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Sais-tu ce qu'est un sidérophile ? C'est quelqu'un qui collectionne les fers à repasser; et un placomusophile ? C'est un collectionneur de plaques de muselets de champagne.
Un dernier ? Un tyrosémiophile, c'est un collectionneur d'étiquettes de fromages.
Moi, en ce qui me concerne, je suis un valsolixophile. Je suis sûr que ça t'épate. Tu me voyais plutôt collectionner les figurines de chats, de chouettes...Et bien non. Je suis un valsolixophile.
Ce que je collectionne ? Bin...Des valseuses de matadors ! Des roustons si tu préfères. Des burnes de tueurs.
Je les place dans un bocal, avec du formol, et tout est rangé sur une étagère, dans le garage.
Car, de toi à moi, c'est quand même bien dégueulasse et exposer la collec' dans le salon, faut oser.
Hier, j'ai reçu en colissimo les deux claouis de Luis Miguel Casares. T'en vois un sur la photo. Deux testicules en même temps, c'est rare, très rare.
Quand j'ai appris que ce guignol s'était fait déburner sévère vendredi 18 septembre dans l'arène de Los Molinos (Madrid), j'ai aussitôt réservé le lot.
Un coup de corne profond de 10 cm dans les couilles, c'est signe que l'affaire est juteuse (sans jeux de mots, c'est pas mon genre).
De toute façon, quand je sais que Luis Miguel Casares va toréer, je suis attentif : ce type est une machine à prendre des gnons. C'est un véritable aimant à coups de corne.
Publié par TAOMUGAIA à 09:27:17 dans Traditions connes et cruelles | Commentaires (0) | Permaliens

"Tout au début de la Genèse, il est écrit que Dieu a crée l'homme pour qu'il règne sur les oiseaux, les poissons et le bétail. Bien entendu, la Genèse a été composée par un homme et pas par un cheval. Il n'est pas du tout certain que Dieu est vraiment voulu que l'homme règne sur les autres créatures. Il est plus probable que l'homme a inventé Dieu pour sanctifier le pouvoir qu'il a usurpé sur la vache et le cheval.
Oui, le droit de tuer un cerf ou une vache, c'est la seule chose sur laquelle l'humanité toute entière soit unanimement d'accord, même pendant les guerres les plus sanglantes.
Ce droit nous semble aller de soi parce que c'est nous qui nous trouvons au sommet de la hiérarchie. Mais il suffirait qu'un tiers s'immisce dans le jeu, par exemple un visiteur venu d'une autre planète dont le dieu aurait dit : "Tu règnerais sur les créatures de toutes les autres étoiles" et toute l'évidence de la Genèse serait aussitôt remise en question. L'homme attelé à un charroi par un Martien, éventuellement grillé à la broche par un habitant de la Voie lactée, se rappellera peut-être alors la côtelette de veau, qu'il avait coutume de découper sur son assiette et présentera (trop tard) ses excuses à la vache.
Tereza s'avance avec son troupeau de génisses, elle les pousse devant elle, il y en a toujours une qu'il faut gronder parce que les jeunes vaches sont de bonne humeur et s'écartent du chemin pour courir dans les champs.
Karénine (un chien) l'accompagne. Voilà deux ans qu'il la suit jour après jour au pâturage. D'habitude, çà l'amuse beaucoup de se montrer sévère avec les génisses, de leur aboyer après et de les injurier (son Dieu l'a chargé de règner sur les vaches et il en est fier).
Mais aujourd'hui, il marche avec beaucoup de mal et sautille sur trois pattes; sur la quatrième, il a une plaie qui saigne. Toute les deux minutes, Tereza se penche pour lui caresser le dos. Quinze jours après l'opération, il est évident que le cancer n'est pas enrayé et Karénine ira de mal en pis.
En chemin, ils rencontrent une voisine qui se rend à l'étable, chaussée de bottes en caoutchouc. La voisine s'arrête : "qu'est ce qu'il a, votre chien ? On dirait qu'il boîte !" Tereza répond : "il a un cancer. Il est condamné", et elle sent sa gorge se serrer et elle a du mal à parler. La voisine aperçoit les larmes de Tereza et se met presque en colère : "Bon Dieu, vous n'allez tout de même pas pleurer pour un chien !" Elle n'a pas dit çà méchamment, elle est brave, c'est plutôt pour consoler Tereza.
