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Pod Lampou...

je najväcšia vecer

Ma gueule

Ché pas parler. Longtemps j'ai cherché à rendre l'existence de mes images légitime. gimy the message mother fucker!! Pas parce que je ne savais pas quoi dire. Mais parce que ce ne sont que des images. Qu' est ce t'en dis? Toi! Combien parlent ta langue? Longtemps c'est ce qui m'a bloqué. là. Aujourd'hui ça n'a plus d'importance. Je sacralise plus, l'image est une sorte de kidnaping de l'histoire d'un "ça à existé", probable, complètement sorti de son contexte. 
Si je fais ça c'est que je sais rien faire d'autre, dans un ensemble de qualité discutable. Tu les trouveras dans le Thème PHOTO.


Les textes d'ici sont des projections d'images mentales ou de sincères réalités.






 







Si t'as envie de me dire un truc c'est possible ici:  jake-barnes@voila.fr






 






PRECISION: L'argentique me coute la peau du cul. De temps à autre je meuble les longues periodes sans tirage possible par des mots mis les uns à la suite des uns.











Sinon, pour les mordus de pensées théoriques à la mord moi le noeud, en voici une qui t'expliquera des choses..

" Je trace d'abord sur la surface à peindre, un quadrilatère de la grandeur que je veux, fait d'angles droits, et qui pour moi est une fenêtre ouverte par laquelle on puisse regarder l'histoire, et là je détermine la place que je veux donner aux hommes dans ma peinture"



Léon Battista Alberti.



 




ATTENTION:
** Je précise que si vous pensez vous reconnaitre de mes amis, de mes connaissances, de la famille même allez savoir...il n'y a aucune raison de s'inquiéter, pourquoi pas non?...si tu es un enfant et que tu sais lire alors il vaut mieux demander à ta maman, si vous êtes une personne  tout à fait équilibrée, un inconnu qui penserai que je parle de lui, si vous pensez que tout celà est vain, pitoyable, sale, moyen, mouarf bof, triste de pauvreté verbale, voir pitoyable, que le style est empreinté, que le contenu est faible voir en est proprement dépourvu, que ce discours est une farce, que vous en êtes le dindon, que vous êtes une personne à tendences dépressive, que vous me prennez pour quelqu'un de vaguement grossier ou de vraiment gerbant, d'insupportable d'arrogance, si vous vous dîtes que je ne fais pas briller les phrases en de savantes circonvolutions de verbe et de syntaxe, si vous pensez que je manque de références, de sel, de style... vous avez tout à fait le droit... et rien ne prouve que vous auriez tort... Ceci est un exercice... peut être alors évacuez la zone de tir...un vrai baltrap dan'l coin...**

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Rouge Scalp | 13 août 2008

facinée par son crâne rouge hirsute flamboyant et l'bleu profond du regard qui m'transperçait les sangs. L'acharné au bide gonflé par la bière qui s'tuait au turbin-baise-chair parce qu'i faut bien bouffer, l' gueux aux yeux des boeux plastiqués. Un pur, crade, suant, chauffant sans les chercher, les chattes en transe de pétasses fabriquées. Passagères.L'odeur du vrai. Le goût de l'indescent. Sa trogne sublime arrachée au cumul hard-corps d'un taf de con sans broncher gravée par l'alcoolisation qu'i' faut quand on est queud la chair à connard. On s'est reniflé le cul en clébars jusqu'au pti tin-ma l'oeil trouble, de traviol, les idéaux z enragés. plombés, la gueule crêmeuse et la turbine perchée aux vitriols vérolés. au comptoir. non-stop-bar. Les chiottes y dégueulaient des litres d'indigestions sociales et j'ai fini d'les impressionner en y collant ma touche. les gonzs y gloussaient en mouillant maquillant leur âge en se fardant en couche et sur un sourire so fresh de putaine de quinze ans c'est l'haleine chargée que j'viens coller ma bouche. 

sa chveulure rouge teinturlurée, sa carcasse pleine de maladresse à la bière et ma trogne qui n'est pas ça nous a scotché. La mienne avec mes lèvres qui rentrent vers l'dedans sur des chicos qui n'sont plus... Toutes les nuits le même trip: des délires de drogués, des s'ringues, des poursuites une flaque de stresse et la chaleur; infernale. une soif de traversée du désert et la sensation d'être en train d'têter l'goulot. encore. encore. et la sensation d'être le chtard qui tête l'mamlon. A la source. La machoire tendue et mes pauv' chico qui claquent dans l vide en me mangeant la lèvre. alors a force d'émmerger la gueule en sang j'ai fini par m'les faire toutes arracher. c'était resté tuméfié un sacré bout d'temps cette salopperie mais chuis plus emmerdé.
On finissait souvent vers huit heure du mat' et on s'collait sur un banc d'la gare des bus. là où y'a des papillons d'jour qui volent vers des ailleurs qu'on a jamais vu. avant on allait s'pécho quelques bières un peu tièdasses dans un rade en préfabriqué puis qu'on s'enquille sans s'parler. on en a plein les pattes. on sent l'soleil monter et jeter ça et là quelques calories sur not' viande ramollie. Ses cheveux rouges flamboient sous les bombardements photoniques. On fini par s'endormir là. Lovés. L'un dans l'autre. En attendant le soir. Sous les tumultes d'la ville qui s'éveille...

Publié par Jake Barnes à 02:37:34 dans TEXTES | Commentaires (0) |

La légitimité du tyran. (part2) | 28 juillet 2008

A un âge ou j'avais parfaitement conscience que si l'on est pas prédateur on est proie, il devenait presque naturel de voir se former une hierarchie et une sélection au sein de l'espace de la cour. 

10h05. Pause récréative.

CDI, coin planque cachette, trou profond que je creuse pour y disparaître.
Au lieu de ça n'être qu'un tas de purin excitant les mouches comme de la merde au cul d'un chien.

