Khénifra
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Province de KhénifraLa Province de Khénifra est l'une des 4 provinces marocaines de la région de Meknès-Tafilalet créée selon le dahir de 1997 .Elle est considérée comme la perle des montagnes marocaines aux couleurs rougeâtres et surtout capitale des lacs et des rivières.
Région Meknès-Tafilalet
Lat: 32° 55'48 N, Long: 5° 39'36 W
Superficie : 12 320 km²
Division administrative
La province de Khénifra a été crée en 1973, elle relève de la région Meknès-Tafilalet. Provinces limitrophes : Khémisset, Ifrane, Beni Mellal, Province de Khouribga, Errachidia, Boulmane.
La province de Khénifra est divisée administrativement en 3 municipalités, 3 cercles et 12 caïdats. Elle compte 38 communes dont 3 urbaines (Khénifra, M'rirt et Midelt) et 35 rurales.Les sous régions sont : Aguelmous (54050 [2]), Ait Ishak (54100), Boumia (54150), Khenifra-Amalou (54004), Khénifra Principal (54000), Mibladen (54373), Midelt (54350), M'rirt (54450), Taakit (54374), Ouaoumana (54102) [1], Tighassaline (54003).
Géographie
Province de Khénifra au cœur du Moyen Atlas
1 Étage colliéen (800 m)
2 Étage subatlassien (montagnard de 800 m à 1600 m)
3 Étage, atlassien (de 1660 m à 2800 m)
Trois régions naturelles bien distinctes caractérisent cette province :
1. Le Dir au centre, la Méseta : Socle hercynien rigide qui forme le substratum des plateaux centraux de l'Espagne et du Maroc occidental. Les massifs anciens du Limousin, de l'Ardenne et la Méseta ibérique, les plateaux calcaires du Quercy ou des Grands Causses ont conservé de vastes étendues planes (Géogr. gén., 1966, p. 410 (Encyclopédie de la Pléiade).Caractéristique de la Méseta ou Messeta :
Un socle paléozoïque (les mésetas) depuis le Cambrien jusqu'au Carbonifère, constitué essentiellement par des terrains sédimentaires avec une intense activité volcanique bimodale au Viséen. Ce socle a été structuré par l'orogenèse( L'orogenèse est le terme scientifique désignant les mécanismes de formation des montagnes) hercynienne responsable aussi de la mise en place de nombreuses intrusions de granitoïdes : (source) Onnym.Une couverture, formée des terrains essentiellement carbonatés, mésozoïques et cénozoïques comportant deux unités structurales :
À l'Ouest, la causse : Vaste et haut plateau calcaire du Moyen Atlas et du Haut Atlas, aride et creusé de profondes vallées, offrant de maigres pâturages à moutons.2. Le Dir Atlassien : Qui a l'avantage de renfermer d'importantes ressources en eau et d'offrir des sols relativement riches ; donc, propices à l'agriculture.
La partie centrale de la province, qui correspond administrativement au cercle d'El Kbab, n'est autre qu'une partie du Dir du Moyen Atlas. C'est une région montagneuse couverte de forêts où l'oued Srou, affluent de l'Oum Er-Rebiâ, et l'Oued Chbouka prennent leurs sources.
Le bassin versant de la haute Moulouya correspond administrativement au cercle de Midelt, limité au Sud par le Haut Atlas culminant au jbel Ayachi (3757 m), et Moâsker (3277 m), et au nord par la causse Atlassienne (plateau calcaire, souvent ondulé, à surface sèche et couverte de pierrailles du Moyen Atlas). Ce bassin est riche par la diversité de ses paysages.La majeure partie du cercle de Khénifra s'étend à l'Ouest de l'Oum Er-Rebia avec une légère avancée sur le Moyen Atlas grossièrement limitée par l'Oued Srou et la ligne de crêtes joignant ce dernier aux sources de l'Oum Er-Rebia.
