Histoire à quatre mains
Le monde est peuplé de boulets.
Il semble que ni le réchauffement de la planète, ni le trou dans la couche d'ozone ne puisse porter atteinte à cette espèce.
Je ne vois guère que l'épuisement total des ressources pétrolières qui puisse au moins faire disparaître l'espèce des routes (quoique les boulets savent aussi pédaler).
Chacun son boulet au sein de la pyramide. Ils sont en dessous, à côté, au dessus… chacun à son étage pourrit le quotidien. Le boulet, comme tout à chacun, a sa vie de famille, son semblant d'érection matinale, ses espoirs et ses doutes :
" qu'est ce que je vais bien pouvoir faire aujourd'hui pour nuire à mon prochain… serai je à la hauteur ? "
Le boulet rêve à des jours meilleurs, il pleure parfois dans son lit le soir, se revoyant petit, brimé par ses camarades
" tiens, demain, ils vont manger pour eux ! "
Le boulet a sa petite réussite personnelle, se transforme en despote, en tyran. On ne les appelle plus boulets, on les appelle chef, avec tout le respect dû à leur " boulétude " vaincue.
Ils n'ont pas plus d'érection satisfaisante, mais leur petit pouvoir local les fait vibrer.
Publié par pourfleur à 22:54:19 dans empathophile | Commentaires (0) | Permaliens
Dans un mois, cela fera un an...
c'est fou, tu me manques toujours autant.
je ne pleure plus que rarement, j'ai fini par accepter totalement l'idée que je ne te verrai plus, du moins ici.
mais quand même, t'es chiante :D
Publié par pourfleur à 18:05:42 dans règlement de contes | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par pourfleur à 17:35:25 dans fin de redaction... | Commentaires (2) | Permaliens
la totalité des textes sont de moi, ou extraits de son blog.
les oeuvres qui apparaissent sont des fichiers qui etaient sur mon disque dur, lorsque mon pc m'a été rendu.
empathophile
Publié par pourfleur à 17:09:23 dans règlement de contes | Commentaires (0) | Permaliens
Vendredi 12/09/2008
Elle est de retour du boulot, sait elle déjà que demain sera le jour j ?
Nous discutons un peu, elle s'excuse pour le jeudi précédent, une pécadille, peu importe.
Le soir même, je lui envoie un sms, pour lui dire que ma fille ne vient pas finalement... son portable n'est pas allumé puisque ce n'est que le 13/09/2008 qu'il apparait sur son portable, que j'ai pu lire depuis.
Samedi 13/09/2008.
Dans le courant de la matinée, elle discute avec E. Elle n'a pas pu aller voir la cérémonie de Benoit XVI. Non, pas pour elle même, pour sa mamie, parceque, elle, elle l'aurait fait si elle le pouvait encore, si elle n'était pas rivée à son lit dans l'hospice où elle vit ses derniers mois.
Elle s'est limitée à de brefs échanges sur msn, notamment avec A.L. "bon voyage" "bisous"
A 14h07 elle lit mon sms, lui répond d'un bref "cool :)"
Elle est fatiguée, chaque phrase sur msn le laisse présentir.
Je peux imaginer ce que la vision de cette messe papale a suscité en elle... toujours cette même culpabilité pour sa mamie, alors qu'elle ne pouvait vraiment rien faire.
A 14h12, elle envoie un message à Bertrand, lui disant qu'elle ne serait pas là ce soir pour le recevoir, message bref, "bisou"
il semblerait que son portable ait ensuite été coupé.
aucun message sur sa messagerie vocale. tous les messages adressés à compter du dimanche matin sont arrivés quand j'ai rallumé son portable deux jours après.
A compter de ce dernier message à Bertrand, plus aucun mouvement sur le PC, aucune fenetre ouverte... rien dans l'historique, ni dans les fichiers temp...
Je suppose qu'à cet instant précis, le flash faisait son oeuvre.
Dans la cuisine, sur la table achetée quelques jours auparavant, un marqueur bleu... sur le miroir de la salle de bain, un smiley m'accueillera le jour où j'entre de nouveau dans le studio après son départ...
sur son lit, plus de drap...
Ses parents n'ont pas semblé réalisé que je voulais leur livrer des éléments pour reconstituer les derniers instants... je les livre ici, à ses amis, à S. la dame de pique, à R. le pèse nerf, aux autres qui se sont soudés le jour des obsèques...
Elle a eu une pensée pour chacun, mais les lignes que j'ai lues aux commissariat le dimanche n'ont pas suffsamment fait leur chemin pour que je m'en souvienne pleinement.
Quelques lignes pour moi, un mot à ma mère, une pensée aux amis...
voilà...
Fleu est morte le samedi 13 septembre 2008, c'est une certitude pour moi, une évidence... la lettre qu'elle m'a laissée, seule datée, l'est de ce jour précis. Aucun signe de vie, ni sur un portable, ni sur le pc, ni auprès des plus curieux de ses voisins au delà...
Il est temps pour moi de laisser se refermer ce blog.. une bonne fois.
Vous qui me lisez, aimez vos proches, dites le leur! je suis heureux de l'avoir fait de son vivant.
Respectez les femmes qui cotoient votre univers, je suis heureux d'avoir fait tout mon possible pour cela malgré quelques erreurs.
Voilà... Je me tais!
Publié par pourfleur à 17:15:56 dans règlement de contes | Commentaires (2) | Permaliens
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