre part de travail dans le match. Etes-vous obnubilé par le but ou suivez-vous tout le jeu, notamment les phases offensives adverses ? Y a-t-il une rivalité entre blitzers qui se succèdent avec le ballon ? Quand vous vous croisez, y a-t-il des échanges de regards particuliers ? Vous est-il arrivé de détester le blitzer adverse ?

FK : Sur le terrain, mon travail concerne beaucoup la balle, donc oui, le cercle adverse est mon occupation première. Quant aux rivalité interclub, je n'ai soit pas assez d'expérience, soit je ne l'ai pas remarqué, mais mon travail en phase défensive ressemble beaucoup a la phase offensive : récupération, marquer.

YC : Pour moi, être blitzer, cela signifie « survivre ». Je dois survivre jusque dans la zone rouge adverse. Je ne m'occupe de rien d'autre. J'avance en pensant à ma gueule. « Travail », j'connais pas.
Mon courage grandit à mesure que s'allonge ma foulée.

Si j'arrive à fond en zone de vérité et que je peux attraper un ballon...alors...je sais pas trop pourquoi...j'arrive souvent à me sublimer.
Je claque pas mal de buts, et ça me fait bander de voir la gueule des défenseurs « cramés » par un sac d'os dans mon genre. Regarde mes stats, poupée, et songe que je suis estimé à 29.
29 en tir, hein (rire gras).
Coquine.

 

IG : Younes ! Garde tes distances, peut-être que si tu gagnes le championnat, t'en apprendras plus sur moi. D'ailleurs, que représente pour vous une victoire dans ce derby ?

YC : Une prime de match, un gueuleton, des nanas bourrées.

FK : Une victoire représenterait un placement dans la ligue assez intéressant, mais aussi une satisfaction d'avoir fait chuter le leader, après avoir faillis contre les NIETs, ça remotiverait notre équipe pour aller chercher quelques victoires.

 

IG : Allez-vous l'emporter ?

YC : Mes dettes de jeu ont été remboursées avec la prime de victoire à venir, provisoirement empruntée à une autre « banque » sicilienne. Pour moi, c'est la victoire ou une rotule, je crois.

FK : sourire, regard vers Cravello. Sans aucun doute.

 

IG : Avez-vous préparé des tactiques spécifiques ? Aviez-vous préparé ce derby longtemps à l'avance ?

FK : Oui et non. On a gardé les bases et ajouté quelques mouvements dans la défense comme pour l'attaque. On sort du match contre les NIETs qui nous a beaucoup coûté en énergie.

YC : On va se préparer sérieusement, mais pas de mise au vert, ou de recommandations spéciales. J'ai le droit de...heu...héhé (regard lubrique)

L'ASBA s'appuiera sur son jeu traditionnel et sur mes inspirations. Comme d' hab'.
Avec les calvados AOC Père Magueule en sponsor maillot, le spectacle sera sans doute de qualité.

 

IG : Tsss, pensez à devenir une grande star et vous me ferez goûter votre calvados ! Si un jour vous receviez des propositions de transfert du club rival, l'accepteriez-vous ? Ou refuseriez-vous ce qui serait peut-être ressenti comme une trahison par les supporters ?

YC : Je rêve chaque nuit de nouvelles propositions, si vous voyez ce que je veux dire héhé...
Plus sérieusement, j'accepterais toute offre me permettant de conserver un poste et un chèque de 641 euros par semaine.

Je suis attaché à cette équipe mais je crois que certains, en interne, cherchent à défaire le noeud.
Paraît que je suis une « imposture »...
Un imposture à 50 points, bordel, ça mérite quand même du respect, non ?
Je n'ai pas le statut que je mérite, à Caen, dans l'hexagone.
Je crois que mon avenir passe par les States.

FK : Je suis attaché à cette équipe de Caen qui m'a offert mon premier contrat pro. Il faudrait une offre assez conséquente pour que je passe outre ce fait ainsi que le ressenti des supporters.

 

IG : Merci en tout cas pour cette émission exceptionnelle. Le vainqueur du match a le droit de m'inviter à dîner ! Alors bonne chance !

YC : [Reste scotché au lit]

 


Younes Cravello après l'interview

Publié par NIET à 16:52:53 dans Interviews | Commentaires (3) |

10-01-2009  19:07  10-01-2009 19:07
Ah ! ces blitzers !  De  Irina Gorinescu  Sujet:  Ah ! ces blitzers !
Tous les mêmes ! Dès qu'on ne parle plus d'eux, c'est la fin du monde. La prochaine fois, j'invite un bloqueur !...
10-01-2009  15:13  10-01-2009 15:13
Ca baisse...  De  Turbo Bolt  Sujet:  Ca baisse...
... en qualité tout de même vos interviewés, Irina... Après avoir rencontré un blitzer de mon calibre (non Younes...), vous auriez pu recevoir une star de la Silver, de la Golden voire de la Platinium non ?
10-01-2009  12:28  10-01-2009 12:28
Remerciement aux deux franchises  De  Irina Gorinescu  Sujet:  Remerciement aux deux franchises
Merci à Mesiah et Sidoine Benoit d'avoir si gentiment accepté le concept de cette émission. Et merci à vous deux, Younes et Félix, de vous être prêtés à ce petit jeu.

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