Recevoir des caillasses en attendant celui qui me toucherait à la figure. Se concentrer pour oublier la douleur, moins celle du projectile que la fourche qui me mangeait les tripes. BING! Sentir le mal se répandre sournois et sur de lui dans chacun de mes membres. Sentir une boule monter derrière les amygdales. J'enveloppe le mal avec la projection de cet abcès qui enfle en nid à pus suintant et pourissant tant la douleur est puissant poison. En vouloir moins même à ces merdeux qu'au connard qui avait pensé la notion de temps et institué la pause. Pourquoi fallut il qu'elle soit si longue. Dix minutes qui se voulaient dix ans. Une éternité en attendant que ça cesse. En attendant la cloche, cette même sonnerie petite soeur d'un glas qui retentirait quand arrivera mon heure et apréhender l'avenir comme un calvaire encore plus grand.

J'suis pas un spécimène. Plus commun tu crèves là. J'ai pas voulu me batre. j'ai déserté l'honeur et l'héroisme guerrier du do it yourself défense. J'ai fui par lâcheté peut être mais surtout par dégout profond. J'ai fait abstraction et me suis facinée pour la capacité de ma viandasse à encaisser. Un jour tout ira bien... Message reçu par mon cerveau de borderline.
Néanmoins... Je les détestait tous ces connards qui pour s'élever un peu marchaient sur ma tronche coie parce qu'eux même étaient déjà le furoncle d'une dominante plus forte. C'était tous ces arrivistes du futur en campagne, tous ces gros suceurs de bites molles juvéniles à la jutasse de foutre édulchoré, ces convoiteurs de popularité, des fashionable-products, des très bien adaptés aux systèmes humains, des charognards à l'apétit vorace. tous cette conne faune avait l'impression d'Etre en écrasant son voisin avant qu'il ne lui tire dans le dos, en appuyant sur ma gueule pour faire sortir la leur hors du tas de merde qui leur sert de socle. Pour se faire croire qu'ils sont quelqu'un parce qu'ils ne sont pas l'ultime déchet de leur environement.
Comme la vermine dans la pomme je chiais sur le slogan moisi d'la répudique qui ne représente rien d'autre qu'un produit que l'on vend. je vomît sur le christ, cet enculé qui s'il existait d'un quelqconque manière que ce soit comme on s'époumonnait à me le faire croire devait sacrément bien se foutre de ma gueule. -Frères, Fraterhité...

 Ha!ha!ha! Ja ris. Je ris mais c'est nerveux pas d'inquiétude.

 

Publié par Jake Barnes à 01:54:16 dans TEXTES | Commentaires (0) |

La mouche est tombée dans un verre et s'y est noyée, laissant autour d'elle l'auréole putride de la stagnation. | 27 juillet 2008

1 Troduction
 
Ma vie m'emmerde.
L'humanité me fait bien marrer. Je la vomie.
Je suis rongée de l'intérieur, vide de sens et si ma gueule s'éfforce de sourire, mon corps se tord dans une grimace aussi fausse que le sentiment qui m'habite. Je suis un être détestable. Je regarde ma carcasse avancer avec la pleine conscience de n'en être plus que l'ombre qu'elle projette au sol quand il fait soleil.

Bientôt je les entends ces êtres si méprisables parcequ'ils sont humains. Je me suis attardée dans la fosse commune de leur pensées...Trop longtemps. J'ai pataugé dans la source boueuse, vu les murs de fange, le marécage de vermine où leur esprit tordu prend racine. Là même ou leur conscience ne va pas. Domage. Si ils en avaient eu le courrage ils auraient pu y découvrir en fouillant bien l'inutilité d'une réflexion sur le respect des autres et d'eux-même qui ne sert qu'à dissimuler la faiblesse du parfait abruti.

Autants d'individus se voulant être communs, autant j'étais comme une tache au milieu d'un monochrome.

Un son de cloche retentit.
"Allez on ferme. On fini son verre. N'oubliez pas de régler."

J'me retourne du côté du comptoir et apperçoit Selma la taulière. Je'm'disait que j'pourais la soudoyer pour un m'en faire reservir un petit... Et puis j'y renonce. Je regarde un moment mon cognac.
"Allez Gloria, cul-sec"
PAF.
Je m'éxecute et laisse cinq dollars sur la table.
- Salut Selma, à la prochaine.
- Quand tu veux Gloria. Gaffe sur la route.
- Ouais ouais...
Je me dirige en titubant vers le parking. Putain de merde, j'en tient une bonne encore ce soir.
Je passe bien cinq minute à chercher les clés de la caisse au fond de mon sac... et tout autant à retrouver la bagnole qui va avec.
OK, c'est bon. Easy girl, easy.

Je monte dans l'Austine mini, aussi délabrée que moi. Je tourne la clé dans l'démareur et l'engin vrombit.
Je confie mon retour au véhicule et à l'instinct.

Je ne sais toujours pas comment je m'suis retrouvée dans mon pieu, étai-ce bien le mien d'ailleurs? Peu importe. Je me sens absorbée par le matelas, je me laisse me répandre et je sombre toute habillée.
 
