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Le I-Way à Lyon

Alberto Ascari | 28 mars 2008

Alberto Ascari

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Alberto Ascari en 1949 sur le circuit de Silverstone avec une Maserati 4cl 48

Alberto Ascari (né le 13 juillet 1918 à Milan et décédé le 26 mai 1955 à Monza) était un pilote de course automobile italien. Il a remporté le championnat du monde de Formule 1 à deux reprises avant de se tuer à l'occasion d'une séance d'essais privés sur le circuit de Monza.


Biographie [modifier]

Fils d'Antonio Ascari, l'un des tenors du sport automobile des années 1920 et mort en course, Alberto Ascari a commencé la compétition sur deux roues, avant de se laisser timidement tenté par le sport automobile en 1940. Mais ses débuts en compétition sont interrompus par l'éclatement de la Seconde Guerre Mondiale.

À la fin des hostilités, Alberto Ascari ne manifeste aucune envie de reprendre le volant en course, mais finit par se laisser convaincre par son ami Luigi Villoresi. À partir de 1947, Ascari brille en Grand Prix, ce qui lui vaut d'être engagé par la Scuderia Ferrari. En 1949, Ascari accumule les victoires, mais le retour à la compétition d'Alfa Romeo le contraint à jouer les seconds rôles en 1950, année de création du championnat du monde de Formule 1. Les Ferrari montent progressivement en puissance, et fin 1951, Ascari décroche ses premiers succès en championnat du monde.

À partir de 1952, le retrait d'Alfa Romeo combiné à la nouvelle réglementation technique en vigueur laisse le champ libre à Ferrari. Ascari s'en donne alors à cœur joie et écrase le championnat du monde en 1952 et en 1953, signant un record historique de neuf victoires consécutives à cheval sur ces deux années. De nombreux observateurs s'accordent alors à voir en Ascari l'égal de Juan Manuel Fangio.

À la surprise générale, Ascari quitte la Scuderia Ferrari fin 1953 pour s'en aller rejoindre la nouvelle équipe Lancia en compagnie de son fidèle ami Luigi Villoresi. Ce choix sportif s'avère catastrophique, et en 1954, le projet Lancia ayant pris du retard, Ascari est absent de la plupart des Grand Prix du championnat du monde.

La Lancia D50 enfin prête, Ascari aborde la saison 1955 avec de grandes ambitions, paré à en découdre avec les réputées invincibles Mercedes-Benz. Ascari passe proche de l'exploit au Grand Prix de Monaco : roulant en deuxième position, la victoire lui semble promise lorsque le moteur de la Mercedes de Stirling Moss commence à agoniser. Mais Ascari ne profite pas de l'aubaine et se fait surprendre à la sortie du tunnel par l'huile déposée par la Mercedes, perd le contrôle de sa Lancia, et termine sa course dans les eaux du port ! Il faudra toute la vigilance des hommes-grenouille pour sauver Ascari de la noyade.

Laissé au repos suite à cet accident, c'est en simple observateur que Ascari assiste quatre jours plus tard à une séance d'essais privés sur le circuit de Monza, où son jeune compatriote Eugenio Castellotti peaufine les réglages d'une Ferrari catégorie sport qu'il doit partager avec lui à l'occasion des 1000 kilomètres de Monza à venir. Mais contre l'avis des médecins, Ascari ne résiste pas à l'envie d'essayer à son tour la voiture. Dès sa deuxième boucle, Ascari perd le contrôle de sa voiture et trouve la mort. Les circonstances de cet accident n'ont jamais pu être établies.

L'un des plus beaux palmarès de la F1 : 32 Grands prix / 13 victoires / 14 Pole position / 12 Records du tour/ 2 titres de champion du monde

Carrière en F1 [modifier]

  • 1947: Maserati
  • 1948: Maserati
  • 1949: Ferrari
  • 1950: Ferrari - 5e du championnat du monde
  • 1951: Ferrari - 2e du championnat du monde (2 victoires)
  • 1952: Ferrari - Champion du monde (6 victoires)
  • 1953: Ferrari - Champion du monde (5 victoires)
  • 1954: Lancia - 25e du championnat du monde
  • 1955: Lancia


 

Publié par ferrari76 à 19:43:20 dans Les Pilotes Ferrari Champion du Monde en Formule 1 | Commentaires (0) |

Juan Manuel Fangio | 28 mars 2008

Juan Manuel Fangio

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Juan Manuel Fangio en 1952.

Juan Manuel Fangio (né le 24 juin 1911 à Balcarce, une ville d'Argentine située à environ 400 km de la capitale — mort le 17 juillet 1995 à Buenos Aires), était un pilote automobile argentin. Cinq fois Champion du monde de Formule 1 (en 1951, 1954, 1955, 1956 et 1957) il a dominé la discipline reine du sport automobile dans les années cinquante, étant jusqu'à ce jour le seul pilote à être sacré champion du monde dans 4 écuries différentes. Grâce à ses exploits et à son unique pourcentage de victoires sur Grands Prix disputés (24 victoires sur 51 GP, record absolu), nombreux sont ceux qui le considèrent comme le plus grand pilote de l'histoire[1].


Biographie [modifier]

Enfance [modifier]

Né dans une modeste famille d'immigrés italiens originaires des Abruzzes — son père était ouvrier maçon décorateur — Juan Manuel Fangio était le cinquième enfant d'une fratrie de six. Pas très doué pour l'école, il se passionne pour le football mais aussi pour la mécanique puisqu'il fréquente un atelier de réparation mécanique automobile durant ses loisirs.

En 1922, âgé de 11 ans, parallèlement à l'école, il devient apprenti mécanicien dans un atelier de Balcarce qui prépare notamment des voitures de courses. Quelques années plus tard, il abandonne l'école et est engagé par le concessionnaire Ford, puis par le concessionnaire Studebaker de sa ville natale. Mécanicien compétent, on lui confie également parfois le soin d'essayer les nouvelles voitures, ce qui lui permet à seulement 16 ans de s'initier aux joies de la conduite. En 1929, à 18 ans, il effectue même des débuts en compétition, mais en qualité de co-pilote, aux côtés d'un riche client du garage pour lequel il travaille. Cette première expérience restera longtemps sans suite.

1936-1938 : Premières courses [modifier]

En 1933, après son service militaire d'un an dans le 6e régiment d'artillerie de Campo de Mayo où il est chauffeur personnel d'officier supérieur, il ouvre son propre garage avec l'aide de son père et de ses frères. Ce n'est qu'en 1936, alors qu'il est âgé de 25 ans, qu'il dispute sa première course, au volant de la Ford A d'un ami, préparée dans l'atelier familial. Dans les mois suivants, il renouvelle l'expérience à plusieurs reprises, avec la Ford A, puis avec une Buick V8 et enfin avec une Ford V8 de 85 chevaux, qu'il engage en 1938 dans le "Gran Premio de Necochea". Troisième de sa manche qualificative, puis septième de la finale, Fangio prend peu à peu conscience de ses qualités de pilote.