Tereza le sait, elle habite le village depuis assez longtemps pour comprendre que si les paysans aimaient leurs lapins comme elle aime Karénine, ils ne pourraient en tuer aucun et ne tarderaient pas à creuver de faim parmi leurs animaux. Pourtant la remarque de la voisine lui paraît hostile. "Je sais", répond-elle sans protester, mais elle s'empresse de se détourner et poursuit son chemin. Elle se sent seule avec son amour pour son chien. Elle songe avec un sourir mélancolique qu'elle doit le cacher plus jalousement que s'il fallait dissimuler une infidélité. L'amour qu'on porte à un chien scandalise. Si la voisine apprenait qu'elle trompait Tomas, elle lui taperait gaiement dans le dos d'un air complice !
[...] Tereza caresse la tête de Karénine qui repose paisiblement sur ses genoux. Elle se tient à peu près ce raisonnement : il n'y a aucun mérite à bien se conduire avec ses semblables. Tereza est forcée d'être correcte avec les autres habitants du village, sinon elle ne pourrait pas y vivre, et même avec Tomas, elle est obligée de se conduire en femme aimante car elle a besoin de Tomas. On ne pourra jamais déterminer avec certitude dans quelle mesure nos relation avec autrui sont le résultat de nos sentiments, de notre amour, de notre non-amour, de notre bienveillance ou de notre haine, et dans quelle mesure elles sont d'avance conditionnées par les rapports de force entre individus.
La vraie bonté de l'homme ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l'humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu'il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. Et c'est ici que s'est produite la plus grande faillite de l'homme, débâcle fondamentale dont toutes les autres découlent.
[...] J'ai toujours devant les yeux Tereza assise sur une souche, elle caresse la tête de Karénine et songe à la déroute de l'humanité. En même temps, une autre image m'apparaît : Nietzsche sort d'un hôtel de Turin. Il aperçoit devant lui un cheval et un cocher qui le frappe à coups de cravache. Nietzsche s'approche du cheval, il lui prend l'encolure entre les bras sous les yeux du cocher et il éclate en sanglots.
Ca se passait en 1889 et Nietzsche s'était déjà éloigné, lui aussi, des hommes. Autrement dit : c'est précisément à ce moment-là que s'est déclarée sa maladie mentale. Mais selon moi, c'est bien là ce qui donne à son geste sa profonde signification. Nietzsche était venu demander au cheval pardon pour Descartes. Sa folie (donc son divorce d'avec l'humanité) commence à l'instant où il pleure sur le cheval.
Et c'est ce Nietzsche-là que j'aime, de même que j'aime Tereza, qui caresse sur ces genoux la tête d'un chien mortellement malade. Je les vois tous deux côte à côte : ils s'écartent tous deux de la route où l'humanité, "maître et possesseur de la nature", poursuit sa marche en avant."
Milan Kundera-L'insoutenable légèreté de l'être
Publié par TAOMUGAIA à 08:25:06 dans Animal on est mal | Commentaires (0) | Permaliens

-Dites-moi mamie, vous voulez que je vous aide à traverser la rue et à quitter les lieux ?
-Nan !
-Mézenfin, c'est plutôt dangereux comme endroit et c'est pas une barrière métallique qui va vous protéger...feriez mieux de passer de l'autre côté
-M'en fiche, je veux rester, je ne veux pas louper le spectacle, c'est trop chouette...J'aime ces traditions authentiques, c'est ça le sud voyez-vous mon bon monsieur !
Une abrivado (du mot abriva, accélérer) est en bon français courant une tradition conne et cruelle.
C'est en quelque sorte un lâcher de taureaux, un encierro local, avec des guardians sapés comme des cow-boys qui conduisent les victimes vers l'arène en passant par les rues de la ville. Les spectateurs tentent, à leur passage, de rompre l'harmonie de ce défilé morbide.
Le Grau-du-Roi (Gard) aime ce genre de manifestation.
Pour faire plaisir à des gens comme cette femme de 83 ans qui assistait donc à une course de taureaux le vendredi 11 septembre.