2 Ascenssion et descente
 
Ca y est, je suis à L.A. Je me retrouve dans un luxueux appartement qui semble mesurer une surface incroyable, d'ailleurs la pièce ou je me trouve est spacieuse et confortable et bon sang quelle lumière! Je me sens une personne importante, chanceuse d'être là. Les grandes baies vitrées au fond donnent sur la terrasse et bien qu'il règne ici une châleur insupportable je les laisse ouvertes, béantes. La clim tourne à plein volume et les grands ventilateurs plafoniers brassent un air rengaine et suffocant. Sur le sol j'apperçoit étendu cette vieille crampe de chat qui profite de la fraîcheur du carrelage. Cette bestiole gagnerait tous les combats de squateurs par sa seule fainéantise.
Je me sens bien j'ai même l'impression que cet environnement m'est familier. Je sors sur la terrasse pour jetter un coup d'oeil sur la vue et un panorama superbe sur les collines d'Hollywood s'offre à moi. Le soleil commence à me cuire la peau mais je reste un moment à observer le tumulte de la circulation en bas de ma tour. Klaxon et autres avertisseurs s'époumonnent sur les piétons. Au loin, les sanglots longs des sirènes de police rendent mon espace sécurisant. Au neuvième étage on est plus vraiment sur Terre. J'étais en train de révasser quand d'un coup je me rend compte que cet enfoiré d'astre solaire était en train de me cramer la peau, je me déssechais à vue d'oeil comme si il avait réussi à absorber tous les liquides de mon corps par simple évaporation. Un torrent de sueur transgouline sur mon visage et mes fringues trempées me collent à la couègne. J'commençais à me sentir assez mal quand le salut providentiel est arrivé d'en bas. J'appercevais une gargotte qui pourrait sans aucun doute m'épancher et pensant aux opportuns liquides qui devaient se présenter sur sa carte je décidais de m'y rendre sans plus tarder.
Sans hésiter j'enjambe la ballustre et je saute.
9ème...8ème hourra me voilà!
7ème...
6ème..mon cerveau semble vouloir me rappeller que le plus important dans l'histoire n'est pas la chute..
5ème...Putain j'ai intérêt de trouver une solution pronto
4ème..c'est l'attérissage....
3ème le sol le sol lesol lesolsolsol
2ème ça y est j'immaginais très clairement à présent la manière dont allait j'allais me disloquer et me répendre en rencontrant le béton.
1er...Je redécolle? Je vole! C'est dingue, je tourne la tête et je vois qu'une double paire d'élytres a poussé dans mon dos. J'évolue à ma guise, je virevolte, je pirouette, j'ai des yeux derrière la tête.
Je fonce à toute allure et à tout va. Je remonte en sens inverse la file de voiture sur Pimp's Road, je me pilote comme un chef evitant les bagnoles au dernier moment.
Tout allait bien quand soudain, un grand fracas et puis plus rien.

3 Entre volatiles et vieille peau
 
Un boucan du diable derrière ma porte. On frappe chez la voisine.J'émmerge péniblement et retrouve la même crasse du même appartement minable. Ici les murs sont en carton et l'intimité est un luxe.
Si on me demandais un jour ce que je sais de mes voisins j'aurais aucun mal à le raconter. La vieille d'en face, Mauxion est une véritable harpie, une mégère de bas étages toujours à foutre son nez dans les affaires des autres. Radio-Ragot personnifiée par un amas d'os vociférant.
Au dessus c'est un couple du genre "je t'aime, moi non plus". Ils se foutent sur la gueule toute la journée et se réconcilient pendant la nuit. En tous cas ils ne se privent pas de me'l'faire savoir. En dessous c'est une famille de cinq enfants, dans cinquante mètres carrés. Y'en a pas un pareil.
Bref...
Et voilà que c'est chez moi qu'on frappe maintenant. Vu qu'jattends personne, c'est surement encore un de ces connard de représentant.
"J'ai b'soin d'rien ni aspirateur, ni même d'encyclopédie, de lave linge, de système de détection incendie, et autres merdes. Alors tu prends tes cliques et tes claques et tu te tires!
- Heu..., c'est Gendarmerie Nationale Madame.
Je m'extirpe molle du lit mou et me dirige nonchalemment vers l'entrée.
"Une minute, j'arrive".
J'ai jamais aimé la flicaille. Ces volatiles là sont rarement de bon augure.
Je passe la chaînette de sécurité et entrebaille la porte. Deux shmits en uniforme se présentent devant moi.
- "Bonjour Madame. Vous êtes bien Madame Gloria Mathurin?
- Ca s'pourrait qu'est-ce que vous lui voulez?
- Nous sommes des agents de la Gendarmerie. Je me présente, Agent Daniels et voici l'Agent Mint, nous sommes venus au sujet de votre mère.
- Attendez, j'veux voir vos badges.
- Mais certainement Madame.
Les poulets s'éxecutent
Je pouvais effectivement lire dessus Gendarmerie Nationale. Agent Jacques Daniels et Agent Peter Mint sur l'autre suivi d'un matricule.
Je jette un oeil sur les photos. Daniels s'était engraissé alors que Mint plus jeune n'avais pas bougé d'un poil, le sourire en moins bien entendu.
Je leur rend leur badges et dévérouille la porte.
Daniels prend la parole.
"Comme je vous le disais Madame, c'est au sujet de votre mère, pouvons-nous entrer?"
"Ouais, allez-y mais ne regardez pas le désordre, j'arrive dans une minute"
Je jette un coup d'oeil alentour et apperçoit la mère Mauxion dans l'entrebaillement de sa porte.
-Hé bha alors Mauxion, toujours une oreille qui traine. Vous n'en avez pas marre à la fin de vous délecter de la merde des autres? Pourtant ch'ui sure que dans vos étrons y'aurait matière!
Mauxion tourne les talons mais pas avant de me lancer "Espèce de petite bécasse, si tu menais une vie normale t'aurais pas les flics au cul!"
-Hé la vieille tu viocifères par jalousie parceque toi c'est dedans que tu crèverais de les avoir.

En rentrant je regrettais un peu de m'être emballée, c'était un coup à se prendre une prune pour outrage à mange-merde.
 
