Ché pas parler. Longtemps j'ai cherché à rendre l'existence de mes images légitime. gimy the message mother fucker!! Pas parce que je ne savais pas quoi dire. Mais parce que ce ne sont que des images. Qu' est ce t'en dis? Toi! Combien parlent ta langue? Longtemps c'est ce qui m'a bloqué. là. Aujourd'hui ça n'a plus d'importance. Je sacralise plus, l'image est une sorte de kidnaping de l'histoire d'un "ça à existé", probable, complètement sorti de son contexte.
Si je fais ça c'est que je sais rien faire d'autre, dans un ensemble de qualité discutable. Tu les trouveras dans le Thème PHOTO.
Les textes d'ici sont des projections d'images mentales ou de sincères réalités.
Si t'as envie de me dire un truc c'est possible ici: jake-barnes@voila.fr
PRECISION: L'argentique me coute la peau du cul. De temps à autre je meuble les longues periodes sans tirage possible par des mots mis les uns à la suite des uns.
Sinon, pour les mordus de pensées théoriques à la mord moi le noeud, en voici une qui t'expliquera des choses..
" Je trace d'abord sur la surface à peindre, un quadrilatère de la grandeur que je veux, fait d'angles droits, et qui pour moi est une fenêtre ouverte par laquelle on puisse regarder l'histoire, et là je détermine la place que je veux donner aux hommes dans ma peinture"
Léon Battista Alberti.
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EN VRAC SUR CETTE PAGE
Un boulot de merde.
Semblable aux occupations journalières de milliards d'autres connards.
Peut importe ce qu'il est, en quoi il consiste ou ce de quoi il est rempli
quand il ne produit aucun épanouissement personnel.
Je ne comprends pas le gain. Le flouze. Bah! Même pas. La compensation est trop
maigre quand t'as donné ta vie sur la ligne de front. L'argent. Ton meilleur
ami. Celui qui te tient chaud quand tu en as. Celui qui t'offre des petits
chaussons moelleux à mettre au pied du sapin. C'est pour ça que tu travailles.
Pour ne manquer de rien. Pour subvenir à tes besoins et pour mettre du doré
autour. Beaucoup de doré. Un bel emballage qu'en jette pour oublier le cadeau
de merde à l'intérieur. C'est bien ça non? Les distractions, les choses qui
font envie, les accessoires, parfois l'amour aussi...
Toute la journée est organisée autour de ce qui semble être immuable.
Travailler. Je ne parle pas de travailler pour soi. Je ne dis pas que
l'enrichissement personnel, mieux encore l'épanouissement ne doit pas passer
par le travail. Mais celui-ci n'a rien à voir avec l'épanouissement provoqué
par la fabrication en chaine de produits alimentaires à l'usine. 3X8 depuis
trente ans. T'as vu les perspectives d'évolution du collègue qui y croyait
encore se ramasser, englouties sous le jet flatulent des machines à "gratin
de la mer". Dix ans qu'Il se crevait le cul pour changer d'atelier. Pour
devenir charlotte rouge, pour avoir cent balle de plus sur la feuille de paie,
pour l'équilibre de la tête aussi, plus de responsabilités, plus de fonction,
plus de reconnaissance de sa substance et qualité, "plus de" finalement.. Ou
peut être simplement une envie de "différent". Il a travaillé le dimanche, Il a fait des
siècles d'heure sup' en arborant un sourire postiche genre "pas de
problème ça me gêne pas" accroché en hâte entre deux crises de larmes
contenues devant le rétro d'la bagnole garée avec des centaines d'autres sur le
parking de la boite. Parfois même pendant tout le trajet qui menait à l'usine.
