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C'est ici que vous pourrez suivre le voyage de Cédric et Alice.
Vous y trouverez des photos, des vidéos, des sons, le carnet de bord des voyageurs et surtout
de nombreuses informations sur ceux qui luttent un peu partout dans le monde pour la préservation de l'environnement



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IRAN EPISODE 8 : CHALEUR TROPICALE SUR L'ILE DE QESHM | 05 novembre 2008


Du dimanche 12 au mardi 21 octobre
Qeshm : île en forme de flèche à l'entrée du golf persique. Longue de 130km et d'une largeur maximum de 30 km, il y fait toujours très chaud avec des températures annuelles moyennes comprises entre 22 et 32°C et un maximum de 50°C l'été. Il pleut théoriquement en moyenne 150 mm d'eau par an, sauf qu'en certains endroits de l'île cela fait plusieurs années qu'il n'y a plus eu de pluie et une importante couche de poussière recouvre les arbres qui crèvent par centaines. Avec des sites géologiques étonnants, d'importants sites de pontes pour les tortues marines, des colonies de coraux, de poissons et d'oiseaux, des sources de sel et de souffre, des grottes dans le sel et surtout une mangrove unique au monde, Qeshm est un site extrêmement important à préserver.

Notre séjour sur l'île restera jusqu'à ce jour, le meilleur moment du voyage. Nous avons rencontré des gens formidables et nous avons pu découvrir une nature extraordinaire. Ahmad et Elham nos amis Espérantistes ont toujours veillé à ce que l'on ne manque de rien. Abou, l'ami professeur de physique, nous a carrément prêté son appartement. Un autre ami natif de l'ile, Hadi, connaît les lieux comme sa poche. Il nous a guidé et appris beaucoup sur la nature et l'histoire de Qeshm. Il y a aussi Reza, élève de Ahmad, il nous a conduit jusqu'au bout de l'ile. Pendant ces dix jours, le plus difficile a sans doute été la chaleur. Une chaleur moite étouffante et jamais de repos ! L'avantage du désert dans le centre de l'Iran, c'est que les nuits sont très fraîches. Cela nous permettait de reposer notre organisme et de pouvoir pédaler le matin dans des conditions optimums. Mais ici il n'y a jamais de repos, l'humidité et la chaleur sont présentes 24h/24 jours et nuits. Pour la première fois de notre vie, le climat des pièces climatisées nous paraît plus normal qu'au dehors. Au début, ça nous a fait très bizarre d'ouvrir la porte de l'appartement et de prendre une grosse bouffée de chaleur, comme si dehors, quelqu'un avait oublié d'éteindre le chauffage. Il faut dire qu'en ville, il fait toujours plus chaud qu'ailleurs. Les climatiseurs qui font frais dedans mais rejettent de l'air très chaud dehors, le trafic incessant et tous ces moteurs ultra-chauds contribuent largement à réchauffer l'atmosphère des villes.

Pour avoir de l'eau, on essaye de dessaler l'eau de mer, malheureusement soit le procéder n'est pas bon, soit l'industrie est obsolète, mais l'eau du robinet est quand même salée et de gros amas de sel et de rouille se forment autour des joints de la tuyauterie.

Avec Ahmad et Elham, nous partons une journée à la découverte de l'île. Nous découvrons les oeuvres magnifiques que Dame nature a réalisée grâce à l'eau, au vent et au temps. L'érosion sur les différentes roches à fini par donner des formes étranges, des monuments et des grottes furent reconverties un temps en habitations troglodytes. En nous promenant à proximité d'un village, nous manquons plusieurs fois de tomber dans des trous très profonds. Ce sont en fait des puits creusés les uns à coté des autres. On pourrait croire que des fous ont creusé partout à la recherche d'une nappe phréatique à seulement 20 ou 30 mètres de profondeur. En fait ces trous sont bel et bien des puits, sauf que l'eau qui est censée les alimenter provient du ciel. Situé dans un fond, le terrain autour forme un entonnoir, ces puits collectaient et stockaient autrefois l'eau des rares pluies. Maintenant ils sont quasiment tous secs de chez sec. il faut dire qu'il pleut de moins en moins sur l'île de Qeshm.

Nous avons ensuite atteint le but de la journée : la mangrove ! L'infrastructure touristique est encore très peu développée ce qui est une chance pour la mangrove. Nous avons calculé notre coup afin d'arriver à marée haute pour aller voir de près cette forêt maritime. Un guide nous a emmené dans une petite embarcation à la découverte de cet écosystème d'une richesse phénoménale. Les racines de ces arbres servent de garde-manger, nourricière et refuge pour de nombreuses espèces de poissons. Les oiseaux sont également présents en quantité et en variété. Soudain, en plein dans la mangrove, derrière un arbre : un dromadaire ! puis un deuxième, un troisième, une dizaine, une vingtaine !!! Mais que font-il là ? dans l'eau ? l'explication est simple, la nourriture étant très peu abondante dans le désert, les éleveurs de dromadaires vont cueillir depuis longtemps du feuillage verdoyant des arbres de la mangrove. Mais pour avoir des feuilles on ne peut plus fraîches, ces sympathiques bestiaux ont fini par apprendre à nager jusqu'aux arbres. Voir des dromadaires dans la mer, c'est marrant et peu commun, toutefois, ils exercent une pression non négligeable sur la mangrove en broutant de jeunes arbres, en essayant de se percher dessus, mais aussi en consommant les oeufs des oiseaux. Il faudra que les autochtones se méfient de ce divertissement pour touristes et limitent l'accès en masse des dromadaires (et des touristes) dans la mangrove.

Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés sur un chantier de construction de ''Lenge'', de grands bateaux traditionnels en bois. Pénétrant dans la coque du bateau pas le mince trou prévu pour l'hélice, les ouvriers nous ont fait visiter leur chef d'oeuvre.

Deux jours plus tard, nous retournons explorer le fin fond de l'ile avec Reza. Sur une plage loin de tout, nous surprenons des contrebandiers venant de Dubaï. Ils déchargent plein de grosses caisses d'un tout petit bateau et les installent dans deux gros 4x4. Ils sont au moins 15 à travailler à toute vitesse. L'un deux reste sur le bord du chemin pour faire le guet. Nous avons du mal à croire qu'ils viennent des Emirats Arabes Unis avec leur petite embarcation de 7 mètres en alu à coque plate. Pourtant sur le trajet vers DubaÏ, nous avons croisé toute une flotte de ces petits bateaux navigants à vitesse maximale vers l'île.

Lors d'une pause sur une plage qui est aussi un site de ponte pour les tortues marines, nous avons assisté à un spectacle absolument abominable. Des dizaines de milliers de poissons échoués sur le sable et autant d'autres cadavres que les vagues ramènent. Sur cette route de sable qui longe le littoral, nous contemplons ce désastre sur des kilomètres et des kilomètres. Quelques jours plus tard, nous rencontrons 2 scientifiques qui travaillent pour le Géoparc de Qeshm. Contrairement à ce que nous avions imaginé être à l'origine de ce désastre, à savoir une pollution chimique émanant d'une industrie, d'un bateau ou d'une plateforme pétrolière des Emirats Arabes, les deux scientifiques nous apportent une réponse mille fois plus inquiétante !!! Les principaux responsables ce sont nous les occidentaux, les 20% de la population mondiale qui consommons 80% des ressources de la planète. Nous les principaux responsables producteurs de gaz à effet de serre. Car c'est ça le problème ici ! Les changements climatiques ont provoqué le réchauffement d'un petit degré de l'eau de la mer, ce qui a suffit pour qu'une algue toxique se développe en masse et intoxique les poissons et accessoirement les oiseaux prédateurs.

Après cette macabre découverte, nous avons continué notre chemin à pied et traversé un lac salé à la recherche de la source. Au pied de la montagne de sel, après l'escalade de quelques blocs, nous avons trouvé l'entrée d'une cavité. Le temps que nos yeux s'habituent à l'obscurité et progressivement, la beauté des lieux apparaît et nous fait oublier la chaleur moite extrême qui règne à l'intérieur de la grotte. Les couleurs et les formes sont magnifiques, du rouge au brun au blanc avec les cristaux de sels qui brillent dans l'obscurité.