4 - les Ailes du desir
 
En retournant dans le salon, les deux shmits avaient enlevé leur képi et il semblait que quelquechose les affectait.
-Messieurs?
Daniels prit la parole l'air grave. J'ai pensé qu'il devait avoir plus d'ancieneté que Mint.
-Comme j'éssayais de vous le dire Madame, c'est au sujet de votre mère.
-Oui?
-Elle s'appelle bien Victoria Mathurin.
-Ouiiii???, alors laissez moi deviner. Ma mère s'est fait virer d'un rad, vous l'avez ramassée pour tapage en train de gerber sur la voie publique, elle à passé une nuit au placard et comme vous ne la supportez plus vous êtes venus en personne pour me la rammener.
Daniels et Mint se regardent un instant puis le gros flic reprend la parole.
-He bien Madame, votre mère...Heu, nous avons repêché son corps dans la Vilaine ce matin. Nous sommes désolés Madame...

La voix de Daniels se fit plus lointaine tandis que Daniels poursuivait.
...Elle aura fait une chute d'au moins 30 mèttres avant de s'écraser contre un des pillier en béton. Nous pensons qu'elle aura perdu connaissance avant de se noyer... Bien qu'il soit fort possible qu'elle soit morte net.

Une drôle de sensation m'envahissait, mais je n'étais ni triste ni surprise ça lui pendait au nez de toutes façons.

- Qu'est-ce qui vous fait penser que cette femme est bien ma mère?
- Hé bien nous avons retrouvé ses papiers d'identité parmi d'autre effets dans un sac sur le pont. Il y avait votre numéro en cas d'urgence, des photos...
Mint sors son carnet. "Elle avait un tatouage ... représentant un sexe féminin avec des ailes d'angelot, en dessous l'inscription "les ailes du désir" sur le bras droit"
A ce moment j'ai pensé que cette morte était bien ma mère. Un tatouage pareil était unique. Ses "ailes du désir"...
Je suis restée un moment silencieuse.
-Vous ne devriez pas rester seule Madame. Avez-vous quelqu'un un ami, une voisine qui pourrait vous tenir compagnie?
Je repensais à Mauxion.
-Ca va aller Agent Mint. Où a t'elle été emmenée?
-La dépouille de vôtre mère a été déposée à la morgue de l'Hôpital St Salvador, au coin de la Neuvième et de la Quarante-troisième. Nous aurrons un peu de paperasse à remplir avec vous. Passez quand vous pourrez.
-Savez vous comment elle est tombée?
Daniels un peu gêné.
-Elle avait certainement bu plus que de raison hier soir, car elle avait un taux d'alcoolémie encore très élevé quand nous l'avons trouvée. Nous pensons qu'elle aura glissé. Il faudra cependant attendre les résultats de l'enquête avant de conclure si il s'agit d'un suicide ou d'un accident.
-Très bien Messieurs... J'éssaierai de passer dans la journée.
"Voici le numéro de la gendarmerie, si vous avez besoin de quoi que ce soit" me dit Mint en me tendant une carte.
Je les racompagne jusqu'à l'entrée et ferme la porte à clé derrière eux.

Victoria ma mère était une femme perdue d'avance qui avait employée sa vie à la foirer. Et voilà le résultat. C'était tout elle ça, cultiver une syrose et crever dans d'leau douce.

Y'a des matins comme ça ou il vault mieux rester couché. D'ailleurs c'est ce que je vais faire. Retourner me coucher.
Je me sors une bierre et m'étend sur lit.
 
5 - Son etendard a elle
 
Si le temps donne la saveur aux choses il était clair qu'elle avait dégusté.
Vic avait toujours su cultiver cette ironie, grossière et collante comme un vieux fond de cubi.
... Une mouche est tombée dans le verre et s'y est noyée laissant autour d'elle l'auréole putride de la stagnation.
Victoria, nom d'une reine, d'un lac, d'une chutte d'eau...
Cette femme avait rencontré mon géniteur comme un insecte rencontre un pare-brise. J'aurai pu finir dans les chiottes mais non, cette conne a choisi de me garder.
Gloria. J'étais sa médaille du mérite, son justificatif pour les alcoolations familiales, son étendard à elle. Celui-là même qu'elle avait eu un soir bien dur et bien tendu s'agitant mécaniquement dans les profondeurs de son entre-jambe. Je l'imaginais parfaitement. Une bouteille de trop et la voilà se faisant ramoner son gros cul bien calé entre deux pissotières d'un rad minable. Cette conne avait permi à un soulot de se soulager et de disparaître...comme à son habitude.
Encore un de ces soirs où elle etait sèche, sèche comme du bois mort, sèche comme un désert, plus sèche encore après ce dernier verre et plus amère que le citron qui l'accompagne. T'as tiré le grelôt chérie, alors c'est en ton hôneur que j'la vide cette binche, et ce s'ra également le cas pour toutes celles qui suivront.
Au moins pour l'heure qui suit.
Bières après bières j'éssayais de me remémorer les bons moments qu'on avait eu avec ma mère. Ce qui était louche c'est que d'habitude quand une personne qui nous est chère vient à mourir ces souvenirs nous envahissent d'eux-mêmes et que là, malgré mes effots je ne pouvais m'empêcher de penser au fait qu'elle m'avait pourri la vie depuis le début. J'avais hérité de son ADN, de sa connerie de blondeur, du gouffre laissé par son compte en banque,de sa mauvaise foi en toutes circonstances impliquant sa responsabilité, de sa collection de PV et factures, de son club d'amis complètements baisés, finalement de son interminable liste de problèmes à régler, tu parles d'un héritage. Hummm... (soupire)
Mais voilà, Vic, c'est fini maintenant, j'en ai fini avec toi et toute ta merde, hey ouais j'ai soldé ma dette de droit d'exister honney alors pas la peine de te retourner dans ta bière car ça n'y changera rien.
 
6 - Joie et bonheur
 
Nous venons au monde un jour parce que notre mère le veut bien, d'ailleurs encore longtemps après c'est d'elle que nous dépendons.
La mienne avait clamsé avant que j'ai eu le temps de la faire payer pour ça.

