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"L'humanité s'installe dans la monoculture; elle s'apprête à produire la civilisation en masse comme la betterave". Tristes tropiques-1955
Claude Lévy-Strauss a eu 100 ans le vendredi 28 novembre.
Cet homme, personnalité complexe, est le plus grand ethnologue et anthropologue du monde, un savant parfait, disent certains.Un géant de la pensée, un homme bon, un écologiste avant l'heure.
Il représente un courant majeur dans l'anthropologie, l'anthropologie structurale, qui s'est trouvé par ailleurs confronté à une conception empiriste, sociale, de l'anthropologie anglo-saxonne, britannique particulièrement.
Claude Lévy-Strauss a jeté des ponts entre la philosophie et les sciences de l'homme. Il s'est attaché à montrer ce qu'il en coûtait à l'homme de s'écarter de sa nature.
En d'autres termes, le droit exhorbitant qu'il s'est attribué de disposer, à sa guise, du vivant, de la planète, de l'animal, aura un prix : il sera la dernière victime.
Pour Claude Lévy-Strauss, le respect de l'homme envers ses pareils n'est qu'un aspect particulier du respect à l'égard de toutes les formes de vie.
Je te livre un extrait d'un article publié en 2001 qui s'intitule "La leçon de sagesse des vaches folles".
Interpellé par cette monstruosité que fut l'alimentation du bétail en farine animale (nous avons transformé alors les bovins en cannibales), il écrivait ceci :
"Le lien entre l'alimentation carnée et un cannibalisme élargi jusqu'à lui donner une connotation universelle a donc, dans la pensée, des racines très profondes.
Il ressort au premier plan avec l'épidémie des vaches folles puisque à la crainte de contracter une maladie mortelle s'ajoute l'horreur que nous inspire traditionnellement le cannibalisme étendu maintenant aux bovins.
Conditionnés dès la petite enfance, nous restons certes des carnivores et nous nous rabattons sur des viandes de substitution. Il n'en reste pas moins que la consommation de viande a baissé de façon spectaculaire.
Mais combien sommes-nous, bien avant ces événements, qui ne pouvions passer devant l'étal d'un boucher sans éprouver du malaise, le voyant par anticipation dans l'optique de futurs siècles?
Car un jour viendra où l'idée que, pour se nourrir, les hommes du passé élevaient et massacraient des êtres vivants et exposaient complaisamment leur chair en lambeaux dans des vitrines, inspirera sans doute la même répulsion qu'aux voyageurs du XVIe ou du XVIIe siècle, les repas cannibales des sauvages américains, océaniens ou africains.
La vogue croissante des mouvements de défense des animaux en témoigne : nous percevons de plus en plus distinctement la contradiction dans laquelle nos moeurs nous enferment, entre l'unité de la création telle qu'elle se manifestait encore à l'entrée de l'arche de Noé, et sa négation par le Créateur lui-même, à la sortie."
Publié par TAOMUGAIA à 10:08:42 dans Des gens bien ! | Commentaires (0) | Permaliens
Là, c'est du sérieux.
On s'attaque à la sécurité du territoire, des personnes et des biens.
J'ai l'habitude de plaisanter mais en l'espèce, fini de rigoler.
L'article que tu vas lire s'auto détruira après 33 mn de lecture. Je t'invite avec force à effacer toutes les traces de ton passage ici-même. Avale-le, trempe-le dans un bain d'acide sulfurique, fais tout ce que tu peux pour éviter d'avoir à reconnaître, plus tard, demain peut-être, sous la contrainte, que tu as lu ce propos et surtout, n'avoue jamais que tu l'as apprécié, même du bout des lèvres.
Tu es prêt(e)s ? Tu as pesé le pour et le contre ? Ok !
Nous vivons en démocratie. Une belle démocratie qui permet à un magistrat instructeur, en vertu d'une loi récente, de poursuivre et criminaliser, préventivement, un homme ou un groupe de personnes au motif qu'ils rentreraient dans le cadre, large, flou, d'une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.
Pour être tout à fait clair, un pôle de juges d'instruction spécialisés dans la lutte contre le terrorisme peut, sans être obligé de fournir la queue d'un élément à charge, sans apporter la moindre preuve d'une quelconque responsabilité dans la préparation d'un acte criminel (et encore moins dans son exécution), demander, exiger l'interpellation préventive de 'suspects', leur garde à vue et prononcer leur mise en examen, dans des conditions très éloignées du droit fondamental à la présomption d'innocence et du droit à être défendu.
Cette section spécialisée du parquet de Paris fait ce qu'elle veut en matière d'ouverture d'instruction.
Si tu es soupçonné(e) d'entreprise terroriste, que ce soit par un soutien logistique (détenir des tracts) , financier (paiement d'une cotisation par exemple), t'es très mal barré. Très. Car on entre alors dans le domaine de l'extrajudiciaire, ce monde magique où les droits de l'homme sont restreints, limités, piétinés.
Bien sûr, si tu es surveillé(e) depuis des mois, si les services de renseignement sont persuadés que tu vas poser une bombe dans une école maternelle dès que l'occasion se présentera, je pense que bon...Un petit séjour dans les locaux de la police te remettra les idées à l'endroit.
Mais, si tu milites dans une association de protection animale, que tu te tapes des dimanches matins glacés, sur les marchés, à distribuer des tracts contre la fourrure, la vivisection, la corrida, l'élevage industriel, et que tu te rends compte brutalement que tu es considéré(e) comme une pièce majeure de l'écoterrorisme en France par un juge d'instruction, tu l'as un peu saumâtre.
C'est ce qui est arrivé à 3 militants des associations Dignité animale et Le Glaive le mercredi 19 novembre.
