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Boh olors... | 28 février 2008

C'est vrai quoi... Un discours au CRIF et pis plus rien. C'est nowok. Du grand, du beau, du "en bronze".

Puisque c'est inintéressant, venons en à ce qui est digne d'intérêt.

En l'occurrence Jacob Jordaens, peintre flamand, né en 1593 et mort en 1678. Un contemporain de Rubens puisqu'il en fut l'élève. Membre de la Guilde de Saint-Luc à Anvers, peintre prolifique puisqu'il y près de 500 oeuvres dont il serait l'auteur, à ceci prêt que nombre d'entre elles ont pu être signées de sa main alors que certains de ses disciples d'atelier les avaient peintes, et que d'autres ont pu être attribuées parce que parce...

Il fût connu et reconnu en son temps. Puis tombé en désuétude, puis re-reconnu à la fin du 19è, début du 20è siècle, puis retombé en désuétude notamment en France. C'est le destin de nombreux peintres, particulièrement lorsqu'ils se révèlent inégaux et qu'ils n'appartiennent que peu au patrimoine mondial et encore moins au patrimoine national. Jordaens est clairement dans l'école flamande, et contemporain de Rubens, ils se sont connus fréquentés mais à la différence de Rubens, il n'a jamais fait le voyage en Italie, ce qui, semble-t-il fait partie des regrets qu'il a exprimé au crépuscule de sa vie.

Mais là n'est pas le principal intérêt de Jordaens. Sa particularité réside, à mon sens, dans la volonté de peindre ses sujets dans une réalité défavorisante tout en gardant une véritable expression de la beauté. On peut attribuer à Rubens cette volonté d'une peinture qualifiable de "pommelée", une peinture qui joue sur le relief des formes par l'apport d'ombres claires. Mais Rubens, comme beaucoup d'autres, tentent de transcender leur sujet par le beau, ou en tout cas par une représentation du beau. Ainsi peut on reprocher des muscles bien masculins aux Sybille de Michel Ange, on peut voir des bassins larges et de petits seins en pomme chez Botticelli, on peut trouver les femmes un peu fades chez Memling ou Kranach, on peut reprocher une pâleur chez de Vinci ou Vermeer, une souffrance chez Le Caravage, etc. Mais à chaque fois, le sujet représente une perfection en ce qu'il ne présente pas d'imperfection même dans ses monstruosités.

Or chez Jordaens, il y a une intention manifeste de présenter la beauté telle qu'elle est. C'est révolutionnaire en soi. Et l'absence de voyage en Italie me semble y être pour quelque chose. Je veux dire par là que Rubens a certainement été frappé par l'obligation de perfection transalpine alors que Jordaens prend un réel soin à peindre la cellulite de son allégorie de la fécondité, de même dans le port des vêtements, il est attentionné à la représentation d'une poitrine compressée et débordant du décolleté, ou les plis d'un ventre d'un vieux satyre. Bref, c'est à voir, d'autant, qu'élève de Rubens, il en a très certainement inspiré le grain des trois grâces peintes en 1638.

Enfin bon, moi ça m'o froppé. Volo, volo.