3. La méseta Atlassienne correspond à la partie ouest de Khénifra. La forêt de cèdres d'Ajdir Ezayane à 30 km de Khénifra est considérée parmi les plus grandes cédraie du monde (on y trouve des cèdres âgés de plus de deux millénaires). La forêt d'Ajdir constitue une richesse inestimable par la quantité et qualité de son bois. De nombreuses cascades, ainsi que des lacs d'une beauté exceptionnelle, comme le lac Aguelmame Aziza, le lac Aguelmame Sidi Ali, le lac Tiglmamine, Aguelmame N'Miaami, Aguelmame Ouidir, Aguelmame Abakhane près d'Elkbab, Aguelmame Ait Ichou entre Elkbab et Boumia, le lac de Ouiouane à 34 km de M'Rirt sur la route de Ain Leuh, ce lac artificiel alimenté par les sources avoisinantes. Altitude de 1600 m, ayant une superficie de 20 ha (riche en végétation aquatique, les poissons y sont abondants). La réalisation d'un barrage hydroélectrique Tanafnit El Borj d'une puissance installée de 2 x 9 MW.La réalisation de ce projet aura un impact économique au niveau de la création d'emplois et l'amélioration de l'infrastructure routière se qui donnera un souffle au tourisme de montagne.
Le fleuve Oum Errabiaa prend naissance à 40 km de Khénifra. Son débit avoisine celui du fleuve français la Seine avec 114 m³/s. La région de Khénifra constitue un château d'eau pour une partie du Maroc en particulier du côté de la méseta allant de Tadla vers Abda-Doukala.Population
La population est en majorité berbère, la langue parlée est le Tamazight, la démographie de la province se répartie comme suit :
Population urbaine : 273 000.Population rurale : 250 000.
Population totale : 523 000.
Le climat
Le climat de cette région est continental ce qui influe sur les amplitudes thermiques saisonnières, voire même journalières. À un hiver rigoureux succède un été chaud. La pluviométrie varie selon les régions entre 400 et 700 mm/an en moyenne.Les précipitations, en hiver sous forme de neige, sont abondantes sur le plateau de Bekrite, le col du Zad et le Haut Atlas. La combinaison de la température et de la pluviométrie est de nature à créer des conditions favorables à des ceintures de végétation : ainsi, on verra se succéder en fonction de l'altitude, des forêts de Kharroubier ou Caroubier, chênes verts, et cèdres (cedrus atlantica), genévriers, tetraclinis-articulata ou Thuya (Elaaraar).
Faune et Flore
La flore et la faune marocaine sont d'une richesse exceptionnelle.
Sur le plan ornithologique, les montagnes du Haut et du Moyen Atlas et au Sahara, constituent un refuge de prédilection fuyant l'Europe pour s'y installer car les facteurs de pression à savoir la dynamiques des populations et la pollution agissent sur le comportement des oiseaux etc... La liste des oiseaux menacés établie par la Commission Européenne pour la protection de la nature , le Maroc n'est pas épargné par ce phénomène, la liste des oiseaux marocains menacés d'extinction et aussi alarmante si l'on tient compte de la liste des oiseaux présents au Maroc présenté par Mr Lahcen Chillasse. Liste qui nous fait entrer dans un monde paradisiaque ; en outre le patrimoine des animaux sauvages est aussi menacé .Elle a permis, d'une part, de créer une vingtaine d'amodiations de droit de chasse (les espèces les plus fréquentes sont : le sanglier , la perdrix gambra , le lièvre, la palombe, le chacal et le renard, le loup), et d'autre part, dans le souci de sauvegarder le mouflon qui constitue une espèce rare et particulière à la région montagneuse du Haut Atlas, une réserve a été créée au niveau de la région de Tounfite, sur une étendue de 20 805 ha à prédominance de cèdres et de genévriers.
Il est à noter que le dernier lion de l'Atlas a été abattu en 1922, près de Taddert (versant nord de Tizi n'Tichka), en 1942 selon J. Minet. Il était un trophée fort recherché et victime d'un braconnage intensif, alors qu'il s'était déjà éteint en Tunisie et en Algérie quelques années auparavant. Comme la panthère, éradiquée au fil des siècles par les Romains (pour leurs gladiateurs), les sultans marocains qui entretenaient des relations diplomatiques remontant au VIIIe siècle avec les rois de France afin d'enrichir leurs zoos d'animaux exotiques, les derniers lions de l'Atlas furent exterminés par les colons français, il reste seulement quelques spécimens qui vivent au zoo de Témara, et en France (Montpellier). Il y en a encore un représenté par le lion sculpté d'Ifrane qui nous fait penser au moins qu'il existait un jour des lions au Moyen Atlas, immortalisé à Ifrane par cette sculpture énigmatique.Selon le témoignage de Mr Francis Boulbes:
" Dernière panthère tuée dans la région d'Immouzer Marmoucha d'Almis en 1974, naturalisée à Meknès (où je l'ai vue). Le lynx caracal est sans doute encore présent. En tous cas, quelqu'un que je connais bien en a tué un vers Missour dans les années 1980, et j'en ai moi-même vu un voici 4 ou 5 ans vers Almis du Guigou (Province de Boulemane). J'ai eu l'occasion de l'observer longuement (debout au milieu d'un champ sous la lumière des phares) je connais la faune et je suis sûr que c'était un lynx (Y a-t-il d'autres lynx que le caracal au Maroc ?)".Il est à signaler aussi que notre fameux singe de barbarie Magot qui fait plaisir aux visiteurs dans la régions d'Ifrane et d'Azrou a besoin des protecteurs et non de donneurs de cacahouètes... Le comportement de ces Magots ne peut être qu'un signe de déséquilibre du biotope, sans oublier le corbeau freux victime des superstitions fait partie des oiseaux menacés . La menace sur la biodiversité ne peut être résolu avec des colloques dans les hôtels luxueux mais par des réflexions subtiles et opérationnelles.
