Pour la n-ième fois,
Je suis athée, libertaire, un brin anarchiste, et, comme dirait mon ami diplômé de philosophie : relativiste absolue.
Il entend par là, que pour moi, tout se vaut, rien n'est grave, rien ne compte. Ou le contraire : rien ne vaut, tout est grave, tout compte.
Un choix de vie : ne jamais juger autrui parce que je n'accepte pas qu'on me censure moi-même.
Ne jamais donner de leçons, car je n'aime pas qu'on me la fasse.
Il n'y a pas de hasard : j'ai cru embrasser une profession malgré moi, parce que le concours pour être magistrat m'aurait demandé un an de préparation et que je suis une feignasse, alors qu'inconsciemment j'ai choisi la seule qui pouvait me correspondre, celle où l'on tente de convaincre, mais où l'on ne dispense pas la bonne parole.
Je hais les censeurs.
Je ne vais pas m'ériger en gourou.
Donc je ne viens pas ici pour vous expliquer la vie, ni pour me l'entendre expliquer.
Pour la n-ième fois,
Je suis paresseuse, douée et orgueilleuse.
Ça tombe bien : ça va ensemble.
Question fainéantise, vous ne trouverez pas mieux : même faire la gueule m'ennuie.
Ça bouffe du temps et de l'énergie, et j'ai mieux à faire.
Il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis.
Je laisse donc chacun avoir ses humeurs, bonnes ou mauvaises, et me garde bien de les lui reprocher.
Donc je ne viens pas ici pour me livrer à des guerres de clochers et savoir si je parle à telle ou telle personne, en considération de ce qu'il a pu dire précédemment.
Pour la n-ième fois,
Je suis flippée, post-dépressive, boulanorexique, névrosée, à tendance psychotique, bien que mes deux psychiatres soient en mesure d'affirmer que je ne souffre d'aucune maladie mentale.
Je ne suis donc pas de bois et ai parfois des baisses de régime conséquentes.
Lorsque la misanthropie me gagne, je m'efface du monde pour qu'il n'ait pas à me subir.
Donc je ne suis pas ici pour vous fatiguer avec mes états d'âmes, mais j'estime néanmoins avoir le droit d'en avoir, et même d'écrire dessus si ça me chante.
Pour la n-ième fois,
Je suis espiègle, cynique, ironique, absurde et aimant prêter à rire (voire donner).
Je me moque de tout, de tous, partout, tout le temps.
Dans les deux sens, la moquerie.
Parce que je commence par moi.
Que faire le pitre m'amuse.
Et j'insiste sur le verbe réfléchi.
Et aussi sur le double sens du dernier mot de la phrase précédente.
Je chatouille les autres et me chatouille pour vérifier que nous sommes vivants.
Je ne crains rien tant que l'ennui.
Donc je ne suis pas là pour sombrer dans la morosité ambiante.
Pour la n-ième fois,
L'ambiance de Bloggland me soûle ces derniers temps.
Pas Bloggland : j'aime l'idée de cet îlot de liberté dans le grand consumérisme du net.
Laurent et Thomas sont à mon sens parmi les derniers aventuriers de la toile. Des révolutionnaires. Des anarchistes. Des utopistes.
Je les aime pour leur liberté, pour le mal qu'ils se donnent pour nous la faire partager, et pour leur bienveillante discrétion.
Pas non plus les bloggueurs : je l'ai dit et répété, je les aime tous, tels qu'ils sont, ou paraissent, ou veulent être... Je me fiche de la réalité. Je les aime dans leur virtualité et ça me suffit.
Mais l'ambiance : oui.
Au secours !
Je croyais qu'on avait réglé ces problèmes de mythomanie probable lorsqu'Alchy l'avait évoquée.
Je croyais qu'on avait réglé ces problèmes de liberté de ton et de sens de chacun lorsque Sombre Univers nous l'avait reprochée.
Je croyais qu'on avait réglé ces problèmes de popularité cherchée ou fuie, lorsque le blogtraffic avait disparu.
Je croyais qu'on avait fait de ce village le village idéal.
Hélas, il a fallu que la princesse du village, la Princesse au Petit Pois, décide de nous régler nos comptes.
Chacun en a pris pour son grade.
Et comme elle est puissante, chacun s'est plié à sa loi, et s'est remis en question.
Sélène s'est sentie obligée de nous livrer le maximum d'informations sur sa vie réelle, au risque de se faire reconnaître.
