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Le Moyen Atlas | 19 avril 2008

                                                                                

                                                                                    Le Moyen Atlas
                                                     الأطلس المتوسط                                 
  

Le Moyen Atlas (الأطلس المتوسط) est un massif montagneux allongé sur quelques 350 km, du sud-ouest au nord-est du Maroc, situé entre le Rif et le Haut Atlas, et couvrant une superficie totale de 2,3 millions d'hectares, soit 18 % du domaine altimontain de ce pays.

Il intéresse principalement les provinces de Khénifra, Ifrane, Boulmane, Sefrou, El Hajeb, ainsi qu'une partie des provinces de Taza et de Beni Mellal — que l'on désigne sous le nom de « porte du Moyen Atlas ». 

Cette chaîne appartient au massif de l'Atlas, et plus précisément, à l'un des trois éléments de l'Atlas marocain — les deux autres étant le Haut Atlas et l'Anti-Atlas.

Le Moyen Atlas constitue un territoire au charme insolite, sa richesse en biodiversité faunique et floristique en faisant une zone à vocation touristique. 

Le pastoralisme reste cependant la première ressource économique.

  1 Relief  
  La structure géo-morphologique du Moyen Atlas est composée essentiellement :

de roches calcaires :

roches tabulaires à l'ouest, d'une altitude de 1 000 à 1 500 mètres ;

roches plissées au nord-est, d'une altitude plus élevée dépassant souvent 3 000 mètres (point culminant : jbel Bou Naceur, 3 356 mètres) ;

de plateaux volcaniques.

Sur ses pentes, s'étalent à perte de vue d'immenses forêts de cèdres, entrecoupées de vallées profondes. Bordées par la riche plaine du Saïs et les cités de Fès, Meknès et Beni Mellal, les massifs montagneux du Moyen Atlas sont le fief de tribus berbères à la population très clairsemée, parlant le tamazight.

Le massif du Moyen Atlas est traversé par une des principales routes d'accès au sud Marocain, de Fès au Tafilalet. Située au nord-est de l'Atlas. Le Moyen Atlas est fermé à l'est par le Parc national de Tazekka, aux paysages creusés de gorges et de grottes. Au sud de Sefrou, les forêts de cèdres, de chênes verts et de chênes-lièges alternent avec des plateaux volcaniques dénudés et de petits lacs poissonneux aux eaux turquoises. 

Le joyau du Moyen Atlas est le Parc national d'Ifrane, situé dans le causse atlasique entre Khénifra et Ifrane et le parc de Tazekka, classés Ramsa selon la convention avec le Maroc.

  

.1 Points culminants 

Son point culminant est le jbel Bou Naceur (3 356 mètres), puis le jbel Mouâsker (3 277 mètres), au nord par le causse du Moyen Atlas, enfin le jbel Bou Iblane (3 192 mètres) près d'Immouzer Marmoucha.

2 Climat 

La façade ouest, de Taza à Azrou, en situation de première ascendance pour les perturbations venant de l'océan, est bien arrosée (environ 100 cm annuels), favorisant pâturages relativement verdoyants et forêts luxuriantes. Les vallées orientales sont beaucoup plus sèches et voient progresser le désert (forêt morte du Jbel Bou Naceur). Plus continental que le Rif, et globalement plus humide que le Haut Atlas, le Moyen Atlas connaît des hivers rigoureux, avec un enneigement tenace au-dessus de 2000 à 2500 mètres (décembre / mars).

La combinaison de la température et de la pluviométrie est de nature à créer des conditions favorables à des ceintures de végétation : ainsi, on verra se succéder en fonction de l'altitude et des expositions, des forêts de caroubier ou kharroubier, chênes verts, et cèdres (cedrus atlantica), genévriers, tetraclinis-articulata ou Thuya (Elaaraar), des conifères et des arbres endémiques.  3 Hydrologie

Sa situation au cœur du Maroc, dans une zone de pluviométrie très élevée, confère au Moyen Atlas le caractère de « château d'eau », tant du point de vue hydrogéologique qu'au point de vue hydrographique.

  3.1 Bassins hydrauliques 

Le Moyen Atlas appartient à quatre grands bassins hydrographiques :

Le bassin de Sebou : d'une superficie d'environ 40 000 km2.

Le bassin de l'Oum Errabiaa : s'étend sur une superficie de 35 000 km².

Le bassin de Bouregreg : couvre une superficie de l'ordre de 10 000 km².

Ces trois rivières prennent naissance dans le Moyen Atlas et se jettent dans l'océan l'Atlantique.

Le bassin de la Moulouya : prend ses source à Almssid à la jonction du Moyen et le Haut Atlas s'étend sur 74 000 km² et se jette dans la Méditerranée.

Les apports sont donc assez abondants et les débits relativement réguliers. L'équipement en barrages collinaires en cascade de cette région a pour but de protéger l'aval, d'améliorer les attraits touristiques de la région et de créer des réserves d'eau favorisant le développement de l'arboriculture qui ne cesse de se développer grâce à divers programmes internationaux comme celui du Oued Serou.

  

3.2 Barrages 

Barrages du bassin de l'Oum Errabiaa

Barrages du bassin de Sebou

Barrages du bassin de Bouregreg

Barrages du bassin de Moulouya : haute et basse Moulouya

4 Atouts touristiques 

Oum Errabiaa à KhénifraAu cœur des ces montagnes, le plus long fleuve du Maroc, l'Oum er-Rbia ou Oum Errabiaa, prend sa source à 40 km de Khénifra, pour se jeter 600 km plus loin dans l'Atlantique à Azemmour (Doukkala). À l'ouest, le Moyen Atlas rejoint les premiers contreforts du Haut Atlas. Surnommé la « Suisse du Maroc », le Moyen Atlas abrite aussi quelques petites villes de moyenne altitude, au cachet typiquement berbère. Ainsi Ifrane, avec son style urbanistique à l'européenne (chalets en pierre et toits de tuiles rouges) et son parc national d'Ifrane (riche par ses Zygènes uniques), Azrou, ancienne station de repos bâtie sur les pentes d'une cédraie, et Imouzzer du Kandar, Ifrane, Azrou, Zaouia d'Ifrane : (village à 15 km d'Azrou), El Hajeb, Elksiba, Beni Mellal avec son célèbre lac de Bin El ouidane formé par Oum Errabiaa et son affluent Oued El Abid. 

Ces villes et leurs régions offrent de magnifiques paysages fort appréciés par les randonneurs amoureux de la montagne et de magnifiques lacs, répartis entre la province d'Ifrane et de Khénifra, logés dans la causse de formation karstiques : tels Aguelmame Aziza, Aguelmame Sidi Ali, Tiglmamine, Daït Aoua, Afennourir, Daït Afourgah, Dait Iffer, Aguelmame Ouiouane à proximité des sources d'Oum Errabiaa, Aguelmame Tifounassine situé à 40 km d'Azrou sur la route de Midelt, Aguelmame Abakhane situé sur la route N° 33 entre Khénifra et Midelt par le village Tighassaline.

La liste de ses lacs et leurs caractéristique est bien élucidée dans ce document établi par les professeurs L. Chilasse, Dakki, Abbassi dans le cadre d'une recherche sur les valeurs et fonctions écologiques des Zones humide du Moyen Atlas ; la plus plupart de ces sites sont classés SIBE(Sites d'Intérêt Biologique et Ecologique ) de priorité 1, 2 et 3. 

4.1 Lacs du moyen Atlas 

4.2 Loisirs de la pêche continentale 

La richesse des lacs en poissons permet la création d'amodiations de droit de pêche régies par des arrêtés ministériels où les pêcheurs peuvent pratiquer différentes pêches à savoir :

Pêche à truite en rivières.

Pêche à truite dans les plans d'eaux.

Pêche dans les eaux à poissons blancs.

Les principales espèces de poissons et leurs caractéristiques sont : truite fario, truite arc-en-ciel, gardon, brochet, black bass, sandre, perche. Les poissons les plus appréciés par les pêcheurs sont le brochet et la truite. Les rivières présentent d'autres variétés selon les lieux.

