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Le rectorat de Créteil a annoncé les moyens d'enseignement dévolus à la cité scolaire Henri-Wallon d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour la prochaine rentrée. Enseignants, parents et élèves se mobilisent.
Pour les élèves et les professeurs, la note est plus que salée : sept classes et, au minimum, dix-huit postes de professeur de la cité scolaire Henri-Wallon d'Aubervilliers vont être supprimés. Toute une politique éducative se trouve ainsi anéantie, avec des conséquences dramatiques : classes surchargées, projets pédagogiques arrêtés, impossibilité de redoubler en cas d'échec au bac pour les élèves de terminale, et accueil de tous les élèves non garanti.
Au moment où Sarkozy annonce un plan banlieue sans moyens, l'Éducation nationale se voit amputée de 11 000 postes, dont 630 dépendent de l'académie de Créteil. L'administration argue de baisses d'effectifs pour justifier ses choix. La réalité est malheureusement beaucoup plus à mettre en relation avec la volonté affichée de faire des économies sur le dos de la solidarité nationale.
Le gouvernement compte également sur les enseignants pour mettre en œuvre le « travailler plus pour gagner plus ». Ainsi, le nombre d'heures supplémentaires demandées aux enseignants augmente de près de 40 %. Cette augmentation n'a qu'une seule conséquence : la suppression de postes déjà existants au profit d'heures supplémentaires.
Cette politique, les enseignants de la cité scolaire Henri-Wallon n'en veulent pas. Très vite, le jeudi 7 février, ils se sont réunis en assemblée générale et ils ont voté massivement la grève pour le lundi 11 février, avec un mot d'ordre clair : restitution de tous les moyens d'enseignement. Les élèves et les parents ont été tenus informés par tracts des motivations de la grève, et ils ont été conviés à une réunion, au soir du premier jour de grève. Plus de 100 personnes, parents et élèves ont soutenu la grève, qui a tenu toute la semaine.
Cette première semaine de grève a été très suivie. Enseignants et élèves ont organisé des manifestations, des délégations, afin d'appeler d'autres établissements à se joindre au mouvement, les parents organisent une journée sans école. Par deux fois, mardi 12 février et jeudi 14 février, des délégations de professeurs, de parents et d'élèves ont été reçues au rectorat, qui a d'abord répondu par un refus catégorique, arguant que la cité scolaire était bien dotée en moyens d'enseignement. Jeudi 14 février, le ton a changé, car il fallait circonscrire le mouvement : le lycée a donc été promu « lycée d'excellence » du plan banlieue, c'est-à-dire qu'il serait doté de moyens pour faire venir des « bons élèves ». Mais cette réponse n'était pas celle attendue, à savoir le maintien des postes, afin d'avoir des classes allégées permettant la réussite de tous les élèves d'Aubervilliers.
Vendredi 15 février, les enseignants et les élèves de la cité scolaire ont animé une manifestation interacadémique. Rendez-vous était pris pour décider des suites à donner au mouvement, alors que d'autres lycées de la ville et des environs commençaient, eux aussi, à faire entendre leur voix. Le mouvement doit s'élargir, il y a urgence.
Correspondant
Publié par hwallon à 15:21:43 dans ARTICLES | Commentaires (0) | Permaliens
Pour le moment, voilà qui lui fait une belle jambe. Le collège-lycée Henri-Wallon d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), qui voit sa dotation horaire globale (DHG) chuter de 225 heures l'an prochain, qui a manqué de perdre six classes mais devrait, finalement, ne s'en voir faucher que quatre, dont une quinzaine de postes d'enseignants sont menacés de suppression et qui manque à ce point de place qu'il s'avère impossible, certains jours, d'y dégotter une salle libre ; le lycée-collège Henri-Wallon d'Aubervilliers, donc, a appris, jeudi dernier, que le ministre de l'Éducation le hissait, l'an prochain, au grade de « pôle d'excellence ».
tout un lycée
en lutte
« L'annonce est sortie comme d'un chapeau », explique Georges Vartaniantz, professeur d'histoire-géo. Elle leur a été faite par le rectorat de Créteil, qui les recevait en délégation. Car, depuis le lundi 11 février, Henri-Wallon est en lutte. Hier matin, rassemblés sur le trottoir, profs, élèves et parents se préparaient pour un nouveau tour de métro, direction Créteil et l'administration centrale.
