Le monde a sa médaille d'or:
C'est la lune, la lune qui repose
Dans le plus somptueux décor;
C'est la lune qui brille au dehors.
Sur le coussin bleu de la nuit,
Le plus grand de tous les lapidaires,
Le maître en diamanterie
A posé les étoiles jolies.
O lune, pièce d'or,
Toi qui es mon amie,
Laisse-moi dire encor
Que ta triste effigie
Est à l'image de la vie:
Tu ne pouvais mieux figurer notre sort.
Le monde a sa médaille d'or:
C'est la lune, la lune qui repose
Dans le plus somptueux décor;
C'est la lune qui brille au dehors.
NOTA BENE: cliquer sur CD
Publié par dupilet à 09:10:11 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
On est bien dans un lit, dit le convalescent:
On peut rêver à Syracuse,
A Venise, à Mont-de-Marsan,
Aux paysages du Vaucluse.
On peut penser à une Rose
- Une Rose à l'r majuscule -,
A une Rose portant rose
- Portant rose à l'r minuscule -.
Non, la vie n'est pas si méchante,
Et l'on peut bénir à deux mains
Le Ciel d'avoir encor des lendemains
Qui chantent
Publié par dupilet à 15:40:18 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Le vent du Nord emporte tout sur son passage:
Des feuilles fanées,
Une cheminée,
Les tuiles d'un toit.
Le vent du Nord emporte même, dans sa rage,
Quelques chapeaux par-ci par-là.
Je me demande quelquefois s'il fait justice
Auprès des vaniteux, auprès des fats,
Et j'imagine que, dans l'oreille, il leur glisse:
" Chapeau bas, messieurs, chapeau bas!"
Le vent du Nord n'aurait-il pas d'autres pratiques?
Un assassin,
Le front serein,
- Peut-être toi? -
Recevrait sur la tête une maîtresse brique,
Et le vent dirait: "souviens-toi"
Mais ma fenêtre s'ouvre dans un fracas terrible.
Qu'y a-t-il? je ne comprends pas...
Le vent du Nord est reparti; tout est tranquille.
Tout, mais pas moi,
Pas moi.
*
- Celle-là, je la prends, me dit Patachou.
Ce n'est pas mon genre, mais je la prends.
Vous ne l'avez montrée à personne?
- C'est à dire...
- Alors, je ne la prends pas
- Mais...
- Non: je ne la prends pas.
Et je suis reparti, la guitare basse.
Publié par dupilet à 11:16:57 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Dans le jardin d'mon père,y'avait une fourmi
Qui allait, solitaire, en maudissant la vie.
Dans le jardin d'mon père, arrive un canari
Qui, sans plus de manière,avale la fourmi.
Mais un chat de gouttière, à ce moment bondit
Afin de satisfaire un solide appétit,
Et le chat de gouttière gobe le canari.
Dans le jardin d'mon père, le chat s'est endormi
Sans faire sa prière; tant pis, tant pis pour lui
Car, pendant qu'il digère, le grand loup s'en saisit.
C'est alors que mon père, revenant au logis,
Etend le loup par terre d'un seul coup de fusil.
Puis il prend son couteau,
Il met le loup sur le dos,
Il lui ouvre la bedaine,
Et il y trouve sans peine
Le chat qu'il ouvre aussitôt.
Pour trouver le p'tit oiseau.
En ouvrant le canari,
Il retrouve enfin la fourmi
Qui gentiment lui dit: "Merci."
Dans le jardin d'mon père, on entend la fourmi
Chanter d'une voix claire le bonheur d'être en vie (bis)
*
- Dès qu'il m'aperçut, Boris Vian pointa un doigt
vers moi: "La fourmi, c'est vous?"
Nous avons tout de suite sympathisé.
Publié par dupilet à 09:22:22 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Toc!
Les gouttes d'eau frappent aux carreaux,
La cuisine éclate en sanglots,
Les vitres pleurent à longues larmes.
Clac!
On est pressé: les portes claquent,
Les pieds dans les flaques font flic flac;
C'est fou, c'que la pluie a de charme.
Comme l'hirondelle
Happe un moucheron,
En passant, je hèle
Un air de chanson.
Oh oh!
Un flic siffle son concerto;
Un canari fait son cui-cui.
Qu'est-ce que c'est joli!
Les bruits de la ville,
Les bruits de chez nous,
Accourent, dociles,
A nos rendez-vous.
Leurs voix familières
Chantent dns nos coeurs
Les joies de la terre
Et le goût du bonheur.
Oh oh oh!
Un coq s'écrie: cocorico!
Un autre bégaie en écho
Coco, coco, et puis s'arrête.
Rrrrococo!
Tourterelles et tourtereaux
Roucoulent l'éternel duo
De Roméo et de Juliette.
Tout autour du monde,
Les sons et les bruits
Chantent à la ronde
L'amour et la vie.
Toc toc.
Quelqu'un a frappé à ma porte.
Je ne sais pas qui, mais qu'importe?
Pourvu qu'on toque,
Toc toc.
*
Yves Montand n'a pas pris TOC:"Je veux
pas avoir l'air d'imiter Trénet!"
Publié par dupilet à 20:22:03 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
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