Les cédraies tel d'Ajdir Ezayane, de Ain Leuh, d'Azrou et Ifrane, d'Immouzer Marmoucha jusqu'au confins du massif rifain dont le célèbre parc national de Tazekka impressionnent les randonneurs par le contraste du paysage moyen atlasique sans dévoiler les secret de la vie qu'elle cache entre ses arbres majestueux. La beauté de cette contrée réside dans ses diversité de paysages contrastées dans une ambiance calme où la pureté de l'air aux odeurs parfumées d'essence du cèdre et du Thuya embaume les âmes des visiteurs. 

Ce circuit des lacs traverse des paysages sauvages de montagnes assez élevées, de hauts plateaux verdoyantes et d'immenses forêts parcourues par les singes appelés magots.

La région recèle des atouts favorables à l'éco-tourisme, mais il reste beaucoup à faire pour la mise en valeur de ce patrimoine encore vierge une infrastructure adéquate aux besoins des populations locales vivant sous le joug de la pauvreté.

 

Malgré toutes ces potentialités, la nature du Moyen Atlas est soumise à des deux facteurs de pression écologiques dont l'impact est irréversible, voir :

La dynamique des populations.

La sècheresse qui gagne du terrain par manque de précipitations,

L'exploitation abusive de la forêt.

L'habitat menacé par le surpâturage.

Le Moyen Atlas offre des paysages variés. La partie orientale est peu arrosée et pauvre en végétation, mais les vallées profondes sont dominées par les plus hauts sommets du Moyen Atlas, le jbel Bou Naceur (3 340 mètres) et le jbel Bou Iblane (3 190 mètres) près d'Immouzer Marmoucha. Au centre, les hauts plateaux entre Azrou et Timahdite sont peu peuplés. Le versant occidental est plus humide et les surfaces cultivables ont attiré davantage de populations. Plateaux et vallons sont couverts de forêts de cèdres, de chênes-lièges et de pins maritimes. À partir de décembre, les sommets au-dessus de 800 mètres sont enneigés. Le Moyen Atlas est l'espace des semi-nomades, les Beni M'Guilds et les Zayanes berbères de Khénifra). Sédentaires l'hiver, ils se déplacent au printemps, avec leurs troupeaux, vers les pâturages verdoyants.

 

La région de Khénifra constitue un véritable château d'eau par son réseau fluvial en fourchette formé par l'Oum Errabiaa et les affluents de Bouregreg, donnant naissance à deux grands bassins hydrauliques. Cette région offre un paysage évoquant les paysages pyrénnéens et en certains endroits le Massif central.

5 Biodiversité et Écosystèmes

La description positive de la nature du Moyen Atlas n'est qu'une illusion trompeuse, de consommation médiatique, si l'on se réfère aux rapports de certains spécialistes en la matière tel Jean Delacre [1] et Michel Tarrier . Le pronostic de l'avenir de l'écosystème s'annonce inquiétant et non prometteur pour le Maroc et plus particulièrement dans le moyen Atlas : « Ce qui compte c'est de voir l'évolution de ce patrimoine qui ne se cesse de se dégrader d'une manière galopante, les répercussions sur la totalité de l'écosystème déclenchera le processus de réaction en chaîne qui aboutira à la désertification du Maroc et par conséquent celui de l'Europe. ». Le patrimoine faunique et floristique marocain est donc menacée de disparition si l'on consulte les informations établies par les spécialistes toutes disciplines confondues.

 5.1 Introduction 

« La forêt précède l'homme et le désert lui succède. », Chateaubriand.

La position géographique du Maroc entre l'Europe et l'Afrique lui confère une situation privilégiée au cours de son histoire naturelle en matière des échanges de matériels génétiques et de subir différentes influences climatiques ce qui procure au Maroc de remarquables bioclimats de l'humide, sub-humide, semi-aride au sec saharien. Le Maroc dispose d'une grande variété bioclimatique et d'une importante gamme de milieux naturels : 30 zones bio-géographiques et 39 écosystèmes terrestres dont 30 écosystèmes forestiers et représente une diversité biologique potentielle et une richesse biologique exceptionnelles : 4 700 espèces végétales dont plus de 70 arbres forestiers, 101 espèces de mammifères, 236 espèces d'oiseaux et 114 espèces de reptiles et amphibiens. Cependant il y a de sérieuses menaces, dues essentiellement aux multiples activités de l'homme, dont le retentissement peut être catastrophique sur la biodiversité et l'écosystème en général au Maroc.

Ce patrimoine est confronté à une problématique liée au dynamisme humain qui tend au regain des parcelles cultivables au détriment de la forêt (homo-destructus) et à la sècheresse due aux changements climatiques de la biosphère que l'on attribue à la pollution qui affecte la couche d'ozone.

Jadis l'arganier peuplait la région de Khénifra dans la vallée du oued Grou, au Moyen Atlas ; sa disparition est due à la désertification et aux activités de l'homme.

5.2 Lacs du Moyen Atlas

La grande partie des lacs du Moyen Atlas est concentrée dans l'aire géograghique de Beni Mellal-Khénifra-Ifrane correspondant à la causse moyen atlassique.

 

*Lac Aguelmame Aziza

*Ouiouane

*Lac Aguelmame Aziza

*Lac Aguelmame Sidi Ali

*Lac Daït Iffer

*Lac Daït Aoua

*Lac Bin El Ouidanne Ouaouizerth

 

 5.3 Cascades du Moyen Atlas 

La Cascade d'Ouzoud offre un spectacle grandiose qui attire de nombreux visiteurs. Situées à 22 km de Tanaant et environ 150 km de Marrakech, dans une région où les cascades sont nombreuses, celle ci correspond à une chute de 110 m de hauteur pour les eaux de la rivière Ouzoud qui rejoignent ensuite l'Oued El-Abide. La cuvette de roches calcaires est entourée d'une flore luxuriante.

  

5.4 Parcs nationaux du Moyen Atlas 

Parc national d'Ifrane

Parc national de Tazekka

Publié par hadrajsaid à 13:40:10 dans Le Moyen Atlas | Commentaires (0) |

Amazighe | 18 avril 2008

 

LE COMBAT DU TAZIGZAOUT

http://www.francisboulbes.com/

Publié par hadrajsaid à 12:39:14 dans Liens utiles | Commentaires (0) |

Khénifra | 16 avril 2008

 

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Khénifra
خنيفرة

Khénifra en arabe:( خنيفرة) est une ville du Moyen Atlas au Maroc, capitale des Zayanes, tribu berbère, située à 160 km de Fès, et à 300 km de Marrakech dans la province du même nom. Selon le nouveau découpage, la province de Khénifra fait partie de la région Meknès-Tafilalet : Formée des préfectures Meknès-El Menzeh et Al Ismaïlia et de quatre provinces (El Hajeb, Ifrane, Khénifra et Errachidia), la région Meknès-Tafilalet avoisine les deux millions d'habitants, moitié rurale et moitié urbaine.

L'activité économique de cette région reste dominée par le secteur tertiaire (43,2 %). Le milieu rural y représente près de 76 %. Elle est considérée comme la perle des montagnes marocaines aux couleurs rougeâtres et surtout comme la capitale des lacs.

1 Toponymie et étymologie

Khénifra est la dérivation du verbe berbère 1 « khanfar » qui signifie « agresser », en raison d'un fait historique. À un moment donné la ville a été prise de force à la tribu des Ait Bouhaddou (sous-tribu Zayane). Pour manifester leur hégémonie sur la ville, les Zayanis firent de Khénifra une zone de contrôle pour les non Zayanis. Ils établirent un système « douanier » pour les transitaires, qui furent obligés de payer une taxe. Selon une autre version anecdotique, l'étymologie proviendrait de l'histoire d'un homme fort qui agressait les passants.

Akhanfer veut dire « catch ». C'est un jeu très répandu au Moyen Atlas. Le toponyme désigne le lieu où se déroule le jeu. Khénifra tire également son nom de sa géomorphologie en raison de son enclavement entre 4 montagnes : « Al Hafra ». De la coloration rougeâtre de sa terre, un autre nom lui est attribué, Khnifra AlHamra : « Khénifra la Rouge ».

Géographie

Ville enclavée,ituée entre quatre grandes montagnes, Bamoussa à l'ouest, Akllal à l'est, Bouhayati au nord et Jbel Lahdid (ou Bouwazal : montagne de fer en berbère) au sud. La ville est traversée par le fleuve Oum Errabiaa ou Oum Erebia.

