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Tour à tour capitale de la Prusse, de l'empire d'Allemagne et du IIIe Reich, détruite aux trois-quarts en 1945, puis enveloppée dans le bloc communiste et enclave d'un Occident soucieux d'en faire sa vitrine, Berlin, redevenue la capitale de l'Allemagne réunifiée et siège de son Parlement, a connu une métamorphose qu'aucune autre cité n'a égalée au XXe siècle. Le Mur, élevé en 1961 et démantelé en 1989, et son Reichstag rénové resteront longtemps comme les symboles de la douloureuse histoire de cette ville pleine de contrastes.
Situation géographique
Berlin est une métropole très originale, à mi-chemin entre l'Europe atlantique (900 km de Paris), la péninsule scandinave, l'Europe méditerranéenne (800 km de Milan) et l'Europe slave (530 km de Varsovie). Ses 883 km2 en font la ville allemande la plus étendue: elle est l'une des mieux fournies en espaces verts, parsemée de forêts, de lacs et de rivières sur 40 % de sa superficie. La cité s'est développée au cœur de la grande plaine du Brandebourg, modelée par l'extension des glaciers, ce qui explique le paysage de lignes d'eaux, de marais et de moraines sableuses (Mügelberge, 115 m).Le climat, semi-continental, oppose des hivers froids (0 °C) et neigeux à des étés orageux, modérément chauds (17 °C) et humides. La Spree se jette vers l'ouest dans la Havel, elle-même affluent de l'Elbe. Berlin se trouve ainsi naturellement reliée au port de Hambourg, longtemps sa seule voie d'accès à la mer. Si la plupart des voies navigables sont aujourd'hui trop étroites pour permettre la circulation, leur tracé a permis la construction de canaux tout au long de leur parcours.
Fonctions administratives
Berlin est redevenue en 1990 la capitale de l'Allemagne réunifiée, et, en 1999, le siège du Parlement fédéral (Bundestag), qui tient ses séances dans l'ancien palais du Reichstag, seuls quelques ministères et institutions fédérales demeurant à Bonn. La métropole est un Land à part entière (comme l'est Hambourg), gouverné par un Sénat composé d'un bourgmestre (président) et de 15 sénateurs (ministres), tous élus par le Parlement du Land. Berlin est aussi administrée par un conseil des maires, composé du bourgmestre et des maires d'arrondissement.
Le développement de la ville
Bien que le site fût probablement occupé depuis 10 000 ans, la ville actuelle est née au XIIIe siècle du regroupement de Berlin et de Cölln, deux bourgades de bateliers et de commerçants. La première s'implante sur une île fortifiée de la Spree, alors que la seconde repose sur une basse terrasse, à l'endroit le plus étroit de la vallée, franchissable à gué. La vieille ville, aux rues étroites et tortueuses, s'est édifiée sur une terrasse de graviers, en bordure de la Spree. Berlin ne se développera que modestement au-delà de ses enceintes médiévales.
Nommé margrave de Brandebourg en 1411, Frédéric de Hohenzollern inaugure une dynastie qui se maintiendra jusqu'à l'abdication de Guillaume II, à Versailles, en 1918. Au XVIe siècle, la ville devient une importante place commerciale; la construction du canal Oder-Spree permet aux Berlinois de consolider leur influence en Silésie. Toutefois, la grande cité prussienne se développe surtout par la volonté du Grand Électeur Frédéric-Guillaume, à la fin du XVIIe siècle, avec la naissance de faubourgs aristocratiques à l'ouest (architecture baroque de Charlottenburg) et l'accueil de huguenots français, chassés de leur pays par la révocation de l'édit de Nantes (1685). Ces derniers apportèrent des métiers nouveaux et marquèrent le bâtiment et la toponymie de leur empreinte. Depuis la fin du XVIIe siècle, la ville est sortie de son enceinte médiévale et, le long du célèbre boulevard Unter den Linden («sous les tilleuls») placé à l'Est durant la partition de Berlin s'est édifié un monumental quartier baroque, siège du gouvernement et centre universitaire. Promue capitale de la Prusse en 1701, la ville s'enrichit et devient, sous Frédéric II, l'un des hauts lieux du siècle des Lumières, un grand centre textile (laine, soie) et manufacturier (porcelaine). Si Voltaire y séjourna à maintes reprises auprès du monarque, le goût français s'exprime aussi dans le subtil mélange des influences classique et baroque du château de Sans-Souci, érigé à Potsdam de 1745 à 1747 dans le plus pur style rococo.