Pour finir notre séjour sur l'île, nous avons passé plus de temps avec nos amis et notamment Hadi et sa famille avec qui nous avons vraiment créé des liens. Il faut dire que nous avons des points communs et notamment la musique. Avec un frère luthier, une soeur violoniste et une autre professeur de guitare, autant dire que nous avons passé du temps, les instruments entre les mains à jouer et à improviser sur du rock ou du flamenco.

Le jour du premier départ à été émouvant, mais pas autant que le deuxième. Pour être plus clair, au moment de prendre le bateau, les gens du port nous ont expliqué qu'il n'y aurait rien ce dimanche matin. Pour plus d'explications, merci de contacter l'agence qui vous a vendu les billets. Manque de pot, le gars qui nous avait vendu les billets n'était pas des plus sympathiques. Nous sommes donc retourné dans l'agence voir notre copain qui nous avait vendu des billets le double du prix pour la simple raison que nous sommes étrangers et que le gouvernement pour qui il travaille, encourage ce genre de discrimination. Pour rappel, son collègue nous avait proposé un billet au tarif normal (soit 45 euros), mais lui s'est senti en droit de revenir sur ce prix pour exiger un billet à pas moins de 85 euros. Maintenant que nos vélos sont posés sur sa vitrine et que nous demandons des explications sur l'absence du bateau ce matin ? il nous répond qu'il n'en sait rien mais que nous pouvons toujours retourner sur le continent prendre un autre bateau ou encore mieux, nous pouvons décoller dans la journée depuis l'île. Malheureusement pour nous, il ne peut pas rembourser nos 200 dollars et nous devrons acheter en plus les autres billets. Pendant pas moins d'une heure trente, nous l'avons harcelé pour qu'il rembourse nos billets, qu'il contacte le capitaine, ou bien qu'il nous fasse une réduction de 50% sur nos billets (soit le tarif normal). Rien à faire, il n'a jamais voulu rembourser ou dédommager de quoi que ce soit, mais il a fini par nous faire deux nouveaux billets pour un autre bateau mardi matin et il nous a offert une nuit d'hôtel dont nous n'avons pas bénéficié car nous sommes retournés chez nos amis.

Quelque part, cette mésaventure nous aura permis d'assister au tout premier cours d'Espéranto sur l'ile de Qeshm et de visiter une école.

Lorsque nous étions en balade avec Ahmad et Elham, nous parlions tout le temps en Espéranto et les gens étaient souvent interpellés par ce langage qu'ils ne reconnaissaient pas vraiment. Aussitôt, nous en profitions pour faire la promotion de cette langue universelle et les gens toujours très réceptifs prenaient le contact d'Ahmad. Finalement, en dix jours, une quinzaine de personnes se sont intéressées à l'Espéranto. La veille du nouveau départ, Ahmad a décidé de convoquer toutes les personnes intéressées pour un premier cours. Bien que ne parlant pas un Espéranto très élaboré, nous avons quand même pu expliquer le fonctionnement de cette langue par le biais d'exemples et de jeux improvisés.

Mardi matin. Cette fois ci, c'est le vrai départ, Hadi nous accompagne jusqu'au dernier poste de contrôle. Il était vraiment temps pour nous de partir car nous commencions à ne vraiment plus supporter les incessants contrôles de police. Avant l'embarquement, nos passeports ont bien été contrôlés une quinzaine de fois, notamment par un policier qui, quelques jours avant, habillé en civil avait bêtement questionné Hadi sur lui et nous, savoir qui nous étions, d'où nous venions, pourquoi sommes nous ici, que fait-il avec nous ??? Bref, ce gouvernement complètement paranoïaque avec des policiers en surnombre traquant des espions étrangers ou des ennemis de l'état, ne nous manquera pas. Tout ceci est bien dommage car ce sont eux qui détériorent le plus l'image du pays. Si en France, avant le départ pour ce voyage, tout le monde nous disait de faire attention en Iran car ils considéraient que c'est un pays dangereux, c'est sûrement à cause du gouvernement et des médias. Mais la vérité est que nous ne nous sommes jamais sentis autant en sécurité qu'en Iran, les gens ont été d'une gentillesse extraordinaire, toujours là pour nous aider, nous guider, nous accueillir et nous protéger. Nous avons rencontré dans ce pays des gens que nous n'oublierons jamais et tout ce que l'on peut leur souhaiter c'est plus de liberté !


Publié par alice.cedric à 07:37:45 dans Carnet de route | Commentaires (0) |

IRAN EPISODE 6 : YAZD | 23 octobre 2008


Jeudi 02 octobre (90 km)
Malgré une petite nuit, nous réussissons à partir de bonne heure. La chaleur vient vite et aujourd'hui nous souffrons beaucoup de la pollution des camions. Ca nous file un gros mal de gorge. Nous pédalons presque tout le temps sur un faux plat montant, heureusement que l'on a le vent dans le dos. Arrivée à Yazd à 11h, on n'en peut plus. Nous sommes brulés, fatigués, affamés, assoiffés. Nous cherchons de quoi manger, puis un jardin public pour pouvoir nous reposer à l'ombre. Mais nous sommes bloqués par le trafic intense, la route est complètement bouchée, les trottoirs sont bondés ! il y a du monde partout il est impossible d'avancer. En plus, Yazd est en plein désert alors forcément, les jardins publics, ça ne court pas les rues. Nous nous réfugions dans l'ombre d'un bazar où nous ne restons pas longtemps vu l'ambiance étrange qui y règne. Il y a un jeune garçon d'une douzaine d'années qui est très violent, il frappe son père, les commerçants, les autres enfants... Nous n'attendons pas notre tour et nous préférons fuir ce lieu. Nous trouvons l'hôtel Silk Road qui est très calme et pour 1,5 euros, nous pouvons passer la nuit au frais sur le toit. Nous rencontrons Andréa et Martin ( www.silkroad-express.ch ), deux Suisses qui voyagent aussi à vélo. Comme nous, ils ont prévu de passer par Dubai. Leur visa étant bientôt expiré, il vont se rendre à Bandar e abbas en bus ou en train. Peut-être que nos chemins se recroiseront ...
Après un peu de repos et une bonne douche, nous allons nous promener dans cette très vieille ville. Nous nous perdons dans un labyrinthe de petites ruelles et comme si les 90 kilomètres du matin ne suffisaient pas, nous marchons des kilomètres pour retrouver l'hôtel.


Vendredi 03 octobre
Nuit agréablement calme sur le toit de l'hôtel. Pas un bruit, pas un ronflement, pas une messe, n'est venu perturber notre sommeil récupérateur. Nous passons la matinée à flâner sur les banquettes du jardin du Silk Road hôtel. L'après midi, en allant visiter la ville, nous retrouvons Yah yah, un habitant de Yazd rencontré la veille lorsque nous étions perdus dans le labyrinthe de ruelle. Aujourd'hui, il prend le temps de nous emmener dans tous les recoins magnifiques de la cité. Des endroits que sans lui, nous n'aurions jamais pu trouver. Des toits terrasses aux vues magnifiques, des vieux bazars et des ruelles dans la pénombre, les tours réfrigérantes (ancêtres des climatiseurs polluants), des vieux bains publics, et même une chambre d'hôtel pour nuit de noces. C'est une très belle suite nommée « Adan et Eve » avec de belles peintures au mur et un plafond entièrement peint. Les marches qui mènent à la chambre des jeunes mariés sont d'une hauteur incroyables (au moins 40cm), puis dans la petite chambre, pudeur musulmane oblige, deux petits lits.

Ensuite nous visitons le musée de l'eau, un bien très précieux dans le désert. Nous découvrons que pour bénéficier d'eau fraîche en plein milieu du désert, les anciens ont creusé des dizaines et des dizaines de puits depuis les montagnes environnantes, ensuite, au fond des trous, ils ont creusé des canaux souterrains afin d'acheminer l'eau fraîche jusqu'en ville.


Samedi 4, dimanche 5, lundi 6 et Mardi 7 octobre.
Nous flânons dans l'hôtel. NE RIEN FAIRE !!! Comme c'est bon !!! Nous passons des heures à discuter avec d'autres voyageurs comme Belinda et Patrick, les deux Australiens en moto, il y a aussi la famille Zegrodzki qui voyage en bus et train avec deux énormes valises de cours pour les enfants. Nous retrouvons aussi la famille rencontrée en Turquie, qui voyage dans leur célèbre camion renommé Baobab. Le couple d'allemands de Munich, Gertie et Milos qui voyagent aussi en train et bus.