Khénifra se trouve sur la route principale 24 (axe routier utile pour l'économie de Khénifra) à 160 km de Fès, et à 300 km de Marrakech. Située à 826 m d'altitude (N : 32º 56.142' - O : 05º 40.465'). Selon le nouveau découpage, la province de Khénifra fait partie de la région Meknès-Tafilalet : (Meknès, El Hajeb, Ifrane, Errachidia, Beni Mellal, Khénifra).

 

Histoire de Khénifra

 

La région de Khénifra constitue sur le plan stratégique un atout, qui permettra de contrôler la porte de Tadla et de Taza, malgré la résistance et la ténacité guerrière de sa population.

L'histoire de Khénifra prend origine de deux monuments historiques, les seuls d'ailleurs existant encore actuellement :

La Kasbah de Mouha ou Hammou Zayani, bâtie par le sultan Almoravide Ibu Tachfin sur le bord d'Oum Errabiaa, restaurée par le sultan Alaouite Moulay Ismaïl en 1688, dans le cadre de la construction de l'axe stratégique allant de Meknès en passant par Azrou, Khénifra, jusqu'à Marrakech.

La Kasbah d'Adakhssal (à 15 km de la ville) et du fameux pont sur l'Oum Errabiaa dit « portugais », probablement construits à la même époque que la Kasbah de Khénifra. Historiquement, la présence portugaise n'a jamais été mentionnée dans des manuscrits de l'époque.

Kasbah patrimoine défigurée

L'histoire de Khénifra est liée à ces deux monuments classés historiques par le Ministère de la Culture Marocain en tant que patrimoine national Kasbah de Moha ou Hamou (dahir du 26 décembre 1933 portant classement – B.O. N° 1114 du 2 mars 1934 - P.186). La Kasbah de Mouha ou Hammou Zayani et le vieux pont marquent la conscience des Khnifris où le présent et le passé s'entremêlent dans la conscience collective de ses générations. Ce pont est toujours érigé malgré les nombreuses crues qu'il a dû subir. Une légende s'est forgée autour du vieux pont : on croit qu'il est bâti avec des œufs (selon la tradition orale).

Soumission du Pacha Hassan Amahzoune juin 1920 au général Poemyrau

La ville de Khénifra, a été prise par les légionnaires, (composés de Sénégalais, d'Algériens et Goumis marocains recrutés à Chaouia) en juin 1914, sous le commandement de Richard d'Ivry qui avait acquis au Maroc une réputation légendaire au cours de la campagne du Maroc dans la région de Meknès et au Tadla où il avait servi sous Charles Mangin : stratège militaire qui pu éviter l'affrontement avec les Zayanis avant la soumission des tribus allant de Chauoia jusqu'aux confins du « pays Zayane ».

En référence au « Journal des marches et opérations de la 2e batterie du 1er Régiment d'Artillerie de Montagne pour la période du 6 septembre 1912 au 16 octobre 1913 », le commandement des forces d'occupation du Maroc était conscient des risques de l'affrontement directe avec les tribus des Zayanes lors de la campagne du Maroc 1907-1914. Dans ce rapport, Charles Mangin décrit avec précision les différentes phases de sa campagne.

Trois mois après cet évènement, une contre attaque aura lieu à Elhri, le 13 novembre 1914 : la bataille d'Elhri, engagée imprudemment par le colonel Duverdier à l'assaut du campement du rebelle Mouha ou Hammou, contraint de quitter la kasbah, occupée par les militaires.

On note également les manifestations contre le Dahir berbère, promulgué le 16 mai 1930, dont le but était de séparer les berbères des communautés arabes.

Avant l'arrivée des soldats du sultan Moulay Hassan Ier en 1877, Khénifra n'était rien d'autre qu'un point de transition de transhumance entre l'Azaghar et le Jbel. C'est à partir de là que Khénifra prendra sa dimension de ville. Malheureusement, Khénifra ne s'est pas développée, pendant la colonisation, à la hauteur de ses potentialités naturelles (elle fait partie du Maroc dit inutile).

Elle est connue pour sa résistance farouche lors de la colonisation française, réputée par la bataille d'Elhri (village situé à 20 km de Khénifra) (13 novembre 1914), qui s'est soldée par la victoire des Zayanes et d'autres tribus berbères voisines : Ichkirn Elkbab, Ait Ihnd Krouchen, même des Ait Hdiddou et des Ait Atta, pour la première fois unifiées. Cette victoire symbolise la gloire des tribus et le grand prestige que s'est forgé Mouha ou Hammou Zayani où la colonne de l'officier Duverdier fut quasiment anéantie, mais la riposte coloniale ne tarda pas à se manifester par le déploiement de sa panoplie militaire afin d'isoler les Zayanes et restreindre leur aire géographique et les contraindre à se réfugier dans les montagnes. Le blocus des tribus Zayanes se réalisa avec succès, le grenier marocain de Tadla est ensuite mis en sécurité contre les attaques des Zayanes.

Le 2 juin 1920, le Pacha Hassan se soumet au Général Poeymirau (1869-1924), très proche collaborateur du maréchal Lyautey.

La ville est également connue pour ses soulèvements populaires et ses événements :

Août 1994 : Manifestation contre le Dahir berbère soutenu par certains caïds ayant à leur tête le Pacha El Glaoui, le pacha Hassan Amahzoune et certains intellectuels hostiles à l'ethnie berbère (grèves, prières prononçant le « Latif » en demandant à Dieu de ne pas séparer les berbères de leurs frères arabes ...). Ce mouvement de protestation lancé par l'élite bourgeoise Fassi issue de l'enseignement traditionnel prendra la tête de la résistance jusqu'à l'indépendance en 1956. Cependant, la question Amazigh ne cesse d'engendrer des polémiques. Conscient du problème, le roi Hassan II avait proposé dans son discours du 20 août 1994, l'enseignement de la langue berbère (le Tamazight, Tachelhit et Le Tarifit). Ce geste marquait le point départ d'une certaine décongestion politique envers les Amazighes.

20 août 1955 : l'anniversaire de la déposition du roi Mohammed Ben Youssef provoque une insurrection à Khénifra (trois journalistes tués), Oued Zem, Immozer Maroucha, Ait Alahem (Aderj) et à Casablanca. Événement marqué par une répression massive sur ordre du Général Gilbert Grandval, journée sanglante pour la population de Khénifra surtout les tibus Zayanes qui encerclèrent la ville, l'ordre du massacre fut ordonné, la ville de Oued Zem n'a pas été épargnée par l'exaction du tyran qui trouva la mort dans les montagnes de Khénifra le 22 août 1955 lors de l'explosion de son avion. Le bilan est de 700 morts du côté Marocain, 49 morts européens (chiffre que Charles-André Julien qualifie de ridicule).

Mars 1973 : événement de Moulay Bouazza. Action perpétrée par le Tanzim, branche dissidente du parti l'UNFP d'orientation révolutionnaire (1963-1973), dont l'acteur principal fut Fqih Basri, partisan de la lutte armée. Des éléments du groupe s'infiltrent à Khénifra, Goulmima, et Tinghir.

Le 2 mars 1973, une action suicidaire fut entreprise à Moulay Bouazza, par Mohamoud, mort ensuite le 5 mars 1973 lors des combats. Cette action fut un fiasco, la population n'y avait pas pris part. Elle restera néanmoins traumatisée par la répression de certaines tribus Zayanes. Après la décrispation du processus politique et dans le cadre de l'Instance équité et réconciliation, le rideau fut levé pour permettre aux victimes de témoigner, mettant fin aux années dites de fer.

Le 17 octobre 2001, le discours d'Ajdir adressé à la nation par le roi Mohammed VI à Khénifra, lors de la cérémonie d'apposition du Sceau chérifien scellant le dahir, crée et organise l'Institut royal de la culture amazighe. Ce discours a permis de donner de nouvelles impulsions aux défenseurs de la thèse Amazigh en tant qu'entité nationale et patrimoine incontournable.

 

 

 

 




 

 


 

Publié par hadrajsaid à 17:34:52 dans Khénifra | Commentaires (0) |

Mouha Ou Hammou Zayani | 16 avril 2008

Colonne de Khénifra Tazrout Moukhbou (Roche percée) Ait Alla ( Khnifra)

Mouha Ou Hammou Zayani                 AZAII
موحى احمو الزياني

*Introduction Générale

*Le début du projet impérialiste.

