
"L'arbre jaune" (89 x 116 cm)
Galerie du Château
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Philippe Lamiral travaille longtemps par couches successives sur une même toile et fait apparaître l'expression de la peinture ; il opère une transformation de la matière par l'énergie et par la volonté d'aller plus loin. Il peint non plus le sujet mais la « peinture » et s'intéresse de plus en plus à la couleur ! Les paysages archétypes ou les figures qu'on reconnaît sous l'épaisse matière, dans la tradition classique des thèmes de la Peinture lui permettent désormais de peindre sans souci de signification... Son oeuvre est cotée sur artnet et dans le Guide Meyer.
Philippe Lamiral works for a long time by successive coats on the same painting and creates the expression of the painting; he operates a transformation of the material by the energy and by the will to go farther. He paints either the subject but the "painting" and is interested more and more in the color! The landscapes archetypes or the figures which we recognize under the thick material, in the classic tradition of the subjects of the Painting allow him henceforth to paint carefree of meaning... His work is quoted on artnet and in the Guide Meyer.
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"Sans titre" 1987, Bernard Piffaretti, acrylique sur toile, 144 x 140 cm
Dès l’adoption du principe de duplication, Bernard Piffaretti a cessé d’intituler ses tableaux, à l’exception de ceux qu’il appelle Inachevés du fait que l’une des parties est restée vierge. Celui que possède le Frac de Bourgogne, on l’a très naturellement baptisé « la tête à Toto ». C’est un bon exemple de ce qu’on peut appeler l’aventure du tableau. Le projet, on s’en doute, n’était pas de peindre la tête à Toto. Le tableau avait démarré par un fond vert où l’artiste avait ménagé un cercle en réserve (blanche). Puis la juxtaposition de signes qu’il utilise volontiers, un cercle plus petit, un +, un – (notez que = est la duplication horizontale de –) a fini par opérer la bascule et le tableau s’en est allé tout benoîtement vers la tête à Toto. C’était là son inclination et sans doute son destin. Comme tous les tableaux de Bernard Piffaretti, il est à la fois très significatif et très singulier.
Jean-Marc Huitorel
Publié par philippelamiral à 07:28:42 dans PIFFARETTI Bernard | Commentaires (1) | Permaliens
"Sans titre" 1998, Bernard Piffaretti, acrylique sur toile, 180,3 x 200,2 cm
Cette marque de fabrique, quand bien même l’artiste voit dans la duplication le cœur vivant de son activité, ne doit cependant pas occulter les qualités variées et très ouvertes d’une œuvre qui apparaît à la fois définitivement fixée (depuis 1984) et en constant renouvellement. Cette peinture « sans qualité », comme il le dit parfois, ayant digéré l’héritage de l’abstraction comme de la spécificité moderniste, et outre ses clins d’œil à l’appropriationnisme, réintroduit la notion de temporalité, plaçant ainsi la peinture dans une perspective performative où on ne l’attendait plus guère. Plus qu’un style, il y a une signalétique Bernard Piffaretti. D’un tableau à l’autre, en effet, tout ou presque change et prend le contre-pied du précédent : les couleurs, les motifs, l’organisation de la surface. C’est précisément cette tension entre une règle établie et le jeu qu’elle permet qui constitue la force et l’extrême vitalité du travail.
Jean-Marc Huitorel
Publié par philippelamiral à 07:45:05 dans PIFFARETTI Bernard | Commentaires (1) | Permaliens
"Sans titre" 2002, Bernard Piffaretti, acrylique sur toile, 150 x 150 cm
Les peintures de Bernard Piffaretti s’identifient visuellement de façon très évidente et immédiate en ce qu’elles consistent en la duplication souple sur une moitié de la surface de ce qui a été peint sur la moitié originelle. Tantôt le peintre commence par la partie droite, tantôt par la partie gauche. Un trait vertical sépare les deux surfaces. Ce faisant, Bernard Piffaretti règle la moitié des problèmes et des questions qui torturent les peintres d’aujourd’hui, et en tout premier lieu le crucial « Quoi peindre ? ». Mais la moitié seulement.