NaB s'excuse presque d'écrire ce qu'il pense sur son propre blog.
Tschok s'impose une pénitence pour avoir été impertinent.
Dulcineia fuit tout commentaire qui pourrait paraître désobligeant, de peur qu'une guerre n'éclate.
Et j'en passe.
La princesse a foutu la merde au royaume : les sujets n'osent plus parler.
Je le sais : j'en ai fait les frais.
J'ai tenté de rester le fou du Roi, de faire la folle.
Relativiste absolue, je l'ai laissé faire sa révérence sans la supplier de rester, et je me suis amusée de ses reproches : quoi ? On oserait être aimables les uns envers les autres ! Sacrilège ! Détestons-nous ! Quoi ? On oserait ne pas décliner son identité en entrant ici et ne pas tout dire, même l'inintéressant ! Cachotteries !
Au cachot les gens libres d'esprit !
Prisonniers politiques, pour avoir osé profiter de la liberté que la princesse chérissait tant.
La Terreur est instaurée.
Plus un commentaire de travers.
Que des posts de justification.
Et politiquement corrects de préférence : faudrait voir à ne pas se faire taxer d'orgueilleux ou de cynique.
Faudrait voir à ne pas trop dire ce qu'on pense pour peu que notre « public » le prenne mal et nous boude.
Faudrait voir à préserver le consensualisme pour s'attacher des lecteurs.
Hélas !
Je ne suis pas là pour ça non plus.
Je me suis expliquée mille fois là-dessus : la popularité m'ennuie.
Elle est un frein à ma créativité.
Et je n'écris pas pour les autres, mais pour moi.
J'en ai besoin. J'en ai toujours eu besoin.
Je vis dans un capharnaüm de papiers, carnets, disquettes, cd sur lesquels sont portées mes notes, mes ébauches, mes nouvelles, mes esquisses, mes réflexions, riches ou pauvres, mes écrits.
Je ne peux vivre sans le langage, bien que je sois souvent mutique.
Je poursuis perpétuellement un dialogue intérieur (non je ne suis pas psychotique).
J'en écris des bribes.
Je relève des citations.
Je lis. Tout. Y compris vous.
Je bouffe des phrases, des lettres, des mots.
Pas le choix : c'est une drogue.
Pas de but : rien à faire de l'orgueil, du nombrilisme, du public, des lecteurs...
Ce n'est pas pour les satisfaire que j'écris, mais pour me satisfaire.
Et ce n'est pas une mince affaire.
Mais, fidèle à mon principe : ma liberté est en libre-accès.
Chacun peut lire, commenter, aimer ou détester.
Pourvu qu'il me laisse la liberté réciproque : le lire et lui répondre.
Alors cette ambiance... Je la trouve anxiogène.
Où est la liberté de ton que j'ai trouvée en entrant ?
Je ne jette la pierre à personne : je ne juge pas.
Je prends juste acte : je m'ennuie depuis « les événements ».
Et comme je ne crains rien tant que l'ennui, je m'en retourne à mes activités solitaires.
J'ai longtemps eu l'habitude de m'amuser seule.
Je peux encore le faire.
Je ne boude donc pas : je cherche juste un vent de liberté.
Qui ne souffle plus ici.
Je ne voudrais pas que mes soupirs le remplacent.
Publié par cleo.x à 22:07:12 dans cleo de 5 à 7 | Commentaires (83) | Permaliens
- Bonjour Monsieur, je viens me confesser.
- Bonjour ma fille, mais on dit mon père.
- Mon père est avec vous ? Salut Papa ! Je repasserai quand vous serez seul alors...
- Non, mon père, c'est moi.
- Vous êtes votre père ? Ce n'est pas bien catholique, tout ça...
- Je suis votre père.
- Ce n'est pas ce que m'a dit ma mère...
- Vous êtes ma fille, je suis votre père.
- Vous délirez. Ou alors vous étiez bien absent toutes ces années, vous devriez avoir honte.
- Bon, appelez-moi comme vous voulez mais venons-en au fait.
- Bien. Je suis venue me confesser.
- Certes.
- ...
- J'écoute.
- Je ne sais pas comment on fait.
- C'est la première fois ?
- Ben oui.
- Quel âge avez-vous ?
- Malotru, on ne demande pas son âge à une dame !
