Un peu de ménage parfois ne nuit pas.
To be continued.
Publié par cleo.x à 08:12:07 dans Humeurs | Commentaires (24) | Permaliens
(Post chiant d'une chieuse qui se fait chier...)
Il y a quelques temps, j'avais fait en ces lieux mon mea culpa : je suis une instable, je l'avouais, et je me lasse très vite de tout.
Particulièrement de mes boulots.
Je suis à nouveau en crise.
Profonde.
Mais cette fois-ci, je refuse de m'en attribuer l'origine : c'est le boulot qui est lassant, pas moi qui me lasse vite.
Je m'explique.
Ma profession échappe à 90 % au droit du travail.
Il y a certes des avocats salariés, mais ils ne représentent qu'une frange marginale de la profession, soit environ 10%.
Les autres sont installés ou associés (nous les regrouperont sous le vocable de « patron »), ou collaborateurs.
La collaboration en cette profession n'a rien à voir avec celle de 1940 : elle n'entraîne aucune amélioration du niveau de vie.
Il s'agit d'un mode d'exercice à part, que les autres professions libérales nous envient et réclament, qui avait une justification historique (on se formait auprès d'un Maître...) mais est devenue au fil du temps de l'exploitation.
En gros, et parce que vous n'en avez finalement rien à faire, un avocat (collaborateur) offre sa force de travail à un autre (patron), sans perdre sa liberté, en échange d'une partie des honoraires du cabinet d'accueil (la rétrocession).
Pour simplifier, vous pouvez assimiler cela à de la sous-traitance.
Le collaborateur libéral n'est pas le salarié du patron : ce dernier n'a donc aucune prise sur ses horaires, sa liberté d'avoir une clientèle personnelle, son indépendance d'esprit.
En théorie, le collaborateur devrait pouvoir travailler quand et comme bon lui semble, pourvu que les dossiers soient traités, et même rendre un dossier à son patron qui lui semblerait contraire à ses opinions, recevoir et traiter sa clientèle personnelle au cabinet d'accueil et utiliser les moyens dudit cabinet pour ce faire.
La collaboration devrait être un tremplin vers l'installation : le collaborateur se forme aux côtés de son patron (et s'assure un revenu minimal fixe) tout en développant sa clientèle personnelle, jusqu'à le quitter.
En échange de quoi, les charges professionnelles sont à sa charge.
Non assujettissement au droit du travail donc.
Avec, en contrepartie, la rupture libre du contrat pour les deux parties, sans motif ni indemnités, ni même procédure formelle.
Et donc sans chômage après.
En théorie.
Parce qu'en pratique, le collaborateur a souvent des horaires fixes, des ordres à exécuter, et à peine le temps (lorsque ça ne lui est pas interdit, même si déontologiquement c'est une faute) de traiter ses dossiers personnels.
Il se retrouve donc en situation de salariat, sans en avoir les avantages : virable du jour au lendemain sans raison, il n'a que peu de repos ou vacances, travaille 70 heures au lieu de 35, a un congé maternité réduit (lorsque le contrat n'est pas tout bonnement rompu à l'annonce de l'heureux événement, alors qu'aucune indemnité de secours ne sera versée après...), gagne une misère et paie 50% de charges dessus à la place du patron qui l'aurait fait s'il l'avait salarié et ne peut en sortir puisqu'il n'a pas de clients personnels.
Collaboration rime donc plus souvent avec exploitation qu'avec expansion.
A titre indicatif, sachez qu'à Paris la rétrocession moyenne d'honoraires en première année d'exercice est de 2300 euros par mois (n'oubliez pas que les charges sont à payer ENSUITE), et en Province, 1200 euros.
A titre de rappel, vous noterez que l'avocat débutant a au moins une maîtrise en droit et un CAPA (donc bac+5), sachant que 95% des avocats qui prêtent serment de nos jours ont au moins un troisième cycle, et 50% en ont deux.
Moi-même, je possède une double formation (scientifique et juridique), un troisième cycle, un anglais courant et une spécialisation particulière, outre mon expérience qui n'est plus celle d'un débutant.
Devinez ma rétrocession d'honoraires...
Bref, tout ça pour vous dire que j'en ai marre.
Aujourd'hui, je me suis tirée tôt, en claironnant à mes patrons que j'allais profiter du soleil.
Imaginez leurs têtes.
