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L'heure de la récré | 29 septembre 2004

Ah la bonne heure!

Je me mets au niveau des bloggueurs de 17h...

I z'éteindront la lumière en partant, les jeunes, parce que moi, je vais me coucher?!

Publié par cleo.x à 17:44:29 dans Humeurs | Commentaires (3) |

Science sans conscience n'est que ruine de l'âme | 29 septembre 2004

Trente minutes que je cherche un document important.

J'entends ma mère : Range ta chambre !

Je sursaute.

Mon psy n'est pas génial... J'entends toujours ma mère quand je suis prise en flagrant délit de mauvaise conscience. Il faut que j'en trouve un autre.

-         Maman, je te rappelle que j'ai grandi et que ce n'est pas une chambre, mais un cabinet. Et qu'on m'évite les blagues habituelles fondées sur les acceptions de ce mot, de grâce...

-         Range ta chambre, range ta chambre, range ta chambre...

M'énerve...

Je sais qu'elle a raison, et que je n'aurais pas perdu une demi-heure à chercher ce qui n'est forcément pas trop loin si je l'avais rangé, mais j'ai un problème avec l'ordre. Ou avec ma mère, ce qui revient au même.

Et quand je range, je ne me souviens plus où.

Alors que mon bordel ambiant me permet d'avoir tout sous la main. Ou presque. C'est plutôt sous des papiers, des livres, des codes et mille autres choses, mais le principe est valable.

Pour ne pas obéir à ma mère, je décide de classer et non ranger.

Tiens, une invitation... « RSVP avant le 15 septembre ». Classement vertical. Ma mère :

-        On répond à son courrier le jour où on le reçoit. Ça évite ce genre d'impairs.

-        Oh ça va... z'ont qu'à l'envoyer en recommandé; la date de réception sera certaine et mon retard aussi !

Relance de mon comptable. En recommandé. Zut.

-         Ah ! Tu vois !

-        Oui, mais considérant que je suis sa cliente, que le client est roi, et que l'exactitude est la politesse des rois, je ne sais plus où je voulais en venir, mais je fais ce que je veux avec mes cheveux. Non, ma comptabilité. Tu m'embrouilles. T'as rien d'autre à faire que de me hanter ?

Un brouillon, deux brouillons, dix brouillons. Poubelle. Non, je garde. On ne sait jamais. Je fais un tas « archives ».

Des photos. Mais qui cela peut-il bien être ? Classement vertical. Et puis non. Un tas « photos ».

Un article sur le clonage thérapeutique. Tas « archives ».

Des notes prises au gré de mes lectures. Tas « archives ». Un beau petit tas que celui-là. Je devrais peut-être le fractionner en autres tas...

Des crayons. Euh... pas de pot à crayons, c'est aussi gland que d'avoir les photos de sa famille sur son bureau. Je n'arrive pas à comprendre que certains aient besoin d'un pense-bête pour se souvenir de la tête de leurs gosses. Il est vrai qu'ils ne les voient pas beaucoup. Donc les crayons, sur le tas « photos » en attendant mieux.

Gomme. Avec les crayons.

Post-its. Dans mon agenda. Où est mon agenda? Merde. Important ça, l'agenda... Sous les tas ? Non. Poubelle ? Non. Sac ? Non plus. D'ailleurs, je devrais ranger, pardon, classer, mon sac aussi.

Donc, je le renverse sur le bureau, sur les tas.

Wow, tout ça là-dedans !

Portefeuille, je garde, évidemment. Penser à classer les tickets de CB... Un tas de plus.

Deux porte-monnaie ! Le comble pour un panier percé...

Cartes de visite, papiers, crayons...

Maquillage, brosse à dents... Ah bon ? Je suis prévoyante malgré moi...

Des briquets ! J'en cherchais. J'ai failli arrêter de fumer à force de n'avoir pas de briquet. Où sont les cigarettes ?

Je soulève les tas à la recherche des cigarettes, les déplace, brasse bien le tout jusqu'à ce que je ne voie plus rien d'autre qu'une montagne de matière, indéfinissable, sur ce qui était mon bureau quelques minutes auparavant.

Et qu'on m'épargne les blagues sur matière et cabinet...

Du désordre, je suis passée au désespoir.

-         Range ta chambre !

-         Nan ! Je n'y arrive pas. Et je suis crevée.

-         Forcément, tu perds du temps et de l'énergie à chercher ce qui devrait être rangé...

-         Non, je perds du temps et de l'énergie à ranger ce que je cherche. Car enfin, Maman, ne te souviens-tu pas de la deuxième loi de la thermodynamique : l'entropie ? révise ta chimie ou relis Hawking : « une tasse élevée sur la table est en état élevé d'ordre, mais une tasse brisée sur le plancher est en désordre. On peut passer aisément de la tasse sur la table dans le passé à la tasse brisée sur le plancher mais pas on ne fera jamais l'inverse. L'accroissement du désordre, ou entropie, avec le temps est un exemple de ce que l'on appelle la "flèche du temps", indiquant une direction au temps. ». Pour simplifier, l'entropie augmente toujours avec le temps, donc le désordre. L'énergie que je dépense à vouloir mettre de l'ordre engendre plus de désordre dans l'univers que l'ordre illusoirement créé ainsi. Moléculairement parlant bien sûr. C'est inéluctable. Entropie et flèche du temps.