Jean-Marc Huitorel
Publié par philippelamiral à 12:28:35 dans PIFFARETTI Bernard | Commentaires (1) | Permaliens
"Sans Titre" 2005, Bernard Piffaretti, acrylique sur toile, 200 x 200 cm
Depuis 1980, Bernard Piffaretti met à distance la peinture en tant qu'acte pulsionnel. Dans les toiles de 1980 à 1982, c'était par l'intermédiaire du collage que les peintures montraient leur fabrication. En 1982, il élabore la série Factice dans laquelle : "Le geste avait été arrêté par l'interposition d'un écran plastique recouvrant la toile blanche. Peu à peu ce plastique était découpé tout en marquant la toile avec la peinture. Je montrais en définitive une immédiateté retardée...", A partir de 1983, et la série Paradigme, peinture du doute, le double apparaît. Et c'est entre 1984 et 1985, que le dédoublement, ou le double, devient un procédé d'exécution. Depuis cette date, Bernard Piffaretti n'a pas changé sa méthode. La toile est partagée en deux parties égales. Il exécute, soit sur la moitié gauche, soit sur la moitié droite, une peinture puis, il refait à l'identique cette peinture sur la partie vacante. Le spectateur ne sait évidemment jamais quelle partie a été peinte en premier. La peinture propose donc non sa copie mais son
double.
Il ne s'agit pas d'une copie parce que la copie supposerait la présence d'un original. Il n'y a pas deux peintures mais une seule qui se perçoit dans sa globalité malgré son dédoublement. Il n'y a pas deux toiles, ce qui amènerait à une sorte de ridicule jeu des sept erreurs mais une toile qui, en se redoublant met à distance un ensemble d'éléments propre à la peinture et à son histoire.
Il s'agit, avant tout, d'éviter tout acte gestuel ou pulsionnel, de désigner, par le dédoublement ou le redoublement, que la toile n'est pas exécutée dans un geste passionnel fondant une catharsis. Une coulure répétée exactement au même endroit ne peut pas être expressionniste, sa reconduction met en cause non seulement le geste premier mais tous les gestes possibles pour produire une peinture. Le geste "va se trouver gelé par ce redoublement". Un autre élément important est que Bernard Piffaretti ne refait pas uniquement la dernière surface mais toutes les surfaces qui l'ont amené à faire la première moitié et qui la constituent. La subtilité d'une couche dépendant nécessairement d'un certain
nombre de sous-couches, leur répétition permet l'identique. Cette attention conditionne deux éléments, d'une part la nécessité d'une mémoire de la peinture, d'autre part, celle d'une peinture qui ne peut être trop poussée, sous peine d'un oubli, et qui doit, pour montrer ce processus, être extrêmement légère dans sa surface, désigner la reconduction de ses stratifications.
C'est le cas pour les trois peintures qui sont dans les collections. L'une avec ses transparences du rouge sur le jaune et du jaune sur le vert, l'autre avec la simplicité de son aplat, la troisième avec l'élaboration stoppée d'une grille.
Ce qui constitue, également, la spécificité de la pratique de Piffaretti est qu'elle nie toute idée d'évolution, de chronologie, de nouveauté, de progrès ou d'homogénéité. Écritures, motifs, trames, stylisations, taches... tous les registres sont employés et exécutés sans souci de constituer ni un inventaire, ni une collection ou de lier la biographie au travail. Cette seconde mise à distance amplifie la première. Elle ne cesse de poser la question : "Qu'est-ce que le style ?.". Dans un même temps, ces concepts étant niés, il ne reste plus qu'à faire attention, en dehors de tout autre repère à ce qui se trouve sur la toile et à prendre en compte sa singularité car il ne s'agit pas de détruire, par la reproduction, la peinture, mais d'affirmer, dans la durée de la perception, ce qui, dans le langage, échappe à toute référence.