Parce que je n'exerce pas une profession libérale pour être réduite en esclavage.
Parce que je refuse d'aliéner ma liberté pour ... euros (vous n'avez toujours pas deviné ?).
J'en suis à ma troisième collaboration.
J'ai quitté mon premier patron parce qu'il était avare et ne me payait jamais, croyant sans doute que le plaisir de traiter ses dossiers merdiques était une juste récompense.
On m'a dit que j'étais folle, qu'il était impensable de n'avoir pas de patron et que je n'avais qu'à prendre mon mal en patience : après 10 ans de sacrifices, je pourrais envisager d'aller voir ailleurs.
Au secours ! Les moutons voulaient me faire regagner le troupeau.
J'ai trouvé un deuxième patron.
Dossiers intéressants et bonne rétro, mais horaires de folie : 8 heures-22 heures les bons jours. Et patron barge.
Je suis partie à nouveau, me jurant de ne plus jamais me laisser avoir.
Je me suis « installée ».
Moins de fric, mais plus de liberté.
Et là où il n'y a pas de gène, il y a du plaisir.
Mais l'URSSAF a voulu ma peau.
Donc retour en collaboration pour payer ma régularisation de charges (les premières années, les charges sont forfaitaires. On régularise ensuite sur ce qui a été perçu, d'un seul coup. Aïe).
Et me voilà en quelques mois à peine à pleurer chaque jour de traiter des dossiers de merde (parce que, vraiment, mes patrons n'ont que des dossiers de merde), à ne pas prendre mes arrêts maladie, à faire sauter mes audiences personnelles pour assister aux leurs (et donc faire sauter mes honoraires...), à perdre ma vie à la gagner.
Enfin, la gagner, c'est un bien grand mot.
Parce qu'il me donnent...Devinez !
Arf.
Voilà pourquoi depuis quelques jours je suis déprimée.
Je lutte contre l'ennui.
Je lutte contre la rage d'être exploitée.
Je lutte contre l'envie de me barrer.
Je préfère bouffer de la vache enragée parce que je suis libre, que du caviar, euh, que dis-je ?... que des pâtes parce que je « collabore ».
Je vais partir...
Hein, je vous le dis, je vais partir...
Retenez-moi ou je fais un malheur !
Publié par cleo.x à 19:37:05 dans cleo de 5 à 7 | Commentaires (13) | Permaliens
Ambiance morose au boulot : je m'ennuie ferme et songe à claquer la porte (je ne crains rien tant que l'ennui).
Un détour par Bloggland devrait me redonner le sourire...
Hélas non.
Vous êtes absents ou déprimés.
Je m'insurge donc : ah non! Pas vous!
Pas les blogglandais!
Vous lire et retrouver est une joie quotidienne, et doit le rester.
Qu'est-ce qui se passe les chéris?
C'est la disparition subite du printemps qui vous plonge dans un abîme de mélancolie?
Publié par cleo.x à 17:08:25 dans Humeurs | Commentaires (47) | Permaliens
Mais je vous lis.
Danthy, Tschok et Fil : vous me faites hurler de rire.
Que dis-je? Hululer!
Hu hu hu, hi hi hi, ha ha ha!
Publié par cleo.x à 19:15:41 dans Humeurs | Commentaires (7) | Permaliens
C'est le printemps, et les bides ronds se comptent à la pelle...
Non ?
Ce n'est pas comme ça qu'on dit ?
Bof, vous m'avez comprise.
Rien que dans mon entourage proche, je peux compter trois filles enceintes.
Trois philosophies.
Toutes aussi angoissantes.
La première, chronologiquement s'entend, est plutôt du genre pas flippé.
Elle prend sa grossesse comme un bel événement, qui ne lui pose aucun problème.
Elle s'épanouit de jour en jour, et pourrait faire de la pub pour fringues de grossesse tant elle incarne LA femme enceinte.
Son mari est extatique.
Intarissable sur les berceaux.
Incollable sur les poussettes.
Imbattable au rayon enthousiasme.
Un banc d'essai du matériel pour bébé à lui tout seul.
Pratique pour les suivants.
Mais un peu lourd lors des dîners.
La deuxième est du genre « je suis mère et ça change tout ».
Un seul sujet de conversation, une seule activité, un seul projet d'avenir : le bébé.
Jusque-là bien soumise à son mari, elle révèle sa puissance au fur et à mesure que la grossesse avance.