Après la découverte de l'Amérique au XIV Siècle l'appétit des pays européens ne cesse de s'accroître. Le Maroc jadis puissant et indépendant, fit l'objet de nombreuses convoitises par la sa position stratégique et la richesse de son sol, la gourmandise des pays européens frôla l'affrontement particulièrement celle du Portugal, de l'Espagne, de la France,de l'Angleterre et du Reich de guillaume II etc:(1828-1830 : Une crise grave éclate à propos de la persistance de la course entre le Maroc d'une part, l'Angleterre et l'Autriche d'autre part. Les puissances européennes ne sont plus disposées à supporter l'insécurité engendrée par les corsaires thèse alimentée par une large information par des organismes pro colonialistes.

*Sous la 3ième république, Jules Ferry n'a pas caché ses intentions racistes envers d'autres peuples lors de son intervention au sénat le 28 juillet 1885 où il déclare ouvertement :<< Les supérieurs ont le droit sur les inférieurs>>.

<< juillet 28 du officiel bulletin Extrait débouché.[...] d?un création la c?est colonie, d?une fondation européennes, industries les toutes traversent que crise Dans avantageux.[...] plus des capitaux de placement riches pays pour sont colonies Les produits.[...] excédent bien ou capitaux, ont, qui peuples aux s?adapte celle colonisation, forme autre une a il>

*Le parti colonial ou colonialiste fondé en 1890 par D'Arenberg , qui joua un rôle non négligeable surtout dans le développement de l'information et de propagande, les but affichés sont :recueillir les fonds nécessaires pour divers missions, explorations, études, recherches etc...ce parti colonial rassemblait divers formation de la société française (banquiers, officiers, écrivains, syndicalistes, députés.

Après le règlement de leurs contentieux, le gâteau marocain revient à l'Espagne et la France. Le Maroc cédera de son autorité en signant une série de conventions, au profit des colonialistes, qui aboutiront au rétrécissement de l'indépendance du Maroc. Il faut noter que la colonisation du Maroc est très particulière comparativement aux autres pays colonisés, d'ailleurs, le Maroc était sous le protectorat, et la France n'a pas pu y séjourner longtemps.

La colonisation du Maroc fut lente et progressive, elle débuta effectivement en:

*1823 : Signature d'une convention commerciale avec le Portugal, suivie d'accords comparables avec l'Angleterre en 1824, avec la France et le Piémont en 1825. Pour écarter toute ingérence du Makhzen en Algérie, des négociation seront entamés garantissant la neutralité marocaine, cette mission fut conduite en 1932 par le comte de Mornay, dont fait partie le peintre Eugène Delacroix.

1884 fut l'année ou la France engagea ses hostilités envers le Maroc suite à l'incident de Lalla Maghnia qui déclenchera l'occupation de d'Oujda, d'Essaouira et le bombardement de Tanger à l'initiative du Prince de Joinville.

Mais la défaite marocaine à la bataille d'Isly marquera le déclin du Maroc malgré les accords du 10 septembre mettant fin aux hostilités.

18 mars 1845 : Traité de Lalla Maghnia qui fixe la frontière algéro-marocaine.La France se voit reconnaître un droit de suite au Maroc ce qui permettra à la France d'une part de s'établir en Algerie comme base arrière , d'autre part d'attaquer le Maroc confortablement puisque tous les ingrédients de la faiblesse du Makhzen y sont présents.

*La conférence de Madrid (1880):

*La conférence de Madrid ouverte en mai sur les privilèges capitulaires des Européens au Maroc se termine par la confirmation de privilèges définis par la [[convention Béclard]] : maintien du droit de protection et exemptions d'impôts pour les ressortissants et 'protégés des puissances étrangères' et généralisation de la clause de la nation la plus favorisée. Cette convention sera donc une plate-forme aux manœuvres politiques et économiques en vers le Maroc jusqu'alors indépendant. On notera que la capitale diplomatique du sultan sera la ville de Tanger.

*Une campagne médiatique de grande envergure contre le Maroc sera orchestrée depuis Tanger par une élite juive marocaine et européennes connaissant bien les rouages de la société marocaine, ces élites auront le privilège de bénéficier de la protection des pays coloniaux et d'opérer positivement pour le compte des pays coloniaux.

Par le biais des journaux édités à Tanger et Tetouan, l'esprit colonialiste mobilise une propagande farouche désignant le Maroc de pays primitif habité par les pirates, obligeant le sultan d' entreprendre des réformes qui engageront le Maroc dans le progrès à l'instar de l'europe, au nom de la civilisation (1883-1900), outre l'implication de tout un système complexe de propagande mené par : l'alliance française, missions médicales, missions chrétiennes (ordre :la Mission Franciscaine, évangéliste), franc maçonnerie, capitalistes influents, qui à la fin du XIXe siècle, les Européens décident de coloniser l'Afrique pour écouler leur surproduction). Ils se heurteront à la résistance des chefs locaux tel Mouha ou Hammou Zayani à Khénifra, Abdelkrim El Kahttabi au Rif et les frères Basslam des Ait Atta .

En 1902, la France avait commencé à prendre pied au Maroc. En 1911, des circonstances favorables permirent tout d'abord une intervention militaire. En mai 1911, le sultan Moulay Hafid, qui avait détrôné son frère, le sultan Moulay Abdel Aziz, fut assiégé à Fes par les tribus Amazighes rebelles. Il fit alors appel à la France, dont une colonne, commandée par le général Moinier, qui dégagea sa capitale Fes qui subi les attaques des tribu avoisinant Fes et Meknes.,c'est pour cette raison que le général Lyautey opte pour Rabat comme nouvelle Capitale du Maroc.

En février 1912, toutes les banques du consortium (ce consortium monopolisera l'économie du pays), sous l'égide de la banque de Paris et des Pays-Bas, fondaient la Compagnie générale du Maroc pour la mise en valeur du pays. Le 30 mars, Regnault, le ministre de France à Tanger, qui avait été le représentant en 1905 du syndicat des porteurs français de la dette, imposa à Moulay Hafid, malgré son refus, le traité de Fes qui fut signé, établissant le protectorat de la république française sur le Maroc (30 mars 1912). Cette date fait entrer le Maroc dans une mutation politico-sociale radicale.

Sous le régne du sultan Moulay Youssef (1912-1927), la résistance marocaine contre les français et les espagnoles était remarquable et inquiétante pour les colonisateurs, mais elle n'a pas atteint son objectif,car les guerriers n'ont pas eu de vision stratégique unifiée dans le cadre nationale .Le caractère sporadique des interventions menées par divers opposants ,qui n'ont pas arrivés à unifier leurs efforts et ce par manque de maturité politique,le facteur régional l'empota sur le national ce qui facilitera la tâche aux colonisateur d'obtenir la soumission des tribus l'une après l'autre ,après un massacre de la population par l'emploi d'armements de destruction massive (cas des rifains de Abdelkrim El Khattabi).

Personnage de Mouha ou Hammou Zayani (AZAÏI)

Mouha ou Hammou Zayani (AZAII)

Le personnage de Mouha ou Hammou ne peut être traiter en dehors du contexte historique du XIX Siècle et le rôle des puissances coloniales (espagnole , portugaise,anglaise,française ,du Reich, Italie....),qu'elles ont jouées à faire du Maroc un lieu de règlement de leurs comptes à titre d'exemple la crise marocaine Le 31 mars 1905 Guillaume II soutint le Maroc contre la France à Tanger, en 1906 La Prusse bombarde la ville d'Agadir. 16 janvier au 7 avril :La conférence internationale d'Algésiras sur le Maroc est un succès pour la France et démontre l'isolement diplomatique de l'Allemagne. Selon les déclaration du général Ditte, qui impose , alors à Paris une décision audacieuse : « Je donnerai tout ce que l'on me demandera et je garderai ici tout le Maroc conquis (...) comme un réservoir où je puiserai pour alimenter sans cesse nos forces en Europe (...) » Issu d'une famille envoyée par le sultan My Sliman ben Mohammed ben Abdellah ben Ismail en 1791,parmi les 4215 soldats pour soumettre les tribus d'Ichkirne (Elkbab) et d'Ait Soukhmane (Aghbalou) influencés par l'idiologie maraboutique de Sidi Ali Amhaouche,secte hostile à l'autorité du Makhzen (de tendence wahabiste :Sounite salafite),ses tribus ont un mauvais passé avec le sultan My Sliman connu pour sa fermeté contre les zaouias , il subit une défaite en 1818 au moyen atlas.