Les bestioles, indociles, énervées, ont rebrousé chemin sur l'avenue de Camargue et ont foutu la zone. L'une d'entre elles a déblayé aisément les obstacles qui se présentaient, barrières comme vieille femme.
A cet âge, prendre un taureau dans la poire, c'est pas gagné.
Elle a été grièvement blessée.
Publié par TAOMUGAIA à 08:08:23 dans Traditions connes et cruelles | Commentaires (0) | Permaliens

Ce splendide texte de l'ami Henri Tachan est dédié au tueur Miguel Tendero qui a été préparé pour le bac à compost le 14 septembre dans l'arène d'Albacete.
Le 6ème toro de l'après-midi lui a labouré vessie, scrotum et adducteurs et encore plein d'autres choses pas ragoûtantes.
Avec deux coups de corne faisant du 20 et 30 cm. On se demande comment ce pervers déguisé est encore en vie.
Est-on certain que ces matadors soient vraiment vivants au fait ?
MANOLETE
Je suis taureau de combat
Comme grand-père et comme papa
Qui sont tombés dans l'arène :
ça excite les sirènes
Les sirènes du premier rang
Qui mouillent leur p'tit slip tout blanc
Qui font une drôle de bobine
Devant notre hémoglobine...
Manolete, Manolete, grand héros
On t'f'ra la fête, t'f'ra la peau,
Un de ces jours, ah! prends garde
Un matador, ça s'lézarde
Parfois plus vite qu'un taureau !
On est taureaux de combat
Mais des combats y en a pas;
il n'y a qu'un génocide:
pour nous, Dachau c'est Madrid
Notre signe, c'est pas l'étoile
Mais tous les sanglants pétales
Que nous plantent dans le corps
Les lances des picadors...
Manolete, Manolete, grand héros
On t'f'ra la fête, t'f'ra la peau
Un de ces jours, ah! prends garde
Un matador, ça s'lézarde
Parfois plus vite qu'un taureau !
On est taureaux de combat
J'avais un oncle à Huesca:
il avait les cornes aux cieux
Paraît qu'il était "vicieux"
J'avais un cousin lointain
Il est mort dans le crottin:
des chevaux apprivoisés
Des collabos équidés...
Manolete, Manolete, grand héros
On t'f'ra la fête, t'f'ra la peau
Un de ces jours, ah! prends garde
Un matador, ça s'lézarde
Parfois plus vite qu'un taureau !
Je suis taureau de combat
J'observe et ne bouge pas
Et la chaleur est épaisse
Ce dimanche à Linarès
Il avance, il tend la cape
Je dérobe... et puis j'attaque !
Sens-tu ma corne qui fouaille
Bien profond dans ta tripaille ?
Manolete, Manolete sur le dos:
les sirènes crachent sur ta peau
L'Espagne debout me regarde
Un pays ça se lézarde
Toujours plus vite qu'un taureau !
Publié par TAOMUGAIA à 07:49:03 dans Traditions connes et cruelles | Commentaires (1) | Permaliens

(Photo C.Duprat)
"Moi je veux mourir sur scène devant les sangliers
Oui je veux mourir sur scène,
Le cœur ouvert tout en méchanceté
Mourir sans la moindre peine
Au dernier rendez-vous
Moi je veux mourir sur scène
En tuant jusqu'au bout"
D'après (mais alors de très loin, avec des jumelles) la célèbre chanson de Dalida.
Il ne venait pas d'avoir 18 ans et il n'était pas beau comme un enfant (t'as vu la classe, ces transitions tirées au cordeau que je fais ?) mais il tapait dans les 83 balais.
Il tenait à tirer un coup. Le dernier...Pour la route...
Il en a tiré deux.
Il a calanché ensuite. Mort de chez mort. Le palpitant qu'a fait une sortie de route.
Il ne voulait surtout pas louper l'ouverture de la chasse, ce dimanche 13 septembre, du côté de Valencin (Isère).
On a trouvé une perdrix morte dans sa besace.
Publié par TAOMUGAIA à 07:31:39 dans Traditions connes et cruelles | Commentaires (0) | Permaliens
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