1939-1942 : Le temps des carrateras [modifier]

A partir de 1939, Fangio décide d'abandonner les épreuves sur circuit pour se lancer dans les courses routières (les Carrateras), alors extrêmement populaires en Argentine. Il s'agit d'épreuves de plusieurs centaines de kilomètres, disputées sur des routes sinueuses et caillouteuses, aussi éprouvantes pour les machines que pour les organismes. Grâce à une souscription lancée à Balcarce, Fangio parvient à s'offrir une Chevrolet V6 qui lui permet rapidement de concurrencer les frères Galvez, alors les deux grands pilotes argentins de la spécialité. En 1940, il remporte sa première grande épreuve, le Gran Premio del Norte, une longue course harassante de deux semaines et de 9445 Km entre Lima au Pérou et Buenos Aires en Argentine via la traversée de la cordillère des Andes par des cols qui culminent à plus de 4000 mètres. En fin d'année, il obtient son premier titre de champion d'Argentine de Carreteras, titre qu'il conserve en 1941.

Mais en 1942, la guerre qui fait rage en Europe et qui s'étend au reste du monde commence à éprouver l'économie argentine. Pour cause de rationnement, les courses automobiles sont mises en sommeil et Fangio se consacre exclusivement à la bonne marche de son garage.

1947-1948 : Les temporadas [modifier]

En 1946, au sortir de la guerre, les courses automobiles peuvent reprendre en Argentine. Cette reprise est facilitée par l'arrivée au pouvoir du Général Juan Peron qui s'avère être un grand amateur de sport automobile et qui souhaite en faire un outil de prestige pour l'Argentine. Il lance ainsi l'idée d'organiser en Argentine une saison de course sur circuit (une temporada) lors de l'été austral (l'hiver en Europe) au cours de laquelle les meilleurs pilotes mondiaux (alors essentiellement les Italiens et les Français) viendraient se frotter aux gloires locales. Fangio participe à la première temporada (lors de l'hiver 1947), mais faute d'un matériel compétitif (une Ford T à moteur Chevrolet), n'est guère en mesure de se mettre en valeur. Dans les mois qui suivent, de nombreux succès au volant d'une Volpi-Chevrolet préparée par ses soins lui permettent de convaincre l'Automobile Club d'Argentine de lui confier une voiture compétitive pour la temporada 1948. En parvenant à rivaliser avec les meilleurs, Fangio ne tarde pas à justifier les espoirs placés en lui, tout en gagnant la sympathie et le respect de pilotes de renom tels Achille Varzi, Luigi Villoresi et Jean-Pierre Wimille.

1948-1949 : Premiers pas en Europe [modifier]

Après avoir su attirer certains des meilleurs pilotes mondiaux en Argentine, l'Automobile Club d'Argentine (toujours fortement encouragé par Peron) enclenche la deuxième phase de son programme de développement du sport automobile argentin, en envoyant ses meilleurs pilotes (dont Fangio) en Europe, pour qu'ils se familiarisent avec l'environnement des courses européennes. C'est à l'occasion de ce voyage que Fangio effectue de manière totalement improvisée ses débuts en Formule 1, lors du GP de l'ACF, disputé le 18 juillet 1948 sur le circuit de Reims. Il est appelé par Amédée Gordini pour remplacer au pied levé le pilote français Maurice Trintignant, victime d'un grave accident quelques jours plus tôt lors d'une course en lever du rideau du Grand Prix de Suisse à Bremgarten. Malgré une résistance héroïque, Fangio est impuissant face aux redoutables Alfetta et doit abandonner suite à la casse moteur de sa Gordini.

En 1949, l'Automobile Club d'Argentine passe à la vitesse supérieure en constituant une véritable équipe d'Argentine (à laquelle est bien évidemment incorporé Fangio) pour courir en Europe. Au volant de la Maserati 4CLT de l'ACA, Fangio remporte la dernière course de le temporada 1949, avant de repartir pour l'Europe y disputer sa première véritable saison internationale. Rapidement, l'épopée européenne de l'équipe d'Argentine vire au triomphe, puisque Fangio enchaîne les succès avec une insolente supériorité, dans des épreuves il est vrai d'importances inégales: GP de San Remo, GP de Pau, GP du Roussillon, GP de Marseille (sur une Gordini), GP de l'Autodrome à Monza (sur une Ferrari louée in extremis à la Scuderia) puis GP d'Albi. En fin d'année, c'est en héros national que Fangio retourne en Argentine, mais surtout, il a la satisfaction d'avoir décroché un volant de pilote officiel au sein de l'écurie Alfa Romeo pour la saison 1950 et le tout premier championnat du monde de Formule 1.

1950-1951 : Premier titre avec Alfa Romeo [modifier]

Meurtrie par les accidents mortels de Varzi et de Wimille, l'équipe Alfa Corse a fait l'impasse sur la saison 1949, mais cela ne l'empêche pas de se présenter en favorite du championnat du monde 1950, tant la supériorité technique de la surpuissante Alfetta 158 est grande, et tant l'équipe de pilotes constituée par Fangio, Farina et à un degré moindre Fagioli (les "3 FA") impressionne. Rapidement, le championnat se réduit comme prévu à un duel entre Farina et Fangio. Victime d'une casse mécanique lors de la manche inaugurale à Silverstone, Fangio remporte son premier GP du championnat du monde à Monaco le 21 mai. Il s'impose également en Belgique et au GP de l'ACF, mais plusieurs abandons lui coûtent le titre mondial. Il doit se contenter de la place de vice-champion, 3 points derrière Farina.

En 1951, Fangio (toujours chez Alfa Romeo qui engage la Tipo 159) semble parti pour prendre facilement sa revanche comme l'atteste sa victoire au premier GP de la saison en Suisse, au terme d'une démonstration de pilotage sous la pluie. Mais, après une deuxième victoire acquise en France sur le circuit de Reims (partagée avec son coéquipier Fagioli qui lui avait cédé sa voiture), le championnat change de visage et Fangio subit la domination de la Scuderia Ferrari, emmenée par son compatriote José Froilán González mais surtout par Alberto Ascari. Un abandon en Italie (combiné à une victoire d'Ascari) semble le condamner à un nouvel échec au championnat.