Cédric : « Alice a une dent douloureuse depuis une semaine. On ne sait pas vraiment ce que valent les dentistes iraniens, alors nous appelons l'assurance pour savoir. Les démarches sont assez compliquées alors Ali le gérant de l'hôtel, nous emmène dans une clinique. Pour 1,50 euro la consultation et 2 euros la radiographie de la dent douloureuse, on se passera de l'assurance. C'est une expérience assez intéressante pour moi mais moins pour Alice. Dans le cabinet de dentiste il y a 4 fauteuils de consultation, deux dentistes plus un troisième en congé qui vient taper dans le dos de ses collègues en pleine consultation. Il y a aussi 3 jeunes assistantes. Comme le dentiste qui s'occupe d'Alice ne voit rien, il décide de prendre une radio de la dent probablement fêlée. Les trois spécialistes se penchent au dessus de la bouche d'Alice et débattent, que vont-ils y faire, une piqûre, arracher la dent ? Rien de tout cela ! Le dentiste prescrit un simple dentifrice ».

Pendant notre séjour à Yazd, nous découvrons aussi un sport national très étrange. Moitié religieux, moitié danse, ce sport se joue dans une petite arène, sous un dôme ressemblant à celui d'une mosquée. Les sportifs ont entre 8 et 65 ans, pèsent entre 20 et 150 kilos. Ils s'installent en cercle et l'un d'eux se met au milieu pour guider les autres. Sur une estrade, 2 musiciens équipés de Djembés, ont un coran ouvert sous les yeux. Ces derniers commencent à réciter ce qui ressemble à des versets du Coran puis l'un d'eux se met à chanter et à taper sur son instrument. Les sportifs se mettent aussitôt en mouvement. Ils commencent par effectuer des pompes et des mouvements du cou et du derrière en rythme avec la musique, puis ils se mettent debout et s'échauffent tous les muscles et articulations toujours en musique. Lorsqu'ils sont bien chauds, la musique s'accélère et ils se mettent à tourner sur eux même très vite très vite, les uns après les autres. Ensuite ils font tourner autour de leur tête de grosse masses en bois. A la fin de la séance, il sont complètement en transe, certains tournent, pendant que d'autres se roulent par terre et d'autres agitent au dessus de leur tête, des espèces d'énormes arcs en acier avec des dizaines de disques métalliques accrochés au cable.

Zoom sur Ali, le gérant du Silk Road Hôtel :

 

 

En faisant halte à Yazd, nous avons rencontré Ali, un gérant d'hôtel particulièrement sympathique. Il nous explique qu'en Iran, l'agriculture Biologique n'existe pas et que la situation sanitaire est absolument catastrophique. Aucune réglementation n'est appliquée et on explose les doses d'hormones au sein des élevages industriels de volailles. On utilise sans aucune protection des produits chimiques extrêmement dangereux et probablement interdits maintenant en Occident. Lui et sa famille sont propriétaires d'une exploitation agricole. Son oncle qui travaille, ou plutôt travaillait en serre, utilisait les pesticides à foison. Aujourd'hui, il est atteint d'un très grave cancer dont l'origine est connue car ce n'est pas un cas isolé. De nombreux paysans souffrent des mêmes maux.

 

 

L'utilisation de certains produits chimiques a augmenté en même temps que la résistance des ravageurs et le nombre de cancers. Aujourd'hui certaines cultures sont tellement traitées que les fruits ne sont mêmes plus comestibles.

 

 

Depuis 3 ans, Ali est CONVAINCU qu'il est nécessaire de changer les modes de production. Il veut stopper le plus rapidement possible l'utilisation de tous les pesticides dans son exploitation familiale et la convertir à l'agriculture biologique. Il recherche quelqu'un pour faire de la pédagogie auprès des paysans et présenter des moyens de lutte biologique contre les maladies et ravageurs (prédateurs, pièges).

 

 

Malheureusement, nous vérifions ses dires lorsque nous reprenons la route vers le Sud. Nous pédalons d'abord à proximité d'une zone maraîchère où des ouvriers passent entre les rangs de légumes, la tête dans un nuage toxique, la pompe à traiter dans le dos et aucun équipement de sécurité. Leur tenue de travail se résume à un tee-shirt, un pantalon et des sandales.

 

 

Quelques kilomètres plus loin, nous passons dans une grande zone de culture de pistaches. Dans de nombreuses parcelles, l'herbe a été empoisonnée à grand renfort de glyphosate. Vive le Roundup ! Vive les pistaches ! Vive Monsanto !!!

 

Publié par alice.cedric à 19:30:44 dans Carnet de route | Commentaires (2) |

IRAN EPISODE 5 : LE DESERT C'EST SUPER !!! | 23 octobre 2008

 

Dimanche 28 septembre (25 km)
Cédric : « C'est reparti !!! Enfin pas tout à fait... car pendant le petit contrôle habituel des vélos avant le départ, j'ai explosé une chambre à air en la regonflant. C'est au niveau de la valve que la chambre s'est déchirée. Non seulement c'est irréparable, mais en plus nous n'avons plus de chambre de secours. Je prends donc le vélo d'Alice et part à la recherche d'un magasin de cycles. Bien avant d'en être au point de prier Dieu, je trouve une boutique avec des chambres à air de qualité et de bonne dimension. J'en achète 2 et mon vélo est rapidement sur pneus ».
Le souci, c'est qu'il fait chaud maintenant et partir sous le soleil de midi, c'est la garantie d'être cuit à point au bout de 20 km. Nous décidons d'attendre dans le parc. Nous mangeons, faisons la sieste, puis nous prenons une douche dans les toilettes (décidément, les toilettes des pays musulmans sont très pratiques pour les voyageurs. Elles sont souvent équipées d'un petit tuyau pour se nettoyer les parties intimes.)

Cédric : « Plusieurs personnes viennent nous déranger pendant la sieste, pour nous demander d'où nous venons, nous proposer à manger, ou comme cet homme qui m'offre un beau mouchoir en tissu (ça tombe bien, le mien est en lambeaux) ».
A 16h, nous partons pour à peine 2 heures de vélo, la nuit tombant à 18h, nous ne pourrons guère faire plus de 20 km, le temps de sortir de la ville. C'est formidable, nous avons le vent dans le dos. Par contre il y a un trafic de fous et on ne compte plus le nombre de chauffards qui nous filment avec leur téléphones portables tout en conduisant. Peu avant 18h, nous trouvons une bonne place pour dormir. Loin de la route, au pied d'une montagne, à proximité d'un village, d'un cimetière et surtout d'une mosquée (et qui dit mosquée, dit toilettes et eau). Nous pensions être tranquilles, mais un enterrement à ramené de nombreux curieux autour des vélos. Ils nous posent les questions habituelles et nous demandent où nous allons dormir cette nuit. Quand on leur répond « Ici, au pied des montagnes », ils ont l'air affolés et refusent de laisser ''2 touristes de valeur'' dormir avec les animaux sauvages. C'est donc Mohammed qui nous invite chez lui. Il habite dans le coeur du village avec toute sa famille. Il nous met à disposition une maison toute entière inhabitée, où il y a une grande salle, de l'eau, une douche, de la lumière, bref, le luxe. Au début, c'est le défilé de tous les membres de la famille proche, les frères, les soeurs, le père la mère, le grand-père, la grand-mère. Puis tous les cousins, voisins et amis. Heureusement que la pièce est grande car nous sommes 55. Ils nous offrent des grenades, puis du riz et un plat difficile à manger, voire impossible à cause de la très forte odeur de la vieille viande de mouton.
C'est une famille très croyante et d'une gentillesse incroyable. Ils sont gênés et s'excusent tout le temps de ne pas pouvoir nous offrir plus, alors que nous avons tout ! Ils nous ramènent un grand tapis, des coussins, des fruits et de la boisson.

Le lendemain matin, ils se lèvent exprès pour nous voir repartir et nous souhaiter bon voyage.