Au XIXe siècle, Berlin est devenue un important carrefour pour toute l'Europe centrale, ce qui dynamise son développement industriel (construction de matériel ferroviaire et de péniches). Après l'unification allemande de 1871, la capitale impériale connaît son apogée. Sous Bismarck se développent de grands groupes industriels (Borsig, Siemens, AEG); de nombreuses entreprises et des quartiers résidentiels s'implantent en banlieue. Dans la ville fleurit un style architectural pompeux, marqué par la colonne de la Victoire et le bâtiment du Reichstag. La construction d'un réseau ferroviaire métropolitain est entreprise dès la fin du XIXe siècle. Au début du XXe siècle, la capitale allemande est la plus grande cité industrielle, commerciale, bancaire et boursière du Reich. Elle en est aussi le principal nœud ferroviaire et le deuxième port fluvial. Depuis 1920, Berlin réunit 8 villes et 59 communes rurales (Gross Berlin) . L'arrivée de Hitler au pouvoir, en 1933, contraint à l'exil bon nombre d'artistes et d'intellectuels, qui avaient fait du Berlin des années 1920 une place culturelle d'une grande créativité.
La ville aujourd'hui
Redevenue capitale de l'Allemagne unifiée, Berlin est le principal centre scientifique et universitaire allemand et l'un des premiers pôles de la recherche, secteur qui emploie environ 5 % de la population active. De grands groupes, comme Siemens, Nixdorf et Bull, y implantent de nouvelles usines. L'afflux de réfugiés, jeunes et qualifiés, et surtout d'Allemands de l'ex-RDA, renforce, par ailleurs, cette spécificité. Berlin jouit aussi d'un rayonnement technique et financier considérable sur toute l'Europe centrale, ce qui devrait compenser sa situation excentrique au sein de la nouvelle Allemagne. Avec entre autres ses riches musées, ses galeries d'art, son orchestre philharmonique (rendu célèbre, notamment, par Herbert von Karajan) et son Opéra, Berlin est la capitale culturelle de l'Allemagne. Par sa presse, sa radio et sa télévision, symbolisée par ses tours géantes, son rayonnement s'étend à l'Europe centrale germanophone.
Population
Berlin réunifiée n'abrite plus que 3,8 millions d'âmes [1997] (dont 1,2 millions pour l'ex-Berlin-Est), contre 4,3 millions à la veille de la Seconde Guerre mondiale. La partie occidentale s'est cependant repeuplée ces dernières années: outre l'accueil de nombreux réfugiés, plus de 375 000 salariés ont trouvé un emploi dans la ville. Les industriels ont engagé un grand nombre d'immigrés, surtout Turcs, mais aussi Yougoslaves, Grecs, Italiens, Espagnols et, de plus en plus, de l'Europe de l'Est. Les étrangers représentent 11 % de la population de la ville, en particulier à Kreuzberg, le quartier le plus cosmopolite.
ÉconomieBerceau de grandes entreprises électrotechniques, Berlin demeure l'un des premiers centres européens pour le matériel électrique et l'électronique de précision. Siemens y dispose de 15 usines. La moitié occidentale de la ville a beaucoup souffert des restrictions de circulation consécutives à sa partition et est restée coupée de ses zones d'approvisionnement et de ses débouchés en Europe de l'Est (la Saxe, en particulier). Depuis 1982, l'industrie connaît cependant un nouvel essor.
Les industries alimentaires et la construction mécanique conservent un rôle majeur. L'industrie chimique, en revanche, est moins représentée que dans la Ruhr. Les technologies de pointe se sont développées dans les années 1980, notamment dans le domaine des télécommunications (fibre optique). Berlin possède plus de 180 instituts de recherche et deux grandes universités (Humboldt et l'Université libre). L'importance des crédits octroyés à la recherche lui permet d'être un haut lieu de l'innovation dans les domaines du traitement des données, des télécommunications, de l'énergie et des techniques de protection de l'environnement. L'artisanat a aussi le vent en poupe et Berlin réunifiée dispose d'un grand nombre de sous-traitants, d'artisans et d'ouvriers qualifiés (la RDA ayant conservé sa spécialisation dans les industries de pointe). De plus, le nombre de diplômés est supérieur à la moyenne nationale.Transports et communications
Carrefour majeur de communication, au centre de la «Mitteleuropa» (dont elle est la ville la plus peuplée), Berlin dispose de deux aéroports internationaux. Le trafic aérien est très dense, particulièrement à Tegel, deuxième aéroport allemand après Francfort. La capitale allemande possède deux gares internationales et le trafic ferroviaire, redevenu libre entre les deux parties de la ville, est intense, avec le métro (U-Bahn), les trains rapides (S-Bahn) et, depuis 1984, le métro à sustentation magnétique (M-Bahn). Elle est aussi traversée par 44 km de voies rapides autoroutières. Le trafic fluvial sur le réseau de la Havel et de la Spree, relié au Mittellandkanal et à l'Oder, est l'un des plus volumineux d'Allemagne (Berlin est le quatrième port fluvial allemand).