Son nom Mouha ou Said dit Mohammed ou Hammou ben Akka ben Ahmed surnommé 'Amahzoune ben Moussa' , il fut nommé Caid sur les Zayanes par le sultan Hassan I en 1877.

selon le bibliographe Ahmed Al Mansouri (natif de Khénifra en 1897, originaire des Idrissides de Meknes , de formation Quaraouite et disciple du sophiste Abou Chouaïb Eddoukali qui avait même rencontré Mouha Ou Hammou Ezzayani) ; dans son manuscrit (كباء العنبر من عظماء زيان وأطلس البربر) : qui le décrit comme grand leader charismatique, miltaire et politique, nommé l'invisible, il avait été obstacle pour la mainmise coloniale sur le haut et le moyen Atlas, malgré divers promesses prodigieuses proposées, par le chef militaire de la région de Meknes Henry's, qui avait envoyé le caid Driss Ourahou Lamtiri d'El Hajeb en tant qu'émissaire pour gagner l'estime de Mouha ou Hammou ,déjà Lyautey avait échoué de le convaincre à se soumettre par l'intermédiaire des personnalités influentes au sein du Makhzen en particulier le premier ministre Driss El Boukili et le Pacha de Boujaad Hadj Driss Cherkaoui. Mouha Ou Hammou refusa tout compromis et choisit de continuer la lutte armée, contraint de quitter la Ksbah (aujourd'hui défigurée) de Khénifra et d'Adekhssal pour se réfugier dans les montagnes où il mena des opérations de guérilla sporadiques d'usures sans impact militaire sur les légionnaires de Charles Mangin, jusqu'à sa mort suspecte , à 30 km de khénifra à Tamallakt le 27 mars 1921, (surnommé Amahzoune en raison de sa longue chevelure ). Mouha ou Hammou succéda ses prédécesseurs pour continuer sa domination sur la tribu des Zayanes au XIXe siècle, en tant que représentant du sultan My Hassan I, dans le but de pacifier les tribus berbères rebelles qui ne semble pas totalement islamisées : selon (E. Michaux Bellaire) les berbères étaient des primitifs dont la croyance était un mélange de coutumes orffières ,animistes et panthéistes, l'Islam constituait une croûte superficielle facile à déraciner et prêt à s'intégrer dans le nouvel ordre européen : il s'agit donc là d'une vision colonialiste visant à distinguer les communautés berbères de celle des arabes , projet de christianisation des berbères annoncé fort longtemps par l'église. C'est dans cette perspective que le leader Mouha Ou Hammou immobilisa les zayanes à confronter les Iroumines , en vue de faire obstacle aux menaces de christianisation des berbères par le biais d'espions (service des affaires indigènes) , d'orientalistes toute discipline confondue et d'expéditeurs exemple à citer le père Charles de Foucauld (1858-1916) connu pour ses travaux d'une utilité extrême, qui serviront de base pour la conquête du Maroc, même des peintres comme Ankarcrona Henrik August, Ce peintre fut auparavant colonel dans l'armée suédoise puis entra au service de la France,et fit la campagne du Maroc en 1859. L'année suivante, il servit l'armée espagnole. Toutes ces travaux marqueront la phase préparant la colonisation du Maroc au XIXe siècle. Profitant de la faiblesse de l'autorité du Makhzen des sultans My Abdelaziz (1878-1943), et Moulay Hafid (1873-1937), et celle du climat politico-social qui y régnait (Siba), la France commença à exécuter le scénario colonialiste de René de Ségonzac et du général Bugaud en bafouant toutes les clauses du traité de 1845 signés avec le Makhzen (selon les notes confidentielles du 18/12/1898).

Mouha ou Hammou remplaça son frère à l'âge de 20 ans à la tête des tribus Zayanes à la place de son frère en 1883, il s'est imposé en tant que chef guerrier incontestable en 1905, sa popularité ne cesse de s'affirmer en dehors de Khénifra, est sera nommé caid par le Sultan Alaouite Moulay El Hassan I en 1886. Sa renommée a eu écho dans toute la région Meknes , de la Chaouia,et de Tadla.

Figure légendaire et énigmatique de l'histoire de Khénifra et du Maroc, Mouha ou Hammou se sent humilié par le traité d'Algesiras (1906) reconnaissant aux français le droit d'intervenir au Maroc, dans le cadre du programme dit: la pacification du pays (œuvre du Maréchal Lautey), régi par l'anarchie. Après l'occupation d'Oujda et de Casablanca en (1907). Mouha Ou Hammou Zayani engage les zayanes d'intervenir au côté des Chaouias dans la bataille de Mediouna en (1908). Le contingent des Zayanes intervient avec l'aide de Mohand N'hamoucha Caid des Beni M'tir à Fes contre le mouvement français en (1911) sous le commandement de Moinier. Après le signature du protectorat, Mouha Ou Hammou continue sa lutte sans répit, après la mort suspecte du sultan My Hassan I,il organise des interventions en dehors de la tutelle du Makhzen qui à ses yeux il s'agit d'un jeu politique orchestré par le puissant chambellan Ahmed Ben Moussa dit: Bahmad,qui cachera la mort de Moulay Slimane (1894)et organisa la Bayaâ sans le consentement des Oulémas de Fes,pour éviter toute confrontation avec ses opposants,il quitta Fes pour Marrakech et dirigea le pays avec tyrannie jusqu'à sa mort en 1900,le sultan Moulay Abdeaziz se trouva face à un pays en ruine se qui rendra sa tâche de gouverner très délicate dans un milieu politique confiné,il perd alors sa popularité,l'image du sultan se ternît surtout après la ratification du traité d'Algésiras. Plusieurs foyers insurrectionnels éclatèrent dans le pays, suite à des réformes fiscales suggérées par ses conseillés notamment celles de fameux anglais Mac Lean qui institua l'impôt sur les biens agricoles ""le Tartib"". La situation socio-politique se dégrade en faveur de la France.

Mouha ou Hammou opta pour la rébellion en dehors de la tutelle du Makhzen et participa activement au coté des rebelles aux confins de Khénifra jusqu' a Mediona près de Casablanca, mais toutes ses interventions n'ont pas été fructueuses,il s'est avéré que certaines Zaouias ont portés leur soutient discret au colonisateur,ce qui explique la défaite de Mouha ou Hammou, suite aux soumissions de certaines tribus habitant les plaines marocaines. son projet anti-colonialiste s'est volatilisé ; harcelé par les troupes coloniales et les Zayanes soumis,Mouha ou Hammou se retira à l'arrère base au environ de Tamallakt (35 Kms de Khénifra) ou il périt lors d'une attaque à laquelle il était venu assiter en spectateur malgré son âge, et à laquelle participaient ses fils... dans le camp adverse.

Il eut bien sûr de plusieurs épouses et concubines, donc une nombreuse descendance. Les fils qui eurent le rayonnement le plus important furent Hassan et Amarok .

- Hassan devint Pacha (gouverneur) de la province de Khenifra, était un homme fin, intelligent, diplomate, épicurien, au physique noble et imposant.

- Amarok, cavalier et guerrier infatigable, petit, maigre, sec, aux yeux de feu dans une physionomie toujours en mouvement, était le chef de guerre, le capitaine, le stratège

- Bouazza, qui de 22 à 29 ans, mena d'incessants combats et razzias contre les insoumis, avant de mourir lors d'une charge de sa cavalerie sur la Haute Moulouya. Il avait obtenu la légion d'honneur pour faits de guerre et le droit de présenter des galons de lieutenant de l'armée française (Dr Serre) Consultez le site de Mr francisboulbes.com.