Depuis qu'jétais gamine j'essayais de réaliser des choses pour cesser d'exister auprès des autres, pour exister pour moi. Pour me faire croire que j'étais bien plus qu'un simple amas vivant tellement semblable à la multitude. Donner un sens à ma vie en créant ce qui aurait fait ma force, un truc sensas auquel j'aurais pu me raccrocher dans les moments de doute et par ça devenir un être extraordinaire. Enfin, arriver au bout et crever sereine avec une appaisante sensation d'accomplissement.

Au lieu de ça mes tentatives de réalisation n'ont été qu'une série de ratages complets, de flops, de dérapages, de foirage, d'idées remarquables aux oubliettes. Bien des années après c'était toujours le même schéma. J'en étais même presque arrivée à penser que la sortie de secours aurait pu être que je tombe en cloque. J'aurai contribué au cycle de la vie, j'aurais fabriqué quelquechose et qui plus est un bout de chaire de ma chaire que je pourrais voir évoluer. En lui je mettrait tout mes espoirs d'élévation sociale, il réussirait partout ou j'avais échoué car je l'orienterais dans ce sens et à son tour il deviendra un être d'exception.
...Mais qu'est-ce que je raconte là??
Plus je me regardais dans le miroir et plus l'idée que je puisse devenir ce genre de vivant me faisait frémir de terreur.
Finalement ce qui rend les hommes communs c'est leur volonté d'acceder au boheur.
Un travail, une famille, un petit chez soi, une belle voiture, une T.V, les trente-cinq heures et les congés payés...

Mon bonheur à moi est bien différent. Disons que c'est quand tous les coup de pute les plus pourris de la vie me tombent sur la gueule et que je suis encore capable de les prendre avec le sourire, sans stress. Parce que j'en ai rien à foutre.
A l'évidence c'est un mode de vie qui demande plus d'énergie, mais je crois que ch'uis plus heureuse en survivante. Au moins j'ai l'impression de savoir ce qui est essentiel pour moi et je'm bat comme un diable pour le garder.
Je me moque de tous ces cons, ces bons terriens qui font surtout tout pour le rester, alors que l'avantage de ne rien posseder c'est qu'on a rien à perdre, forcément c'est rassurant. Aucune chance que je m'élève de quelque manière que ce soit dans l'échelle sociale, surtout pas d'ailleurs oh non. Seulement essayer de prendre du plaisir en se contentant d'exister.

Ma mère venait de clamser et grâce à son dernier acte, splendide, je me sentais vivante. Peut-être pas pour longtemps mais au moins ça valait le coup, juste pour voir comment j'allais finir.

La sonnerie du telephone retentit. J'me lève et décroche.
"Ouais?
- Madame Gloria Mathurin? C'est Isabelle de l'agence Good Job Intérim. Je vous appelle car j'aurai une mission à vous proposer, vous êtes toujours dispo?"

Cette meuf avait vraiment une voix de merde. Le genre de voix haut perché qui vous hérisse le poil rien qu'à l'entendre. Une voix de fille qui passe la journée à refourguer des tafs minable à des troufions comme moi, bien assise sur un fauteuil confortable derrière son bureau avec à la main un mug rempli d'thé.
Pouah, pathétique.

J'avais besoin de fric, j'ai dit oui.
"Très bien, c'est pour faire agent de fabrication à l'usine de " La Moule Rieuse ". Vous commencez demain. Pourrez vous passez à l'agence dans la journée. Nous fermons à dix-huit heure.
-Ok, j'ai dit."

J'raccroche le combiné et m'alume une clope.
 
7 - Good Job interim
 
Putain, pas moyen d'être pénarde dans cette turne. Un jour merdique de plus s'aglomérant aux tas de jours merdiques précédents et semblable à tous ceux qui suivront. Notons quand même aujourd'hui l'effort particulier décuplé pour bousiller une journée, où j'avais décidé de ne rien faire d'autre que me concentrer sur mon mal de crâne et évacuer la gueule de bois.
J'tire une longue taffe sur ma clope et l'écrase dan'l' cendare. Un jour faudra que j'pense à l'vider... Ou à le jeter tout entier avec son contenu. Ce truc dégueule déjà de plus de mégots et de saloperies qu'on peut en trouver sur cent mètres de trottoir.

Je prends une douche pour me donner un semblant de fraîcheur. Merde ! Plus de savon. Tant pis j'trouve un fond de lessive en poudre qui f'ra parfaitement l'affaire. Je lis sur l'emballage « plus blanc que blanc », encore un truc pour vous faire anihiler toute couleur.
Je fouille dans le stock de linge sale et fini par trouver un tee-shirt et un jean à l'odeur acceptable et puis je me dis que de toutes façons avec les effluves de détergent que je dégage je vais pouvoir donner l'illusion du vêtement propre au moins pour aujourd'hui.

Plus j'y pensais et plus ça me fichait la trouille de devoir affronter le corps mort de ma mère. Ca faisait bien six mois maintenant que j'avais pas eu de nouvelles et la dernière fois qu'on s'était vues s'était pour me demander du fric. D'ailleurs ce jour là on avait bien failli se foutre sur la gueule.
J'décide de commencer par la boîte d'Intérim. J'me dis qu'au moins ma journée servira pt'être à quelque chose.
En sortant j'aperçoit Mauxion qui ragote au bout du couloir avec la logeuse, d'un coup elles s'arrêtent de jacasser en me voyant. Mauxion semble vouloir me dire un truc avec ses yeux. Un truc entre le défi et la menace. Cafteuse. Quand on pense que cette vieille peau passe tous ses Dimanche matin à disperser des Alléluia à l'église d'en face... Je la soupçonne même de passer plus de temps sous la soutane du curé que sur les bancs de messe. Un bakchich au prévôt et un laisser passer pour le paradis.
« Bien l'bonjour Mesdames »
Un silence éloquent fait écho à ma salutation.

