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Plus ferme foi ne fut oncques jurée,
A nouveau prince, ô ma belle princesse,
Que mon amour qui vous sera sans cesse
Contre le temps et la mort assuré.
De fossés creux ou de tour bien murée
N'a pas besoin de ma foi la forteresse
Dont je vous fis, dame, reine et maîtresse,
Parce qu'elle est d'éternelle durée.
Trésor ne peur sur elle être vainqueur ;
Un si vil prix n'acquiert un gentil cœur.
HENRI II (Lettres inédites à Diane de Poitiers)
Publié par Happy à 10:31:12 dans Je t'aime... | Commentaires (0) | Permaliens
Comme des rais du soleil gracieux
Se paissent fleurs durant la Primevère,
Je me récrée aux rayons de ses yeux,
Et loin, et près autour d'eux persévère.
Si que le cœur, qui en moi la révère,
La me fait voir en cette même essence
Que ferait l'œil, par sa belle présence,
Que tant j'honore, et que tant je poursuis :
Par quoi de rien ne me nuit son absence,
Vu qu'en tous lieux, malgré moi, je la suis.
Maurice SCEVE (Objet de plus haute vertu)
Publié par Happy à 22:40:05 dans Je t'aime... | Commentaires (0) | Permaliens
Dedans Paris, ville jolie,
Un jour passant mélancolie,
Je pris alliance nouvelle
A la plus gaie damoiselle
Qui soit d'ici en Italie.
D'honnêteté elle est saisie,
Et crois, selon ma fantaisie,
Qu'il n'en est guère de plus belle
Dedans Paris.
Je ne vous la nommerai mie
Sinon qu'elle est ma grande amie ;
Car l'alliance se fit telle
Par un doux baiser que j'eus d'elle,
Sans penser aucune infamie,
Dedans Paris.
Clément MAROT (Adolescence Clémentine)
Publié par Happy à 16:24:53 dans Je t'aime... | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai le cœur si plein de joie
Qu'il transmue Nature ;
Le froid me paraît fleur blanche
Et jaune et vermeille,
Avec le vent et la pluie
Mon bonheur s'accroît
Mon chant s'en exalte et monte
Et mon prix s'épure.
J'ai tant d'amour au cœur,
De joie et de douceur
Que le gel me semble fleur
La neige verdure (...)
Ah Dieu ! Que ne suis-je une hirondelle
Pour traverser l'air,
Voler dans la nuit profonde
Jusqu'en sa demeure ?
Douce dame, si heureuse,
Votre amant se meurt
Je crains que mon cœur ne fonde
Si ce mal ne dure.
Je vous aime, mains jointes,
Madame et vous adore !
Beau corps aux fraîches couleurs,
Quel mal vous me faites ?
Au monde il n'est nul tracas
Qui m'occupe tant,
Que si j'entends parler d'elle
Mon cœur ne s'y tourne.
Aussitôt mon visage s'éclaire,
Et quoi que je dise,
A m'entendre vous croirez
Que je songe à rire
Si pur est mon amour
Que maintes fois j'en pleure :
C'est que pour moi les soupirs
Ont saveur meilleure.
Messager, va et cours,
Et dis à la plus belle
Que je souffre pour elle
Douleur et martyre.
BERNART DE VENTADOUR (Chansons)
Publié par Happy à 10:03:39 dans Je t'aime... | Commentaires (0) | Permaliens
Il est parti me regardant
Et mettant
Sa main sur son front...
Mais je savais déjà quels pensers si profonds
Unissaient sa vie
A ma vie.
Il est parti me regardant
Et portant
Ses doigts à ses yeux...
Mais je savais déjà quels regards très bien
Unissaient sa vie
A ma vie.
Il est parti me regardant
Et posant
Ses doigts sur les lèvres...
Mais je savais déjà quelles longues fièvres
Unissaient sa vie
A ma vie.
Il est parti me regardant
Et plaçant
Sa main sur son coeur...
Puis il a clos les yeux... Dès lors, je sais l'ardeur
Qui scelle sa vie
A ma vie.
Ernest GANAY (Les fleurs du silence)
Publié par Happy à 20:15:28 dans Je t'aime... | Commentaires (0) | Permaliens
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