Les larmes. La rage la colère et le sentiment d'impuissance aussi. Le tout
mélangé dans une mixture crémeuse déformant sa gueule d'humain non-libre. Alors
la musique à fond sur le trajet de nuit, sur la quatre voies, sur les douze
kilomètres dans un état mental proche de la démence et l'odeur de la panure et
les bruits qui déjà se cognent contre les murs de son crâne, Il allait malgré
tout essayer de faire abstraction. Croire aux martyrs intérieurement serrer les
dents et fermer sa gueule. Oui après tout ce n'était que du travail. D'autres
l'avaient fait avant. D'autres le font maintenant et avant que tout soit
complètement automatisé, d'autres le feraient encore après lui, dans des générations
de 3X8 proches du mouvement perpétuel, dans un bloc de béton armé et de chaînes
et de hiérarchie qui ne dors jamais, service fabrication.
Tous les jours il se dit qu'Il va partir. Et les centaines d'intérimaires qu'Il a vu passer. Ceux qui ne restent pas parce que la paye est mauvaise, parce
que le travail est trop dur et qu'eux-mêmes croient encore en quelques
charmants rêves meilleurs ou d'ailleurs le propulsent une nouvelle fois au bord
de sa corniche mentale surplombant l'abysse noir immonde auquel Il se refuse à
penser. FAIRE ABSTRACTION. Il y avait aussi les employés depuis longtemps qui
finissent par trouver autre chose. Quitter la merde. Partir pour l'illusion
d'un mieux. En fait c'est juste un environnement différent dont on s'émerveille
les premiers temps et puis qui fini par ne pas suffire, par ne plus combler le
manque infligé par le travail. C'est comme lorsqu'une charlotte rouge se
pointe et te dis qu'au lieu de jeter du fromage sur le gratin tu vas changer
de chaine. Tu vas remplir les barquettes. Sous le jet flatulent de la machine à
gerbe. Ça reste du travail rémunéré en argent. Parce qu'il faut de l'argent si
tu veux vivre simplement. Tu ne nais pas libre. Tu appartiens à ton pays et tu
dois payer pour ton existence... Parfois quand un collègue finissait par se
barrer pour "son rêve" pour "s'accomplir" ça faisait du
bouillon dans son crâne et Il se voyait là lui l'employé. Pas une tare, pas un
modèle. Juste une paire de bras nourrissant son entreprise de toute son
énergie, pour subvenir à ses propres besoins de la façon qu'il nous est
pratiquement imposé de le faire. Par le travail pour un autre qui te rémunère. Par
la médiocrité. Le collègue sur le départ payait l'apéro une dernière fois dans
leur sale de pause en formica, entre le micro onde et la machine à café. Et
subrepticement alors que tous encourageaient le déserteur, son corps entier se transformait en un mur de l'usine, en la
glycéro du sol, en gratin, en bruit sourd. Le contrat à durée indéterminé qu'Il
avait signé le flinguait et dans sa tête en boucle cette phrase: "jusqu'à
la mort... jusqu'à la mort... jusqu'à la mort..."
Tant bien que mal Il arrivait à pousser sa viande jusqu'à l'arrivée de la
nouvelle équipe. Il saluait le collègue qu'allait prendre son poste de façon
très emphatique, passait les consignes et s'enfuyait ôter son harnachement
d'employé de ligne de fabrication.
Alors une fois dans la bagnole Il s'allume une clope... enfin. Il pense
pas à demain, Il pense pas aux femmes, Il pense pas à l'usine, Il pense pas aux
femmes de l'usine ou aux collègues, Il ne pense pas. L'usine vide ton cerveau
et tue ton corps. Il fume jusqu'à la moitié du filtre. La nicotine se colle sur
le tartre de ses chicos déjà tachées par la caféine. Il veut rentrer chez lui.