*les interventions de Mouha ou Hammou

*1.En Chaouia 1908

*2.contre le colonel Mangin (surnommé le boucher) à Oued Zem (1913)

*3.contre le comandant Aubert à Tadla (1913)

*4.contre Duverdier 13 novembre 1914

Ces batailles se déroulèrent avant la prise de Khénifra en (1914) par Berger, qui sera marquée par la bataille d'Elhri le 13 novembre 1914 où la colonne française (1273 miltaires) sous le commandement de l'officier Laverdure , qui lança son opération suicidaire,c'était un fiasco stratégique, l'assaut fut pris imprudemment par Laverdure. Cette bataille précéda l'intervention féroce des colons français à l'aube du 13/11/1914, ce fut une surprise inattendue pour Mouha Ou Hammou,la brutalité de l'attaque avait traumatisé le contingent Zayan,faisant ainsi des morts et des otages,une de ses femmes trouva la mort l'autre fut prise parmi les otages; la revanche contre l'assaillant ne tardera pas à prendre effet et riposter immédiatement avec l'aide des berbères confédérés (toutes tribus confondues). Des milliers de cavaliers faiblement armés s'opposèrent farouchement malgré l'avantage technologique des légionnaires : déploiement de canons, de fusils mitrailleurs. La mort des envahisseurs était au rendez-vous, selon la littérature française plus de 600 morts. Du côté des Amazighes on ignore le nombre des martyrs, selon des témoins il y avait une dizaine de morts dans chaque tribu. La participation massive des confédérations Amazighes unies autour d'un seul leader en la personne de Mouha ou Hammou se réalise pour la première fois. On notera que les services secrets du Reich Prussien de Guillaume II sont présents aux côtés des marocains , avec la bénédiction du sultan; rivalité coloniale oblige (La crise franco-allemande pour la domination du Maroc), ils opéraient à partir de Tanger, qui représentait à cette époque un nid pour les espions toute discipline confondue.

Malgré cette résistance, Khénifra sera définitivement sous les bottes du colonialiste déguisé en pacificateur. L'intrigue française prend effet : par la division des Zayanis, d'une part les pro-colonialistes au sein même de la famille de Mouha ou Hammou, son fils Hassan est nommé Pacha sur les Zayanes après sa soumission au général Poymireau (02/06/1920), d'autre part les anti-colonialistes, qui seront contraints de quitter les territoires conquis, pour continuer le combat à Tazagzaout (Tazizawt) dernier bastion de la rébellion berbère (1932)

Conclusion

*Les interventions du leader des Zayanes n'ont jamais constitué une vrai menace aux troupes coloniales, malgré sa participation au côté de ses alliés tel Mouha ou Said à Elkssibae,Mohand N'Hamoucha d'El Hajeb celui-ci céda aux pressions exercées par les troupes Françaises stationnées près de Fes (Moinier protecteur de Fes des attaques des Beni M'Tir) , notamment à Timahdit et à El Hajeb . Les Zayanis ont été pris en tenaille par l'avancée des troupes stationnées à Tadla et à Boujaad et les troupes venues de Taza sous le commandement du général Baumgartner,cette opération s'inscrit dans la cadre stratégique de jonction des deux Maroc:le nord et le sud . Après la soumission de la plupart des tribus limitrophes du pays Zayane ;Mouha ou Hammou s'isola dans les montagnes sans approvisionnement en nourriture et en arme jusqu'au moment opportun (1920),où la prise de Khénifra sera définitive après un massacre des populations par l'aviation coloniale malgré le soutient des allemands et des espagnoles qui cessera en 1917.

Quoi qu'il en soit la France n'a pu soumettre la totalité du territoire jusqu'en 1934 à Bougafer dernier bastion de la rébellion Amazigh.

La résistance des Ait Atta menée par les frères Basslam a résisté pendant deux mois contre l'armée française, sous le commandement du général Huré qui décida de mettre fin à la question de Sargho,les Ait Atta subirent un massacre par encerclement, pilonnage, bombardement par l'aviation basée à Ouarzazate,le 25 mars 1933 Assou ou Basslam capitule, malgré la supériorité militaire des légionnaires, la France avait subi de lourdes pertes, l'invincible Henry de Bournazel y trouva la mort chez les AIT ATTA.

4 Bibliographie

• F. Berger: "Moha ou Hammou le zaiani, un royaume berbère contemporain au Maroc", édition de L'Atlas, Marrakech, 1929

• Abelhaq Elmrini: "L'armée marocaine à travers l'histoire"

• Charles de Foucauld : "Reconnaissance au Maroc", accessible sur Gallica

•Ch. Ageron, «La politique berbère de Protectorat marocain de 1913 à 1914 », Revue d'histoire moderne et contemporaine, T. XVIII, janvier - mars, 1971. p. 62.

•H. Basset, «Recherche sur la religion berbère », Revue d'histoire des missions, vol. LXL, p.330.

•E. Michaux-Bellaire, Revue du monde musulman, 1909, T. IX, p. 3.

Dr Serre : medecin à khénifra

* Notes et références.

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Visite du Général Juin à khénifra

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Publié par hadrajsaid à 16:03:19 dans Mouha Ou Hammou Zayani | Commentaires (0) |

