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Je lave la terre | 09 mars 2008

 

Tous les matins, je lave la terre
Dans l'évier.
Je brosse, râpe et lime les aspérités,
Je nettoie le sang rouge mêlé d'ocre,
Je lave les cerveaux crasseux ou pâles
Trépanés ou bien défoncés.
Je laisse tremper tous les péchés, à cœur.
Je rince et laisse sécher les âmes épurées.

Tous les matins, je lave la terre
Dans l'évier
Dans les eaux fumantes et grasses
Les peaux se mélangent et déteignent.
Je retire les balles perdues des corps,
Corps étrangers blottis au cœur.
Je lave les vies que la mort entreprend,
Enfants, adultes ou vieillards égorgés.

Tous les matins, je lave la terre
Dans l'évier.
J'essuie les traces de malheurs,
Quelquefois un sourire sur des lèvres
Encore tièdes, rondes et belles,
Une fleur rose cachée dans une main.
Je lave le vomi des peuples torturés,
La cruauté des seigneurs ou des vassaux.

Quand tout est fini, je prends l'éponge
Je rince et je rince, par routine parfois,
Là haut, de peur que la bête ne revienne,
Je lance les scories et les poussières,
Dans les vents qui balayent l'univers
De sifflements, d'éclairs et de lumières

Publié par GUELTAN à 22:01:56 dans VOIX LIBRES | Commentaires (0) |

Un fil (version 1) | 09 mars 2008

J'ai tendu un fil,
arc d'étincelles
entre lune et soleil,
Nuit mêlée de jour.
J'y ai accroché la terre,
des larmes ont coulé
le long de rivières,
et de gorges,en abondance.
Maintenant,tout est sec,
désséché puis poussière.
Le magma soudain stérile
accouche d'une tombe.
Eclipse de mon port,
J'attache un fil.

Adieu terre.

Publié par GUELTAN à 21:03:34 dans ERRANCES | Commentaires (0) |

Anamnèse | 09 mars 2008

Jaurès s'effondre et la guerre éclate.
Les hommes garances, Joffre à la guerre.
Gallieni presse les taxis automates,
Nivelle plie au chemin, Verdun vaut l'enfer.

Cendras laisse un bras dans la casemate,
Péguy et les autres vers le cimeti-ère.
Dans les champs de Jean la moisson se dilate,
Foch à Saint-Gond, des vies dans les tourbi-ères.

Les hommes vont vers la Marne et se battent,
Proust écrit toujours, le Goncourt il espère,
Le rude Clemenceau que le tigre flatte.

Les mères silencieuses et volontaires,
Mata Hari, divine puis scélérate !
A Paris, la môme Piaf met pied à terre.

Publié par GUELTAN à 20:59:15 dans ERRANCES | Commentaires (0) |

La fée blanche | 09 mars 2008

Lorsque dans le marais tremble le roseau
Où à l'ombre du soleil se cache la pluie,
Elle surgit, la fée blanche belle inconnue,
A travers les brumes diaphanes et humides,
Chevauchant au gré des vents venus de la mer,
Les ajoncs aux reflets bleus et les blés blonds
Cachée dans le plumage d'un fou de bassan.

Les embruns lourds cinglent les visages hâlés
Des pêcheurs en peine au large d'Islande
Elle vacille, la fée blanche belle inconnue,
Un grain de sel perdu au fond des ses yeux,
Se hisse au gré des courants à la crête des vagues
Puis fière et volontaire se cache dans le chalut
Quand les hommes hissent la pêche en douleurs.

Par delà les terres brumeuses de Visnonia et d'Ava
Où le chevalier arbore sa fière monture fougueuse
Elle apparaît encore, la fée blanche belle inconnue,
Un brin d'herbe dans ses cheveux d'or et de soie
Et en selle sur les vents pénètre les landes et marais
Guidant le jeune prince vers sa jeune et belle dulcinée
Qu'un père nourrit encore de son dur labeur quotidien.


Publié par GUELTAN à 20:56:16 dans LE BATEAU SANS AMARRE | Commentaires (0) |

Blues bop love | 09 mars 2008

Le blues bop love à Lùla
Echante Chesterfield valley
Blues bop love for Lùla
Lùla blues bop anyway

Sur une aire de roc
De Chesterfield valley
Coule l'encre tendre
Saveur milk and honey.
Blues bop for Lùla
Un blues bop love
Enchante en cet instant
Chesterfield valley.
Cavaliers imaginaires
A l'assaut désordonné
Des coteaux étonnés
De Chesterfield valley.

Sous un drap de brumes
Et de rêves colorés bleus
Lùla libère un blues bop.
Dans la gamme du dos,
L'air du blues bop love
S'éprend de rocs errants
De Chesterfield valley.
Sous un drap de rêves
Lùla jazz' avec un type
Au teint cuivre et or,
Au gré d'un slow blues
De Chesterfield valley.

Et s'écoulent les heures
Sur fond de blues bop love
Puis passent les hommes
Dans Chesterfield valley.
Lùla blues bop anyway
Au coeur de rêves drapés
A la recherche passionnée
D'hommes de Chesterfield
Et Lùla blues un type
de quadrature de blues bop
Derrière un roc blanc
De Chesterfield valley.


Publié par GUELTAN à 20:48:05 dans LE BATEAU SANS AMARRE | Commentaires (0) |