Je m'cale derrière le volant de l'Austine, tourne la clé et m'élance sur Santa Rosa Bd. Au bot d'un moment j'tourne à l'angle d'Ill Street avant de rattraper la vingt-septième que je longe quasiment jusqu'au bout. La radio passe la fin d'une chanson rock puis la voix d'une présentatrice fait une annonce. « La super cagnotte de la Loterie Nationale s'élevant à plus de quarante cinq millions de dollars à été décrochée hier par un heureux gagnant qui ne s'est pas encore présenté. Rappelons que si vous êtes ce gagnant vous avez trente jours pour réclamer votre gain sans quoi il sera remis en jeu, alors j'espère pour vous que vous n'avez pas perdu votre billet gagnant et que...» J'coupe la radio et m'gare à deux patés de maison de chez Good Job.

La boîte d'intérim est le genre de bâtiment qui passe inaperçu tellement sa façade est quelconque et moche. Un vieux bloc de béton peint en blanc depuis trop d'années, percé d'une baie vitrée et coincé entre deux petits immeubles. Au dessus de la porte une pancarte plastifiée verte et blanche fait office d'enseigne avec pour tout message, le logo d'un type vu de face et levant le pouce comme un autostoppeur, suivi de « Good Job Intérim » en vert sur fond blanc.
Je prend une grande inspiration et me dirige vers l'entrée. Ok, let's go girl !
L'intérieur ressemblait à l'extérieur. Vieux et moche. Un instant j'ai pensé tourner les talons mais la femme-à-la-voix-haut-perché me fait signe de m'asseoir sur une chaise d'attente verte elle aussi, pendant qu'elle termine avec un futur employé potentiel.
Je m'exécute. La-voix-haut-perché me faisait penser à une gallinacé à sa façon de secouer la tête à tous moments picorant un grain improbable sur son bureau plastique-immitation-bois.
Je jette un coup d'œil à l'agencement général et m'arrête sur un écriteau. « Chartre du bon intérimaire ». Ce truc sonne comme les dix commandements, qu'elle horreur. Je lis « Ponctualité Implication et Sécurité. Tenue et Langage correcte exigés. N'oubliez pas qu'à travers vous c'est l'image de notre société que vous véhiculez. » Etant donné la gueule de leur boîte je trouvais ma tenue vestimentaire tout à fait correcte. En plus je sens la lessive. D'ailleurs je ne sais pas si c'est ça mais je commence à avoir de drôles de plaques qui démangent à mort sur les bras...
Voix-haut-perché (Isabelle ?) se lève en même temps que Main-d'œuvre-potentielle et lui serre la main.
« Soyez sur que dès que nous aurons une mission correspondant à votre profil nous vous rappellerons. N'hésitez pas à passer régulièrement à l'agence pour pointer le cahier de présence. Ceci nous permet de connaître vos disponibilités et de juger de votre motivation pour un travail. » Un sourire faux accompagne un « Bonne fin de journée Monsieur, à bientôt. » Putain mais quelle mascarade!
Le quidam la gratifie d'un sourire et regarde furtivement vers moi avant de sortir.
Bon Dieu! Mais qu`est ce que je fous la! Une seconde j ai pense a en faire tout autant, hélas une seconde trop tard. Avant que j`ai pu esquisser le moindre mouvement Voix-haut-perché m'indiquait déjà la place a prendre an face d'elle.
Tres bien, alors picorons ensemble et peut-être même qu'ensuite nous pondrons des oeufs...
Isabelle comme l'indiquait sont badge m'invita à exposer la raison de ma visite.
-Je suis Gloria Mathurin et comme vous devez vous en douter je viens pour travailler... vous m'avez appellée en fin de matinée... vous vous souvenez?
- “ La Moule Rieuse ” oui, c'était vous n'est-ce pas?
Je n'avais ni l'air d'une moule ni envie de rire, mais j'hochais la tête a sa façon.
-  “ Très bien. Vous allez travailler a la Moule Rieuse, voici comment vous y rendre” me dit elle en me tendant un plan de route photocopié. “C'est une grande enterprise et sur les lignes ou vous serez vous aussi les employées sont essentiellement des femmes. Environ huit cent personnes y collaborent.”
Intérieurement je remarque que maintenant on ne dit plus employé mais collaborateur et cette nuance là ne s'est pourtant jamais affichée sur ma fiche de paye...
“Vous serez payée cinq dollars net de l'heure” poursuivait la drolesse “et vous recevrez votre salaire par chèque au douze de chaque mois. Le travail est penible, long et dans le froid, environ moins dix degrés. Bien entendu vous n avez aucune objection a rester en position statique et debout pendant huit a dix heures. Avez-vous des questions?
-         ... Non, ca me parrait bien clair...Oh, en fait si. Au bout de combien de temps peut on demander une avance sur salaire?
-         Une avance ???!! Vous n'avez pas commence a travailler que déjà vous voudriez une avance?
-          En fait c'est que je suis un peu juste ce mois ci...”
Elle m'indique une feuille accrochée au mur.
 “Les acomptes sont a demander au moins quinze jours à l'avance payables au vendredi suivant et uniquement après deux mois d ancienneté.”
Apres quoi Voix-haut perché reprend son spitch infatigablement. “ Tres bien. Alors vous vous présenterez a l acceuil de La Moule Rieuse demain à treize heures et ce sera comme ça pour le reste de la semaine. Derriere l'usine vous verrez une porte grise en metal qui donne sur un long tunnel vitré. Appellez a l interphone et dites que vous êtes envoyée par l'agence Good Job Interim et affectée au service conditionnement. Vous avez bien compri?”
Pas le temps de repondre que déjà elle enchainait.
“Vous entrez et vous allez chercher une tenue de travail qui vous sera remise au bureau qui se trouve au bout du couloir vitré. Vous aurez droit a une demie heure de pause par jour dans la sale mise à votre disposition. Cette sale ainsi que toute l'usine est non fumeur. Je crois sentir que vous consommez du tabac....???  N'est-ce pas ?” Insista-t-elle.
“Heu... oui...
-He bien il faudra faire sans. Je vous remet notre carte avec le numero de notre agence ainsi que la chartre du bon interimaire.”
Elle me dévisage de nouveau avant de poursuivre.
“ Prévenez nous en cas de retard ou d'empechement, quand à la chartre je vous conseille de la lire attentivement, c'est dans votre interêt. J`insiste sur la ponctualité car au delà de trois retards injustifiés, ne vous donnez plus la peine de repasser par notre agence. Voici votre contrat. Signez ici et là. C est un contrat d'une semaine. Pour la semaine prochaine nous verrons si vous convenez. Dans ce cas soit ils reconduisent votre contrat pour une semaine, soit ils vous gardent et vous ferez alors les trois huit. Vous savez ca n'est pas donne a tout le monde.”
Voila qu elle me presentait la chose comme un symbole de reussite sociale à present.            
L'intarrissable Isabelle poursuivait encore.
“Vous verrez, ce travail n'est pas si pénible. J'en connais même qui ont commencé comme vous et qui y prenant gout se sont trouvés embauchés en C.D.I directement par l'enterprise elle meme.”
Putain mais qu'est ce qu'elle en savait cette pétasse avec son gros cul propret vissé sur sa chaise de bureau à refiler des tafs comme celui là à des trouffions comme moi.
Enfin l'entretien semblait se terminer et voix haut perché se lève sur talons hauts en me tendant une main que sans doute je devais serrer en signe de conclusion. Ce que je fit>
“Je vous souhaite une bonne fin de journee Madame Mathurin et n oubliez pas, demain, treize heure. Soyez ponctuelle.”
Sans sourire et sans me retourner je passe la porte.
-         "Ouais ,ouais..."
 