Zayane et leur culture | 14 avril 2008

                                                                                                               Zayanes

                                                                                      زيان                                             
 Les Zayanes (berbère : singulier Azayi, pluriel Izayen) sont une tribu berbère de la région de Khénifra, dans le Moyen Atlas central, au Maroc.
Les Zayanes sont également appelés Imazighen, ce dernier nom désigne également l'ensemble des Berbères.
Les tribus zayanes sont réputées pour leur attachement à la terre ancestrale et pour leur ténacité guerrière, surtout lors de la colonisation sous la conduite de Mouha ou Hammou Zayani. C'est ainsi qu'ils ont empêché les colons de s'emparer facilement de Khénifra. Malgré la défaite française dans la bataille d'Elhri, le 13 novembre 1914, les stratèges de la colonisation furent déterminés à ne pas abandonner la lutte contre les Zayanes, qui constituent une poche de résistance contre le colonisateur. Ce bastion de la rébellion inquiétait les troupes françaises qui au début la campagne du Maroc (1907-1914), évitaient d'entrer en confrontation directe avec le contingent des Zayanes.
1 Histoire
Les Zayanes, appelés aussi Ait Lahcen Ousaid, appartiennent à la grande tribu d'Ait Harkat, dite :
•confédération d'Ait Oumalou qui comprend : Ait Sgougou, et Bouhssoussen, Ait Bouhaddou et Zayane, qui se compose de sept tribus : Ait Alla, Ait Bouhou, Ait Chard, Ait Ammou Aissa, Ait Khouya, Ait Boumazzoughe, Ait Maii, dont le siège administratif était Khénifra à Tiddar Ezayane du temps de la colonisation.
Parmi les Zayanes s'ajoutent des confréries d'origine maraboutique, les Chourfas, installés en tant que réfugiés pour des raisons politiques, à rappeler que ces Chourfas sont des anciens soldats du roi Moulay El Hassan Ier venus aider les Zayanes contre la tribu d'Ichkern Elkbab ; leur intervention entre dans le cadre de la lutte contre la confrérie de Sidi Ali Amhaouch.
Ils seront protégés et respectés, tradition d'hospitalité oblige. Ces tribus sont éparpillées dans le territoire Zayane. Il s'agit des Bouaazaouine installés à Kaf'Nsour, à côté, les M'barkiines à Moulay Bouazza, les Chourfas de Taskart à 10 km de Khénifra, les Ait Nouh dans le territoire d'Ait Chart, les Imrabten à M'Rirt, les Ait Sidi Ali Amhaouch, les Ait Sidi Bennaceur à Elkbab, les Ait Sidi Yahyia Ou Youssef à Tounfit, les Ali Ouammar à Krouchen. Ces tribus sont d'origine arabe mais berbérisés au fil du temps.
•Outre la confédération d'Ichkirn : comprenant des tribus Ait Ishaket d'Ait Ihand.
• Enfin la confédération d'Ait Yafelmane : composée d'Ait M'Guild, Ait Yahia Ouyoussef, Ait Oufalla et Ait Izdeg Ait Marghad Ait Hdiddou.
•Confédération des Ait Atta, exemplaires au niveau de l'organisation socio-politique, cette tribu fut la dernière à se soumettre, en 1934.
Ces trois confédérations, avant le débarquement des colons français, étaient en perpétuelle lutte pour les pâturages, les points d'eaux et les infractions coutumières touchant l'honneur de la tribu — c'est ce qu'on appelle les guerres intertribales. Faute de gouvernement central organisé, ces trois confédérations vivaient dans l'anarchie — autrement dit Siba. Cette instabilité sociale découle de l'environnement politique international, et dure depuis la chute du royaume mauresque d'Espagne. Depuis lors, on assiste à de grands mouvements en masse des populations. Le Maroc est devenu la cible privilégiée des nouvelles puissances européennes montantes, notamment l'Espagne, le Portugal et la France, qui cherchent à disloquer le Maroc à partir du XVIIe siècle, et jusqu'au XIXe siècle. Les populations berbères, surtout celles du Moyen Atlas, se retirent dans les contrées difficiles d'accès, ce qui défavorisera leur développement.
2 Géographie 
Espace vital des Zayans
Les tribus des Zayanes vivent au Moyen Atlas dans la région de Khénifra, territoire acquis par leur ténacité guerrière. Ils ne connurent pas de stabilité sociale avant la colonisation française, ceci, à cause des guerres intertribales. Ils sont en perpétuel déplacement à la recherche des pâturages ; à noter qu'ils ne pratiquent pas l'architecture, leur habitation traditionnelle étant la tente tissée en poil de chèvre (a kham). Cette tribu appartient à un grand groupe ethnique, recouvrant un grand espace, allant du Maroc jusqu'en Égypte (Siwa) — Afrique du nord, Afrique sub-saharienne. Les tribus Zayanes occupent l'espace géographique du bassin d'Oum Errabia.
3 Culture
Les zayanes font partie d'une grande tribu berbère nomade du Moyen Atlas pratiquant la transhumance deux fois par an : en hiver les tribus Zayanes se déplacent vers Azaghar où le climat est clément — contrairement au Jbel où l'hiver est très rigoureux.
Les Zayanes vivent dans les montagnes : leur espace vital va de la grande cédraie d'Ajdir jusqu'à Boujaad, frontière des tribus arabophones. La tribu zayane est nomade et se déplace deux fois par an : en hiver vers l'Azaghar où les conditions climatiques sont clémentes, en été vers le Jbel.
                                                          Culture Zayane
 Les Zayanes ou Zayanis sont une tribu berbère de la région de Khénifra, dans le Moyen Atlas, au Maroc qui vivaient dans les montagnes, leur espace vital qui va de la grande cédraie d'Ajdir jusqu'à Boujaad frontière des tribus arabophones. La tribu Zayane est nomade se déplaçant deux fois par an : en hiver vers l'Azaghar où les conditions climatiques sont clémentes, en été vers le Jbel. Les tribus Zayanes sont connues par leur ténacité guerrière surtout lors de la colonisation sous la conduite de Mouha ou Hammou Zayani qui avait mis les colons en difficulté lors de la conquête de Khénifra. Malgré la défaite française le 13 novembre 1914 bataille d'Elhri où l'armée française fut humiliée, les stratèges de la colonisation furent déterminés à ne pas abandonner la lutte contre les Zayanis qui constituent un bastion de la rébellion.
La culture Zayane fait partie de la grande culture berbère, avec ses spécificités, qui la distinguent des autres cultures, l'exemple le plus concret de la culture amazighe (berbère) se trouve chez les Ait Hdidou (grande tribu des Ait Yaflmane) d'Imilchil où s'organise annuellement un grand festival d'une dimension typiquement culturelle propre aux Amazighes.
Bien qu'ils soient parmi les premiers habitants du Maroc venues du Nord et de l'Est et ce dès l'époque Néolithique, les berbères du Moyen Atlas vivaient en communauté très enclavée, renfermée et hermétique, contrairement à la thèse des explorateurs européens qui supposent l'homogénéité entre les tribus. Or la tribu constitue une entité avec ses spécifiés sans relations évidentes même avec les tribus voisines. Parler de « Tamazgha » (territoire Maghrébin) en tant qu'aire géographique purement berbère reste un sujet tabou.
Au Moyen Atlas et ailleurs les berbères n'ont jamais étaient confédérées. Malgré les diverses incursions phéniciennes, romaine, vandale, arabe,.... Ces populations vivaient isolées sans contact avec les civilisations ayant conquis le Maghreb.
Les tribus les plus représentatives des Zayanes sont les Ait Bouhadou, Ibouhssousen et les Ait Lahsen ou Said qui représentent 65% des tribu zayanes.
Répartition des zayanes au Maroc
1 Ethnologie
L'origine des berbères Zayanes et des berbères en général est controversée, mais il faut retenir qu'ils appartiennent au groupe ethnique afro-asiatique du côté eurasien contrairement à la thèse qui penche vers la péninsule arabique (Yémen).
2 Anthropologie
Au Paléolithique, vivait l'homme de Taforalt et d'Afalou, ils étaient de type « cromagnoïde ». Au néolithique, l'Afalou fut remplacé par le capsien, de type « méditerranoïde » venant de l'est (Égypte). La culture capsienne est souvent décrite comme proto-berbère.
3 Linguistique
Espace linguistique des Zayanes
La langue berbère est présente non seulement au Maroc mais aussi dans le Maghreb et certains pays du Sahel.1
La langue Zayane est le Tamazight, qui appartient à l'une des branches de la grande famille linguistique chamito-sémitique, qui comprend, outre le berbère, le sémitique, le couchitique (Afrique de l'Est), l'égyptien (ancien Siwa) et, avec un degré de parenté plus éloigné, legroupe« tchadique »(haoussa).
Le Tamazight est parlé au Moyen Atlas et Haut Atlas, au nord: Khémisset, El Hajeb, Azrou, Sefrou, jusqu'au sud de Taza, à l'est Missour Tamassint, Errachidia à l'ouest de Khémisset juqsu'à Ouarzazate, au centre Imilchil, Midelt, Rich, Tinghir.
• Le mot dans la langue berbère:
Le mot berbère est, rappelons-le, la combinaison d'une racine et d'un schème. Si cette définition suffit pour décrire la forme du mot, elle ne renseigne guère sur sa nature grammaticale. Si le locuteur n'envisage que des mots – awal, pl. awalen, en berbère – l'analyste, ainsi que le pédagogue, le berbère étant enseigné aujourd'hui, ont besoin de procéder à leur classification, de distinguer des catégories précises pour mieux comprendre l'organisation de la langue.
La langue est riche et bien adaptée à l'environnement où vivent ses locuteurs. Cependant, leur registre linguistique a cessé d'évoluer depuis qu'ils ont arrêté la fabrication de leurs propres outils. Par exemple le mot cuillère en berbère se dit « Taghnjait », mais le mot verre provient directement du terme de la langue arabe Alkass « الكأس ». Le verre n'est pas en fait de fabrication locale et le mot a été directement transcrit. Sachant qu'il y'a une relation dialectique entre les moyens de production et la créativité linguistique.
Sur le plan toponymique leur langue n'a en revanche pas subi d'influences d'acculturation profondes malgré divers passages étrangers à part quelques mots et noms arabes, par exemple : Alla dérivé en Abdellah.
Les berbères Zayanes ne disposent pas d'archives écrites témoignant de l'existence de l'alphabet écrit, le Tifinagh, jadis employée dans d'autres contrées du monde berbérophone surtout chez les Touaregs qui l'utilisent encore.
Quoi qu'il en soit le langage véhiculé au Moyen Atlas et au Haut Atlas est le Tamazight transmis oralement de génération en génération et occupe une aire géographique importante du Maroc central.
4 Société 