L'île des musées
Au cœur de la capitale allemande, le complexe d'édifices de la Museuminsel (inscrit en 1999 par l'Unesco sur la liste du Patrimoine mondial) constitue la réalisation d'un projet visionnaire et le premier exemple moderne d'ensemble muséologique concerté. Construits entre 1824 et 1930, ses musées exemplifient l'évolution de l'approche de la conception des musées d'art au cours d'un siècle : d'abord lieux centraux des aspirations de l'éducation de la classe moyenne, puis lieux d'identité nationale, et enfin instruments idéologiques du pouvoir impérial.
Au XVIe siècle, l'île, alors connue sous le nom de Spreeinsel («île de la Spree»), fut mise en valeur par le tracé du Lustgarten, le jardin du Stadtschlo
β, le palais royal. Cependant, avec la construction, de 1824 à 1828, de l'Altes Museum («Ancien Musée») par Karl Friedrich Schinkel, l'île commença à changer de physionomie. Pendant quelques années et jusqu'en 1841, la partie située à l'arrière de ce musée resta vouée à des activités commerciales. Le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV décida alors de faire de l'île un «sanctuaire des arts et des sciences» et confia la conception d'un plan de développement à l'architecte de la cour, Friedrich August Stüler, un disciple de Schinkel. Ce plan fut mis à exécution avec la construction, de 1843 à 1847, du Neues Museum (ou «Nouveau Musée»). Il fallut ensuite attendre 1866 pour que soit élevée la Nationalgalerie, sur les plans de Johann Heinrich Strack. Une vingtaine d'années plus tard, de 1897 à 1904, Ernst von Ihne bâtit le Kaiser-Friedrich Museum, appelé à devenir le Bodemuseum, ou musée Bode, en hommage à l'écrivain d'art Wilhelm von Bode, artisan majeur de l'organisation des musées de Berlin, dont il fut directeur général de 1905 à 1920. Enfin, en 1909, c'est l'architecte Alfred Messel qui conçut le Pergamonmuseum , ou musée de Pergame, achevé en 1930. Durant la Seconde Guerre mondiale, les édifices de la Museuminsel, en particulier l'Altes Museum, le Neues Museum et la Nationalgalerie subirent d'importants dégâts, voire des destructions partielles, qui rendirent nécessaires plusieurs campagnes de restauration.Publié par capitales-monde à 08:04:05 dans Capitales du Monde | Commentaires (0) | Permaliens
Madrid est devenue la capitale de l'Espagne par la volonté du roi Philippe II en 1561. Sa situation, au cœur de la péninsule Ibérique, a été un avantage pour asseoir sa domination politique. Réaffirmant sa fonction de centre administratif et politique de la nation, la capitale a commencé à s'industrialiser dans les années 1960. Créative, dynamique, Madrid s'est imposée en quinze ans comme un pôle économique et culturel majeur. Son évolution reflète un phénomène général, celui de l'urbanisation croissante du pays.
Situation géographique
Située en Nouvelle-Castille, au pied de la sierra de Guadarrama, à 350 km de Valence et à 400 km de Bilbao, la ville s'est développée à 50 km de la Cordillère centrale, et à 655 m d'altitude: Madrid est la plus élevée des capitales européennes. Le site de la ville primitive est le rebord d'un plateau qui domine la vallée d'un petit cours d'eau, le Manzanares (sous-affluent du Tage). La vallée s'est enfoncée au cours du quaternaire dans la masse des dépôts sédimentaires du tertiaire.
