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Les lecteurs d' ANAÏS K.
connaissent déjà GOR UR, le Gorille Urinant. Le voici de nouveau dans
un contexte bien différent, celui d'un feuilleton. La littérature en
prend un coup, sans doute, mais le ton y est. L'Urine divine est
toujours en lutte contre le Métal gothique. Et l'inspecteur Frank
Chercos suit les pistes, épaulé par la Sibylle et l'astronaute John
Cicada. La parodie grotesque de ce Monde continue sur le ton du récit
le plus vernaculaire qui soit, en proie à l'infantilisation de l'Homme
plus destiné à arracher les pattes de l'insecte qu'à en envisager la
cohabitation émerveillée d'un côté comme de l'autre. Ici, peu de
schizophrènes, beaucoup de paranos et surtout énormément de cons. Les
prévisions de cyberespace et autres uchronies de la technologie sont
tombées en désuétude : l'existence de l'Homme se continue en dehors des
grands récits qui forment autant de possibilités d'Histoire : la
Philosophie, la Poésie, la Poétique. Avec ce roman obstiné, Patrick
Cintas décrit la gangue politico-religieuse qui écrase ou réduit celle
ou celui qui se définit d'abord par la pratique d'un art. Art conçu
comme l'antipode exact du jeu et par conséquent proposition d'une
redéfinition du Travail. Hélas, Gor Ur sort toujours vainqueur
de ces joutes et son Urine jaillit alors comme l'eau bénite des doigts
trop enclins à la fabrication du Bonheur au détriment de l'explosion de
la Joie. http://gorur.lechasseurabstrait.com |