Mais le 28 octobre, pour la dernière manche de la saison, sur le circuit de Pedralbes, trâcé non permanent situé dans la ville de Barcelone, Ferrari se fourvoie dans ses choix de pneumatiques, et offre sur un plateau la victoire et le titre mondial à Fangio. Après sa victoire, lors du GP d'Espagne, Juan Manuel Fangio remporte le Championnat du monde de Formule 1 — le premier de ses cinq titres de champion du monde — au volant de son Alfa Romeo.

1952-1953 : Deux saisons à oublier [modifier]

La nouvelle réglementation technique ayant poussé Alfa Romeo vers la sortie, Fangio trouve refuge chez Maserati pour disputer le championnat du monde. Sa première course avec la nouvelle arme de la firme au Trident, la A6GCM, est prévue le 8 juin à Monza, au GP de l'Autodrome, une épreuve hors-championnat. La veille, Fangio était engagé au volant d'une Formule 1 BRM V16 dans une épreuve de Formule Libre en Ulster, et il prévoyait de rallier Monza en avion. Mais en raison de problèmes météorologiques, l'avion de Fangio ne put aller plus loin que Paris, et le pilote argentin dut effectuer le trajet Paris-Monza en voiture. Ce n'est que d'extrème justesse, et après une nuit blanche passée sur la route, qu'il parvint à se présenter au départ de la course à Monza. Dès le deuxième tour, il commet une erreur de pilotage et sa Maserati part dans une effroyable cabriole. Relevé avec de graves blessures aux vertèbres cervicales, Fangio échappe à la paralysie, mais doit observer une longue convalescence et passe plusieurs mois plâtré.

Il retrouve la compétition en 1953. Une impressionnante série de deuxièmes places lui permet de faire un temps illusion au championnat, mais dans les faits, il est systématiquement dominé par les Ferrari, et notamment celle d'Alberto Ascari qui décroche facilement le titre. Fangio doit attendre l'ultime manche de la saison, à Monza, pour renouer avec la victoire, au terme d'un dernier tour à suspense.

1954-1955 : La domination Mercedes [modifier]

Juan Manuel Fangio en 1986 au volant de la Mercedes-Benz W196 double championne du monde en 1954 et 1955

A l'issue de la saison 1953, Juan Manuel Fangio est contacté par Mercedes-Benz, qui envisage de profiter du changement de règlement technique (retour à la F1 2,5 litres) pour effectuer son retour en Grand Prix après 15 années d'absence. Fangio connaît bien Mercedes et son directeur de course Alfred Neubauer pour avoir couru pour eux en Argentine lors de la temporada 1951, à un moment où la firme à l'étoile revenait tout juste à la compétition. Les succès récents des Mercedes aux 24 heures du Mans et à la Panaméricaine achèvent de le convaincre du formidable potentiel de la marque allemande.

La Mercedes-Benz W196 ne pouvant être prête avant le GP de France, Mercedes accepte que Fangio débute la saison dans une autre équipe afin de ne pas hypothéquer ses chances au championnat. Au volant de la remarquable Maserati 250F, Fangio ne se prive pas de remporter les deux premières manches du championnat, en Argentine puis en Belgique. Au GP de France, troisième manche de la saison, Fangio découvre la Mercedes W196, qui se distingue par une aérodynamique très soignée (à l'inverse des autres F1, la W196 a les roues carénées), tandis que sa couleur argentée du plus bel effet rappelle aux observateurs les grandes heures de la marque avant-guerre. Si les adversaires de Fangio espéraient que Mercedes souffre d'un temps d'adaptation, ils en sont pour leurs frais puisque l'Argentin impose la W196 dès sa première apparition. A Silverstone, dans des conditions qui conviennent mal aux caractéristiques de sa voiture, Fangio termine laborieusement 4e, mais au Nürburgring, sur la W196 en version non carénée, il reprend sa marche triomphale. Son succès est toutefois assombri par la mort lors des essais de son jeune compatriote et protégé Onofre Marimon. Deux nouvelles victoires en Suisse puis en Italie assurent à Fangio un facile deuxième titre mondial.

Malgré une concurrence qui aiguise ses armes (notamment Alberto Ascari au volant de la prometteuse Lancia D50), Fangio entame la saison 1955 en position de grand favori. Il débute d'ailleurs l'année par ce qui restera comme l'une de ses plus fameuses victoires, en Argentine. Sous un soleil de plomb, les pilotes sont physiquement incapables d'effectuer seuls les 375 kilomètres du Grand Prix et rapidement, au gré des abandons, plusieurs pilotes se relayent au volant d'une même voiture, comme le règlement l'autorise alors. Mais Fangio, fort d'une condition physique irréprochable et de son expérience des redoutables carreteras argentines, parvient à rallier victorieusement l'arrivée en solitaire. Après un abandon sur casse moteur à Monaco, Fangio effectue une parenthèse dans sa saison de Formule 1 en participant aux 24 heures du Mans, au volant de la Mercedes 300 SLR. L'équipage qu'il forme avec le jeune prodige britannique Stirling Moss (également son équipier en F1) y fait figure de grand favori. Fangio est à la lutte avec la Jaguar d'Hawthorn lorsque le drame se joue, quelques heures après le départ seulement. Surpris par une manœuvre brutale de Hawthorn pour rentrer aux stands, Macklin effectue un écart que ne peut éviter le Français Pierre Levegh dont la Mercedes décolle avant de se désintégrer sur le talus séparant la piste des tribunes, projetant des débris mortels (notamment le moteur, le train-avant et le capot) dans la foule. Plus de 80 personnes sont tuées. Fangio qui roulait juste derrière Levegh échappe de justesse au drame. Quelques heures plus tard, alors que l'équipage Fangio-Moss est en tête de la course, la direction de Mercedes décide de retirer ses voitures.

Amputée de plusieurs manches suite au drame des 24 heures, la saison de F1 se poursuit néanmoins, toujours dominée par Mercedes, sans réelle opposition après le retrait de l'écurie Lancia (en proie à de grandes difficultés financières et meurtrie par l'accident mortel d'Alberto Ascari peu après le GP de Monaco) et compte tenu de la petite forme des Ferrari et Maserati. Fangio s'impose à Zandvoort, termine 2e à Aintree derrière Moss sans véritablement lui contester la victoire, puis l'emporte à Monza, s'adjugeant du même coup son troisième titre mondial.