Au petit matin, les forces de police ont conduit un ensemble de perquisitions chez plusieurs militants lyonnais dans le style film d'espionnage américain : fouille minutieuse des appartements, saisie de documents, des téléphones portables et du matériel informatique (disques durs mis sous scellés).
Et après ? Garde à vue pour tout le monde. Interrogatoire juqu'à très tard. Prévenir tes proches, appeler un avocat ? Pas la peine d'y penser...En matière de terrorisme, c'est la pratique. La durée de la garde à vue peut aller jusqu'à 4 jours (parfois 6 dans certains cas).
Ainsi, Sébastien en a eu pour 27 heures, Yohan 36 heures et Titouan, 58 heures.
Mais pourquoi les a-t-on amené de cette façon dans les locaux de la police, tu vas me demander ?
Tout simplement parce qu'ils sont soupçonnés d'être en relation avec les individus de l'ALF (Animal Liberation Front) qui ont dégradé, le 29 juin dernier, du matériel du laboratoire Charles River à Saint-Germain-sur-l'Arbresle.
Charles River laboratories, c'est un acteur important dans la recherche biomédicale et pharmaceutique. C'est une société de droit américain fondée en 1947, employant 8500 salariés et chercheurs.
Elle peut être vue comme le principal fournisseur, à l'échelle mondiale, de prestations et de matériel vivant à des fins expérimentales.
Quand je parle de matériel vivant, il faut lire animaux de laboratoire. Car chez Charles River, ça découpe, ça torture, ça mutile, ça fait souffrir des quantités astronomiques de rats, de souris, de lapins...
Le site lyonnais de ce groupe emploie 325 personnes.
Les perquisitions et les gardes à vue n'ont apporté aucun élément précis, aucune preuve matérielle tendant à prouver la complicité de ces 3 camarades avec ceux qui ont détruit les biens de cette entreprise.
Evidemment.
L'intérêt caché d'une telle répression, c'est que la cible est bien plus large que le groupe modeste visé.
Cette démonstration de force policière, cette gesticulation sécuritaire n'a d'autre objectif que d'effrayer tous ceux, toutes celles, qui ont décidé de militer avec persévérance, avec efficacité, pour la cause animale et pour faire entendre la voix des sans-voix.
Publié par TAOMUGAIA à 09:36:13 dans Protection et libération animale | Commentaires (0) | Permaliens
"On ne se penche point vers un caniche ou un matou sans qu'une sourde angoisse ne vous feutre le coeur.
On ressent, à se comparer à eux, tout ce qui vous en sépare et tout ce qui vous en approche.
Dans l'oeil du chien règne la tristesse d'avoir, dès les premiers jours de la Création, léché en vain le fouet de son irréductible bourreau.
Car rien n'a attendri l'homme, ni la proie que lui rapporte un épagneul affamé ni l'humble innocence dont un labri veille sous les étoiles l'obscure douceur des troupeaux.
Dans le regard du chat luit un tragique effroi.
"Que vas-tu me faire encore ?" semble-t-il demander, couché sur le fumier où le ronge la gale et le creuse le besoin de manger.
Et, fiévreux, il attend qu'un nouveau supplice ébranle son système nerveux."
Francis Jammes. Préface à Dialogues de bêtes, de Colette (1873-1954).
Publié par TAOMUGAIA à 07:31:33 dans Animal on est mal | Commentaires (0) | Permaliens

Publié par TAOMUGAIA à 07:34:37 dans Nature et vivant | Commentaires (0) | Permaliens
Tu vois, tel que je suis là, j'ai le caberlot grevé de lourdes pensées.
Je te reparlerai, demain ou après-demain, de ce qui est arrivé à des copains de Lyon, qu'ils soient militants de l'association Dignité Animale ou du groupe Le Glaive.
Ces gentils camarades ont été interpellés, perquisitionnés, gardés à vue, au mépris des droits élémentaires du citoyen (recours à un avocat par exemple) au motif que la section antiterroriste du parquet de Paris, par le biais d'une juge d'instruction, a décidé qu'ils avaient un rapport avec un fait divers du mois de juin 2008 et qu'ils constituaient un groupe clandestin poursuivant des activités criminelles.
Suis-je bête ! J'ai oublié de te préciser que ces 3 personnes sont des militants de la cause animale.
On reviendra dessus. Promis. Avec les mots qu'il faut. Les magistrats spécialisés sont parfois susceptibles.
Je vais donc te parler de trucs plus légers.
Sais-tu comment on appelle les habitants de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) ? Les Parodiens !
Sais-tu comment on appelle un Parodien âgé de 60 ans, fusil à l'épaule, enjambant une haie puis une clôture électrique, du côté de la commune de Volesvres ? Un macchabée !
Trois viandards erraient gaiement au lieu-dit le Seuil lundi 24 novembre, quand, sur les coups de 09h30, ces fols en kaki s'avisèrent de pénétrer dans un champ.
Ils ont fait ça à la file indienne...Tu passes le premier...Tu m'aides, tu saisis mon flingue pour me faciliter la tâche...Ouille ça pique, font chier ces ronces... C'est vachement touffu ...
L'un des fusils a fait Pan !
Vito B. a dégusté la semoule de métal dans l'épaule. Les pompiers arrivés sur place n'ont rien pu faire. Il est devenu raide mort. Malgré lui.
Vito B. laissera, d'après ses amis de la société de chasse Parodienne, le souvenir d'un homme amoureux de la nature.
Elle est ingrate parfois la nature, hein ?
Publié par TAOMUGAIA à 07:40:52 dans Traditions connes et cruelles | Commentaires (0) | Permaliens
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