Publié par chorlesingolls à 15:29:12 dans Chorles Ingolls | Commentaires (8) |

12-03-2008  12:32  12-03-2008 12:32
...  De  becauseofme identité certifiée Sujet:  ... Url: [Liens]
...? Bon...
03-03-2008  20:34  03-03-2008 20:34
olé  De  becauseofme identité certifiée Sujet:  olé Url: [Liens]
..."puis oller"...
03-03-2008  20:32  03-03-2008 20:32
Oui mais non  De  becauseofme identité certifiée Sujet:  Oui mais non Url: [Liens]
Lo je pense à une scène d'hiver sur potinoire. j'ai dans la tête une petit bonhomme qui tombe et en perd sa culotte. Pour Bruegel, tout est sujet à la satire ou au ludico-social. Quant à Vermeer, je n'ai en aucun cas défini sa peinture comme "sociale", mais comme inteprétation du quotidien. Ce qui n'a rien à voir. La laitière en plein geste familier, dans son univers; la jeune fille à la perle, soit, est davantage un portrait, mais c'est une exception. Une exception qui interroge même, comme en témoigne le livre de Tracy Chevalier (interrogation sur l'identité de cette jeune fille parée simplement, mais avec un bijou luxueux). Certes les peintres donnent à voir; c'est même un minimum... mais pas forcément un instantané du réel (sinon que fait-on des peintures des mythes, religion, puis d'un Arcimboldo, des abstraits?). Pour Joardens, tu reviens au point de départ du débot, en concluant par ce que j'ai dis précédemment, à savoir que le beau n'exclut pas le laid, dès lors qu'ils participent tous deux à l'esthétique. Comme si Jordaens avait inventé le défaut qui fait son charme, d'abord... En accusant les Italiens d'être ceux qui se plaisent à les effacer, qui plus est... Moi, là, j'ai en tête des peintures de Le Titien, où les femmes ne sont point en manque de cellutite, loin s'en faut... Et pour répondre à ta question, oui, j'peux pécher en pêchant, puis ollez voir le révérend Holden, pendant que Nelly vide les truites en hurlant et en pleurant sa reum. V'lo.
03-03-2008  10:03  03-03-2008 10:03
Boh non  De  chorlesingolls identité certifiée Sujet:  Boh non Url: [Liens]
A propos de Vermeer et Bruegel. Si Bruegel peint le dénombrement de Bethléem, il peint aussi des scènes d'hiver qui sont celle d'un quotidien qui n'existe pas, certes mais qui se veut une description de ce qui est. Vermeer peint la personne, La personne est au coeur dans la laitière, dans la jeune fille à la perle... Il n'y a pas une peinture "sociale" chez Vermeer, ce qui peut être le cas chez Bruegel. Lorsque tu écris "l'autre montre quelquechose qui apparaît comme un instané du réel, alors que ça reste sa vision", c'est selon moi, le cas de tous les peintres, qui systématiquement veulent donner à voir. Revenons en à Jordaens, il montre que la beauté existe parce qu'elle est imparfaite, et il convertit Rubens. Quant à Cranach, il semble bien bien dans l'héritage de la painture médiévale que dans la novation, du coup il apparaît à contre courant, alors qu'il est dans une interprétation de ce que pouvaient être les primitifs flamands. Sur le Beau et le Laid, dans les deux cas, ils sont rattachés par ce qui constitue l'harmonie du tableau, ce qui fait la différence entre un grand maître et un mauvais peintre (et ce qui fait que, pour moi, Warhol est un maître et Basquiat une fumisterie...). Et si tu vas pécher, le fais-tu en pêchant ? Moi j'vos couper du bois.
29-02-2008  18:09  29-02-2008 18:09
au-delà  De  becauseofme identité certifiée Sujet:  au-delà Url: [Liens]
de mes fautes que je ne corrigerai point, on pourrait croire que je fais une contradiction au sujet de la réalité. Alors que non. En comparant Bruegel et Vermeer par exemple. L'un montre une scène improbable et satyrique pour souligner son regard, sa vision de la réalité, l'autre montre quelquechose qui apparaît comme un instané du réel, alors que ça reste sa vision. Dans tous les cas, il n'y a qu'un regard, celui de l'artiste, puis celui du spectateur. Pffff... Je vais pécher, ça va me détendre...
29-02-2008  18:01  29-02-2008 18:01
Ca se complique  De  becauseofme identité certifiée Sujet:  Ca se complique Url: [Liens]
