Ailleurs qu'ici je l'ai déjà dit, c'est bien volontiers que je soutiens Val contre Siné.
Tout d'abord parce Siné a écrit "Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit!" et que si je suis rarement d'accord avec les idées à l'emporte pièce de Claude Askolovitch, cette phrase a de nets relents d'antisémitisme. Parce qu'il y a un lien, une corrélation qui est faite entre judaïsme et réussite matérielle et que c'est le B-A-BA de l'antisémitisme dit de gauche de la fin du 19è sicèle jusqu'à l'avant 2ème guerre mondiale à gauche.
C'est cet antisémtisme qui permettait à Drumont d'écrire la France Juive, à Rochefort (ancien communard) de déverser sa bile dans l'intransigeant et de soutenir le général Boulanger. C'est cet antisémitisme qui fit se ranger les Blanquistes d'extrême gauche du côté des populistes en soutien au Général Boulanger. C'est cet antisémitisme qui permettait à l'extrême gauche et aux communistes d'associer les 200 familles et les Rothschild comme les détenteurs du capital et affamaient la France au moment de l'affaire Stavisky en 1934. C'est cet antisémitisme qui laissait l'ARAC, association républicaine des anciens combattants, proches des communistes, défiler avec les ligues fascisantes le 6 février 34, laisser crier "à bas la Gueuse" contre le juif Stavisky tandis que Thorez, député et dirigeant communiste, déversait sa bile antiparlementaire à l'assemblée nationale. C'est cet antisémitisme qui permettait à un Guesdes de ranger Dreyfus parmi les personnes à ne pas défendre au nom du fait que les juifs sont du côté du capital et donc contre les ouvriers et la révolution prolétarienne. Jaurès se rangeait, lui du côté de la justice.
Je soutiens Val contre Siné, parce que j'aurais soutenu Jaurès contre Guesdes, parce que j'aurais soutenu la "Justice bourgeoise" plutôt que la Révolution prolétarienne.
Cette phrase publiée dans Charlie Hebdo semblait si problématique à son auteur que Siné en était d'ailleurs d'accord pour publier un mot d'excuse avant de refuser cette publication à côté d'un mot de la rédaction.
Et l'on ne peut arguer du principe selon lequel Siné a l'habitude d'être provocateur et que ce billet n'en est qu'un de plus. A ce titre là, il faut donc avoir commis un maximum de conneries avant de se faire repérer et arguer des antécédents pour être pardonné. Ce principe me semblerait amusant à mettre en oeuvre en matière criminelle...
Mais ce qui commence à être franchement agaçant c'est cette pétition à 3 000 signataires, bonnes âmes respectables pour leur immense majorité, qui justifient ces écrits qui "dénoncent seulement, avec le ton fleuri qui est sa marque de fabrique, l'opportunisme du fils du président de la République". C'est curieux, mais au nom de la critique du président de la république et de sa progéniture que ne serait-on tenté de tolérer tout de même... Moi qui apprécie Louis-Ferdinand, je ne me permettrai jamais d'omettre ses quatre écrits dégueulasses. Ce n'est pas parce que Siné a du talent (j'en suis totalement convaincu) qu'il faut laisser passer ses dérapages. Cette pétition subordonne le fond stratégique (un société tolérante) à un intérêt tactique (critiquer le président par n'importe quel biais).
Il faudra que l'on m'explique en quoi il est bon de banaliser l'antisémitisme pour virer Nicolas Sarkozy sauf à vouloir installer pire que Nicolas Sarkozy. Je ne dis pas que c'est le but des signataires, je dis juste que l'enfer est pavé de bonnes intentions.
Publié par chorlesingolls à 17:04:40 dans Chorles Ingolls | Commentaires (2) | Permaliens
Imaginons un peu qu'il n'y ait pas eu hier 10 abstentionnistes lors du vote du Congrès et qu'en définitive ce projet de changement constitutionnel soit rejeté.
Imaginons maintenant quel eut été le discours de l'opposition parlementaire (que je soutiens en temps normal). Normalement c'est "on a gagné ! Sarkozy a échoué, Fillon a échoué, Toute la majorité à échoué". Cela eut été vrai. Mais... La démocratie, elle ? J'aurais aimé voir la tête du parlementaire socialiste expliquant comment il a remporté une victoire en empêchant l'assemblée nationale de fixer la moitié de l'ordre de son ordre du jour, ou comment il a pu empêcher qu'en France il y ait des referendum d'initiative populaire, ou encore comment il a empêché un Président de venir s'expliquer devant la représentation nationale...
Alors prenons le résultat à l'envers. Cette courte victoire (mais il en fut ainsi pour l'amendement Wallon qui établit formellement la IIIè république en 1875) arrange aussi l'opposition : il s'agit d'une défaîte honorable. Pour plusieurs raisons. D'abord le manque de voix provient avant tout de la majorité, les ministres ont beau s'époumoner à dénoncer le sectarisme de l'opposition, lorsque des parlementaires de la majorité s'abstiennent pour ne pas voter contre, c'est qu'il y a des petits problèmes de fond, et d'énormes problèmes de fond avec les parlementaires de la majorité qui ont eux carrément voter contre.
Ensuite le PS a trouvé ses traîtres : le parti radical de gauche. Sur le fond, il n'a pas tort de voter cette réforme (ils sont ouvertement pour un régime présidentiel, du coup ...) mais dans les faits, ils ont voté parce qu'ils s'apprêtent, en bon accord avec le Président de la République, à prendre en tenaille le Modem, en compagnie de leurs homologues radicaux valoisiens dirigés par J-L. Borloo. Et le retour de B. Tapie sur la scène n'est pas étranger ni dans l'amont du vote, ni dans son aval.
Alors prenons le résultat à l'envers. Cette courte victoire (mais il en fut ainsi pour l'amendement Wallon qui établit formellement la IIIè république en 1875) arrange aussi l'opposition : il s'agit d'une défaîte honorable. Pour plusieurs raisons. D'abord le manque de voix provient avant tout de la majorité, les ministres ont beau s'époumoner à dénoncer le sectarisme de l'opposition, lorsque des parlementaires de la majorité s'abstiennent pour ne pas voter contre, c'est qu'il y a des petits problèmes de fond, et d'énormes problèmes de fond avec les parlementaires de la majorité qui ont eux carrément voter contre.
Ensuite le PS a trouvé ses traîtres : le parti radical de gauche. Sur le fond, il n'a pas tort de voter cette réforme (ils sont ouvertement pour un régime présidentiel, du coup ...) mais dans les faits, ils ont voté parce qu'ils s'apprêtent, en bon accord avec le Président de la République, à prendre en tenaille le Modem, en compagnie de leurs homologues radicaux valoisiens dirigés par J-L. Borloo. Et le retour de B. Tapie sur la scène n'est pas étranger ni dans l'amont du vote, ni dans son aval.
Enfin, le PS désigne son mouton noir : Jack Lang. A l'instar de l'ouverture entreprise par Nicolas Sarkozy, ils désignent à la vindicte du peuple le traître. Petit problème : il a participé à l'élaboration des principes qui ont présidé à ce texte dans la commission Balladu
Publié par chorlesingolls à 10:51:19 dans Chorles Ingolls | Commentaires (13) | Permaliens
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