En sortant de là, j'avais deux envies. Me fumer une clope et m en jetter un petit.
J'm'allume la derniere Lucky et inspire une longue boufee que je garde un moment dans mes poumons.. haaaa. Appaisante nicotine. Besoin d'un remontant. Je me rappellais avoir vu un bistrot au coin tout-à l'heure. Un Cognac ne sera pas de trop. En m'y dirigeant je me sentais un peu fébrile... D'un cote j avais un boulot, de l'autre il fallait encore que j'affronte le corps mort de Vic.
Je m'engoufre dans le rad. Desert. Juste un mec au fond avachi sous une enseigne Heineken. L eclairage vert lui donne d ailleurs un drole de teint blafard.
“Madame qu est ce que je vous sert?”
Un barman sans âge finit d'essuyer une tournee de verres. J'ai envie de lui repondre : les seins mais pas trop fort.
“ Mettez-moi un cognac... Un double... Et un paquet de Luky”
Ma mere, La Moule Rieuse ... tout un programme... Putain! J etais lessivée et completement a l'ouest. J'm'enquille le double d'une traite.     L'éthanol va remettre de l ordre la d'dans. Precieux remède.
J'indique la meme chose au barman et jette un coup d'oeil au clampin au fond.
“ Hey dites donc il a l'air bien rond le gars la bas
-         Ouais, c'est un habitué. Quand on veut le bouger il dit qu'il n'a pas fini de reflechir. Au bout d un moment il se lève et sort tout seul, alors on préfère le laisser comme ca, au moins il ne fout pas de bordel.
-         Encore un type que la vie a rongé. Combien je vous dois?
-         Ca fait neuf dollars.”
Je m'envoie le concentré de bonheur et laisse le fric sur le comptoir.
 
 
 
 
 
8- Direction le Poulailler.
 
Je m'gare au plus pres du bordel sur un parking payant que je compte bien esquiver. Je me dis que c est sous la lampe qu il fait le plus sombre alors j ai des chance spécialement ici qu ils ne controlent pas si j ai payé le droit de m'arrêter. Le bâtiment semble exprimer un truc du genre “barre toi vite fait”.
C'est comme entrer dans une église. Je suis sure que Dieu si il existe doit etre une sorte de vieillard diminué qui voudrait mordre si il avait encore des dents.
L'édifice est moderne et froid. Des grilles aux fenêtres. Je me demande si c'est pour empecher les voleurs d y entrer ou d'en sortir. J'ai toujours le sentiment d'être dans l'illegalite quand je croise un poulet, même si a la base j'ai rien a me reprocher. Ces connards trouvent toujours un truc pour vous stopper dans votre élan vers nullepart, parceque c'est leur boulot d'emmerder le monde. Tu parles d un métier.
Je monte les escaliers avant que la porte d entrée ne s'ouvre sous mon nez en me grincant un bienvenue coulissant et surnaturel. A peine dedans que déjà j'ai des bouffées de chaleur.
“Accueil” Un jeune truffion fait la paperasse de ses supérieurs dans la pathétique perspéctive d une hypothétique promotion.
“Bonjour. Gloria Mathurin. Concernant le décès de Victoria Mathurin. Les agents Mint et Daniels m ont dit de passer.
-Ha. Allez vous asseoir sur la chaise là-bas, je vais les prevenir de votre arrivée.”
Je trouve le siège et y pose mon cul. Y'a un type en face de moi avec la tronche pleine de sang qui coagule en attendant.
 
 
publié dans : vie et mort d'une histoire.