Après tout, pense-t-elle, elle lui fait le plus beau cadeau du monde, le seul qui vaille. Le reste n'est que vanité. Elle a le secret de la vie. Et elle entend se faire respecter.
C'est ainsi que le futur papa, mollement intéressé par la chose, se retrouve avec une mégère à la maison qui braille dès qu'il ose penser en homme et non en père.
Veut-il aller dîner avec un ami ? Que nenni, il faut finir la tapisserie de la chambre du petit. Oui, tout de suite là maintenant. Comment ça, il n'arrive que dans six mois ? Dis tout de suite que tu n'en veux pas, qu'il ne t'intéresse pas ! Moi je souffre pour mettre au monde TON héritier, et toi tu ne penses qu'à aller te saouler ! Tu es un monstre. Ma mère m'avait prévenue. D'ailleurs, je te préviens, je ferai comme ma mère : il est hors de question que j'élève mes enfants à Paris. Ils vivront à la campagne. Et j'arrête de travailler. Et toi ? Quoi toi ? Toi, tu organises tout ça, évidemment. Tu ne crois quand même pas que dans mon état je vais m'occuper du déménagement... Si, c'est la peine de continuer la tapisserie ! Parce que si on compte sur toi, on ne déménagera pas avant qu'il ait cinq ans ! Fainéant !
Ambiance.
Futur père au bord de la crise de nerfs.
Mère omnipotente et anxiogène.
Tous les mecs qui ne veulent pas de gosses autour d'elle la prennent en exemple.
Evidemment, en matière de poussettes, tétines et petits pots, Maman lui a déjà tout expliqué. Alors la poussette techno à trois roues qui fait plaisir au futur papa, il est inutile d'en parler : Maman n'a pas abordé le sujet.
La troisième est du genre « la grossesse n'est pas une maladie, je reste wonderwoman, mais quand même, qu'est-ce que j'ai mal. Surtout quand je rentre le ventre. ».
Prise au piège de ses principes, elle voudrait bien faire comme si tout allait bien, mais entre ses seins qui ont doublé de volume et tiraillent, ses jambes gonflées, son ventre qui ressemble déjà à un ballon de basket au bout de quelques semaines, ses nausées matinales, ses nausées quand elle se parfume, ses nausées quand elle a l'estomac vide, ses nausées quand elle digère,ses nausées nocturnes, ses nausées quand elle prend le bus, ses nausées quand elle a trop chaud, sachant qu'il fait vraiment très chaud partout et ses nausées quand tout va bien, elle ne sait plus comment oublier qu'elle va mal.
Elle pleure chaque matin de n'avoir rien à se mettre.
Elle pleure chaque fois qu'elle pense qu'elle va passer l'année habillée comme dans un sac.
Elle pleure chaque fois qu'elle se voit dans un miroir ou une vitrine.
Elle ne sait plus trop pourquoi elle est enceinte.
Aucune béatitude, juste de l'ennui et de l'agacement.
L'envie d'en finir.
Et l'angoisse du rejeton mal formé, idiot, à qui elle n'aurait rien à dire, et qui l'ennuierait.
Son fiancé n'aborde pas le sujet.
Elle se sent d'autant plus seule.
Et on voudrait lui faire croire que c'est le plus beau moment de sa vie.
Elle réfléchit et se demande si on lui dit ça parce qu'après ce sera pire.
Elle n'aime pas les gosses. Ne voit pas d'intérêt à babiller et bêtifier. Ne s'attendrit pas devant de petits chaussons. Et voudrait accoucher d'un faon ou d'une gazelle : au bout d'un quart d'heure, ils savent marcher et suivent leur mère sans couiner.
Le petit d'homme est vraiment trop con.
Elle ne sait plus pourquoi elle en fabrique un.
Elle voit approcher la fin de sa liberté.
Bientôt elle sera prisonnière de son bébé et du bonheur qu'elle devra forcément éprouver.
En attendant, elle fait comme si de rien n'était.
Elle choisit des jeans Diesel taille très basse pour arriver sous le bidon, et rentre le ventre dès qu'elle croise quelqu'un.
Trois grossesses, trois histoires.
Toutes anxiogènes.
Maman ! Je ne veux pas être mère ! Faut être folle pour ça !
Oups, pardon, M'man...
Publié par cleo.x à 15:05:44 dans Humeurs | Commentaires (17) | Permaliens
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