A chacun son boulot.
Moi, j'suis dans un bureau
Tout'la s'maine
C'est pas très rigolo
D'remplir des bordereaux
Par douzaines.
Dans un' gar' de Paris,
Moi, j'm'occup' des colis,
Des bagages
Des heureux qui s'en vont
Pour Cannes ou pour Menton
En voyage.
De huit à douz',
De quatorze à dix-huit,
Le temps ne passe pas assez vite
Et l'malheur, c'est que, même à la maison,
Je pense toujours à ma prison.
Il m'arrive pourtant
D'avoir un peu d'bon temps:
Je m'promène.
J'enfourche mon vélo
Et je vais jusqu'au zoo
De Vincennes.
Là j'vois des ouistitis,
Des zèbres, des grizzlis
Qui s'démènent
Dans un vrai paradis,
Et je m'dis; y'en a qui
Ont d'la veine.
.
Publié par dupilet à 10:39:40 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (5) | Permaliens
J'errais dans la nuit des temps
En quête d'une autre âme en peine,
Et ma quête demeurait vaine.
Le cauchemar dura longtemps.
Quand je revins à la réalité,
Je compris toute l'absurdité
De ce rêve désagréable
Et tout à fait invraisemblable
Fût-elle en peine, il n'est pas d'âme,
Il n'est pas d'âme sans autre âme.
Ne le croyez-vous pas, Madame?
Publié par dupilet à 14:02:13 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (1) | Permaliens
Pour qu'on garde de lui un souvenir constant,
Pour qu'on parle de lui jusqu'à la fin des temps,
Un certain Ephésien a brûlé l'édifice
Erigé en l'honneur de l'idole Artémis.
Il s'était dit: "Qu'importe qu'on me tue
Pourvu que je me perpétue."
La fin justifie les moyens.
Et quelques syllabes, ce n'est pas rien.
Publié par dupilet à 11:24:58 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Deux escargots
voyageaient de conserve
La corne hau-
te et haut le coeur
En gastéro-
podes que rien n'énerve
suivis de près par un tracteur
Coquille au dos
sur un vieux pont de brique
La corne hau-
te et haut le col
De leur pataud
pas colimaçonnique
ils s'engagèrent ventre au sol
Le tracteur au
derrière ils arrivèrent
La corne hau-
te et haut le pied
Enfin de l'au-
tre côté d'la rivière
quand le vieux pont s'est écroulé
Nos chemineaux
se dirent sans un geste
La corne hau-
te et haut le coeur
Foi d'escargot
on n's'rait pas aussi prestes
p't'êt' ben qu'on s'rait dans le malheur
On s'rait dans l'eau comm' le tracteur
Publié par dupilet à 14:17:16 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
(version définitive)
Nul doute que, bientôt, on ira sur la lune
Comme on va aujourd'hui à Rome, à Pampelune
Ou au diable Vauvert.
On y rencontrera peut-être un petit homme vert
Bien calé au creux d'un cratère,
Un petit homme vert
Ecrivant à sa mère:
"On n'est pas mal, ici, mais j'aime mieux la terre."
Publié par dupilet à 14:26:42 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
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