- Pardon. Je m'étonne juste que vous ne l'ayez jamais fait auparavant...
- Je suis athée, ça n'a rien d'extraordinaire.
- Mais... que faites-vous ici alors ?
- Ne m'embrouillez pas... Une amie me dit que je pêche malgré moi, alors je viens me confesser. Et il me semble que votre Dieu a envoyé son fils pour sauver les païens.
- Certes. Allons-y alors...
- J'ai pêché.
- Non : mon père pardonnez-moi car j'ai pêché.
- Ça c'est votre problème. Vous irez vous confesser après.
- Arf.
- Donc voilà. J'ai ouvert un blog.
- Un ... ?
- Blog. C'est comme un journal intime, mais en ligne, donc pas intime du tout, que les gens peuvent commenter.
- Hein ?
- Bref. Au fil du temps, je m'y suis fait des amis. Enfin, je le croyais. Car l'une d'eux me dit qu'en fait je n'ai trouvé là qu'un public, laudateur de surcroît.
- Mais le péché ?
- Orgueil. Ce n'est pas dans votre liste ?
- Si. Mais je ne comprends pas où est l'orgueil.
- Ben moi non plus. Mais je dois être orgueilleuse si j'ai un blog. Et je me demande même si je ne suis pas idiote de ne pas l'avoir compris avant.
- Meuh non.
- Mais si. Idiotie, ça fait partie de la liste ?
- Non.
- Pourtant, c'est grave.
- Ne m'en parlez pas.
- Ben si, je suis venue pour ça. Ne seriez-vous pas un peu fainéant ? c'est votre boulot d'écouter les gens parler, non ?
- ...
- C'est un péché ça, la paresse.
- Oui.
- Bon. Vous me ferez deux pâtés et trois ovaires. Et on n'en parle plus.
- Mais...
- Si, si, ça ira. Et un chèque de 60 euros pour la consultation.
- Mais...
- D'ailleurs vous viendrez me voir toutes les semaines : je suis sure que vous êtes mythomane : vous croyez être votre père et le mien. Revenez me voir jeudi : je vous expliquerai comment ouvrir un blog. Parfait pour les mythomanes.
- Je ne comprends rien.
- Vous comprendrez. Allez, à jeudi. Ne me remerciez pas, on règlera les problèmes d'honoraires plus tard. Au revoir Monsieur.
- Mon père !
- Il peut venir aussi.
Je ne me sens pas vraiment soulagée.
Je ne suis pas sure d'être absoute.
Aussi, pour que la prochaine confession soit plus efficace, je demande à tous mes visiteurs du jour de ne tenir ici aucun propos laudatif et de me lister mes défauts.
Thérapie de groupe.
Publié par cleo.x à 09:32:58 dans cleo de 5 à 7 | Commentaires (56) | Permaliens
J'aurais voulu être une cocotte.
Comme Odette de Crécy.
Et épouser Swann.
J'aurais voulu être une catin.
Comme Manon Lescaut.
Et rendre fou le Chevalier des Grieux.
J'aurais voulu être libertine.
Comme la Marquise de Merteuil.
Et jouer avec le Vicomte de Valmont.
J'aurais voulu être une héroïne de roman...
Pas vous?
Publié par cleo.x à 13:35:06 dans cleo de 5 à 7 | Commentaires (8) | Permaliens
(Retour du texte dès la fin de la procédure)
Publié par cleo.x à 15:11:29 dans cleo de 5 à 7 | Commentaires (26) | Permaliens
Jamais tenu de journal intime.
Il était bien une époque où je notais sur mon agenda les événements de ma journée en style télégraphique ou à l'aide de pictogrammes, comptant sur ma mémoire pour reconstituer les phrases que j'aurais pu coucher sur le papier à leur propos si je n'avais pas été si fainéante.
Hélas ! De mémoire, je n'ai pas, ou seulement pour le pire.
Et finalement ce n'est pas si mal.
D'ailleurs, je ne me suis jamais senti aussi légère que le jour où l'on m'a volé mon sac, alors que je revenais d'un voyage en province pour cause de funérailles.
Ce jour-là j'avais tout dedans : mes stylos les plus précieux, bijoux, fric, palm, etc....
J'avais pris cette habitude de tout emporter lorsque, revenant d'un voyage dans une capitale enfumée et rose, où j'étais allé contempler les œuvres de Van Gogh, je m'étais trouvée détroussée de mon patrimoine, que j'avais laissé chez moi par peur du pickpocket amstellodamois.
