Pour garnir mon bas de laine
J'ai demandé à Verlaine
De me céder quelques vers
Troussés de belle manière.
Lorsque j'ai parlé de prix,
Il a froncé les sourcils:
"Sachez, monsieur, qu'un poète
Ne vend pas ses odelettes
Comme on vend des andouillettes.
Je vois que vos vers sont de sept;
C'est bien de suivre ma recette,
Mais je l'ai dit et le répète:
Il ne sied guère que l'on mette
Trop de pieds dans la chaussette."
Publié par dupilet à 13:23:04 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Je vais de faux-pas en faux-pas.
"Faut pas, me direz-vous, faut pas!"
Non, mais je n'y peux rien:
L'erreur est tellement humaine,
Et je suis tellement humain!
Publié par dupilet à 14:41:47 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Dis-moi tu, dis-moi toi, tutoie-moi.
Ce sera plus gentil, tu verras.
Entre nous, pas de cérémonie,
Puisque tu es mon amie.
Dis-moi tu, dis-moi toi, tutoie-moi,
Et tu ne le regretteras pas.
C'est si bon de se dire tout bas:
Je t'aime.
Depuis plus de quinze ans qu'on est ensemble,
On n'a jamais quitté le septièm' ciel.
C'est l'amour fou mais, pourtant, il me semble
Que la vie pourrait être encor plus belle.
Quand j'pens' que tu n'veux toujours pas
Etre à tu et à toi
Avec moi,
Je me dis tout bas:
Peut-être un jour viendra...
Dis-moi tu, dis-moi toi, tutoie-moi.
Ce sera plus gentil, tu verras.
Entre nous, plus de cérémonies,
Puisque tu es mon amie.
Dis-moi tu, dis-moi toi, tutoie-moi
Et tu ne le regretteras pas.
C'est si bon de se dire tout bas:
Je t'aime.
Toi qui m'as tout donné,
Même tes nouveaux-nés,
Veux-tu que je me tue
Pour un tout petit tu?
Dis-moi tu,
Dis-moi toi...
Dis-moi tu,
Tutoie-moi.
Publié par dupilet à 10:44:43 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Tordre son cou à la grandiloquence
Est un acte de bienfaisance
Mais préférer l'impair au pair,
Voilà qui n'est pas exemplaire.
La musicalité,
Une affaire de pieds?
Oui?
Bon.
Publié par dupilet à 09:29:47 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Le ciel se couvre: un gros nuage
Joufflu,pansu,
Bossu, fessu,
Malmené par les vents d'orage,
Ballote son eau dans les nues.
Vienne à crever,auront la vie,
Les graines sèches du mois d'août.
Vienne à crever, perdront la vie,
Les lapins tapis dans leur trou.
Il a crevé, le gros nuage.
A grand fracas,
La foudre abat
Le grand chêne du paysage
Qui, vers le ciel, tendait les bras.
Il a crevé, le gros nuge,
Et dans son trou noyé de pluie,
Petit lapin, qu'était si sage,
Las! petit lapin a péri.
Il a crevé, le gros nuage
Joufflu,pansu,
Bossu,fessu.
Malmené par les vents d'orage,
Le gros nuage a disparu.
Le ciel est beau comme une image,
Et dans la prairie reverdie,
Tous les lapins du voisinage
Viendront manger l'herbe fleurie
En tenant les propos d'usage
Sur le beau temps et sur la pluie.
Publié par dupilet à 09:33:04 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
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