1956 : Quatrième titre amer chez Ferrari [modifier]

A l'issue de la saison 1955, Mercedes annonce son retrait du sport automobile. Une décision qui doit beaucoup au drame des 24 heures du Mans mais aussi au sentiment pour la firme à l'étoile de n'avoir plus rien à prouver en sport automobile après deux saisons de domination sans partage en Formule 1. À 44 ans, Fangio estime qu'il est peut-être également temps pour lui de tirer sa révérence au sommet et envisage sérieusement d'arrêter la Formule 1. Mais c'est sans compter sur le renversement en septembre 1955 du Général Peron. Même si Fangio a toujours su éviter de se faire instrumentaliser par la propagande peroniste, il est de notoriété publique qu'il est un des "protégés" du Président déchu, et de ce fait, il craint que ses biens en Argentine ne lui soient confisqués par les nouveaux dirigeants. Ce sentiment l'incite à poursuivre sa carrière au plus haut niveau, afin de se mettre à l'abri du besoin. Il parvient à négocier un juteux contrat avec Ferrari (qui sort d'une saison 1955 ratée, mais qui a récupéré les Lancia D50 au potentiel si prometteur).

Victorieux du GP d'Argentine (victoire partagée avec Luigi Musso puisque Fangio a été victime d'ennuis d'alimentation sur sa propre voiture), Fangio termine ensuite deuxième du GP de Monaco, cette fois en partageant les points avec Peter Collins qui lui a cédé sa voiture à contre-cœur après que l'Argentin ait martyrisé la sienne contre les trottoirs de la Principauté, conséquence d'un pilotage inhabituellement approximatif. Les malheurs de Fangio se poursuivent à Spa, où sa transmission le trahit alors qu'il est en tête puis à Reims, où il est retardé par une fuite d'huile et doit se contenter de la quatrième place. Les ennuis mécaniques à répétition rencontrés par Fangio empoisonnent progressivement ses rapports avec Enzo Ferrari, qu'il accuse ouvertement de favoriser au championnat le jeune Peter Collins. De son côté, Ferrari pointe du doigt les insuffisances de Fangio (notamment sa course ratée de Monaco) et réfute les accusations implicites de "sabotage" en rappelant que depuis le début de saison, l'Argentin a bénéficié à deux reprises des consignes de course.

La sulfureuse ambiance s'apaise à partir du GP de Grande-Bretagne, que Fangio remporte avec brio, avant d'enchaîner par un nouveau succès au Nürburgring. Propulsé largement en tête du championnat du monde avant d'aborder l'ultime manche en Italie, Fangio ne compte plus que deux adversaires: son coéquipier Collins, et le Français Jean Behra. L'abandon de Fangio sur bris de direction est une véritable aubaine pour Collins, qui n'est toutefois pas en position d'être titré. Le Britannique va même jusqu'à renoncer volontairement à ses maigres chances d'être titré en s'arrêtant aux stands pour "partager" sa voiture avec Fangio, lequel décroche donc son quatrième titre mondial.

Malgré ce nouveau titre, les tensions entre Fangio et la direction de Ferrari ont atteint un point de non retour et les deux parties se séparent sans regrets en fin d'année.

1957 : Derniers exploits et cinquième titre [modifier]

En 1957, Fangio retourne chez ses amis de l'écurie Maserati, où il retrouve la 250F. Annoncé sur le déclin après sa campagne 1956, Fangio se charge de remettre les choses en place en dominant les débats tout au long de l'année. Il s'impose en Argentine, à Monaco, à Rouen (malgré des pneus usés jusqu'à la corde qui l'obligent au grand plaisir des spectateurs à une démonstration de pilotage en glissade dans la vertigineuse descente du Nouveau-Monde). Contraint à l'abandon en Angleterre, il reprend sa marche triomphale en signant, le 4 août 1957, sur le toboggan du Nürburgring, ce qui reste encore de nos jours considéré comme l'un des plus beaux exploits de l'histoire de la Formule 1. Retardé de près de 45 secondes à la mi-course suite à un ravitaillement cafouilleux, il entreprend une remontée d'anthologie sur les pilotes Ferrari Mike Hawthorn et Peter Collins. Au prix d'une prise de risque de tous les instants, il parvient à revenir sur les « échappés » et à les dépasser dans l'ultime boucle du circuit. Au soir de ce GP d'Allemagne d'anthologie, à l'issue du duquel il a obtenu la 24e (et dernière) victoire de sa carrière, Juan Manuel Fangio obtient — alors qu'il reste encore deux courses à disputer — son cinquième titre (dont quatre consécutifs) de Champion du monde de Formule 1. Deux deuxièmes places à Pescara et à Monza viendront compléter une saison triomphale.

1958 : Fin de carrière [modifier]

En 1958 Fangio qui est âgé de 47 ans décide de ne pas défendre son titre et de se retirer progressivement du haut niveau: « J'ai réalisé toutes mes ambitions. La couronne mondiale était mon plus grand rêve. Après mes deux premiers titres, il me semblait logique d'essayer d'en décrocher un troisième. Le cinquième me persuada qu'il était temps de passer la main. ». Il est également encouragé dans sa décision par le semi-retrait de Maserati, en proie à de grandes difficultés financières.

Il se contente de participer cette année à deux épreuves du championnat du monde: le GP d'Argentine en début de saison sur une Maserati engagée sous les couleurs de l'Automobile Club d'Argentine (il termine 4e), puis le GP de France à Reims, là où sa carrière internationale avait débuté 10 ans plus tôt. Retardé par des ennuis d'embrayage, il doit à nouveau se contenter d'une modeste quatrième place. Par respect envers le plus grand pilote de son temps, le vainqueur du jour Mike Hawthorn refusera de lui infliger un tour de retard en fin de course. Interrogé sur son attitude par les journalistes, Hawthorn répondra simplement:« On ne prend pas un tour à Fangio. » Marqué par l'accident mortel de son ancien équipier Luigi Musso, le déroulement de la course conforte Fangio dans son choix de mettre un terme à sa carrière.

Entre le GP d'Argentine et le GP de France, Fangio avait disputé des épreuves dans diverses catégories. Citons notamment sa participation avortée aux 500 Miles d'Indianapolis (il renonce dès les essais, s'estimant insuffisamment performant) ou encore sa participation rocambolesque au GP de La Havane à Cuba (dispute en catégorie Sport). Pris en otage par des rebelles castristes le 26 février, il est libéré sans heurt le lendemain de la course. Faisant référence au carambolage mortel ayant marqué l'épreuve, Fangio dira plus tard: « Cet évènement m'a peut-être sauvé la vie »

De retour en Argentine où il se consacre à sa famille et à ses affaires, Fangio restera jusqu'à sa mort un observateur avisé de l'évolution de la Formule 1, nouant notamment des contacts privilégiés avec le pilote brésilien Ayrton Senna. Jusqu'au début des années 1990, et malgré un pontage cardiaque en 1982, il participait régulièrement en Argentine mais aussi en Europe à des manifestations de voitures historiques.