-         Te servir des molécules pour justifier ton bazar... J'aurais tout entendu  de toi!

-         Ben oui, et de ton temps, les enfants étaient plus polis, mais je ne suis plus une enfant. Epargne-moi ton discours de vieille conne. La science a parlé, tu te tais.

Pfiou. La flèche du temps : directement dans son cœur !

Un-zéro. L'ai bien calmée là, ma mère. Que j'aime.

-         Parfait. Je me tais. La vieille ignare se tait. Mais sache que tu n'as jamais été si proche d'avoir mon âge, et qu'il ne sert donc à rien de me l'opposer...

-         Ton âge ! Mais ma bonne Maman, je vais avoir trente ans... je suis plus proche de mes vingt ans que de tes cinquante...

-         Non, ma fille... La flèche du temps... Tu n'auras plus jamais vingt ans, alors que cinquante, peut-être... Si tu ne te noies pas dans ta merde d'ici là...Remarque, dans un cabinet...

-         J'avais dit : pas de blagues sur ce mot !

Je ne peux pas lutter avec mon esprit malade, si ma mère se joint à lui.

De l'inconvénient d'avoir une mère, intelligente... Même dans mes dialogues hallucinés.

Vite, trouver une réplique implacable...

Je transpire à grosses gouttes, mais je ne perdrai pas la face devant la projection de ma mère... Que dirais-je à mon psy la prochaine fois, sinon ? Ma mère a toujours raison, même dans mes délires... Au secours !

Je tends une main lasse vers mon tas de tas, cherchant de l'aide...

-         « L'ordre est le plaisir de la raison : mais le désordre est le délice de l'imagination »

-         Encore une excuse ?

-         Non, Claudel.

-         Ah.

Yes. Vive le tas « archives » ! Vive le bordel !

Dommage de citer Claudel quand on se targue de ne croire qu'en la science...

Mais fin du classement.

 

La prochaine fois, un peu de probabilités : le paradoxe du prisonnier.

Toujours intéressant de faire des maths quand on est juriste.

Et nous relirons les textes saints, de toutes les religions.

Ca peut servir aussi.

Publié par cleo.x à 16:14:24 dans cleo de 5 à 7 | Commentaires (10) |

Des Fleurs | 29 septembre 2004

Toujours efficace.

Publié par cleo.x à 15:06:55 dans Les Hommes | Commentaires (6) |

Désespérant | 29 septembre 2004

Les mots-clés ne changent pas.

Je vais faire plus intello.

Pas facile.

Publié par cleo.x à 14:37:09 dans Humeurs | Commentaires (13) |

Vote du public, 50-50 et coup de fil d'un ami | 29 septembre 2004

Mardi matin, tranquillement en train de rédiger mon courrier (mais pourquoi une lettre en appelle-t-elle au moins deux autres ?), téléphone :

-         Toi qui, bien que désespérément scientifique au point de ne croire en rien sauf en l'atome...

-         Le quark.

-         Hein ?

-         Deux. L'atome est dépassé, mais bon, venons-en au fait, j'ai des choses à écrire.

-         Justement, donc toi qui malgré tout, aimes écrire...

-         Précisément, là, maintenant, je n'aime plus écrire.

-         Pourquoi ?

-         Je rédige mon courrier.

-         Ah. Ben quand faut l'faire, faut l'faire. Donc, je disais...

-         Ne dis plus rien. Tais-toi.

-         Mais quoi encore ?

-         « Ben quand faut l'faire, faut l'faire » ? C'est tout ce que tu trouves à dire !

-         Ben oui. Si c'est à faire, il faut le faire.

-         Mais trouve autre chose, diantre ! Tu es avocat. L'éloquence, bordel !

-         Mais euh ! Justement, j'ai un discours à écrire, et je cherche de l'aide.

-         Donc ça te donne le droit de m'agresser de bon matin avec des platitudes de café. Et tu espères servir la même soupe à ton auditoire... je vois ça d'ici : « Msieurs-Dames, Bien le bonjour. C'est gentil de vous être déplacés de si loin par ce froid, et vous n'êtes pas venus pour rien, y aura du champagne à la fin. Mais attention ! Un verre ça va. Trois verres bonjour les dégâts. Celui qui conduit ne boit pas. Mais c'est pas tout ça, pourquoi sommes-nous réunis ce soir ? Pour parler d'un sujet d'extrême importance, bla bla bla et autres conneries pas drôles mais vulgaires ». Au mieux tu récolteras quelques ronflements, au pire une indignation gênée mais polie. Le vote du public sera unanime : dehors !

-         Tu es de mauvaise humeur.