J'avais sous-estimé le pouvoir de nuisance du cambrioleur.
Bref, le jour où l'on m'a piqué mon sac, on m'a aussi dépouillée de dix ans de souvenirs.
Plus de 50 000 balles de perte. Mais une nouvelle vie en perspective.
Pas de sac, pas d'agenda, pas d'attaches.
Je m'en allais au vent mauvais, les poings dans mes poches crevées, et j'aimais ça. L'impression de renaître.
L'épaule et l'esprit soulagés du poids de ce fardeau.
Donc, heureusement que je n'ai pas de mémoire, ni de journal intime pour la raviver.
J'aurais donc pu croire que je n'avais aucune raison d'avoir un blog.
Ne dit-on pas qu'un blog est un journal tenu en ligne ?
Si.
Mais ceux qui le disent se trompent.
Le blog est une microsociété.
Jeunes et vieux s'y côtoient avec plus ou moins de bonheur, les jeunes irritant les vieux avec leurs passions niaises et débilitantes, les vieux exaspérant les jeunes avec leur incompréhension de ce qui est cool.
Joyeux et déprimés s'y croisent. On tente de se réconforter, parfois sans succès.
Actifs et chômeurs. Fonctionnaires et professions libérales. Riches et pauvres. Homos et hétéros. Monogames et échangistes. Grands et petits. Filles et garçons.
Une société vous dis-je, plutôt heureuse, puisque chaque membre a choisi d'en faire partie.
A ce titre, je devais avoir un blog puisque je n'aspire qu'à ça : la grégarité.
Je suis une solitaire socialisée.
Une sauvage civilisée.
Votre compagnie m'est d'autant plus précieuse que je peux la quitter sans que personne ne s'en offusque, pour quelques heures ou quelques jours, sans avoir à me justifier.
L'accueil au retour est toujours chaleureux, rarement réprobateur.
Je puis donc me laisser aller à mes démons misanthropes dans le secret de ma solitude sans que la communauté n'en pâtisse.
Royal !
Ce monde est parfait pour moi.
Je lui donne le rythme qui me convient, et il me le rend bien.
J'y suis vraie.
Plus vraie que nature.
Je n'essaie pas de m'y créer un personnage : je dévoile enfin ce que je suis vraiment.
Je montre mes fesses, certes, et j'aime ça. Mais qu'on ne vienne pas me dire que je racole. Le classement ne m'intéresse pas.
La seule chose que je cherche ici est la liberté, pas la popularité.
Je montre mes fesses, parce que je ne les aime que depuis peu.
J'aime voir celles des autres, ou lire ce qu'ils en font parce que j'aime leur liberté à cet instant.
Et non parce que comme j'ai pu le lire le sexe fait marcher le monde.
J'aime tout autant voir autre chose, pourvu que j'y sente une humanité, une vérité.
Cet univers n'est pas sombre.
C'est un village.
C'est le mien.
Alors si certains veulent m'y attribuer le rôle de la fille légère et racoleuse du village, grand bien leur fasse.
Je leur laisse cette folle liberté, d'autant plus que je sais ce que j'écris.
Mais qu'on me laisse la liberté réciproque : bien que je déteste cette attitude, qui n'est qu'un fascisme déguisé, je peux aussi établir une typologie des villageois, leur attribuer un rôle sans les connaître, les méprisant ainsi de toute ma grandeur autoproclamée.
Je pense par exemple à ce jaloux, qui ne se remet pas de la disparition de sa chérie du Blogtraffic. Il crache son venin pour remporter les suffrages et monter en grade.
Pauvre petit ! Il accorde trop d'importance à bien peu de choses.
L'important n'est pas d'être reconnu, mais seulement d'être.
Je lui cède ma place, si ça peut le réconforter.
Car c'est ainsi dans tous les villages : la pute du coin est souvent bonne fille et a bon cœur. D'une nature généreuse, elle offre ce qu'elle a sans compter.
Surtout à l'idiot du village, qui lui fait pitié.
Mais je reçois chez moi.
Publié par cleo.x à 11:43:23 dans cleo de 5 à 7 | Commentaires (43) | Permaliens
Depuis le 20-09-2004 :
461055 visiteurs
Depuis le début du mois :
5835 visiteurs
Billets :
311 billets
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |
Télégramme pour cleo.x!