 

Lundi 29 septembre (77 km)
On attaque la journée avec le vent de face et une pollution terrible. Sur plus de 20km, nous évoluons dans un nuage toxique qui nous pique le nez et nous irrite la gorge. S'il n'y avait pas la fraîcheur matinale, nous pourrions croire être tombé en enfer. L'horizon est bouché par la fumée gris-noire des industries sidérurgiques, des raffineries de pétrole, du trafic phénoménal de camions, il y a des arbres morts, des mares de pétrole avec des déchets d'emballages plastiques flottants, une carcasse de bovin qui se fait nettoyer par des corbeaux.
Nous sommes heureux quand nous quittons cette zone et quand vient le désert. Pendant le plus chaud de la journée nous faisons halte dans un village, mais la sieste est en partie gâchée par la découverte d'une magnifique épingle à nourrice enfoncée dans le pneu arrière du vélo d'Alice. A 16h, nous repartons histoire d'avancer encore un peu avant la nuit. Nous installons le campement sur le sable du désert, en bordure d'un village. Les enfants viennent nous voir. Nous les entendons répéter des phrases toutes faites en anglais mais ils n'osent pas nous parler. Alors nous leur répondons et ils s'en vont en courant et criant, satisfaits de la réponse.
Cédric : « En partant dans le village en quête d'un peu d'eau, les enfants me poussent dans la mosquée. Il y a effectivement une fontaine avec de l'eau fraîche. L'Imam, d'une trentaine d'années parle un peu anglais et me pose des questions sur le voyage. Il se fait une joie de répéter les réponses aux enfants tous très attentifs. De retour au campement, quelques uns des garçons reviennent me chercher, soi-disant que l'Imam voudrait me parler. OK j'y vais. Le problème, c'est que c'est l'heure de la ''messe'' et je ne me sens pas de rentrer en plein office. Les enfants me font patienter dans la grande cuisine de la mosquée et le culte n'en finissant pas, je leur explique qu'il fait maintenant nuit et que je ne peux pas laisser Alice toute seule. De retour à la tente, nous pouvons enfin manger. A peine commencé, nous voyons une petite lampe torche approcher. C'est l'Imam et tous les enfants qui nous apportent de la nourriture. Il nous explique qu'il m'avait fait appeler simplement pour nous proposer de manger avec eux, mais constatant que je préférais la froideur nocturne du désert, il a décidé de nous apporter le repas ''à domicile''. Nous goûtons à cette purée jaune aux ingrédients inconnus. L'aspect caoutchouteux, ce doit être le fromage fondu. Il doit y avoir des pois et aussi des patates. Le goût infâme qui rend la mixture immangeable, ce doit être encore de la viande de mouton qui a trainé au soleil. Une fois seuls, alors que je finissais de dissimuler les restes de la plâtrée dans un trou dans le sable. Le cri d'Alice faillit me faire mourir. En voulant ranger le réchaud, elle à découvert un joli scorpion à côté de la bouteille d'essence».

Alice : « Cédric était parti avec une pauvre lampe presque éteinte dans la nuit noire pour enterrer cette mixture infâme. Heureusement sur les quatre assiettes qui nous étaient présentées, seule une, est restée avec nous! Merci mon Dieu pour ces quelques pâtes déjà prêtes qui nous ont servis de prétexte pour ne pas prendre les autres assiettes. Pourquoi mettent-ils de la viande? Cela serait si bon sans ! Bref revenons à cet enterrement dans le désert. C'est marrant car 10 minutes avant on se demandait si notre pelle pliable n'était pas de trop dans nos sacoches (elle ne nous avait pas encore servie !). Il creuse, j'arrive avec ma lampe frontale presque éteinte elle aussi. Tout devient alors sombre autour de nous. Et là, la nature me devient hostile, je regarde bien le sol où je mets mes pieds. Je retourne rapidement à la tente qui se trouve à 10 m pour vite tout ranger et me calfeutrer dans la tente à l'abri de toutes bêtes. Cédric se fiche pas mal de moi en me disant que nous aurions bien de la chance de voir un scorpion car il y en a probablement un au kilomètre carré ! Cela ne me rassure qu'un peu, surtout quand je vois avancer un drôle, noir et gros insecte (style Lucarne Cerf-volant) près de la bouteille d'essence du réchaud. Avec mes yeux de myope mal aidés par le faible éclairage, je m'approche de la bestiole à 40 cm de mon nez. Et là au lieu de garder mon calme, je panique et appelle Cédric pour lui dire que nous avons un nouvel hôte qui ne nous posera pas de questions. Je crie un peu fort, trépigne, et enfin Cédric arrive ayant accompli sa tâche. Et oui, c'est un beau scorpion, quelle chance nous avons sur un kilométre carré, il vient à nos pieds! Bien sûr Cédric ne peut s'empêcher de prendre des photos. Puis arrive une moto avec deux hommes dessus qui nous disent de partir et d'aller dormir près de la mosquée. Nous leur montrons le scorpion et l'un l'écrase directement avec son pied. Désolés les amoureux des bêtes mais là, je n'étais pas mécontente du geste. Ensuite nous avons pris nos clics et nos clacs pour décamper, moi en trépignant de plus en plus car nos lampes faiblissaient et que j'avais peur de retomber sur un scorpion, même s'ils sont peu nombreux? Heureusement un gars avaient un téléphone portable lampe torche et au bout de 10 minutes, nous nous sommes retrouvés sous les yeux des deux imams préférés du pays. Le choix est difficile entre les scorpions et eux mais bon! Nous sommes dans un magasin pour vendre des produits de l'Islam (CD de prières, livres,...) et la vitrine nous laisse apparaître comme à Amsterdam. On fait un paravent avec la bâche des vélos et tout va bien. A 4h00 du matin, on est réveillés en sursaut par la prière de la mosquée car ici tout le monde en profite et tout le monde a le droit d'être fatigué pour la bonne cause. C'est un cauchemar les yeux ouverts et cela dure au moins une heure. Le son est horrible et très fort. Même à la maison, nous n'écoutions jamais la musique si fort sauf lors de soirée. Le réveil une demi-heure (5h30) plus tard pour partir à la fraîche est difficile ».