Il est tard. Il est toujours trop tard. La vie qui s'organise chaque jour
autour des mêmes gestes, des même règles, du même rythme qui rend cinglé comme
une marche militaire. Son corps machine est fatigué. Son crâne craque sous le
vide de son existence qui remplie son patron de bien être. Il reste enchainé au
pilori d'un système qu'Il exècre attendant qu'une avarie le délivre ou le
plombe. Il se dit que ça peut plus durer. Que ce n'est pas humain ! Il pense
aux colonies. Il n'ose pas se comparer à un esclave. Il se dit que
l'asservissement est humain. Il ne retire pas son sourire postiche sur sa
tronche. Celui-ci à disparu depuis longtemps derrière des lèvres pincées. Ses
yeux avaient fini par s'enfoncer en deux trous noirs brulés derrière des cloques cerneuses.
Son enthousiasme forcé avait fini par totalement disparaitre le jour ou un
clampin pistonné plus jeune avait eu le poste qu'Il s'efforçait d'atteindre.
Aujourd'hui Il était vieux. Il accéléra dans sa bagnole. Il faisait nuit et les
pointillés se muèrent en lignes continues. Il espéra que quelque chose se
passe. Il pria entre ses dents que le moteur lâche. Qu'une bestiole traverse,
qu'un type déboule, qu'un camion le broie, que sa voiture déglingue le parapet
du pont et s'écrase trente cinq mètres plus bas dans la vase du Scorf.
Mais rien n'arriva.
Publié par Jake Barnes à 00:27:33 dans TEXTES | Commentaires (1) | Permaliens
toujours le cul collé au velours rougeaud délavé d'un hôtel à la vitrine vaguement bourgeoise du centre vil. Ma gueule d'abolie qui fait ouioui quand ma turbine le gerbe. ce gros tas puant de gratitude simplement commerciale. Je me traine jusqu'au turbin de merde pour mille balle par mois. Je fait le constat que je suis ici comme j'aurai pu être ailleurs étant donné que mon savoir faire ne peut prétendre à aucune prétentions salariales. Parce que sans doute il est prétencieux d'estimer fournir un effort valant plus que 8.71 brut de l'heure. Tout les ans au 1er juillet, on revoit la valeur de l'effort. On augmente vaguement le chiffre après la virgule. Ca tombe bien parce que tous les autres chiffres après les virgules n'attendent jamais juillet pour augmenter.
Je suis employé. Je suis l'énergie renouvelable du patronat. Je suis son vin à 15 euros, ses vacances au soleil, ses diners au resto, ses vêtements jolis, je suis sa bagnole, son essence, je suis l'orgasme de sa femme et celui de ses putains, la bonne éducation de ses gosses, ses projets d'investissements.
Je suis l'aboli qui tient un poste dans sa philosophie. Je n'ai aucune compensation pour la déchirure qui me pousse a sans le sucer accepter honteusement d'appartenir à son oeuvre. A implicitement la construire, la nourrir et la développer. Je fais le taf. Parce que pour 8.71 de l'heure, je suis la matière première qui court les rue. parce qu'à boulot de merde salaire égal. Parce que n'importe quel abruti peut tenir l'emploi. Rien ne me retient ici. Devant la vitrine, la nuit. J'occupe un emplacement et je fais les gestes que ma fonction m'impose. c'est pas le quartier rouge ici, mais c'est pareil. La tenue n'est pas légère, elle est conforme. Le maquillage n'est pas vulgaire. Simplement il est.
T'es toujours la merde d'un autre qui s'arrange bien pour te faire sentir que la puanteur vient de toi. Au début j'ai pas compris et j'me lavais tous les jours, mettais des effluves artificielles et d'l'aparât de supermarché, à la hauteur de mes moyens, juste pour paraître un peu moins... Un peu plus... Et puis j'ai pensé que 1000 balle par mois c'était pas cher payé pour faire la pute et j'ai laissé tombé. Alors soit! je suis la bouse dans la bouche, la contagion potentielle dans l'regard fuyant du, comme il aime à se définir, client, qui finalement cautionne le salaire minima d'une énergie renouvelable qu'il préfèrerait esquiver lorsqu'il rejoint la chambre au verni luxueux sur philosophie frelatée, celle là même dans laquelle il aime à se prélasser. Sans doute que devoir brièvement cotoyer des gens de mon rang social gêne un peu l'image qu'il tient pour estime de lui même.