Certaines espèces animales sont déjà absentes du paysage forestier marocain depuis fort longtemps, notamment les grands mammifères ou les animaux de grande taille (lion, bubale, Addax, le lynx caracal disparu il y a 100 ans oryx, guépard, panthère (Panthera pardus) , gazelle dama, autruche, pintade sauvage, l'Ibis chauve , l'hyène tacheté etc...), la liste est longue. Un désastre écologique sera irréversible, si le gouvernement et les O.N.G. (Organisations non gouvernementale) ne mettent pas en place un programme de préservation de ce patrimoine national. L'enseignement de la philosophie environnementale dans nos écoles est un impératif qui doit s'imposer en tant que discipline à part entière, comme le disait Anatol Lieven : « Le plus grand danger pour la planète est pratiquement ignoré par nos médias. Non seulement il n'est pas très à la mode, mais en plus il se situe trop loin dans le temps ».Michel R. Tarrier, dans son essai de philosophie environnementale, expose une vision sombre, apocalyptique face au climat et les conséquences désastreuses qui affecteront notre système écologique .
La forêt de Khénifra, par la diversité de sa richesse (hydrologique, faunique et floristique) mérite une attention très particulière, donc une prise de conscience vis-à-vis de ce patrimoine qui risque un jour de disparaître. Un programme de sensibilisation des populations doit s'imposer afin de mettre fin à l'exploitation irrationnelle de la forêt.
La forêt du Moyen Atlas et particulièrement dans la région de Khénifra occupe une place privilégiée en biodiversité de sa faune et sa flore.Le Moyen Atlas apparaît comme une chaîne montagneuse non peuplée par l'homme. En effet, à l'exception de Taza au Nord et Khénifra au Sud, seuls de petits centres urbains se sont installés à la périphérie du massif.
Ce massif est exceptionnel par la diversité de sa faune, l'exubérance de sa flore, et la beauté de ses roches et de ses sites géologiques. De par sa situation et les caractéristiques physiques de son milieu, la région du Moyen Atlas recèle de richesses importantes en ressources naturelles renouvelables : aquatiques, édaphiques, floristiques, faunistiques, forestières. En effet, elle constitue un milieu humide (château d'eau du Maroc) favorable à l'afflux des oiseaux venant de continent européen vue la situation géographique du Maroc qui constitue un passage migratoire des oiseaux (couloir de Gibraltar).Les sols y sont les plus évolués, les plus diversifiés et les plus riches, mais aussi, localement, parmi les plus érodés ; la flore et la faune y sont très riches, et elles comportent un grand nombre d'espèces endémiques, rares ou très remarquables ; la végétation y est très diversifiée ; les "phytocénoses" y sont luxuriantes et offrent les plus importantes potentialités forestières du Maroc ; excepté ceux des zones arides et sahariennes, tous les types d'écosystèmes naturels marocains y sont représentés.
Cependant, de nombreuses espèces végétales et animales ont disparues de cette région ; d'autres y sont menacées de disparition ou sont devenues très rares ; les écosystèmes naturels, en particulier les forestiers parmi eux, subissent une forte pression anthropozoogène ; certains ont été anéantis, d'autres sont en dysfonctionnement outre la dynamique des populations qui s'ajoute comme facteur négatif pour l'écosystème, nous sommes donc confrontés à une problématique environnementale comme nous l'explique Xavier Heude.Les Cédraies de l'Atlas
Le cèdre de l'Atlas mérite beaucoup d'attention d'où la nécessité de descriptions de certaines caractéristiques.