Âgé de 84 ans, il décède le 17 juillet 1995 à Buenos Aires suite à une crise cardiaque associée à une pneumonie. L'Argentine décrète alors trois jours de deuil national pour son quintuple champion du monde et héros national.

Divers [modifier]

  • Malgré son palmarès et son talent, Fangio a couru pendant toute sa carrière sans avoir le permis de conduire. Il ne l'a obtenu qu'en 1961, plusieurs années après sa retraite.
  • Le nom Fangio a fait son retour sur les circuits dans les années 1980 et 1990. Le neveu du quintuple champion du monde, appelé Juan Manuel Fangio II, s'est notamment mis en évidence en Amérique du Nord, en devenant l'un des meilleurs pilotes du championnat d'Endurance IMSA et en remportant lui aussi les 12 heures de Sebring.
  • En Wallonie, « faire le Fangio » (prononcé Fandjo) signifie soit « conduire comme un chauffard », soit « rouler de manière sportive » [réf. nécessaire]

Citations [modifier]

Enzo Ferrari : «  Je le vis pour la première fois au printemps 1949 sur l'autodrome de Modène. Il y avait d'autres pilotes mais je finis par garder les yeux sur lui. Il avait un style insolite : il était le seul à sortir des virages sans raser les bottes de paille à l'extérieur. Je me disais : cet Argentin est vraiment fort, il sort comme un bolide et reste au beau milieu de la piste!! Quant à l'homme, je ne parvins jamais à le cerner vraiment. Manuel Fangio est resté pour moi un personnage indéchiffrable ... »

Palmarès [modifier]

Publié par ferrari76 à 19:42:33 dans Les Pilotes Ferrari Champion du Monde en Formule 1 | Commentaires (0) |

Mike Howthorn | 28 mars 2008

Mike Hawthorn

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John Michael Hawthorn (né le 10 avril 1929 à Mexborough, dans le Yorkshire, en Angleterre - mort le 22 janvier 1959 dans un accident de la route) était un pilote automobile anglais. Célèbre pour le noeud papillon qu'il arborait en compétition, il est devenu en 1958 au volant d'une Ferrari le premier pilote britannique à remporter titre de champion du monde de Formule 1. Il est également connu pour son implication controversée dans le drame des 24 heures du Mans 1955, course qu'il remporta sur une Jaguar

Biographie [modifier]

Une ascension fulgurante [modifier]

Mike Hawthorn quitte les études à l'âge de 17 ans pour se lancer dans la compétition. Il ne fait que suivre l'exemple de son père Leslie, passionné de sport mécanique et qui lui même couru à un niveau amateur des compétitions motocyclistes. Avec l'argent économisé grâce à son emploi de mécanicien dans un garage de Guildford, il s'achête une moto en 1947 qu'il engage avec succès dans des épreuves de trials. Avec l'aide de son père, il passe rapidement à l'automobile et accède en 1951 à des compétitions de Formule 2 au volant d'une Cooper Bristol. En 1952, il participe également à plusieurs épreuves du championnat du monde des pilotes, qui se dispute cette année-là sous la réglementation "Formule 2" et non "Formule 1". Plusieurs exploits du jeune Britannique (3e du Grand Prix de Grande-Bretagne, 4e en Belgique et aux Pays-Bas) attirent l'oeil des écuries les plus prestigieuses. C'est tout d'abord Jaguar qui lui propose un volant dans son équipe d'endurance puis la Scuderia Ferrari qui lui offre une place en championnat du monde. Hawthorn décide de prendre le chemin de l'Italie, devenant le premier pilote de son pays depuis Richard Seaman dans les années 1930 à rejoindre une écurie officielle en Grand Prix.

Deux saisons chez Ferrari [modifier]

La saison 1953 est dominée par Ferrari, mais le jeune Hawthorn subit le plus souvent la loi de son coéquipier, le champion en titre Alberto Ascari. Il s'avère néanmoins un précieux coéquipier face à la montée en puissance de l'armada Maserati emmenée par l'Argentin Juan Manuel Fangio. L'affrontement Ferrari-Maserati culmine à Reims, à l'occasion du Grand Prix de France, présentée par les journalistes de l'époque comme « la course du siècle ». Pour une fois, Ascari faillit dans son rôle de leader de la Scuderia, ce qui semble ouvrir la porte au premier succès d'une Maserati, avec Fangio au volant. Mais Hawthorn se montre à la hauteur de l'événement et au prix d'une manoeuvre audacieuse, souffle la victoire au Maestro argentin dans le tout dernier virage de la course. Avec deux autres podiums durant l'année, il se classe à la quatrième place du championnat du monde. Devenu le leader de la Scuderia suite au départ chez d'Ascari chez Lancia, il réalise une saison 1954 de qualité et décroche un deuxième succès en Grand Prix, cette fois en Espagne, mais est globalement impuissant sur l'ensemble de l'année face aux irrésistibles « Flêches d'Argent » Mercedes.

Le drame des 24h du Mans [modifier]

Réussie d'un point de vue sportif, son année 1954 aura par contre été douloureuse d'un point de vue personnel. Mike a tout d'abord le malheur de perdre son père, tué dans un accident de la route. Il est ensuite la cible d'une violente campagne médiatique orchestrée par les tabloids de son pays qui lui reprochent de ne pas avoir rempli ses obligations militaires (Hawthorn avait été réformé en raison d'une insuffisance rénale chronique) et de préférer se couvrir de gloire en faisant gagner des voitures étrangères plutôt que défendre sa patrie. Pour des raisons essentiellement personnelles (notamment la gestion du garage familial) Hawthorn décide donc de ne pas renouveler son contrat avec Ferrari et de revenir en Angleterre pour la saison 1955. Si ce choix le condamne à faire de la figuration en Formule 1 puisqu'il ne trouve pas mieux que la modeste écurie Vanwall pour l'accueillir, il lui permet d'intégrer enfin la puissante équipe Jaguar en endurance, où il remplace Stirling Moss parti chez Mercedes.

Schéma de l'accident des 24 heures du Mans 1955.

