Ché pas parler. Longtemps j'ai cherché à rendre l'existence de mes images légitime. gimy the message mother fucker!! Pas parce que je ne savais pas quoi dire. Mais parce que ce ne sont que des images. Qu' est ce t'en dis? Toi! Combien parlent ta langue? Longtemps c'est ce qui m'a bloqué. là. Aujourd'hui ça n'a plus d'importance. Je sacralise plus, l'image est une sorte de kidnaping de l'histoire d'un "ça à existé", probable, complètement sorti de son contexte.
Si je fais ça c'est que je sais rien faire d'autre, dans un ensemble de qualité discutable. Tu les trouveras dans le Thème PHOTO.
Les textes d'ici sont des projections d'images mentales ou de sincères réalités.
Si t'as envie de me dire un truc c'est possible ici: jake-barnes@voila.fr
PRECISION: L'argentique me coute la peau du cul. De temps à autre je meuble les longues periodes sans tirage possible par des mots mis les uns à la suite des uns.
Sinon, pour les mordus de pensées théoriques à la mord moi le noeud, en voici une qui t'expliquera des choses..
" Je trace d'abord sur la surface à peindre, un quadrilatère de la grandeur que je veux, fait d'angles droits, et qui pour moi est une fenêtre ouverte par laquelle on puisse regarder l'histoire, et là je détermine la place que je veux donner aux hommes dans ma peinture"
Léon Battista Alberti.
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EN VRAC SUR CETTE PAGE
by: Le Proctologre/2008
Publié par Jake Barnes à 01:35:48 dans Vibe | Commentaires (0) | Permaliens
Un boulot de merde.
Semblable aux occupations journalières de milliards d'autres connards.
Peut importe ce qu'il est, en quoi il consiste ou ce de quoi il est rempli
quand il ne produit aucun épanouissement personnel.
Je ne comprends pas le gain. Le flouze. Bah! Même pas. La compensation est trop
maigre quand t'as donné ta vie sur la ligne de front. L'argent. Ton meilleur
ami. Celui qui te tient chaud quand tu en as. Celui qui t'offre des petits
chaussons moelleux à mettre au pied du sapin. C'est pour ça que tu travailles.
Pour ne manquer de rien. Pour subvenir à tes besoins et pour mettre du doré
autour. Beaucoup de doré. Un bel emballage qu'en jette pour oublier le cadeau
de merde à l'intérieur. C'est bien ça non? Les distractions, les choses qui
font envie, les accessoires, parfois l'amour aussi...
Toute la journée est organisée autour de ce qui semble être immuable.
Travailler. Je ne parle pas de travailler pour soi. Je ne dis pas que
l'enrichissement personnel, mieux encore l'épanouissement ne doit pas passer
par le travail. Mais celui-ci n'a rien à voir avec l'épanouissement provoqué
par la fabrication en chaine de produits alimentaires à l'usine. 3X8 depuis
trente ans. T'as vu les perspectives d'évolution du collègue qui y croyait
encore se ramasser, englouties sous le jet flatulent des machines à "gratin
de la mer". Dix ans qu'Il se crevait le cul pour changer d'atelier. Pour
devenir charlotte rouge, pour avoir cent balle de plus sur la feuille de paie,
pour l'équilibre de la tête aussi, plus de responsabilités, plus de fonction,
plus de reconnaissance de sa substance et qualité, "plus de" finalement.. Ou
peut être simplement une envie de "différent". Il a travaillé le dimanche, Il a fait des
siècles d'heure sup' en arborant un sourire postiche genre "pas de
problème ça me gêne pas" accroché en hâte entre deux crises de larmes
contenues devant le rétro d'la bagnole garée avec des centaines d'autres sur le
parking de la boite. Parfois même pendant tout le trajet qui menait à l'usine.
Les larmes. La rage la colère et le sentiment d'impuissance aussi. Le tout
mélangé dans une mixture crémeuse déformant sa gueule d'humain non-libre. Alors
la musique à fond sur le trajet de nuit, sur la quatre voies, sur les douze
kilomètres dans un état mental proche de la démence et l'odeur de la panure et
les bruits qui déjà se cognent contre les murs de son crâne, Il allait malgré
tout essayer de faire abstraction. Croire aux martyrs intérieurement serrer les
dents et fermer sa gueule. Oui après tout ce n'était que du travail. D'autres
l'avaient fait avant. D'autres le font maintenant et avant que tout soit
complètement automatisé, d'autres le feraient encore après lui, dans des générations
de 3X8 proches du mouvement perpétuel, dans un bloc de béton armé et de chaînes
et de hiérarchie qui ne dors jamais, service fabrication.
