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Pour Philippe Val | 29 juillet 2008

Ailleurs qu'ici je l'ai déjà dit, c'est bien volontiers que je soutiens Val contre Siné.

Tout d'abord parce Siné a écrit "Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit!" et que si je suis rarement d'accord avec les idées à l'emporte pièce de Claude Askolovitch, cette phrase a de nets relents d'antisémitisme. Parce qu'il y a un lien, une corrélation qui est faite entre judaïsme et réussite matérielle et que c'est le B-A-BA de l'antisémitisme dit de gauche de la fin du 19è sicèle jusqu'à l'avant 2ème guerre mondiale à gauche.

C'est cet antisémtisme qui permettait à Drumont d'écrire la France Juive, à Rochefort (ancien communard) de déverser sa bile dans l'intransigeant et de soutenir le général Boulanger. C'est cet antisémitisme qui fit se ranger les Blanquistes d'extrême gauche du côté des populistes en soutien au Général Boulanger. C'est cet antisémitisme qui permettait à l'extrême gauche et aux communistes d'associer les 200 familles et les Rothschild comme les détenteurs du capital et affamaient la France au moment de l'affaire Stavisky en 1934. C'est cet antisémitisme qui laissait l'ARAC, association républicaine des anciens combattants, proches des communistes, défiler avec les ligues fascisantes le 6 février 34, laisser crier "à bas la Gueuse" contre le juif Stavisky tandis que Thorez, député et dirigeant communiste, déversait sa bile antiparlementaire à l'assemblée nationale. C'est cet antisémitisme qui permettait à un Guesdes de ranger Dreyfus parmi les personnes à ne pas défendre au nom du fait que les juifs sont du côté du capital et donc contre les ouvriers et la révolution prolétarienne. Jaurès se rangeait, lui du côté de la justice.

Je soutiens Val contre Siné, parce que j'aurais soutenu Jaurès contre Guesdes, parce que j'aurais soutenu la "Justice bourgeoise" plutôt que la Révolution prolétarienne.

Cette phrase publiée dans Charlie Hebdo semblait si problématique à son auteur que Siné en était d'ailleurs d'accord pour publier un mot d'excuse avant de refuser cette publication à côté d'un mot de la rédaction.

Et l'on ne peut arguer du principe selon lequel Siné a l'habitude d'être provocateur et que ce billet n'en est qu'un de plus. A ce titre là, il faut donc avoir commis un maximum de conneries avant de se faire repérer et arguer des antécédents pour être pardonné. Ce principe me semblerait amusant à mettre en oeuvre en matière criminelle...

Mais ce qui commence à être franchement agaçant c'est cette pétition à 3 000 signataires, bonnes âmes respectables pour leur immense majorité, qui justifient ces écrits qui "dénoncent seulement, avec le ton fleuri qui est sa marque de fabrique, l'opportunisme du fils du président de la République". C'est curieux, mais au nom de la critique du président de la république et de sa progéniture que ne serait-on tenté de tolérer tout de même... Moi qui apprécie Louis-Ferdinand, je ne me permettrai jamais d'omettre ses quatre écrits dégueulasses. Ce n'est pas parce que Siné a du talent (j'en suis totalement convaincu) qu'il faut laisser passer ses dérapages. Cette pétition subordonne le fond stratégique (un société tolérante) à un intérêt tactique (critiquer le président par n'importe quel biais).

Il faudra que l'on m'explique en quoi il est bon de banaliser l'antisémitisme pour virer Nicolas Sarkozy sauf à vouloir installer pire que Nicolas Sarkozy. Je ne dis pas que c'est le but des signataires, je dis juste que l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Publié par chorlesingolls à 17:04:40 dans Chorles Ingolls | Commentaires (2) |

Las ... Hélas ... | 29 juillet 2008

Attention, texte chiant. Tout lecteur le fait au péril de s'endormir subitement devant l'écran et au risque de prendre son clavier en plein front...

Un débat dans la sience politique avait opposé Maurice Duverger à Georges Lavau pour savoir qui du régime constitutionnel et du mode de scrutin ou de la culture politique façonnait l'autre. La réponse fût les deux. La Vè république est la réponse à la culture politique de la IVè, la IIIè république est la réponse à l'Empire, la IVè est la réponse à Vichy, etc. Comportements et ordres constitutionnels se répondent et se façonnent l'un l'autre. La Vè, parce que son suffrage le plus important concerne celui du Président, et qu'il est un scrutin uninominal à deux tours (qui n'a axisté qu'à partir de 1962) a généré un système électoral à quatre partis.

Enfin au début, parce qu'il s'agit de l'est l'effet centrifuge du système. Et puis la culture politique a rattrapé le système, notamment grâce aux élections périphériques dites intermédiaires. Ces élections qui ne pèsent que peu sur le système politique central mais font émerge de nouvelles forces, notamment parce que le scrutin est proportionnel : FN aux municipales à Dreux en 1983, puis scrutin européen de 1984, ou émergence des Verts lors des régionales de 1994, etc... Partis qui après cette émergence existent dans le champ politique central et répondent à une demande qui trouble les modes de désignation habituel notamment en brisant l'unicité d'un bloc d'opposition. Il en va de même pour les électiovait opposé Maurice Duverger à Georges Lavau pour savoir qui du régime constitutionnel et du mode de scrutin ou de la culture politique façonnait l'autre. La réponse fût les deux. La Vè république est la réponse à la culture politique de la IVè, la IIIè république est la réponse à l'Empire, la IVè est la réponse à Vichy, etc. Comportements et ordres constitutionnels se répondent et se façonnent l'un l'autre. La Vè, parce que son suffrage le plus important concerne celui du Président, et qu'il est un scrutin uninominal à deux tours (qui n'a axisté qu'à partir de 1962) a généré un système électoral à quatre partis.

Enfin au début, parce qu'il s'agit de l'est l'effet centrifuge du système. Et puis la culture politique a rattrapé le système, notamment grâce aux élections périphériques dites intermédiaires. Ces élections qui ne pèsent que peu sur le système politique central mais font émerge de nouvelles forces, notamment parce que le scrutin est proportionnel : FN aux municipales à Dreux en 1983, puis scrutin européen de 1984, ou émergence des Verts lors des régionales de 1994, etc... Partis qui après cette émergence existent dans le champ politique central et répondent à une demande qui trouble les modes de désignation habituel notamment en brisant l'unicité d'un bloc d'opposition. Il en va de même pour les élections législatives.

Evidemment, le scénario n'est pas le même avec un scrutin majortiaire uninominal à un tour : au Royaume-Uni par exemple, il n'y a que trois partis nationaux dont deux à vocation majoritaire (Tory/Labour) les libéraux pouvant être appelés à faire la charnière. Mais la structure centrifuge reste la même. La contradiction du système provient des partis "régionaux" (écossais, gallois, irlandais) qui peuvent obtenir la majorité sur certains territoires.

En réalité, cela signifie que Constitution et mode de scrutins peuvent avoir une influence indéniable (notamment en imposant la nécessité d'alliances), il n'en demeure pas moins que la culture politique, les événements ont toujours tôt fait de mettre en place les sources des modifications de ces scrutins et régimes.

J'en viens au cœ

Publié par chorlesingolls à 15:32:31 dans Chorles Ingolls | Commentaires (1) |

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