Pour Hawthorn comme pour Jaguar, le grand rendez-vous de l'année est prévu aux 24 heures du Mans, où est attendu un affrontement au sommet entre les armadas Jaguar, Ferrari et Mercedes. Après un feu de paille de la Ferrari de l'équipage Castellotti-Marzotto, le début de course est marqué par le duel au sommet que se livrent Juan Manuel Fangio (Mercedes) et Mike Hawthorn. Chose rare dans une épreuve d'endurance, les deux hommes se battent sur un rythme de Grand Prix, refusant de concéder le moindre dixième de seconde. A l'issue du 35e tour, il est prévu chez Jaguar d'arrêter Hawthorn pour un ravitaillement. Cela n'empêche pas le pilote britannique, qui a quelques longueurs d'avance sur Fangio, de poursuivre sur un rythme élevé. Avant de rentrer aux stands, il prend un tour à la Mercedes du Français Pierre Levegh, puis dépasse l' Austin Healey (une voiture d'une catégorie inférieure) de son compatriote Lance Macklin avant d'obliquer sur sa droite vers l'allée des stands, déclenchant sans le savoir l'horreur derrière lui. Visiblement surpris par la manoeuvre d'Hawthorn, Macklin est obligé de faire un écart à gauche que n'a pas anticipé Levegh qui arrivait juste derrière lui. Levegh a tout juste le temps de lever le bras pour avertir Fangio (c'est du moins ce que dira le pilote argentin) mais décolle sur l'Austin. La Mercedes retombe sur le talus en terre séparant la piste des tribunes mais sous l'impact, plusieurs éléments dont le moteur et le train avant sont catapultés dans les tribunes, tuant plus de 80 personnes. Levegh est également tué sur le coup, tandis qu'un gendarme est fauché par la voiture en perdition de Macklin.

La course poursuite entre la Mercedes de l'équipage Moss-Fangio (lequel est miraculeusement parvenu à passer au travers du chaos) et la Jaguar de l'équipage Hawthorn-Bueb continue jusqu'à ce que durant la nuit, la direction de Mercedes à Stuttgart ordonne le retrait des deux Flèches d'Argent encore en course, dont celle de Moss-Fangio, alors en tête. Sans rivaux, Hawthorn et Bueb remportent donc la course. Face à un drame d'une telle ampleur, les médias et l'opinion publique s'empressent de rechercher des responsabilités. Pour sa manoeuvre de rentrée aux stands, Hawthorn est évidemment pointé du doigt. Mais l'enquête officielle le mettra hors de cause, concluant à un fait de course.

Passage à vide en Formule 1 [modifier]

Comme prévu, sa saison de F1 tourne au fiasco. La Vanwall s'avère peu compétitive et au bout de quelques laborieuses participations, Hawthorn parvient à casser son contrat d'un commun accord avec son employeur. Il reçoit une offre de Lancia pour remplacer Ascari qui s'est tué, mais les soucis financiers de l'équipe italienne ne permettent pas à l'accord de se concrétiser. Ayant conservé d'excellents rapports avec Enzo Ferrari, c'est donc au sein de la Scuderia qu'il termine la saison, mais sans résultats notables, l'écurie au cheval cabré traversant elle aussi une grave crise financière.

Toujours attaché à l'idée de rester en Angleterre, il se laisse tenter en 1956 par le très patriotique projet British Racing Motors, un constructeur dont le projet est de fédérer les compétences de tout ce que le Royaume-Uni compte comme spécialistes de sport automobile. Ironiquement, ce n'est pas sur la BRM (un fiasco) qu'il obtient son meilleur résultat, mais sur la Maserati engagée par son équipe en début d'année en Argentine et avec laquelle il décroche son seul podium de l'année.

Retour victorieux chez Ferrari [modifier]

Mike Hawthorn sur Ferrari au Grand Prix d'Argentine 1958.

En 1957, il rejoint pour la troisième fois la Scuderia Ferrari. Ce retour au sein de l'écurie championne du monde en titre (avec Fangio, qui est parti durant l'hiver) s'avère plus compliqué que prévu, justement parce que Fangio, parti chez Maserati, domine les débats de toute sa classe. L'impuissance de Hawthorn à son égard culmine à l'occasion du Grand Prix d'Allemagne, lorsque pourtant forts d'une avance de plus de 35 secondes à la mi-course, Hawthorn et son coéquipier Peter Collins se font mystifier par le vétéran argentin.

En 1958, suite à la semi-retraite de Fangio, Ferrari a enfin la voie libre. Régulier à défaut d'être particulièrement brillant (une seule victoire, au Grand Prix de France, où dans un geste chevaleresque, il refuse d'infliger un tour de retard à Fangio qui dispute la dernière course de sa carrière), Mike Hawthorn prend la tête du championnat à mi-saison et s'impose finalement d'un point devant son compatriote Stirling Moss. Les observateurs ne manquent pas de faire remarquer que Hawthorn, largement dominé par Moss lors de l'épreuve décisive à Casablanca ne doit son salut qu'aux consignes d'équipe et à la discipline de son nouvel équipier, l'Américain Phil Hill, lequel céda à l'Anglais sa deuxième place en fin de course. Dans les jours qui suivent, le néo-champion du monde crée la surprise en annonçant qu'il met un terme à sa carrière. Très éprouvé par les accidents mortels en cours d'année de ses équipiers Luigi Musso et Peter Collins (lequel était un ami proche) ainsi que par celui de Stuart Lewis-Evans, il explique ne plus éprouver de plaisir à être un pilote de course. Selon le témoignage de proches, s'y ajoute également la détérioration de son état de santé due à son insuffisance rénale.

Hawthorn ne profitera pas longtemps de sa retraite puisque le 22 janvier 1959, sur une route de campagne humide, il perd le contrôle de sa puissante Jaguar, heurte une camionnette, avant de s'encastrer dans un arbre. Grièvement blessé à la tête, il meurt avant l'arrivée des secours. Les circonstances de cet accident n'ont jamais été totalement élucidées, si ce n'est que l'on sait qu'il avait rencontré son ami Rob Walker (propriétaire d'une écurie de Formule 1) et avait semble-t-il improvisé une course avec la Mercedes de ce dernier. On parlera d'un accélérateur bloqué ou encore d'une monte pneumatique inadaptée à une route mouillée.

 

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Phil Hill | 28 mars 2008

Phil Hill

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Phil Hill au volant d'une Ferrari F1 en 1962

Philip Toll Hill Jr, né le 20 avril 1927 à Miami, est un ancien pilote automobile américain. En 1961, il est devenu le premier pilote américain sacré champion du monde de Formule 1. Il a également remporté à trois reprises les 24 heures du Mans.

Biographie [modifier]

Les débuts [modifier]

Né en Floride, Phil Hill déménage très tôt avec sa famille à Santa Monica, en Californie, où son père occupe les fonctions de maître des postes. Passionné de sport automobile, il abandonne ses études pour devenir mécanicien et dispute également ses premières courses au volant de sa propre MG à partir de 1948. En 1949, son employeur l'envoie au Royaume-Uni pour qu'il se spécialise dans les carburateurs SU et suive des stages de perfectionnement chez Jaguar et Rolls-Royce. Hill revient aux États-Unis avec une Jaguar XK120 au volant de laquelle il remporte sa première course, à Pebble Beach. Troquant ses compétences de mécanicien pour un volant de course, il participe aux redoutables Carrera Panamericana, aux 1 000 km de Buenos Aires et aux 12 heures de Sebring, où il termine deuxième en 1955 au volant d'une Ferrari 750 Monza, copilotée par Carroll Shelby. Aux 24 Heures du Mans de cette année-là, il assiste au volant de sa Ferrari du NART de Luigi Chinetti au terrible accident de Pierre Levegh.