-         Je suis d'excellente humeur. J'ai été assaillie par un nœud papillon à pois rouges, mais je vais mieux.

-         Plaît-il ?

-         Oui, à pois rouges, c'est insensé, non ?

-         Tu as encore abusé des anxiolytiques et tu as des hallucinations.

-         Je ne suis pas folle, ni droguée. Je te dis que je l'ai vu. Ce matin.

-         Les nœuds papillons ne se promènent pas seuls, surtout le matin. Même à pois rouges.

-         Il était accompagné évidemment.

-         Certainement. Plus on est de fous plus on rit.

-         J'en ai marre de tes expressions toutes faites qui me défont. Venons-en au fait.

-         Je te laisse, je ne parle pas aux gens de mauvaise humeur.

-         Mais je ne suis PAS de mauvaise humeur ! Et tu m'appelles pour me raccrocher au nez. Permets-moi de te dire que ça, ça me met de mauvaise humeur.

-         Bon, faut qu'j'y aille, c'est pas tout ça, mais j'ai un discours à écrire.

-         « Faut qu'j'y aille... c'est pas tout ça... », mais arrête ! Tu me scies les oreilles avec de telles expressions.

-         Je raccroche, par compassion pour tes oreilles.

-         Non. Tu m'as dérangée, alors que j'accomplissais une tâche d'extrême importance, pour une raison absconse. Je veux la connaître.

-         L'éloquence est-elle morte ?

-         Tu oses me le demander... Ecoute-toi et tu le sauras. La raison de cet appel minable, STP.

-         L'éloquence est-elle morte ?

-         Je ne sais si elle est morte, mais l'ennui est bien vivant. Je passe sur ton caractère itératif, mais je commence à bailler. Le sujet, STP.

-         L'éloquence est-elle morte ?

-         Avec des perroquets comme toi. Assurément.

-         C'est le sujet.

-         On n'est pas dans la merde : Monsieur Brèves de comptoir veut disserter sur l'éloquence. Est-ce que je vais donner des cours en école de secrétariat ?

-         Ah !... Voilà pourquoi tu es de mauvaise humeur...

-         J'écoute, docteur Freud.

-         Ta secrétaire est absente, et tu te tapes le courrier.

-         Je rédige toujours moi-même mon courrier. L'absence de ma secrétaire, si elle m'emplit d'inquiétude pour sa santé, ne me pose aucun problème. Non que je veuille minimiser son apport personnel à l'entreprise commune que nous menons chaque jour, mais, je te l'assure, sa maladie ne me cause d'autre souci que de la savoir affaiblie.

-         Pffffffff. Compassion, vaillance et modestie. Tout toi, ça... « Je rédige moi-même mon courrier »... Evidemment. Et moi, je rédige moi-même mes actes.

-         Non, toi, tu exploites des étudiants en droit en leur faisant miroiter une association dans dix ans, s'ils sont sages et continuent de ne pas réclamer de contrepartie financière... Quel grand honneur en effet que de rédiger pour le Maître... Celui qui explique l'éloquence aux autres à grands coups de « bonjour chez vous ! ».

-         Ne sois pas désagréable, tu connais l'état de la profession. J'exploite, mais j'ai des remords. Donc, malgré ta mauvaise humeur et le courrier en retard que tu dois taper (fait mal au vernis, non ?), m'aideras-tu ?

-         Ca dépend... Ta secrétaire tapera le discours ?

-         Non. Un étudiant, oui.

-         Envoie-le moi et tu auras ton discours. Date de l'audience ?

-         Ce soir.

-         Bien. Je garde ton étudiant pour la journée.

-         J'en ai besoin.

-         Je sais. Mais tu veux un discours correct. On fait 50-50 : tu me fais perdre mon temps, ton étudiant le rattrape.

-         D'accord.

-         Je reste ta bien dévouée.

-         A ce soir.

-         C'est ça. Et bonjour chez toi !

 

Hop ! Secrétaire malade remplacée par un étudiant sans que j'aie des remords à l'exploiter : ce n'est pas mon stagiaire, mais celui d'un ignoble esclavagiste...

Meilleure humeur.

Courrier de côté : il a des doigts, l'étudiant.

Quant au discours, dictaphone :

« Mes Chers confrères, je suis heureux de vous compter si nombreux ce soir, malgré ce froid qui nous assaille. Vous venez de loin aux funérailles de l'éloquence, je vous en remercie. Nous boirons évidemment à l'issue de la cérémonie en l'honneur de la défunte. Mais afin de ne pas déplorer d'autre perte en nos rangs, je vous saurais gré de bien vouloir apprécier la dive bouteille avec modération... L'éloquence est-elle morte ? Certains le prétendent mais nous savons tous qu'il n'en est rien... »

Vais pas me fendre d'un essai non plus ... L'éloquence d'accord, mais on est entre avocats. Ils en tous entendu parler, mais ne l'ont jamais vue...

Allez, je rattrape mon vernis.

Publié par cleo.x à 10:16:58 dans cleo de 5 à 7 | Commentaires (1) |