Un mégaphone, pas de banderoles, mais de l'enthousiasme. « Les profs en grève, les lycéens en lutte, les parents en colère... On connaît. Mais les trois ensemble, cela ne s'était pas reproduit depuis 1998 », relève une enseignante. La Seine-Saint-Denis, à l'époque, s'était mobilisée et avait décroché 3 000 postes. Tous, ou quasi, lui ont été repris au fil des déclins budgétaires. Jusqu'alors plus ou moins épargné, Henri-Wallon n'échappe plus à la règle. « Début février, on nous a fait connaître notre nouvelle DHG, explique Jean-Pierre Hennuyer, documentaliste. Le rectorat prévoyait de supprimer six classes. » Une terminale S, deux secondes et trois premières. « Cela rend caduc le droit de redoubler pour les élèves ou la possibilité de dédoubler des cours. » Autre mauvaise surprise : l'augmentation du volet d'heures supplémentaires/année (HSA), rehaussé de 177 heures. « En gros, on nous demande de faire des heures sup pour compenser en partie la baisse des heures-postes », traduit Matthew Berrebi, prof de maths. Plus de 85 enseignants sur près de 90 se sont déjà engagés à refuser cette dose de « travailler plus », en même temps qu'ils exigent le maintien des postes fixes.
Les élèves les rejoignent dans la bataille. « Aucun travail d'entretien n'a été fait depuis des années. Il y a des fuites, le centre de documentation, c'est une cave, pareil pour la salle d'examen... » commence par expliquer Nabil, en première L. Le labo de langue n'existe plus, poursuit-on près de lui, et aucun espace ne permet d'accueillir les parents. « Nous ne disions rien, reprend Nabil, parce qu'il nous restait l'essentiel : des profs, des cours, de la pédagogie. Mais si l'on nous retire cela, alors ça ne passe plus. »
La semaine dernière, après plusieurs manifs, le rectorat lâchait un poil de lest. La terminale ne sera pas sucrée et une seconde sera rétablie. Dans la foulée, l'administration confirmait la surprise révélée le matin même par Xavier Darcos, lequel donnait suite à la commande faite par Nicolas Sarkozy dans le cadre du plan banlieue. Trente lycées de « quartiers difficiles » seront classés pôles d'excellence. Henri-Wallon figure parmi les nominés, catégorie « artistique et culturelle ».
pouvoir accueillir chaque élève
Mardi, profs et parents élaboraient un document de travail, listant ce qu'implique, selon eux, l'ambition : 263 heures de plus que ce qu'annonce la DHG. « Pour dédoubler des cours ou développer des dispositifs d'aide », explique Matthew Berrebi. Comme celui, expérimenté en filière ES, consistant à faire passer dans la classe supérieure des élèves considérés sur le fil, tout en leur proposant cinq heures de renfort par semaine. « Il a bien fonctionné. Il faudrait faire cela avec une majorité de nos jeunes », reprend l'enseignant. Qui souligne le quiproquo persistant autour de la notion d'excellence. « Pour le gouvernement, cela signifie sélectionner les meilleurs et leur donner des moyens de gagner. Pour nous, cela signifie se donner les moyens d'accueillir chaque élève et de tous les faire réussir. » Peut-être, finalement, ce qui distingue un lycée d'excellence d'un excellent lycée.
Marie-Noëlle Bertrand
Article paru dans L'humanité du jeudi 21 février 2008, à consulter en ligne sur http://www.humanite.fr/2008-02-21_Societe_Lycee-Henri-Wallon-l-excellence-au-regime-sec
Publié par hwallon à 15:19:23 dans ARTICLES | Commentaires (0) | Permaliens
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