Le vieux Priam avait autant d'enfants
que de poils à sa barbe.
Shakespeare
(Troïlus et Cressida)
Il était un sultan
Qui était tout content
De dire à son vizir:
"Moi, j'aime les enfants:
J'en ferais par plaisir."
Le sultan parlait au conditionnel
Mais il officiait à l'indicatif,
Et comme il était opérationnel,
Le vizir jugea qu'il était impératif
De construire le gigantesque orphelinat
Qui fait l'honneur du sultanat.
Publié par dupilet à 10:29:10 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Gréco chantait "Je suis comme je suis".
Elle semblait trouver que c'était bien ainsi.
Certes, on est comme on est,
Mais quand on a un nez
En forme de patate,
Il est normal d'aller en toute hâte
Chez le chirurgien le plus proche
En espérant être moins moche.
Publié par dupilet à 09:06:38 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Dans le bus qui roulait pour son enterrement,
Il pensait confortablement:
"Il y a des cahots, et je ne les sens pas.
Je me fous de la clim: je n'ai ni chaud, ni froid.
La foudre, les éclairs, le tonnerre et le vent,
Tout ça, tout ça, tout ça, c'est bon pour les vivants!"
Publié par dupilet à 13:02:30 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
La semaine
Qui s'amène
Avec ses joies et ses peines
M'apportera-t-elle enfin l'amour?
Le bel amour, le fol amour.
J'ai beau faire
Des prières
A tous les saints de la terre,
Saint-Amand, et mêm' Saint-Valentin
Se soucient peu de mon destin.
Je m'demande
Si l'offrande
De mes cierges en suif
N'a pas un effet
Dissuasif.
Dieu le Père,
Je l'espère,
Montrera son savoir-faire
En me procurant au plus pressé
Une âme soeur dans un corset.
Publié par dupilet à 14:30:47 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Un ancien comédien du Théâtre Français
Avait une servante qui le nourrissait
De façon approximative.
Accommoder un plat d'endives
Avec de l'eau d'Javel
Plutôt qu'avec de l'huil' d'olive
Pouvait présenter un danger mortel
Mais notre homme était de nature
A juguler des cyanures:
Après queiques jours d'hôpital,
Il revint au foyer natal.
Il était sauf, mais non plus sain.
Sur l'ordre impératif de tous ses médecins,
Il lui fallut se contenter
D'un régime exclusivement lacté:
Du lait, encor du lait,
Toujours du lait.
Alors, il prit à son service
Une plantureuse nourrice
Qu'il téta régulièrement
Jusquà devenir son amant.
L'affaire serait ordinaire
Si Jean* n'était devenu père
D'un beau petit garçon qui tétait sa maman
Cependant que lui, symétriquement,
Tétait avec ravissement.
Que Raphaël n'était-il là
Pour nous croquer ce tableau-là!
*Le Jean Trancen de Fernand Raynaud? Peut-être...
Publié par dupilet à 10:15:43 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
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