Publié par Jake Barnes à 02:39:10 dans TEXTES | Commentaires (0) |

la légitimité du tyran. (part 1) | 27 juillet 2008

Congé. Tous ces jours désserts que j'attendais comme le sucre qu'on tient d'vant ma truffe de chienne de Pavlov pourvu que je me sois tenue tranquille. La bave m'encrêmait la gueule docile et la babine légèrement retroussée je remue la queue hystérique.

Quelque part en France en Bretagne, un bled communal de 3000 clampins de sédentaires absolus, d'arrivés là par hasard ou par accident, de spéculateurs en botes cahoutchouc aigle, de familles bien implantées faisant partie du patrimoine communal et de la couleur locale, d'instituteurs et profs d'ici, eux mêmes issus de familles respectables enracinées ou arrivés là par hasard ou par accident. Une bonne brouettée d'élveurs bovins et cultivateurs de maïs et blé. Quelques vieilles vioques soucieuses en y posant leur cul de bien lustrer les bancs de messe de leur virginale pureté. un curé en Levi's. Deux boulangeries, deux coiffeurs mixtes, deux petits commerces d'alimentation générale, deux banques, deux école mixtes laïque et privée catho, une poignée de médecins dentistes, une poignée de commercants confortables, cinq bars dont un pmu concentrés sur la place, une odeur ambiante de vieux fonds de picrate dans des verres de cantoche. Un mélange odorant de Gitanes Gauloises et cafés-crême, une doeur de pluie, une odeur de vieux, une vision de microcosme, une odeur d'appat de pêche, une sensation de verre de terre, Une odeur d'épandage lachée par la bouche de quelques vieux traditionalistes hagards concernat la couleur locale et enfin un collège de trois cent élèves à la peau chlorée tous niveaux confondus regroupant cinq communes.  C'est le Collège du bourg de Freewind et nous sommes au milieu des années 90.

[...]

Attendre.

Surtout ne jamais arriver en avance.
Toujours partir à la dernière seconde de la dernière minute pour gérer au mieux le timming et ainsi éspèrer qu'au moment ou j'cale mon bike derrière la haie du présbytère*, la sonnerie du Collège retentisse et fasse rentrer tous ces merdeux. Une petite ruse pour s'autoriser un peu de répit encore, avant d'entrer dans le cirque... Un jour.... oui un jour... me dit la voix. C'est pas Dieu ou un d'ses acolytes qui m'parle. La voix c'est pas une amie. la voix c'est la ficelle qui m'accroche encore quand j'déglingue. C'est une vision sonore de mes projections mentales... intra intra mon cerveau turbine.
S'autoriser à passer devant la gare routière, à longer le muret, les rembardes et l'entrée de la cour sans avoir à regarder ses chaussures. Des gaudasses se voulant en peau de singe les plus ressemblantes possibles à tant d'autres qui auraient même si elles avaient pu, être les choses les plus insignifiantes possible pour éviter de se faire remarquer. En connaitre chaque coutures pouvoir en apprécier d'un seul regard et de façon quasi pro les plis usés d'une matière synthétique sans nom, cette couleur chiassarde et délavée qui n'a pas sa place dans la foule de paire de pieds et de chaussures aux noms retantissants comme autant de symboles glorieux qui auraient dans un seul signe rassemblé toute la multitude d'une soupe génération en ébulition. Comme une démarcation, un reconnaissance et une appartenance. Comme si ce mot con à sonnance amèrloque avait pu abolir la solitude et donner à autant de gens perdus la possibilité de se retrouver dans quelque chose de fédérateur.
Finir enfin par détester de n'être que soi et de ne prétendre à rien d'autre qu' à être parmis d'autres. Rire des autres pour se rassurer, pour se donner l'impression qu'on est pareil, pour me donner l'impression qu'ils sont comme moi, un bad bet, puis prendre un plaisir dégueulasse à me moquer de l'image qu'ils projettent, pour me foutre de moi. Finir par ne désirer qu'être et les rendre. surtout ne plus prétendre...

Publié dans : Mes ptits camarades.

Publié par Jake Barnes à 02:09:09 dans TEXTES | Commentaires (0) |

J'ai craché sur l'miroir et c'est mon glaviot qu'jai pri dans la face. | 15 juillet 2008

la vérité c'est que toute cette sauce était meilleure avant. Mais il a fallu que je l'ouvre encore. Hein?!! j'commence à en avoir plein le cul d'raconter des merdes aussi grosses que moi à des trou du cul qui tombent sur un bla bla vide sans même prendre deux secondes pour me dire d'aller me faire foutre.
La vérité c'est que j'sais plus écrire. j'ai mangé mon bic et j'ai d'l'encre plein la gueule. C'est a force de regarder la page toujours blanche. C'est à force de me creuser la tronche sur comment quoi mettre dessus et comme à mon habitude ça fini par tacher et laisser gras des flaques dégueux.
Ecrire j'ai su. ça a duré quinze jours comme un flash électrique avant que l'ampoule ne grille. Dix ans qu'jai la dynamo branché sur'l cerveau, la bobine à pas suivi et j'ai les dendrites qu'ont finit par s'prendre dans 'l rayon alors que toi tu restes là, agripé à mon porte bagage en espérant que mon élan pour nulle-part t'emmène vers ailleurs... Alors je vais te dire: Tu te plantes. je vais pas moi. mauvaise pioche. y'a pas de chemin ici. Y'a pas de ligne. Pas de conduite, pas de passager et aucune destination. C'est qu'la forme flipper flippée d'ma bobine dérangée. Une sauce vaguement bonne vaguement frelatée conditionnée comme une bouteille plastoc. Une bouillasse insipide qui laisse en mémoire le simple souvenir de l'oublier très vite, avec un code barre sur son côté le plus consensuel. Alors si ce que je te dis t'fais pas marrer casse toi!

 

JEBEM!!!

 

Barnes.

Publié par Jake Barnes à 02:36:07 dans TEXTES | Commentaires (0) |

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