La société Zayane est organisée selon le principe patriarcal, où le père joue un rôle primordial au sein de la famille, sans négliger le rôle de la femme qui bénéficie de certains avantages avant et pendant la colonisation : la femme (Itto) de Mouha ou Hammou Zayani, qui avait joué un rôle au côté de son mari lors de la bataille d'Elhri le 13 novembre 1914, mérite d'être mentionner.
Le système judiciaire est le 'Orf' (coutumier) régit par les Amghares: personnes âgées connaissant bien les rouages de la tribu. Leur assemblée constitue la Jamaa, qui est la référence judiciaire du 'Orf', donc un système quasi démocratique, mais la colonisation avait entraîné un bouleversement radical de la société berbère par l'introduction de biens de consommation et du système judiciaire européen.
Les tribus berbères en générale ne pratiquent pas l'esclavagisme, par le principe qu'ils sont des « hommes libres ». Mais durant l'antiquité, ils furent considérés par les Grecs comme des barbares, et donc propres à être esclaves pour eux. Plus tard Ibn Khaldoun les qualifia d'êtres inintelligibles selon lui, il empreinta cette onomatopée de la manière de leur communication "brr brr".
Le sultan alaouite Moulay Slimane (1792-1822) dans une correspondance adressée à l'élite Fassi où il mis en valeur les vertus des berbères dans ce message on peut lire toute une éthique, témoignage digne d'être mentionné.
أكد السلطان مولاي سليمان في الرسالة التي وجهها إلى أعيان فاس جاء فيها : « احفظوا هذه الوصية واحذروا فان الدين النصيحة اللهم اشهد فان أردتم أمان أنفسكم يا أهل فاس فادخلوا حلف البربر فان لهم قوانين ومروءة تمنعهم من الظلم ويقنعون بالكفاف »
Certains écrits arabes furent impitoyables dans leur position envers les berbères. La lutte entre les intellectuels amazighs et les défenseur de l'arabisation du Maroc prend de l'ampleur après le manifeste du 23 mai 19733. Le 1er mars 2000, les intellectuels amazighes s'expriment par le manifeste berbère, réclamant ainsi leur berbérité en tant qu'entité culturelle dans un Maroc muticulturel.
4.1 Abolition de l'ancien système
Au début de la colonisation une propagande est menée par les colonialistes durant la Troisième République, sous Jules Ferry. Les idées véhiculées visent d'abord les populations européennes, par une propagande orchestrée par la nouvelle classe bourgeoise militaro-industrielle, et dont le but est de convaincre cette population mal informée de l'infériorité des pays du sud de la Méditerranée. Toutes les tentatives de christianisation par l'intermédiaire des missionnaires surtout les Franc-maçons étaient des fiascos total.
La société berbère est bien structurée. À chacun de ses membres est assignée une tâche à accomplir. Traditionnellement, elle ne connaît pas de féodalisme. C'est après l'instauration du protectorat, qu'une nouvelle classe de propriétaires terriens comme (le Pacha Hassan à Khénifra 50 000 Ha et El Glaoui à Marrakech 150 000 Ha) avait vu le jour en guise de récompense à leur collaboration avec les colons, au détriment des populations refusant la soumission, des terrains ont été pris de force aux tribus hostiles à l'ingérence française.
4.2 Attachement à l'identité berbère
Après la colonisation de Tamazgha (Maghreb) et au lendemain des Indépendances, les Berbères, que ne protégeaient plus ni la géographie ni les formes d'organisation traditionnelles, semblaient voués à disparaître par fusion dans les ensembles nationaux.
Sous l'effet de divers facteurs (exode rural massif des villes à dominance arabophone, disparition des structures sociales et modes de production anciens, scolarisation massive en langue arabe, influence au quotidien de la radio et de la télévision), le socle culturel berbère a été violemment attaqué.
Cependant partout au Maghreb - en Kabylie bien sûr, en pays touareg, au Maroc, etc. -, se sont concurremment développés des mouvements de réappropriation par les Berbères de leur propre destin. Ainsi la culture berbère semble s'être adaptée aux réalités du jour, se voulant culture d'un peuple et non culture populaire.
5 Habitations
Tente berbère
Les premiers berbères Zayanes ne pratiquaient pas la construction, de par leur caractère pastoral, cela ne représentait aucun intérêt. Ils sont en perpétuel déplacement à la recherche de l'eau et des pâturages, et ce malgré la richesse du Moyen Atlas en eau. Les sécheresses étaient à l'origine des guerres intertribales, parfois au sein d'une même tribu.
Les berbères Zayanes habitaient dans des tentes tissées en fibres de poils de chèvres : elles sont hermétiques et supportent les hivers les plus rigoureux.
maison berbère
L'introduction du système capitaliste lors de la colonisation ayant changé leur mode de vie, une grande partie de la population Amazigh a tendance à se sédentariser, la construction en dur (fabriquée en terre : le Tabbout) se substitue aux fameuses tentes.
Aujourd'hui elles sont devenues un décor de consommation touristique lors des manifestations (fêtes, Fantasias, ...), mais une partie de la population pastorale conserve jusqu'à présent ce mode d'habitation.
6 Arts et traditions équestres
Barbe tradition équestre
Le cheval chez les berbères Zayanes représente un symbole rituel, qui s'enracine dans leur tradition guerrière. Cette tradition virtuose est personnifiée dans la Fantasia 5, rendue célèbre par les fameux tableaux d'Eugène Delacroix (1831)6.
La Fantasia est l'expression artistique qui rappelle le glorieux passé guerrier, qui stimule l'inconscient par l'odeur du Baroud et de la poussière embaumant l'esprit du spectateur et le fait entrer en transe.
La Fantasia réunit trois symboles berbères, fondements de leur culture : le cheval, symbole de l'indépendance et de la force ; le fusil qui, par son feu, maintient la liberté ; et la femme, sans elle la tribu s'éteindrait. Malheureusement la Fantasia est vue comme un produit de consommation touristique et non comme tradition ancestrale qui reproduirait les glorieux assauts de la tactique militaires berbères, à une vive retraite succédait à une attaque fulgurante.
Tradition équestre
Les cavaliers (Imnayen en Tamazight) répondent à des critères spécifiques à savoir:
• Le dressage des chevaux: cheval Barbe.
• La monture du cheval
• La maîtrise du déroulement de la parade dans un enchaînement cohérent
• Le respect du tir simultané.
• ces prouesses exigent la possession d'une technique équestre rigoureuse,du courage et de l'habilité.
•  La tenue du cavalier doit etre conforme aux habitudes vestimentaires de la région.
7 Musique et danse
Les berbères Zayanes ont aussi gardé une des plus vieilles pratiques culturelles, à savoir l'ahidous — rendu célèbre par Moha Ou Lhoucine, surnommé El Maestro — qui consiste en un mélange de danses, de chants et de joutes poétiques.
Celui-ci se pratique dans un cercle : les hommes et les femmes dansent, chantent, en se renvoyant des izlan — sortes de poèmes —, et au milieu du cercle, les enfant jouent et écoutent.
8 Artisanat
             
Tapis berbère
La femme berbère en général est un artisan qui vénère la laine depuis la toison jusqu'au stade final de la fabrication de son objet du plus simple au plus complexe. Elle est douée et fait appel à ses facultés sensorielles, esthétiques et artistiques.
Le tapis berbère7 est l'expression de la créativité de la femme amazigh, il s'agit là d'une symbolique à décrypter qui a fait l'objet de nombreuses recherches comme le cas de Paul Vandenbroeck qui écrit un ouvrage remarquable sur le tapis "l'art des femmes berbères". Le tapis berbère prend un dimension expressive pour chaque tribu : on peut donc parler du tapis Zayani, Attaoui, Zemmouri, M'guildi, etc.
9 Tradition culinaire Zayane
Il est à noter que la cuisine berbère est une cuisine traditionnelle ancestrale qui a peu évolué au cours des temps. Elle est basée essentiellement sur le blé, l'orge, le maïs, produits laitiers, le miel et la viande.
Les Zayanes ne sont pas des agriculteurs mais des nomades pasteurs pratiquant l'élevage pour subvenir à leurs besoins (lait, beurre, viande, laine, poil de chèvre, peau). Ils sont des chasseurs, ils apprécient la perdrix, le chacal, le loup, le renard, le hérisson, le porc-épic, etc.
Leurs principaux aliments sont :
• le pain fait à la levure traditionnelle ;
• le bouchiar (galette fine sans levure imbibée de beurre et de miel naturel) ;
• le baghrir (crêpe faite à base de farine, des œufs, de la levure et du sel) ;
• le Tahricht (à base de tripes : ganglions, trépigne, poumon, cœur : ces ingrédients enroulés avec les intestins sur un bâton de chêne qui sera cuit sur braise) ;
• le Méchoui nommé Barram-Ighouss cuit spécialement dans un four spécial.
• Le lait est l'aliment de base
 10 Bibliographie
•  Paul Vandenbroeck : L'art des femmes berbères
• F Berger : Moha ou Hammou le zaiani
• Pierre Robert Baduel : D'une entité à une identité
•   Salim Chaker : Langue et littérature berbère 

http://www.youtube.com/watch?v=opN3xxIKQG0
  

Publié par hadrajsaid à 22:06:44 dans Zayane | Commentaires (0) |

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