Pilote officiel Ferrari en endurance puis en F1 [modifier]

Il envisage de renoncer au sport automobile mais Chinetti le pousse à continuer et conseille même à Enzo Ferrari de l'intégrer à à l'écurie officielle d'endurance à compter de la saison 1956. En équipage avec le Belge Olivier Gendebien, il se classe deuxième des 1 000 km de Buenos-Aires en janvier, ce qui achève de convaincre le Commendatore de l'intégrer à la Scuderia. Après quelques succès mineurs en 1956 et 1957, la carrière de Phil Hill au sein de la Scuderia décolle vétitablement en 1958, saison au cours de laquelle il remporte les 12 heures de Sebring puis les 24 heures du Mans au volant de la 250 Testa Rossa qu'il partage avec Gendebien. Fort de ses succès en endurance, il demande sans succès à Enzo Ferrari de lui donner sa chance en Formule 1. Par dépit ou par provocation, il s'engage au Grand Prix de France au volant d'une Maserati privée du Jo Bonnier Racing Team et se classe à une honorable septième place. Enzo Ferrari aurait pu prendre ombrage d'un tel comportement, mais le décès de son pilote Luigi Musso durant la course l'amène à donner sa chance à Hill pour le Grand Prix d'Allemagne, qu'il termine en neuvième position au volant de la Dino 156 de Formule 2. Cette course est le théâtre d'un nouveau drame pour Ferrari, qui perd un autre de ses pilotes, Peter Collins, dans un accident. La situation est d'autant plus épineuse pour la Scuderia que cela laisse isolé Mike Hawthorn, qui joue le titre mondial face à Stirling Moss. Hill est donc rappelé pour les deux dernières manches de la saison en Italie et au Maroc sur la Dino 246. A Monza, il se classe troisième, une performance qu'il réédite à Casablanca, non sans avoir cédér sa deuxième place en vue de l'arrivée à Mike Hawthorn, un geste qui assure le gain du titre mondial à son coéquipier.

Au soir de son titre mondial, Mike Hawthorn, très éprouvé par les morts de Musso et Collins annonce son départ à la retraite. En l'espace de quelques mois, Hill, qui n'avait pas la confiance d'Enzo Ferrari, devient donc le premier pilote de la Scuderia Ferrari dans le championnat du monde de Formule 1. Sur une voiture dépassée par les agiles Cooper à moteur arrière, Hill connait une saison 1959 en demi-teinte et se met moins en évidence que son coéquipier Tony Brooks, lequel remporte deux victoires. La situation de la Scuderia empire en 1960 et Hill est impuissant face aux écuries britanniques. Il remporte son premier succès en Formule 1 à l'occasion du Grand Prix d'Italie mais cette victoire est à relativiser : pour tenter de favoriser Ferrari, les organisateurs avaient décidé de faire disputer la course sur la version "longue" du circuit, celle empruntant l'anneau de vitesse, ce qui amena les principales écuries britanniques à boycotter l'épreuve. C'est donc face à une opposition très faible que Hill s'imposa.

Un titre au goût amer [modifier]

Dépassée depuis deux saisons, la Scuderia Ferrari met à profit le changement de règlementation et le passage à la F1 "1,5 litres" pour retrouver sa superbe en 1961. Face à une opposition mal préparée à ce changement, Ferrari écrase le championnat, qui se résume rapidement à un duel entre Phil Hill (victorieux en Belgique) et son coéquipier allemand Wolfgang von Trips. Progressivement, Von Trips prend l'ascendant sur Hill, qui semble au plus bas moralement au départ du Grand Prix d'Italie, avant-dernière manche de la saison. Distancé par Von Trips au championnat et sur la grille de départ, il a également subi en qualifications la loi de Ricardo Rodriguez, un jeune Mexicain de 19 ans qui participe sur la troisième Ferrari à son tout premier Grand Prix. Enzo Ferrari en personne ne se prive d'ailleurs pas de stigmatiser publiquement la contre-performance de l'Américain. Mais dès l'issue du deuxième tour, le championnat bascule suite à l'accrochage entre la Lotus de Jim Clark et la Ferrari de Wolfgang von Trips dans lequel le pilote allemand ainsi que 14 spectateurs sont tués. Passé au travers du carnage, Hill remporte la course et décroche par la même occasion le titre mondial.

La Scuderia se charge rapidement de dilapider durant l'hiver 1961-1962 l'avance prise sur la concurrence. Mécontents de l'ingérance de l'épouse d'Enzo Ferrari dans les affaires internes de l'équipe, le directeur sportif Romolo Tavoni et le directeur technique Carlo Chiti partent fonder leur propre équipe, Automobili Turismo e Sport. Au sein d'une Scuderia totalement désorganisée, Hill fait illusion en début de saison avant de sombrer. Il se console en remportant pour la troisième fois les 24 heures du Mans, mais la dégradation de ses rapports avec son employeur débouche sur une rupture en fin de saison.

Fin de carrière [modifier]

Avec son coéquipier Giancarlo Baghetti, il rejoint les dissidents d'ATS à compter de la saison 1963. Mais l'aventure ATS tourne rapidement au fiasco, et Hill n'inscrit pas le moindre point de la saison. Il passe en 1964 chez Cooper, mais le pilote américain, en perte de vitesse, réalise une saison assez terne.

Sans volant en F1 (il refera une apparition sur l'Eagle-Climax au Grand Prix d'Italie 1966, sans parvenir à se qualifier), Hill fait son retour dans les épreuves d'endurance avant de prendre sa retraite. Au volant de la Chaparral 2D de Jim Hall, il remporte notamment les 1 000 kilomètres du Nürburgring en 1965 puis, sur la Chaparral 2F, le BOAC 500 de Brands Hatch le 30 juillet 1967, qui s'avérera être la toute dernière course de sa carrière.

A l'issue de sa carrière sportive, Phil Hill retourne à Santa Monica, où il fonde Hill & Vaughn, une entreprise de restauration de vieilles voitures. Il entame également une longue collaboration avec le magazine Road & Track.

Son fils Derek Hill a tenté de faire carrière dans le sport automobile. Il a notamment participé au championnat international de Formule 3000 en 2003 au sein de l'écurie française DAMS, mais sans grande réussite.