Ma force. C'est que j'en ai rien a foutre. On m'a écarté les fesses et imposé dans l'fondement les fondamentaux de processus aliénants voilà déjà bien longtemps. Aujourd'hui les petits agissements prétentieux, vénaux, snobinards, de merdeux à l'estime démesurée, de bites molles dans leur boxeurs en croco, d'enculeurs de mouches, d'intellectuels pédants et de pauvres top-hype-mode déguisés en riches cons méprisants ne me perturbent plus. Je n'ai plus aucune prétentions et ils sont à leur tour devenu mon énergie renouvelable. Car pour 8.71 de l'heure, n'importe quel abruti peut faire n'importe quel taf. A condition de ne croire en rien d'autre qu'en la qualité de sa propre substance, avec humilité.
Publié par Jake Barnes à 03:42:21 dans TEXTES | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par Jake Barnes à 04:20:00 dans TEXTES | Commentaires (0) | Permaliens
Sois honnête que j'me dis. J'ai pas assez de fric pour combattre les gros larfeuils, pas assez de hargne pour mordre au molet, pas assez de convictions a défendre pour lancer des ébats d'opinions, pas assez de volonté pour chercher à te convaincre de quoi que ce soit, pas assez d'intérêt portés pour me lancer dans une cause à défendre, pas d'idéaux à faire briller ou à t'éblouire, pas assez de mémoire pour anticiper l'histoire, pas de désir de défendre une cause plus qu'une autre, qu'ils se battent entre eux, ces guerres là, las, ne sont pas mon combat. Je laisse aux autres le soin de mettre en surcit ce qui ne pourra de toutes façons pas être sauvé. Je déserte. Je ne m'indigne plus de la soupe lyophilisée qu'on me sert à la tv, je ne me sens pas plus concerné par le réchauffement climatique, par la faim dans le monde, je me moque de l'exploitation des gosses que ce soit par des pays riches ou par des pédophyles, je me cire le cul en écoutant pas parler sarko afin de juste anticiper l'moment ou j'me prendrai une bastos dans l'anus. Je ne crois pas à l'objectivité des médias qui n'est que le point de vue et les propos colportés d'un journaleux servant le propos de la petite ligne éditoriale qu'il représente. Je chie sur la une d'une liberté de presse qui si elle était vraiment libre ne vendrait pas ses sujets au plus montrant. Je ne sais pas grand chose, mais ce que je sais je le sais. je ne l'ai pas ingurgité à la cantine du savoir... je suis juste allée demander.
je me moque du pouvoir d'achat, je me moque que tout augmente sauf mon salaire, je me tamponne de l'augmentation de l'essence, du pain, des fruits et légumes, des durées de cotisations pour la retraite (40 ans pour toucher 40% de mon salaire), je me moque des 20 millions de rançon pris dans les caisses vides de l'état pris dans les poches vides des pantalons en solde, des 20 millions de rançon filés pour libérer bétancourt. Je me moque des J-o et du sport et des médailles, je me moque des présidents des ministres et de leurs sbires, je me moque de ceux qui les élisent et de ceux qui ne votent pas pour eux, je me moque des guerriers français morts aux combats et des paras d'l'afghanistan et d'leur famille, je me moque des affamés qui tirent la langue jusqu'à chez moi comme je me moque des gros gras gaspillants, je me moque de savoir combien de co2 ma bagnole rejette, je me moque de pas trier mes déchets, je me moque des riches et me fout des pauvres, je me moque du chomage, je me moque du travail quel qu'il soit, je me moque des grêlons qui détruisent l'jardin, je me moque de la branlée prise par une petite bande de bites molles de nazis anxieux, je me moque des médias qui fabriquent des freaks en quinze secondes et qui les plombes aussitôt de trois p'tites balles dans le dos, je me moque... ces discours là ne m'intéressent pas. Ils ne sont que colportés. Je suis une authentique française toute en individualité du tout-autour-de-ma-gueule. J'écris pour me rappeler que je suis encore vivante. quelque part. Physiquement capable d'aligner. même dan'l'noir. c'est pareil quand j'parle toute seule. c'est juste pour m'entendre.