Eric Suchère, in Aux dernières nouvelles • la collection du FRAC d'Auvergne 1990-2000,2000
Publié par philippelamiral à 07:06:43 dans PIFFARETTI Bernard | Commentaires (1) | Permaliens
"Composition rouge et bleue" 1995, Bernard Piffaretti, acrylique sur toile, 119 x 127 cm
Bernard Piffaretti est un artiste à protocole. Élaboré partiellement à la fin de la décennie 1970, fixé dès 1986, ce protocole inchangé depuis, est devenu ce que d’aucuns appellent le « Système Piffaretti ».
La division verticale de la toile par un épais trait de couleur en constitue invariablement le premier élément programmatique. Cette césure détermine alors une partie gauche et une partie droite du support. L’image, peinte indifféremment sur l’une ou l’autre des parties, est ensuite prise pour modèle et dupliquée sur l’autre partie. Cette ultime étape achève généralement le tableau.
Après l’exécution d’une première partie, B. Piffaretti réinterprète donc, de mémoire, le déroulement de sa propre partition. Le motif initial tient lieu de « ready-made » pour la duplication. Mais lorsque la stratification de la couleur a emprunté des réseaux trop complexes pour être mémorisés, la duplication est ajournée. La partie laissée blanche au terme de ce renoncement, n’empêche cependant pas la toile d’être exposée. Elle entre alors dans la catégorie des « Inachevés » activée en 1990. Cette décision d’inachèvement ne préexiste pas à la réalisation du tableau, mais démontre que la copie ne va pas de soi, qu’elle est entreprise illusoire qui ne saurait engendrer autre chose que des dissemblances : « La figure de droite est à l’image de celle de gauche. La figure de gauche n’est pas à l’image de celle de droite. » Comme toute règle, le « Système Piffaretti » génère donc ses exceptions. Ainsi les « Sous-produits » ou « Produits dérivés », tableaux dans lesquels le protocole a tourné court, ne laissent visible qu’une césure centrale. Le redoublement n’est alors que celui de la toile blanche.
Les peintures de B. Piffaretti n’entretiennent pas plus de relation avec le monde visible qu’avec l’abstraction. Les motifs colorés saturés ou non, d’une infinie variété stylistique ont, avec leur air de déjà-vu, un caractère d’extrême banalité, d’autant que c’est sur le protocole que se concentre, en premier lieu, l’essentiel de la lecture. Au terme d’une création déjouée qui réfute toute évolution de style, s’impose au regardeur de l’œuvre une nouvelle habitude de regard.
Les dessins de B. Piffaretti ont aussi leur place dans ce protocole. Ce ne sont pas des dessins préparatoires, mais des « Dessins après tableaux ». Cette nomenclature, n’est pas sans rappeler celle adoptée par Sherrie Levine pour titrer les œuvres qu’elle réalise, à la fois « after (après) » Monet, Duchamp, Malevitch… mais aussi « after (d’après) » les œuvres de ces mêmes artistes qu’elle s’approprie. Ici l’artiste ne s’approprie que son propre travail, le tableau est une fenêtre ouverte non pas sur le monde mais sur la peinture elle-même.
Contemporaine dans les années 1980 du grand retour de la Peinture et notamment de la peinture expressionniste, l’œuvre de B. Piffaretti est une œuvre qui « ne veut rien prouver, rien faire de plus, rien faire de mieux » sauf peut-être, désinvestir le tableau de tout contenu, mettre à distance tout acte pulsionnel par le redoublement, pour bien montrer que « la peinture ne représente jamais qu’elle-même ».
Publié par philippelamiral à 07:14:55 dans PIFFARETTI Bernard | Commentaires (1) | Permaliens
Lena Gieseke Lena,une artiste allemande a réalisé un modèle 3D à partir du tableau de Picasso.
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