Principales victoires [modifier]


 

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John Surtees | 28 mars 2008

John Surtees

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John Surtees en 2006

Surtees sur Ferrari 158 au GP de Grande-Bretagne 1964

John Surtees et Mauro Forghieri en 1965

John Surtees est un ancien pilote motocycliste et automobile britannique né le 11 février 1934 à Tatsfield (Surrey, Angleterre). Après avoir décroché sept titres de champion du monde moto, il passe en Formule 1 et décroche le titre mondial en 1964. John Surtees reste à ce jour le seul pilote champion du monde moto et de Formule 1.


Biographie [modifier]

C'est en 1951 que John Surtees effectue ses débuts à moto. En 1956, à seulement 22 ans, il remporte son premier titre mondial dans la catégorie 500 cm³ au guidon d'une MV Agusta. Puis, de 1958 à 1960, il remporte six autres titres de champion du monde, en 350 cm³ et en 500 cm³.

N'ayant plus rien à prouver sur deux roues, John Surtees se laisse tenter par le sport automobile. En 1960, parallèlement à sa dernière saison en moto, et après un très bref apprentissage en Formule 2, il effectue ainsi ses débuts en Formule 1, en tant que pilote officiel Lotus. Dès sa deuxième course, sur Lotus 18 au GP Grande-Bretagne, il décroche la seconde place derrière Jack Brabham. Puis Surtees ne passe pas loin de l'exploit lors de son troisième GP, au Portugal, puisqu'il décroche la pole-position et domine la course avant de partir à la faute. Même si sa prestation au Portugal fait de lui l'un des pilotes les plus prometteurs de sa génération, Surtees préfère néanmoins disputer la saison suivante à l'abri de toute pression au volant d'une Cooper T53 de l'écurie privée Yeoman Credit Racing Team. Il se classe à 2 reprises 5e en Championnat du monde (Belgique et Allemagne) mais remporte sa première victoire (hors-championnat) lors du Glover Trophy. Puis, en 1962, toujours avec Yeoman Credit, il se lance dans le nouveau et ambitieux projet Lola-Climax qui engage la nouvelle mk4. Si la nouvelle écurie implose au bout d'une seule saison, Surtees a su se mettre en évidence à plus d'une reprise (en décrochant notamment la pole-position aux Pays-Bas lors de la première course de la monoplace puis en terminant 5 fois consécutivement dans les points, dont deux fois sur le podium), ce qui lui ouvre les portes de la Scuderia Ferrari pour la saison 1963.

Chez Ferrari, au volant de la 156, Surtees ne peut dans un premier temps rien faire pour contrer l'invincible Lotus 25 de Jim Clark. Mais il met à profit la première défaillance du futur champion du monde pour s'imposer avec classe lors du GP d'Allemagne disputé sur le très sélectif tracé du Nürburgring. Surtees manque à deux reprises de récidiver (lors des GP d'Italie et des États-Unis) mais son moteur rend l'âme alors qu'il est en tête. En 1964, avec une Ferrari 158 enfin à la hauteur des Lotus et BRM, John Surtees décroche deux pole-positions, 2 victoires et six podiums et remporte le championnat du monde. Il devient ainsi le premier pilote, et le seul à ce jour, champion du monde à la fois sur deux et quatre roues.

L'année suivante, au volant de la Ferrari 158 puis de la 1512, Surtees est impuissant pour contrer la nouvelle domination de Clark et Lotus. Il termine à quatre reprises seulement dans les points malgré de très belles qualifications. En 1966, le changement de réglementation fait à nouveau de lui le favori pour le titre mondial. Loin d'être l'année d'un deuxième sacre, 1966 sera au contraire celle de la rupture entre Surtees et Ferrari. Exaspéré par les pratiques d'Eugenio Dragoni (directeur sportif de la Scuderia) qui ne cache pas sa préférence pour son coéquipier italien Lorenzo Bandini, Surtees claque la porte de la Scuderia en pleine saison, malgré une pole-position/victoire en Belgique sur la 312. Il termine l'année chez Cooper où il décroche deux podiums avant de remporter sa deuxième course de la saison lors du GP du Mexique sur la T81-Maserati. Surtees termine vice-champion du monde derrière l'impressionnant Brabham qui a remporté 5 courses consécutivement!

En 1967, Surtees se laisse tenter par le projet Honda. La RA273 est assez lourde et Surtees doit abandonner trois fois à son volant, tout en inscrivant des points à trois autres reprises. La nouvelle RA300 fait ses début en Italie où Surtees remporte la victoire (pour seulement 0"2, au terme d'un sprint final resté fameux face à Brabham). Au sein d'une écurie dans laquelle il est bien plus qu'un simple pilote et possède également de lourdes responsabilités techniques, il termine quatrième du championnat du monde, mais plus jamais il ne connaîtra le succès sur Honda, qui quitte la Formule 1 fin 1968. Lors de cette saison 1968, la RA301 permet toutefois à Surtees de décrocher deux podiums et une pole-position.

Après un passage sans gloire chez BRM, sur P138 puis P139 (troisième au GP des États-Unis pour meilleur résultat) en 1969, il décide de monter sa propre écurie de F1. Pour Surtees, qui était très impliqué dans les projet Lola et Honda, il s'agit d'un prolongement logique à sa carrière de pilote (qu'il poursuivra sur ses propres voitures jusqu'en 1972). En 1970, après quatre courses anonymes sur Mc Laren MC7, la Surtees TS7 conçue par Surtees et Peter Connew fait ses débuts en course. John Surtees ne marquera des points qu'en deux seules occasions durant la saison. Les résultats de l'écurie Surtees (TS7, TS9, TS14 et TS14A) ne décolleront jamais et l'équipe quitte la Formule 1 à l'issue de la saison 1978.

Palmarès [modifier]

Vitesse Moto

  • Champion du monde 500 cm³ en 1956, 1958, 1959 et 1960
  • Champion du monde 350 cm³ en 1958, 1959 et 1960

Formule 1

  • Champion du monde en 1964
  • 6 victoires en Grand Prix

CanAm

  • Vainqueur du championnat CanAm en 1966

Parcours en F1 [modifier]

  • 1960: Lotus
  • 1961: Cooper privée
  • 1962: Lola
  • 1963: Ferrari (1 victoire)
  • 1964: Ferrari (2 victoires et champion du monde)
  • 1965: Ferrari
  • 1966: Ferrari et Cooper (2 victoires)
  • 1967: Honda (1 victoire)
  • 1968: Honda
  • 1969: BRM
  • 1970: McLaren et Surtees
  • 1971: Surtees
  • 1972: Surtees
 

Publié par ferrari76 à 19:38:58 dans Les Pilotes Ferrari Champion du Monde en Formule 1 | Commentaires (0) |

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