Tous les jours il se dit qu'Il va partir. Et les centaines d'intérimaires qu'Il a vu passer. Ceux qui ne restent pas parce que la paye est mauvaise, parce
que le travail est trop dur et qu'eux-mêmes croient encore en quelques
charmants rêves meilleurs ou d'ailleurs le propulsent une nouvelle fois au bord
de sa corniche mentale surplombant l'abysse noir immonde auquel Il se refuse à
penser. FAIRE ABSTRACTION. Il y avait aussi les employés depuis longtemps qui
finissent par trouver autre chose. Quitter la merde. Partir pour l'illusion
d'un mieux. En fait c'est juste un environnement différent dont on s'émerveille
les premiers temps et puis qui fini par ne pas suffire, par ne plus combler le
manque infligé par le travail. C'est comme lorsqu'une charlotte rouge se
pointe et te dis qu'au lieu de jeter du fromage sur le gratin tu vas changer
de chaine. Tu vas remplir les barquettes. Sous le jet flatulent de la machine à
gerbe. Ça reste du travail rémunéré en argent. Parce qu'il faut de l'argent si
tu veux vivre simplement. Tu ne nais pas libre. Tu appartiens à ton pays et tu
dois payer pour ton existence... Parfois quand un collègue finissait par se
barrer pour "son rêve" pour "s'accomplir" ça faisait du
bouillon dans son crâne et Il se voyait là lui l'employé. Pas une tare, pas un
modèle. Juste une paire de bras nourrissant son entreprise de toute son
énergie, pour subvenir à ses propres besoins de la façon qu'il nous est
pratiquement imposé de le faire. Par le travail pour un autre qui te rémunère. Par
la médiocrité. Le collègue sur le départ payait l'apéro une dernière fois dans
leur sale de pause en formica, entre le micro onde et la machine à café. Et
subrepticement alors que tous encourageaient le déserteur, son corps entier se transformait en un mur de l'usine, en la
glycéro du sol, en gratin, en bruit sourd. Le contrat à durée indéterminé qu'Il
avait signé le flinguait et dans sa tête en boucle cette phrase: "jusqu'à
la mort... jusqu'à la mort... jusqu'à la mort..."
Tant bien que mal Il arrivait à pousser sa viande jusqu'à l'arrivée de la
nouvelle équipe. Il saluait le collègue qu'allait prendre son poste de façon
très emphatique, passait les consignes et s'enfuyait ôter son harnachement
d'employé de ligne de fabrication.
Alors une fois dans la bagnole Il s'allume une clope... enfin. Il pense
pas à demain, Il pense pas aux femmes, Il pense pas à l'usine, Il pense pas aux
femmes de l'usine ou aux collègues, Il ne pense pas. L'usine vide ton cerveau
et tue ton corps. Il fume jusqu'à la moitié du filtre. La nicotine se colle sur
le tartre de ses chicos déjà tachées par la caféine. Il veut rentrer chez lui.
Il est tard. Il est toujours trop tard. La vie qui s'organise chaque jour
autour des mêmes gestes, des même règles, du même rythme qui rend cinglé comme
une marche militaire. Son corps machine est fatigué. Son crâne craque sous le
vide de son existence qui remplie son patron de bien être. Il reste enchainé au
pilori d'un système qu'Il exècre attendant qu'une avarie le délivre ou le
plombe. Il se dit que ça peut plus durer. Que ce n'est pas humain ! Il pense
aux colonies. Il n'ose pas se comparer à un esclave. Il se dit que
l'asservissement est humain. Il ne retire pas son sourire postiche sur sa
tronche. Celui-ci à disparu depuis longtemps derrière des lèvres pincées. Ses
yeux avaient fini par s'enfoncer en deux trous noirs brulés derrière des cloques cerneuses.
Son enthousiasme forcé avait fini par totalement disparaitre le jour ou un
clampin pistonné plus jeune avait eu le poste qu'Il s'efforçait d'atteindre.
Aujourd'hui Il était vieux. Il accéléra dans sa bagnole. Il faisait nuit et les
pointillés se muèrent en lignes continues. Il espéra que quelque chose se
passe. Il pria entre ses dents que le moteur lâche. Qu'une bestiole traverse,
qu'un type déboule, qu'un camion le broie, que sa voiture déglingue le parapet
du pont et s'écrase trente cinq mètres plus bas dans la vase du Scorf.
Mais rien n'arriva.
Publié par Jake Barnes à 00:27:33 dans TEXTES | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par Jake Barnes à 03:52:53 dans Vibe | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Jake Barnes à 05:54:06 dans Vibe | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par Jake Barnes à 05:38:11 dans Vibe | Commentaires (0) | Permaliens
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