La cédraie dans tous ses états par Michèle Tarrier .Taille : 50 m
Port : plus érigé élancé que chez le cèdre du Liban, surtout lorsqu'il est jeune.
Branches : plus courtes que chez le cèdre du Liban et ascendantes.
Écorce : gris foncé claire qui se craquelle en vieillissant.
Aiguilles : vert glauque (bleuté)
Cônes : 6 cm de long, avec souvent un petit creux au centre.
Le cèdre de l'Atlas (Cedrus atlantica) est l'essence forestière noble du Maroc, appréciée pour ses valeurs économique et biogéographique. Les cédraies, d'une superficie totale de 131 800 ha, occupent une place de choix dans le paysage forestier marocain. Elles se présentent toujours en futaie, généralement à cortège floristique riche et très hétérogène, pouvant être dominé par des espèces herbacées, des arbustes ou des arbres : Quercus rotundifolia, Quercus faginea, Juniperus thurifera, Ilex aquifolium, Cytisus battandieri, Cistus laurifolius, Daphne laureola, Crataegus laciniata, Ribes uva-crispa, Berberis hispanica, Bupleurum spinosum.
Dans les cédraies du Moyen Atlas ont été recensées plus de 260 espèces d'arthropodes et 30 espèces d'oiseaux nicheurs, soit l'une des plus fortes proportions d'espèces d'oiseaux sédentaires de toutes les forêts marocaines.Ces cédraies sont malheureusement gravement menacées par un nombre de ravageurs, dont la redoutable processionnaire (Thaumetopoeapit yocampa), la tordeuse du cèdre (Acleris undulana) diverses espèces de scolytes (Blastophagus piniperda, Scolytus numidicus), outre la désertification et l'exploitation abusive de ce noble arbre qui risque un jour de disparaître du paysage atlassien.
Personnalités œuvrant pour la sauvegarde de la nature
Jean Delacre : Personnalité ayant contribué à nous faire prendre conscience de la perte de biodiversité dans les Atlas grâce à son instinct de naturaliste dévoué à la Nature du Maroc.
Une passion dévorante pour la photo naturaliste doublée d'une grande expérience du terrain firent de Jean Delacre, l'ami de toujours, le complice de plusieurs expéditions marocaines de Michel Tarrier : initiateurs de la Maison de l'Écologie et des Écosystèmes du Maroc. Le souhait du premier auteur d'appliquer le millénaire précepte qu'« une image vaut cinq mille mots » (Confucius) trouva en les compétences du second auteur, matière à espérer de ce site une qualité illustratrice rigoureuse. En Belgique, son pays d'origine, Jean Delacre s'est de tout temps impliqué dans des actions visant à la conservation du capital naturel pour lequel il a œuvré pour la réhabilitation de l'habitat d'Euphydryas aurinia, ce qui lui valu la reconnaissance des autorités de tutelle et le Prix Interbrew pour l'Environnement 2004. Co-auteur de Carnets de voyages naturalistes au Maroc avec Michel Tarrier.
Michel Tarrier est entomologiste depuis son enfance. De 1992 à ce jour, en collaboration avec l'Institut scientifique de Rabat (Université Mohammed V), il totalise 2 000 jours de terrain et d'observations au Maroc, avec un million de kilomètres de routes et de pistes parcourues, des milliers de photos, la publication d'une cinquantaine d'articles sur les Lépidoptères et les écosystèmes de ce pays et la gestion d'une banque de données et d'une cartographie complète des Rhopalocères et des Zygaeninae de quelques 5 000 références vérifiées et actualisées, Jean Delacre cosignataire pour la MEEM (Maison de l'Écologie et des Écosystèmes du Maroc) Mohammed Drihem pour l'Association des Amis du Val d'Ifrane.
Auteurs de "Carnets de voyages naturalistes au Maroc" (à paraître)
Infrastructure routièreLa province de Khénifra dispose d'un réseau routier de 1623 km, dont 74,5 revêtu, réparti sur des routes nationales (213 km), régionales (379 km) et provinciales (1030 km),
Malgré ce dispositif routier modeste la province de Khénifra compte un ensemble de contrées difficiles d'accès ( anfgou , Agoudim.....), en raison de la topographie de la région.
Une politique de restructuration des moyens de communications s'avère nécessaire afin de décongestionner l'immobilisme économique que connaît la région depuis la colonisation, la région offre des potentialités inestimables jusqu'à lors non exploitées.
Publié par hadrajsaid à 09:48:25 dans Province de Khénifra | Commentaires (0) | Permaliens
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