Publié par Jake Barnes à 02:26:45 dans TEXTES | Commentaires (0) | Permaliens

J'ai bossé dans cette usine. trois mois intérimaire et durant cette periode j'ai tapé les trois huit dans la même semaine avec l'impression que ma force de travail ne vallait pas plus cher que l'produit que je tambouillais. Qu'à la limite le carré d'poiscaille pannée ou l'gratin étaient biens moins merdiques que ma propre substance. Que n'importe quel humain lambda était égal en tout point à n'importe laquelle des paupiettes pescanova fabriquées à partir de poisson japonnais. Alors que Lorient à une vingtaine de bornes réalise 27 000 tonnes de poiscaille/an. 2eme port de pêche de France en tonnage et premier en valeur ajoutée. Fallait pas trop regarder niveau fraicheur d'la bestiole. Celui ci bien loin du bateau japonnais n'était frais que parce qu'il sortait des frigos...
Moi on m'foutais la paix. En même temps j'faisais chier personne. J'fournissais quotidiennement ma force de travail en fermant ma gueule. En tuant mentalement mes-"collègues"-employés. tous ces gros cons qui sont content d'être là en contrat pour le reste d'leur existence. A transformer des poissons en brique et des chutes de briques en gratins. Nourrissant l'humanité à l'appétit vorace dans ce qu'elle à de plus humain et le faisant avec implication. Offrons à notre patron la possibilité de réaliser plus de soixante millions de chiffre d'affaire annuel et d'aller bronzer ses couilles douze fois par ans avec sa grosse et ses rejtons. Alors que dix heures par jour avec une demie heure de pause que je dois passer dans l'une des deux salles fumeur ou non fumeur de l'usine, j'offre ma force de travail pour à l'époque moins de sept euros brut de l'heure.
Une charlotte rouge se pointe. Moi je suis charlotte bleue. Le bas d'la pyramide, mais aussi sa base. C'est un chef de ligne qui m'dit qu'il faut que je change. J'étais sur une machine qui déroule des formes plastique qu'on doit bourrer avec une tranche de poiscaille rose roulée dans ché pas quoi. je vois poindre dans les yeux de mes collègues une écaille de jalousie alors que j'abandonne pour au moins les trois minutes qui me sont nécessaires à traverser l'usine, la fonction répétitive. Il devraient nous passer des séquences de Martin arenold en bossant. D'ailleurs souvent j'avais l'impression que le bruit des machines en rythme était la bande son qui caractérisait nos actions mécaniques. bref. la charlotte rouge m'indique que j'allais aller désengorger les fours de cuisson. Je passe de l'autre coté d'un sas et je colle mes mains dans les engrenages roulants d'une machine qui déverse des pallets de chêvre et herbes (qu'est ce que ça fout là...?) dans une rivière d'huile brulante. Le tout étant chauffé à au moins 150 degrés. La charlotte rouge me hurle dessus étant donné le ramdame que quelqu'un viendrait me relever de ce cagnard dans une demie heure parce que légalement j'ai pas le droit de rester exposée trop longtemps. j'allais ensuite prendre son poste pendant une demie heure avant de revenir ici. Ok. j'avais pigé. L'chef se tire et m'laisse devant une armée de palets qui glissent et glouglouttent vers moi. j'pécho les trucs d'un premier tapis roulant et les placent sur un second pour qu'ils continuent leur chemin vers les estomacs français. européens même me semble t'il. Tout ça parce que l'abruti qui avait mis en place la ligne avait placé le tapis