De un à six ans, je ne me souviens pas. J'imagine que mes parents, aimants, ont fêté dignement cet événement d'importance pour eux.
De sept à quatorze, je me souviens peu. Je vois des fêtes entres amis, les copains ramassés à la sortie de l'école un samedi pour un après-midi de folie enfantine ou préadolescente, mon père qui fait l'idiot, ma mère qui décore, mon frère, petit, qui ouvre les cadeaux plus vite que moi, un peu comme Taz, le diable de Tasmanie, et veut souffler les bougies. Mon bijou. Et les parents des autres qui viennent trop vite les chercher.
De quinze à vingt-six, je ne peux me souvenir, car il n'y a rien. Je boude. Mes parents tentent bien d'égayer cette journée par un dîner ou un déjeuner. Invariablement, où que l'on soit, je trouve dans mon assiette un petit cadeau précieux, ou l'on m'apporte une énorme boîte, remplie d'une foultitude de boîtes, gigognes, jusqu'à arriver à la dernière, la mieux pourvue. Le blues. Le spleen. Et souvent le rouge aux joues, lorsque la lumière s'éteint au restaurant, que les serveurs chantent la chanson que l'on redoute et que les autres clients applaudissent. Ah ! La Coupole ! Notamment.
Vingt-sept ans. Une folie. Une fête. Tentative de dépressive de dédramatiser entre deux TS. Très réussie. Je ne compte plus les convives. Quarante-huit heures de rires, danse, discussions la voix éraillée par la fumée. Retrouvailles et promesses de réitérer l'exploit.
Vingt-huit et Vingt-neuf. Je ne sais plus. Je perds la mémoire, Alzheimer précoce. Peut-être que ce cadeau quotidien qui se réveille avec moi chaque jour éclipse le reste.
Trente ans. Aujourd'hui. Je voulais rester seule. L'amour est prévenu. Et respectueux de ce vœu. Je voulais partir. Marcher sur la plage une journée. Ou m'enfermer dans une chambre d'hôtel et lire. Ou aller à Londres. Ou danser toute la nuit au Rex, sans parler à quiconque. Ou ranger. Ou téléphoner à tous ceux que j'avais promis de revoir et que j'ai oubliés. Ou escalader les 1789 marches de la Tour Eiffel, une fois de plus. Ou savourer la solitude de la campagne de mes parents. Ou dormir. Ou contempler l'outrage du temps dans mon miroir et penser que la trentaine est la décennie où je verrai mon père partir, et d'autres que j'aime. Ou pleurer. Je ne sais plus. Et je m'en fiche. J'avais prévenu : ni fleurs, ni couronnes. Silence absolu. Aucun cadeau.
Finalement, je suis allée voir mes parents hier.
Un cadeau dans l'assiette.
Contente quand même.
Ce matin, l'amour n'osait murmurer les mots.
Sur autorisation, il l'a finalement fait.
Contente quand même.
Le portable est coupé, mais les amis fidèles ont le deuxième numéro. Alors ça sonne.
Contente quand même.
Pas de retraite solitaire, car réunion professionnelle en perspective. La plupart des réunis seront des amis.
Contente quand même.
Et vous.
Bien contente. Très contente.
Je vous lis, et je ris.
Le jour de mon anniversaire !
J'ai presque envie de faire une fête.
Publié par cleo.x à 11:05:45 dans cleo de 5 à 7 | Commentaires (28) | Permaliens
Une dernière folie.
J'ai voyagé ce week-end.
Maintenant, j'arrête.
Publié par cleo.x à 09:41:02 dans La dictature de l'image | Commentaires (8) | Permaliens
Et voilà!
Il va falloir que je change le sous-titre de ce blog.
Et que je retire les photos : un peu de sérieux s'impose.
Bref.
Aïe.
Publié par cleo.x à 08:57:37 dans cleo de 5 à 7 | Commentaires (34) | Permaliens
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