si tu mélanges tous les genres... Je vais ramer... On devrait peut-être commencer par définir la beauté, le Beau, non? Il y a la beauté en tant que belles lignes qui flattent l'oeil, respect des canons, et le Beau en tant que choc esthétique, qui relève d'un ensemble, d'une vérité sublimée (par l'illusion parfois), même à travers la satyre et des personnages monstrueux, comme chez Bosh et Bruegel. Même à travers "le laid qui met en valeur le beau". Pour moi, Cranach n'a rien à voir ici. En fait, je suis coincée là, parce que je connais certaines de ses toiles (portraits, dyptique adam et éve...), mais je n'aime pas. Ni choc esthétique, ni beauté pour moi. Je ne vois que la technique. J'ai donc duu mal à le situer. Mais il apparaît qu'il ne se situe pas dans la volonté de faire de la joliesse féminine, mais bien du Beau avec un B. Quand tu parles de Vermeer, avec le sfumato qui donne une réalité mythifiée, je m'insurge et vais sûrement me répéter; il n'y a pas de réalité, ni de mythification, mais un regard subjectif, qui sublime cette réalité, en lui donnant un sens. Sérénité du quotidien, des gestes basiques. Sans parler des symboles: la femme qui lit une lettre, de son amant probablement, comme le souligne les tableaux sur la murs autour d'elle. Le sens jaillit, dans un événement banal. Pour en revenir au laid, il n'est pas écarté, il prend sens, souligne la beauté, s'intègre au Beau (donc là je te rejoins pour Jordaens, mais sans en faire une exception). Comme dirait Max, où voulais-je en venir? En gros, le Beau n'exclut pas la laideur et il n'y a pas de "beauté telle qu'elle est", mais juste un regard qui montre sa réalité, en passant aussi bien par la caricature que par le respect des canons. (Et là je précise que moi-même je ne vois plus aucune cohérence à ce que je tape)
29-02-2008  10:23  29-02-2008 10:23
Ouep, y'a débot  De  chorlesingolls identité certifiée Sujet:  Ouep, y'a débot Url: [Liens]
Cranach propose soit un autre modèle de beauté, mais cette beauté est "fluide" mais si elle n'est pas conventionnelle, soit une monstruosité que l'on pourrait rapprocher de Bosch ou de Bruegel l'ancien. Chez Memling, dans ses portraits, il y a même plutôt une amélioration par rapport au modèle, et dans ses peintures religieuses ou de scène (chez lui comme chez Gerard David), le laid met en valeur le beau, il n'y a pas de défaut non plus, il est totalement typique des primitfs flamands. Chez Vermeer, les défauts ne sont pas présents non plus, il y a une lumière, un léger sfumato, une perfection des modèles qui donnent à voir une réalité mythifiée. Ce qui frappe chez Jordaens, c'est que le défaut fasse partie intégrante de la beauté d'une allégorie. Et, plus étrange, Jordaens inspire Rubens sur la fin, l'allégorie de la fécondité datant, je crois de 1625-26, tandis que les trois Grâces sont de 1638. quant à " transcender leur sujet par le beau, ou en tout cas par une représentation du beau", il y a un choix pictural clair selon moi qui est d'abord et avant tout d'écarter le "laid" au détriment de toute vérité sur laquelle Jordanes revient. Olors ?
28-02-2008  21:11  28-02-2008 21:11
:-)  De  becauseofme identité certifiée Sujet:  :-) Url: [Liens]
oh boh si y'a débot... Roh lo lo, comme c'est réducteur de penser que les peintres sus-cités ne s'attachent qu'à tenter "de transcender leur sujet par le beau, ou en tout cas par une représentation du beau"! Ca m'a d'abord frappée pour Vermeer. Ce ne sont pas ses personnages qu'il transcende, mais des scènes du quotidien, à mon sens ; quant à Cranach et ses petites bonnes femmes maigrelettes et souffreteuses aux yeux bridées, il ne tente en rien de sublimer ni même de respecter les canons de la beauté, a priori... Ni Memling d'ailleurs. Michel-Ange, Botticelli, Vinci eux, oui. Et dans le respect de ses fameux critères canoniques (ventre rond de la fécondité, peau blanche de la femme privilégiée bien en chair...). Et tu ne vois pas de plis célluliteux chez Rubens et cie? o_O Je trouve l'élève tout à fait digne de son maître, finalement. Celui qui me paraît le plus atypique, en réalité, c'est bien Cranach...

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