trop court tant et si bien qu'un vide de quinze centimètres séparait les deux bordels et que la bouffaille gluante s'y précipitait pour finir par se répandre comme de la bouse sur mes bottes cahoutchouc. Putain fallait être vif. j'choppais les trucs sans trop les écraser pour les replacer plus loin et ainsi de suite en regardant avec désespoir la machine infernale chier ses merdes indéfiniment. Je suais sang et eaux et j'commencais à en avoir plein le cul, alors par moments j'empilais deux ou trois rangées de bouffe chaude et mollasse que je flanquais par terre pour gagner trois quatre seconde de pause. Le temps d'éssuyer avec ma manche la sueur et les projections d'huile qui perlaient sur ma gueule. Au bout d'un moment, bien plus d'une demie heure la charlotte rouge se repointe et me dit que je vais être relevée dans cinq minutes et qu'il est désolé que ce soit un peu long mais que le type est parti prendre sa pause, avant de me hurler dessus en voyant la montagne de gachis qui immacule mes pieds. C'est vrai que ça faisait gore. j'avais éssayé de camouffler en shootant dedans pour le foutre sous la ligne de fabrication, mais j'avais réussi qu'à en coller partout. Cette image m'était d'ailleurs tout à fait jubilatoire.
Finalement le type ressort et au bout d'une courte minute la machine s'arrête. je soupire de plaisir en profitant de l'acalmie, et en osant à peine rêver à l'avarie. La charlotte rouge se repointe et me dit que ça peut pas continuer. Faut que je fasse gaffe à minimiser la perte, sous entendu pour augmenter le profit. logique. Il m'file une raclette et m'indique un jet pour que je nettoie avant que la relève se pointe. J'ai envie de me barrer en lui disant d'aller se faire foutre en prennant la raclette, et pousse toute cette merdasse verte visqueuse vers le caniveau central. Enfin au bout de trois minute la tronche d'un cogno en charlotte bleue se pointe et constate avec charlotte rouge l'étendue de mon savoir faire. Je hurle intérieurement que ce tyype est un vendu, mais bien trop heureuse de me barrer des fours je ravale la légitimité de mes accusations. Je dégouline de graisse et d'huile, ma gueule est pleine de jutasse alimentaire, mes cheveux (longs à l'époque) sont collés sous une chrlotte qui gratte, et sous mon tablier en cahoutchouc blanc plein de merdes projettées comme sur une toile de Pollock, sous une espèce de vareuse blanche, un futal blanc, des manchons plastocs en matière sac poubelle, je sens la flotte de mon corps dégouliner de sous mes loches, mes bras, mon dos et mon cul. Qu'une seule envie: prendre le frais. je me tire bien vite quand le type me fait signe de le suivre.
On retraverse l'usine. Trois minutes de gagnées. Trop heureuse de constater qu'aujourd'hui je me ballade plus que d'ordinaire ou on te met neuf ou dix heures par jour (ou par nuit) sur le même poste de la même chaine de fabrication, que je remarque à peine la direction que nous prenons.
Je sens la sueur me coller l'textil à la couène et me dis que ce connard était vraiment un putain de branlecouille. Faisait que s'ballader, putain l'taf de planqué! Le type m'indique une porte. Tu vas là y'm dit. Tu vas voir un type. Il s'appel Marcel. Y va t'expliquer. HORREUR. Je me rend compte que nous sommes face à la chambre froide et le temps que je réalise l'autre chef à déjà tourné les talons et discute au loin avec une charlotte blanche, chefs suprêmes.