 
Mardi 30 septembre (57 km)
Le décollage est difficile. Définitivement, nous devons oublier ce que signifie liberté de culte ou de non culte. Ici, la messe réveille tout le monde et est entendue par tous. Empêcher les gens de dormir, pour les obliger à participer aux cultes, c'est une bonne méthode pour les fatiguer et les empêcher de réfléchir.
A peine sur la route qui monte qui monte qui monte, un homme en mobylette nous accoste et nous pose les mêmes questions que tout le monde. Lorsqu'il sort son téléphone, exceptionnellement, ce n'est pas pour nous photographier, mais pour appeler un frère (cousin ou ami, c'est pas clair cette histoire) qui habite Na'in, la ville où nous nous rendons. Il me passe le téléphone et tout en roulant, j'essaye de comprendre ce que l'on me dit. Tout ce que je réussis à capter, c'est que quelqu'un nous attend à Na'in pour visiter la ville et nous trouver un hébergement. Nous n'aimons pas beaucoup ce genre d'initiative. L'homme à la mobylette n'est autre qu'un rabatteur et nous ne savons pas qui nous allons trouver à Na'in.
Après plus de 2h30 d'ascension vient le moment de la récompense : la descente de 30 kilomètres !!! Avec des pointes à 70 km/h dans l'aspiration des camions, puis une moyenne de 40 km/h jusqu'à Na'in, nous y sommes à 10h30. Mahmoud nous attend sur le bord de la route et nous demande de le suivre. C'est assez étrange comme sensation, car nous avons l'impression que tout était organisé depuis longtemps, que Mahmoud nous attendait précisément aujourd'hui. Il commence à nous promener dans la ville à vélo à la recherche d'un bon endroit pour camper. Il nous propose la Mosquée (comme de bien-entendu), mais quand il voit nos têtes, il comprend rapidement qu'il va falloir trouver autre chose. Il nous trouve donc une auberge à touristes. Le patron n'est pas là mais le réceptionniste accepte que l'on y gare les vélos le temps d'une balade en ville. Nous découvrons vite que Mahmoud est très croyant et qu'il ne servira à rien d'entamer un débat sur les religions avec lui. En début d'après midi, il nous laisse enfin seuls pour que l'on puisse manger et nous reposer. De retour à l'hôtel, nous demandons au patron s'il est possible de camper dans le jardin. Il a l'air d'accord mais téléphone à quelqu'un (peut-être pour voir s'il y a quelques chose de mieux...). Il nous donne rendez-vous à 13h30 à la réception pour rencontrer un ami. Point. Sur ce mystère, il nous ouvre une pièce où sont rangés des matelas, il nous étend une couverture, branche la clim, nous laisse les clefs et nous souhaite bon appétit et bonne sieste. A 13h30, on cogne à la porte, c'est l'homme de notre rendez-vous, un vieux guide de la région qui nous raconte de belles histoire notamment la rencontre avec sa femme. Allez, puisque c'est une belle histoire, nous allons vous la raconter en raccourci. « J'avais 10 ans, commence t'il, perché sur mon vélo, je roulais dans le village quand une jolie demoiselle me jeta un caillou afin d'attirer mon attention. J'ai ramassé le caillou que j'ai gardé précieusement dans 5 boîtes. Un jour, je lui ai offert les boîtes. Elle a ouvert la première boîte dans laquelle il n'y avait rien d'autre qu'une deuxième boîte dans laquelle il n'y avait rien d'autre qu'une troisième boîte, dans laquelle il n'y avait rien d'autre qu'une quatrième boîte dans laquelle il n'y avait rien d'autre qu'une cinquième boîte dans laquelle il n'y avait rien d'autre qu'un petit caillou. Qu'est-ce que c'est, me demanda-t-elle ? et je lui répondis simplement qu'il faut se méfier car quand on lance un caillou sur quelqu'un, il fini toujours par revenir. J'ai demandé sa main et nous nous sommes mariés ». Ce monsieur nous a semblé bien sympathique et nous a proposé une visite avec un groupe de touristes. Malheureusement nous lui avons précisé que nous avions rendez-vous avec Mahmoud. Il nous a demandé d'être vigilants car même si récemment, il a été inscrit sur le guide touristique Lonely planet, ce n'est pas un guide officiel. Il nous a demandé simplement d'être méfiants. 16h30, Mahmoud est là pour la visite. Il se fait accompagner d'un copain. Nous commençons la balade et dans une petite ruelle, nous croisons des enfants. Il prend une fillette dans ses bras, lui fait des bisous et nous dit qu'il aime beaucoup les enfants. La fillette ne semble pas l'apprécier. Il veut prendre des photos de nous avec les enfants, mais ces derniers n'en ont pas envie. Il prend notre appareil et photographie alors que les petits font la gueule. Ensuite nous passons à coté de ruines très intéressantes sur lesquelles on ne s'attarde pas pour rester longtemps sur un château d'eau dont nous connaissons déjà le fonctionnement. Nous finissons par visiter la mosquée et là il se prend le bec avec un guide turc. Nous ne savons pas trop quoi penser, nous n'avons pas bien compris ce qui s'est passé mais l'ambiance n'est pas bonne. De retour à l'hôtel, il s'en va sans dire un mot au gérant. Visiblement, ils ne s'aiment pas beaucoup. Par contre nous, avec le gérant de l'hôtel, sa femme et son fils, le courant passe très bien. Il nous semble être quelqu'un de très honnête et nous passons un bon moment à discuter. Mahmoud nous dit qu'il va revenir ce soir, mais nous ne savons pas pourquoi faire, nous lui expliquons que nous mangerons de bonne heure et que nous nous coucherons tôt et pas après 21h00. Il revient et laisse entendre qu'il va manger avec nous. Nous préparons donc à manger pour 3. Le repas presque prêt, le gérant et sa famille nous apporte du riz cuit et une soupe de légumes absolument délicieuse. Entre eux et Mahmoud, pas un mot et une ambiance électrique. Pour rompre le malaise, Mahmoud part acheter quelque chose à boire. Lorsqu'il revient avec son copain, le gérant s'en va. Drôle d'ambiance. Il nous explique que ces gens là sont jaloux de lui. Mouai... Nous ne savons pas si son copain veut manger avec nous, nous n'avons que 2 couverts, nous sommes 4, c'est le flou complet. Après le repas, il souhaite que nous l'accompagnions jusqu'à son magasin d'informatique.
Cédric : « Alice reste auprès de la tente et moi, je file avec les deux gusses. Mahmoud a envie d'aller aux toilettes, il prend donc un taxi pour aller plus vite à son magasin. Ce que je ne comprend pas, c'est pourquoi nous n'avons pas pris le taxi tous les trois? c'est le même prix ! En plus son compère qui me dit de marcher plus lentement! Pourquoi? Devant son magasin, Mahmoud surgit de derrière un muret et l'air de rien, ouvre sa boutique. A l'intérieur, sur les murs, un poster du président, des photos d'Imams, des cadavres de djihads, des versets du Coran... Drôle de boutique. Il allume son ordinateur et me demande s'il peut avoir les photos de la visite de mon appareil car le sien n'avait plus de batterie. Il souhaite aussi avoir une photo souvenir de nous sur nos vélos. Un peu entreprenant, il regarde mes photos et bien sûr les trouve très belles. Il décide de tout copier sur son ordinateur. Je ne suis pas d'accord et lui demande d'effacer certaines photos. Ce qu'il fait avec plaisir, sachant qu'une fois dans la corbeille de l'ordinateur, il n'aura plus qu'à restaurer les images pour pouvoir les revoir. Il me montre plein de photos d'autres touristes qui sont passés à vélo.
Je n'aime pas du tout sa façon de critiquer mes photos où des filles sont sans voiles dans les maisons, ou bien lorsque Amad danse comme un fou dans le bus. « Ce n'est pas bien, ce n'est pas des bons musulmans sur tes photos, dit-il ». parce que lui est irréprochable ? J'en ai marre et je lui dis que je veux rentrer. Il me demande s'il peut utiliser une de mes photos pour son exposition « L'Iran vue par les touristes étrangers ». Au point où j'en suis je lui dit que oui. »

 
Sur qui sommes nous tombés ?

Mercredi 1er octobre (90 km)
Aujourd'hui est un jour spécial. Le ramadan est terminé !!!! Nous allons pouvoir découvrir l'Iran sous un autre jour. La traversée du désert est une vraie partie de plaisir. Ligne droite, route plate, vent dans le dos. Seul point noir, la chaleur et le soleil brûlant qui nous oblige à nous tartiner de crème solaire. Lors d'une pause dans une station service, nous en profitons pour demander un peu d'essence pour le réchaud.
Cédric : « Un homme qui venait pour faire le plein de son auto m'en a filé au moins 3 litres, alors que je ne pouvais en accepter que 0,75. Le reste est parti sur ma figure, mes habits et par terre. L'essence est tellement peu cher ici qu'ils se permettent de la gaspiller comme ce n'est pas permis. »
Au moment de repartir, un 4x4 de la police s'arrête à 10 mètres de nous. Un gros policier, sans descendre de son véhicule, nous fait signe d'approcher. Ca y est, nous allons avoir une escorte jusqu'à Bandar-e Abbas. Il nous demande nos passeports, écrit nos noms, notre destination, notre n° de passeport, nos dates de visas... Il est vraiment très désagréable et nous repensons à ce que nous à dit Mahmoud hier : « je vais prévenir la police de votre passage, pour votre sécurité, c'est mieux. Et si vous voulez, vous pouvez avoir une escorte. C'est vraiment bien une escorte, surtout pour vous qui dormez dans le désert, il y a plein d'animaux sauvages ».
Après avoir pris ses renseignements, le policier nous fait signe de déguerpir. Comme nous ne repartons pas assez vite à son goût, il revient à côté de nous et du haut de son 4x4, il nous ré-ordonne de déguerpir. Comme nous n'aimons pas ces manières et que nous sommes pacifiques, nous lui faisons comprendre que nous partirons quand nous le voudrons. Devant lui, regards croisés, nous commençons à nous étaler de la crème solaire sur le visage, telles des peintures de guerre de clowns. Cela ne l'amuse guère, il laisse tomber et s'en va sirène hurlante.
Ce matin, il fait plus chaud que les jours précédents. A midi nous sommes cuits et nous ne pouvons plus avancer. Un genre de mosquée au dôme bleu se dresse devant nous. A l'intérieur, il y a un parc avec des jeux pour enfants, une fontaine d'eau fraiche et tout autour de la cour, des pièces où des familles préparent à manger. Ca ressemble à un caravansérail. Avec nos visages déconfits, des hommes prennent pitié et déménagent une place à l'ombre pour nous. Après avoir comblé le vide de notre estomac par les restes de nouilles de la veille, nous entamons la sieste. Comme il fait très chaud et que nous sommes assez crasseux, nous allons prendre une douche. Problème, l'eau est salée.
Nous essayons de nous coucher tôt, mais c'est toujours difficile lorsqu'il y a des gens autour. Forcément, en tant qu'étrangers propriétaires de drôles d'engins, nous attirons l'oeil et la sympathie. Le petit vieux qui entretient les locaux a invité toute sa famille, ils sont au moins quarante.
Cédric : « Pendant qu'Alice reprend sa fonction de maîtresse avec les nombreux enfants, je discute avec les hommes de la famille. L'un d'eux, Sahid, a été jusqu'à récemment, capitaine de bateau entre Bandar-e Abbas et Dubaï. Il nous explique qu'il n'y a aucun soucis pour nous rendre à Dubaï. Par contre, les bateaux pour l'Inde transportent uniquement de la marchandise. Selon lui il est possible de négocier directement avec le capitaine et de mettre les vélos dans des caissons ».
Après le thé et la séance photos, nous pouvons enfin nous coucher.