Cette position explique, en particulier, certaines caractéristiques du climat, influencé à la fois par sa latitude (40° de latitude nord), sa continentalité et son altitude. En hiver, les températures peuvent être inférieures à 9 °C. L'été est à la fois chaud et sec, avec une moyenne de 23,5 °C en août; chaque année, Madrid subit quelques périodes de canicule (jusqu'à 40 °C). Les pluies sont modérées (450 mm par an en moyenne), avec de forts écarts entre les années. L'ensoleillement est important: 2 500 heures de soleil par an. Malheureusement, les belles journées sont de plus en plus gâchées par la pollution.
L'approvisionnement en eau était assuré par le canal de Isabel II venant du río Lozoya; par la suite, il a fallu utiliser les eaux de plusieurs autres affluents du Tage, tel l'Alberche. Pour l'électricité, l'interconnexion du réseau permet de faire venir le courant de tout le pays. Le charbon a été presque partout remplacé par le gaz naturel venu de Barcelone par gazoduc, par le fioul et par l'essence que fournissent les raffineries de Puertollano et du littoral.
Fonctions administratives
La ville est restée jusqu'en 1948 un petit municipio de 68,4 km2, partagé en 10 districts, eux-mêmes subdivisés en quartiers (barrios). Au cours de la période 1948-1954, avec 13 communes en plus, le municipio de Madrid couvre 607 km2. En 1971, un nouveau découpage interne divise la ville en 18 districts, parmi lesquels 7 constituent le noyau intérieur (núcleo interior) et 11 l'anneau extérieur (anillo exterior). Le développement de l'agglomération a rendu nécessaire la création, en 1963, d'une aire métropolitaine, laquelle intéresse, en plus de la capitale, 22 communes (municipios ), qui forment la couronne métropolitaine de Madrid et s'étendent sur un millier de kilomètres carrés. En plus de l'aire métropolitaine de la capitale, elle comprend des villes-satellites, telle Alcalá de Henares, et des villages encore agricoles.
La division de l'Espagne en régions autonomes, prévue par la Constitution de 1978, a abouti en 1983 à la création de la Communauté autonome de Madrid (Comunidad autónoma de Madrid), qui correspond aux limites de l'ancienne province et couvre 8 028 km2. Elle exerce ses pouvoirs par l'intermédiaire de ses institutions d'autogouvernement: l'Assemblée de Madrid, élue pour quatre ans, le Conseil de gouvernement et le président de la communauté. Le Conseil de gouvernement dirige la politique et l'administration.
Madrid, capitale politique de l'Espagne, est le siège du gouvernement central et la résidence du roi Juan Carlos. La ville regroupe le Parlement, les ministères, les ambassades, les consulats et l'administration régionale.
Histoire de Madrid
Madrid est mentionnée pour la première fois en 931: Magerit ou Madjrit est alors une forteresse arabe au pied de laquelle s'est développée une bourgade entourée de remparts. La ville est reconquise en 1083 par les Castillans, qui construisent au XIIe siècle puis au XIVe siècle de nouvelles murailles. Aux XVe et XVIe siècles, les rois de Castille y séjournent de plus en plus souvent. En 1329, les premières Cortes se tiennent à Madrid. Charles Quint fait transformer l'alcazar en résidence royale. En 1561, Philippe II décide de transférer à Madrid l'administration du royaume. La présence de la cour a pour conséquence une rapide croissance démographique de la ville: la population passe de 20 000 habitants vers 1550 à 70 000 en 1620. Philippe IV fait construire une nouvelle enceinte en 1625, qui ne sera terminée qu'en 1635.
Pendant deux siècles, la superficie de Madrid demeure identique, alors que la population continue de croître: 173 000 h. à la fin du XVIIIe siècle; 300 000 h. au milieu du XIXe siècle. La capitale connaît alors de grandes transformations: des boulevards remplacent l'enceinte du XVIIe siècle, de nouveaux quartiers (ensanches) sont créés, tandis que des faubourgs populaires se développent le long des grands axes routiers. La ville compte 529 000 h. en 1900 et le double en 1935. Au cours de la guerre civile (1936-1939), Madrid demeure la capitale de la république jusqu'au 28 mars 1939, date de la victoire générale du franquisme. À partir de 1950, l'afflux massif de provinciaux entraîne une augmentation de la population, estimée à 2 millions d'habitants en 1960. Capitale d'un pays en plein essor, Madrid gagne 1 million d'habitants dans les années 1960.
Publié par capitales-monde à 07:51:34 dans Capitales du Monde | Commentaires (0) | Permaliens
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