J'entre et le froid me glace les sangs. Mon corps se fige. Péniblement je respire et sens mes fringues cristalliser. Un type s'approche. Hey, c'est toi qu'étais au fours? j'articule un ouais avec la vision d'horreur que représentait toute cette mascarade de la force de travail. putain. Vont avoir ma peau ces enculés. Je fini par rassembler ce qui me reste d'énergie, je retrouve un morceau du Jedaï qui s'est perdu quelque part en moi et fini par accrocher à ce que me raconte le gars.
Il me montre une douzaine de palettes avec des bloc dessus. Disons plutot des plaques de cinquante par soixante dix environ, pesant une dizaine de kilos chaque. Le but etant des les enlever des palettes pour les replacer sur une autre. Des plaques de poiscaille aglomérée, destinées à être découpées en barres pour ensuite être placées sur la machine la plus chère de l'usine, une sorte de pont metallique avec dessous une presse géante qui transforme les barres en... poissons! disons en forme de poissons, celui ci tombant ensuite comme des crotins réguliers, sur un tapis roulant qui deverse un flux incessant de panure liquide. Immonde.......
E-G.
KERVIGNAC (56)Avec une production quotidienne de 600.000 portions de produits élaborés à base de poissons et de légumes, l'entreprise Cité Marine qui emploie 400 salariés à Kervignac et Loudéac revendique le titre de numéro 1 français de produits de la mer enrobés. Elle vient d'être reprise par le groupe japonais Nissui, Nº1 mondial en matière de pêche, aquaculture, transformation et distribution de produits de la mer.
C'est par un communiqué, en l'absence de Daniel Gallou, Pdg fondateur de l'entreprise, actuellement en déplacement à l'étranger, que la société bretonne annonce cette « entrée au capital » du groupe japonais.
Sécuriser pour exporter
Présentée comme une « alliance », c'est en fait une prise de contrôle que réalise le groupe japonais en prenant 59 % du capital de la société. « Il s'agit d'une suite logique aux relations privilégiées que nous avons tissées depuis 10 ans avec Nissui. Cette alliance va nous permettre de sécuriser nos approvisionnements et la traçabilité de nos matières premières, condition essentielle pour nous développer en Bretagne afin d'attaquer de nouveaux marchés à l'export », explique Daniel Gallou dans le communiqué.
Recrutements
Outre ces développements sur de nouveaux marchés, le Pdg annonce le projet d'étendre, à court terme, une gamme qui compte déjà quelque 700 références. « C'est dans cette optique que nous venons de lancer une première vague de recrutement d'une trentaine de personnes sur le site lorientais (Kervignac) qui compte déjà 340 salariés ».
Valoriser le poisson pané
Créée en 1990 par Daniel Gallou et sa soeur Michelle, Cité Marine a toujours eu pour objectif de valoriser le poisson pané en lançant le premier poisson pané frais et cuit, puis le poisson pané cuit à coeur et le poisson meunière. L'entreprise, qui travaille essentiellement pour la restauration et les principales marques françaises de distributeurs a réalisé un chiffre d'affaires de 67 M en 2006.
Ouverture pour un géant
Après avoir construit une nouvelle usine de 10.000 m² à Kervignac, en 1996, elle s'est implantée à Loudéac en 1998, où elle développe une gamme de plats élaborés et de préparations de légumes (timbales, mousses...). De son côté, le groupe Nissui (3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 142 M de capital), créé en 1911, couvre, par son activité, toute la filière industrielle des produits de la mer : pêche, aquaculture, transformation. Il se développe également dans le secteur pharmaceutique. Coté à la bourse de Tokyo, il est implanté dans toute l'Asie et aux États-Unis, au Canada, au Chili, en Argentine et en Océanie. En prenant le contrôle de Cité Marine, il s'ouvre une porte sur le marché européen. « Cela ne modifie rien, ni dans la direction, ni au niveau des salariés de l'entreprise », précise Daniel Gallou dans le communiqué.
Publié par Jake Barnes à 02:54:59 dans TEXTES | Commentaires (0) | Permaliens
C'que tu dis toi!