 

Publié par alice.cedric à 19:18:05 dans Carnet de route | Commentaires (0) |

IRAN EPISODE 4 : DIRECTION LES PLUS BELLES MOSQUEES DU MONDE | 23 octobre 2008

 

Samedi 20 septembre
Grasse matinée. Aujourd'hui, nous pensons prendre un bus pour sortir de Téhéran et aller à Kashan. Manque de pot, on passe du temps sur Internet, on discute avec Reza et nous retrouvons Shahin qui nous remmène en ballade l'après midi. A 17h, nous sommes prêts à partir mais il est trop tard. Il y a 3 heures de bus, ce qui nous ferait arriver à la tombée de la nuit et nous savons par expérience que c'est une très mauvaise idée de chercher un endroit pour dormir lorsqu'il fait nuit. Nous accompagnons donc Shahin à son cours de mythologie Perse et nous retrouvons par hasard des personnes rencontrées quelques jours plus tôt. Notamment Hamad, un jeune super dynamique qui aime énormément s'amuser. C'est d'ailleurs lui qui avait organisé la journée de Disco-Bus. Il nous invite à venir diner chez lui. Nous acceptons mais nous savons qu'il va falloir rentrer tôt car nous aimerions partir tôt le lendemain. Chez lui, on est très croyant. Les femmes sont très gentilles mais cachées sous des draps, on ne voit que leurs yeux et leur bout du nez. Il n'y a que sa cousine, artiste connue en Iran, qui ne porte pas de voile à la maison. Le repas est succulent mais nous avons de plus en plus de mal avec la viande. Nous en mangions déjà très peu voir exceptionnellement en France, mais alors là toute cette viande à toutes les sauces et à tous les repas, ça fini par vraiment nous écoeurer. A la fin du repas, Ahmad met de la musique actuelle iranienne et commence à danser comme un fou, puis il nous invite à danser aussi. Un peu hésitant d'abord, nous avons ensuite improvisé une scottisch sur fond de musique dance et nous avons enchainé avec les chants traditionnels du Berry. Plus tard, en nous raccompagnant jusqu'à nos vélos, il nous dira que c'est une journée spéciale religieuse et il est interdit de faire de la musique et de danser ce jour précis. Sa famille va probablement le passer à tabac à son retour « mais, nous dit-il, je suis musulman aussi, mais je ne veux pas d'une religion qui m'interdise de m'amuser. Je ne fais rien de mal ».


Dimanche 21 Septembre (20 km)
Debout à l'aube, nous faisons nos adieux au jardin de l'association Espéranto Iran et nous prenons la route vers la gare des bus au Sud de la ville. Nous roulons sans souffrir du trafic monstrueux de Téhéran. Bizarrement, nous avons remarqué un genre de « pause » autour de 7 heures du matin. Est-ce à cause du ramadan ? Est-ce le moment de la prière ? L'heure du dernier repas avant la journée de jeûne ? Il y a tellement peu de circulation que des poules picorent les poubelles sur la route. Dans le bus pour Kashan, on nous offre un petit breakfast composé essentiellement d'emballages plastiques. Il y a un sachet plastique avec dedans un gobelet plastique, un bonbon emballé, un petit paquet de biscuits sous plastique. Ensuite on nous donne une paille en plastique emballée, pour boire un berlingot de jus d'orange.

Arrivés à Kashan, on découvre que nos vélos on été maltraités dans la soute du bus. Des gros sacs de voyage ont été posés sur nos deux vélos déjà couchés l'un sur l'autre.

En plein dans la ville, il semblerait que le camping soit difficile. Nous décidons d'aller à l'hôtel. Comme cela, nous pourrons aussi laisser les bagages et aller nous balader. Deux hôtels s'offrent à nous, l'un très cher mais très propre, l'autre à un prix raisonnable mais très sale. Finalement on prend le très sale et qu'est ce qu'on regrette !!! Draps dégueulasses, table couverte de jus collant (on ne peut rien poser dessus), moquette encore plus crade, trognons de pommes séchés sous le lit, squelette de gros cafards et cafards bien vivants dans les toilettes, ventilateur rouillé prêt à nous tomber sur la tête... L'endroit rêvé pour se reposer! Et on ne vous parle pas du maître d'hôtel et de son problème psychologique avec les liens familiaux, car ayant perdu ses parents dans un accident de bus, il a dû vivre un grand manque affectif au point de nous obliger à devenir son frères et sa soeur ! « You sister me, and you brother me, me brother you my sister brother me » répétait-il maladivement.
Nous nous sommes évadés de l'hôtel dès que possible pour aller visiter la ville. Le bazar, les maisons traditionnelles et les petites ruelles.


Lundi 22 septembre (15 km)
Nous voulons décamper de bonne heure mais manque de pot, le pneu arrière du vélo de Cédric est crevé par un bout de métal. Nous devons réparer dans l'hôtel sous les yeux de notre « frère » toujours aussi mal dans sa peau. Nous l'avons vu sortir un aspirateur, mais juste pour faire croire qu'il fait le ménage, car en vérité nous l'avons vu refaire notre chambre sans rien changer ; même draps, même crasse. En route vers Fin Garden, un célèbre jardin où fut assassiné par ordre du roi, le premier ministre Amir Kabir (un monsieur très aimé des Iraniens encore aujourd'hui car il souhaitait plus de liberté au peuple), nous créons des bouchons. Des dizaines de voitures nous filment et nous prennent en photo (vive le téléphone portable, fléau des temps modernes), il y a notamment une voiture pleine de jeunes hommes qui nous filment et nous suivent sur plus de 10 kilomètres. Devant les portes du jardin, des policiers nous informent que c'est fermé aujourd'hui à cause d'un jour religieux (deuil national, mort de l'Imam Ali). Un monsieur très gentil se démène pour essayer de nous faire ouvrir la porte, il parlemente très longuement avec les policiers, expliquant que l'on vient de loin, en vélo, pour voir ce jardin... Finalement au bout d'une demi-heure, il revient nous voir complètement désolé. Il nous explique qu'il déteste le gouvernement de son pays exactement pour cela et qu'il espère que cela va changer bientôt car il ne supporte plus cette vie.
Nous ne lui en voulons pas du tout et le remercions pour son aide, puis ramadan ou pas, nous avons faim. Cette fois ci, hors de question de nous cacher, il y a de très belles banquettes publiques sur le bord de la route, nous décidons d'y faire un pique nique au vu et au su de tout le monde. Nous attirons la sympathie d'un groupe de musicien qui vient se joindre à nous pour partager quelques cacahuètes et nous offrir des biscuits. Ensuite nous avons la visite d'une bande d'hommes très croyants. Ils nous proposent de nous joindre à eux ce soir pour partager des têtes de moutons bouillies, et comme nous sommes les invités, ils nous laisseront les meilleurs morceaux à savoir, les yeux. Ce à quoi nous répondons que malheureusement nous sommes végétariens mais que leur invitation est très aimable.
Vers 17h nous cherchons un coin pour passer la nuit. Nous trouvons de très bonnes places dans un jardin juste en face Fin Garden. Il y a des chats partout qui se nourrissent des restes de pique-nique. Ce soir, de nombreuses familles viennent manger dans ce parc et bien évidemment, nous sommes invités de tous les cotés. Inutile d'entamer notre nourriture, nous sommes alimentés comme il faut par la véritable hospitalité iranienne.
Pendant un temps, nous avons cru pouvoir passer une nuit tranquille, mais ce soir est un soir un peu spécial et le repas va se prolonger jusqu'à très tard dans la nuit. A 2h du matin, ce sont des dizaines de motos qui tournent en rond dans le parc, puis à 4h du matin, c'est une grande messe. Les fidèles poussent par moment des cris de guerre. Planqués au fond de notre duvet, on en mène pas large et on se demande si demain matin (ou plutôt dans quelques heures) les gens seront toujours aussi gentils.


Mardi 23 septembre (20 km)
La journée commence agréablement par une visite du fameux jardin. Pas forcément le plus beau des parcs que nous ayons visité en Iran, c'est surtout l'histoire qui est intéressante ici. Il y a tout de même de grands arbres et de très beaux bâtiments. Dans les toilettes, on profite même de la présence d'une douche. Après la visite, nous faisons quelques courses, le plein d'eau et nous sommes fin prêts pour la traversée du désert. Il fait très très chaud, très sec et évidemment pas un poil d'ombre mais on pédale de bon coeur, joyeux, nous sommes sur l'autoroute et il n'y a presque personne. L'autoroute est la voie la plus directe et la moins dangereuse pour nous qui restons sur une large bande d'arrêt d'urgence. Juste après un poste de péage, la Police Iran-''haine'' nous arrête. On a beau essayer de parlementer, rien n'y fait, monsieur l'agent nous oblige à faire demi-tour jusqu'à Kashan pour reprendre une autre route, plus longue, en plein désert, plus empruntée et plus petite donc plus dangereuse pour nous. Peut-être qu'avec un bon billet il nous aurait laissé passer, mais nous sommes absolument contre le fait d'alimenter le business de ces fonctionnaires corrompus ! Comme il est HORS de question que nous fassions demi-tour, nous attendons la première voiture qui passe. Et c'est un producteur de pomme de Shiraz qui nous prend en stop dans sa camionnette. Au bout de 80 km, la camionnette de son oncle tombe en panne d'essence. Le voilà qui se met sur le bord de la route en tournoyant un bout de tuyau plastique et un bidon au passage de chaque véhicule. Ce langage gestuel veut simplement dire : « Voudriez-vous bien vous arrêter s'il vous plait, que je vous siphonne un peu d'essence? ». Il faut attendre un automobiliste gentil (ça c'est assez facile) mais surtout c'est de l'essence qu'il nous faut. Attendre en plein soleil au milieu de nulle part un hypothétique sauveur, est pour nous une situation à la fois inquiétante et amusante. Finalement, on arrive à Esfahan en milieu d'après midi. Notre chauffeur s'arrête pour nous laisser au bord d'un parc en nous donnant rendez-vous chez lui à Shiraz.

Esfahan (Ispahan en français) est à première vue une ville incroyablement agréable pour nous. Le rêve du cycliste : des voies piétonnes tout le long de la rivière, des grands parcs, verdoyants, une pelouse qui nous donne envie de camper, des robinets d'eau et des prises électriques qui ont remplacé les cabines téléphoniques (et oui, vu que maintenant tout le monde a un portable greffé à l'oreille). Le problème est que sur tous ces beaux parcs, le campement est interdit. On nous propose un jardin un peu spécial à Ispahan, un grand parc où les voyageurs comme nous peuvent poser la tente lorsqu'ils passent par ici. Nous allons dans ce fameux parc Hadir et la Police (deuxième fois de la journée) commence à nous chercher les ennuis. Ils insistent pour que l'on monte la tente juste à coté de leur officine, c'est à dire près du carrefour, à l'entrée du parking, sur le bitume, sous les lampadaires, à coté des toilettes, à l'entrée du parc. Bref l'endroit le plus tranquille. Dans ce premier combat de têtes de mules, nous avons gagné en leur montrant que notre tente ne tient pas debout si on ne plante pas les sardines dans la terre. Cet argument choc nous a permis de camper 30 mètres plus loin sur l'herbe du parc.


Mercredi 24 septembre (25 km)
Mauvaise nuit dans le parc, du bruit tout le temps, des klaxons, des alarmes de voitures et les policiers qui faisaient joujou avec leur sirène. On décide de partir à la recherche d'un hôtel pas cher. Le meilleurs prix, c'est à l'hôtel SHAD, mais on va pas leur faire de pub, vu le coup qu'ils nous ont fait. Bref, on pose nos bagages dans l'hôtel et on part à la recherche du bureau pour la prolongation des visas. D'après le plan que nous avons, ce n'est pas la porte à côté et ça ferme bientôt. Vaille que vaille, on tente le coup. On se couche sur nos vélos et on fonce à travers le trafic, les pieds en avant. On passe finalement des heures et des heures à chercher ce bureau qui n'existe pas. On demande aux policiers, incapables de nous aider. Quand nous demandons aux passants, il faut d'abord répondre au questionnaire : « Hello, how are you? Where do you come from ? What is your name ? Are you student ? What is your job ? Where is your hotel ? What is your religion ? Do you like Isfahan ? Can I help you ? » Et là, on dit que oui, on a besoin d'aide pour trouver ce satané office, mais à chaque fois la réponse est la même : « Sorry, I don't no, welcome in Iran, have a good day in Isfahan ! Nice to meet you ! »
Finalement, il est vraiment trop tard pour chercher l'office, nous décidons de finir la journée par une ballade dans la ville. Nous visitons des parcs très agréables, la grande place Imam, son palais, ses mosquées et nous nous perdons dans le grand bazar. Nous sentons bien que c'est une ville très touristique. Il y a beaucoup d'hôtels, la vie est plus chère, les café-Net sont biens équipés et rapides et il n'y a qu'ici que nous avons trouvé des commerçants qui parlent le français. Ce soir nous téléphonons à notre contact Espérantiste local. Elle nous rappellera plus tard à l'hôtel pour que l'on organise une rencontre.
Sur la grande place Imam (la deuxième plus grande au monde après la place Tien an Men), une mère et sa fille nous invitent au resto. On accepte assez facilement puisqu'elles sont très gentilles et que nous avons bien faim. Dans ce fameux restaurant touristique d'Ispahan, nous nous retrouvons avec la douzaine de copines de nos accompagnatrices. Elles nous font déguster tout un lot de spécialités. Quand on ressort du restaurant, on a le ventre qui traîne par terre et on rencontre 3 touristes français. En discutant sur la place, nous avons droit à de nouvelles invitations. Difficile de refuser, on accepte gâteaux et pastèques jusqu'à ce que nos estomacs frisent l'explosion. De retour à l'hôtel, on dort mal car les réceptionnistes font la fête.


Jeudi 25 septembre (20 km)
Ce matin, nous commençons par la demande de prolongation de visa, puis nous visitons Ispahan. Nous rencontrons un Iranien qui parle un peu français. Il nous fait visiter les mosquées, le bazar et tous les différents types d'artisanat. C'est quelqu'un de très intéressant et honnête. Il nous parle d'une grande manifestation qui doit avoir lieu demain sur la place Imam et dans toutes les villes du pays. En tant que musulman, il nous présente la manifestation comme un appel à la paix entre Israël et la Palestine. Mais vu les affiches qui sont en train d'être installées, on s'attend plutôt à autre chose : Down with USA, down with Israel. Il y a des grandes affiches où l'on voit Israël représenté par une tête de mort qui mange la Mecque. Il souhaite de tout coeur que la paix s'établisse là-bas, mais il nous informe que demain, il ne préfère pas venir à la manif. Sauf si l'on y va, il pense préférable de nous y accompagner.
De retour à l'hôtel, notre amie Espérantiste nous appelle pour nous signaler que nous pouvons aller chez elle et que nous sommes les bienvenus. Le réceptionniste prend l'adresse exacte et l'écrit en farsi pour nous aider à trouver. Nous chargeons les vélos et au moment de partir, un vilain petit policier myope comme une taupe, mais quand même équipé d'une mitraillette, nous demande de le suivre au poste de police du carrefour. S'en suit un interrogatoire d'une heure pour connaître le nom exact de notre amie. Le policier que l'on a en face ne rigole pas beaucoup car il en va de notre sécurité. Il doit contrôler toutes les relations entre touristes et Iraniens car ces derniers peuvent être très dangereux. Il nous informe aussi que les Iraniens n'ont pas le droit d'héberger des étrangers (ce qui est faux). Le pauvre vieux, s'il savait le nombre de touristes qui se retrouvent invités chez des habitants, il serait fou. Toujours est-il que dans ce cas précis, même dans le cadre restreint de rencontres entre adhérents à l'association internationale d'Espéranto, ça lui pose problème. Nous finirons donc par retourner au parc Ghadir en prenant soin de nous cacher pour rentrer dans le parc, éviter à tout prix le poste de police à l'entrée et monter notre tente le plus loin possible d'eux afin de dormir tranquille.

Cédric : « Seulement une fois la tente montée, lorsque nous étions prêts à aller au lit, je suis passé devant le nez des policiers. Hello mister, me disent-ils en me reconnaissant tout de suite. Ca n'a pas loupé, l'un deux (un autre à la mitraillette) m'a suivi jusqu'à la tente et m'a demandé de tout ranger pour nous installer à coté de leur office. D'un air complètement désolé, je lui ai chuchoté qu'Alice avait très mal à la tête et que je ne pouvais pas la réveiller. Le pauvre gars n'a pas pu insister et dans la tente, nous nous sommes écroulés de rire ».


Vendredi 26 septembre (25 km)
Pliage rapide de la tente et petit déjeuner sur l'herbe, à l'ombre, loin dans le parc. Une journée qui aurait pu commencer à merveille si ces satanés policiers voulaient bien nous foutre la paix. Au loin, nous les voyons passer de tente en tente, rentrer dedans et balancer des affaires dehors. Apparemment, ils ne sont pas de bon poil ce matin. Nous avons essayé de disparaître dans le feuillage, mais ils nous ont vu et n'avaient pas du tout envie de jouer car selon eux, il y a des assassins dans le parc. Ils nous saoulent tellement qu'on fini par craquer et pour bien les faire ch... Nous nous réinstallons devant l'entrée de leur office. Maintenant, nous sommes trop prêts, on les gêne pour regarder la télé et jouer aux dominos. Nous réussissons à négocier un emplacement sur l'herbe et à l'ombre à une trentaine de mètres d'eux. Finalement, nous montons la tente et laissons nos bagages sous la surveillance de nos cowboys, puis nous allons assister à cette fameuse messe spéciale pour la paix. IM-PRES-SION-NANT !!!! La deuxième plus grande place au monde est pleine de fidèles. Dans les hauts parleurs, des imams crient leurs messages. Il y a des télévisions, des journalistes, des policiers en uniforme et énormément de policiers en civil. Avec nos têtes de touristes, nous sommes très vite remarqués et évidemment, tout le monde se jette sur nous, pour une photo ou une question du genre, « Êtes vous journalistes ?, Pourquoi êtes vous ici ? Êtes vous d'accord avec la manifestation ? » Si on est d'accord ? Bien sûr que non, mais on ne peut pas le dire comme ça, alors nous répondons que nous sommes pour la paix. La réponse à l'air de leur convenir, reste à savoir quelle est leur définition de la paix. Vu les affiches et ce qu'elles expriment, « Israël tue nos frères Palestiniens ! Ils tuent des enfants ! Israël et les américains, sont l'incarnation du diable !!! », Ils sont encore au stade du désir de vengeance et loin d'une envie de paix. En diabolisant les juifs et les américains, les organisateurs de la manifestation font un bourrage de crâne maximum pour faire grandir la haine et la violence dans le coeur des gens. Remarquez qu'en France, les Arabes des banlieues sont aussi largement diabolisés, il suffit de regarder le journal télévisé pour constater qu'à l'origine de chaque agression, accident, meurtre, il y a toujours un ou plusieurs ''magrébins''. Et comme disait Chirac, ''je ne vous parle pas non plus du bruit et de l'odeur''. Revenons la manif, un jeune homme nous suit depuis le début, nous n'y faisons absolument pas confiance. Impossible par exemple de sortir l'appareil photo. On ne peut rien faire, alors nous essayons de fuir comme des touristes à la recherche de quelque chose à visiter un jour férié où tout est fermé. Le jeune homme nous suit encore, nous préférons quitter la place et nous perdre dans le bazar. Lorsque l'on revient, la messe est dite et tous les gens que l'on croise ont des regards de tueurs. Nous visitons une exposition photo horrible sur les horreurs de la guerre où l'on voit des enfants morts, du sang, de l'humiliation, de la haine. Des dessins caricaturaux montrent Israël et les USA comme les seuls responsables de cette horreur. En fait, ce n'était absolument pas une manifestation pacifique, c'est un véritable appel à la violence, à la guerre !!! Le pire est de constater que dans ce pays la religion est utilisée pour maîtriser le peuple. La religion est imposée et la foi de tous ces gens par ailleurs sympathiques est utilisée pour leur faire accepter n'importe quoi comme s'engager dans une guerre idiote qui ne servira rien d'autre que leur leaders et leurs désirs de domination, de pétrole, ou leur simple folie meurtrière. Dans ces moments, nous imaginons le pire et nous pensons à tous ces Iraniens honnêtes, instruits, les plus gentils au monde, qui souffrent non seulement de la dictature Islamique, mais qui en plus seront les premiers à subir les conséquences d'une guerre.

Bref, un peu refroidit par ce que nous avons vu, nous nous offrons un après-midi détente sur internet


Samedi 27 septembre (30km)
Enfin nous pouvons récupérer nos passeports avec la prolongation de visas. Nous prévoyons de repartir demain vers Yazd à vélo. Pour cela, nous avons le choix entre 2 routes. Une voie principale au Nord et une route plus tranquille au Sud. Après vérification auprès de plusieurs personnes, la route au Sud n'est pas entièrement goudronnée et les villages indiqués sur notre carte ne sont pas tous fiables. Nous passons deux bonnes heures sur Internet, et nous trouvons le moyen de communiquer par skype avec la famille de Cédric.

Publié par alice.cedric à 12:51:11 dans Carnet de route | Commentaires (1) |

IRAN EPISODE 3 : SOUS LA PLUIE | 23 octobre 2008

Lundi 15 Septembre

Ce matin, nous sommes retournés au local de l'association. Dans la rue nous parlons longuement anglais avec un passant qui nous apprend énormément sur le pays et à tout point de vu, que ce soit historique, politique, sociale. Il nous parle des Bazars noirs, les seuls endroits où l'on peut se cultiver et trouver des livres ou des films intéressants. Pensez que des films comme « Amélie Poulain » ou bien encore « la Soupe au choux », sont interdits en Iran car on y voit des femmes sans voile et des hommes qui boivent de l'alcool. Au local de l'association, nous avons pu enfin avoir un entretien téléphonique avec la Radio France bleue Berry. Nous avons également eu accès à Internet bas débit. Il nous aura fallu plus de 4 heures pour mettre quelques photos en ligne.

Pour le déjeuner, nous avons été invités par Mohammed qui travaille dans le local de l'association, ou plutôt c'est l'association qui squatte chez lui. Il diffuse des magazines d'informatique dans tout le pays. Dans son logement à l'étage, nous mangeons avec ses deux garçons et Reza. La femme de Mohammed ne mange pas car elle fait le ramadan. C'est la première croyante pratiquante que l'on rencontre. Même à la maison, elle porte le voile à cause de nous, les étrangers. Après manger, nous avons la visite d'un groupe d'étudiants. Ils nous apportent des glaces (eux non plus le ramadan........). Par contre, lorsqu'un professeur d'université sonne à la porte, il faut rapidement cacher les glaces derrières les piles de papiers et que les filles remettent leur voile.

A 18h nous partons prendre le bus pour Racht, une ville au Nord du pays. Nous avons été invités par Akbar, un Espérantiste très gentil. Sur le terminal de bus de Téhéran, nous n'avons pas cherché longtemps LE bus pour Racht. Nous avons essayé la technique iranienne, ça marche très bien. Il suffit de crier Racht, Racht, Racht !!! Et quand un homme à la porte du bus crie Racht, Racht !!! C'est bon, on a trouvé le bon bus. Nous n'avons pas cherché longtemps, mais pendant un temps, nous nous sommes demandé si nous avons fait le bon choix. Avec les vitres fissurées, le bricolage électronique apparent, les bruits de taules dans les soutes et le bouquet de roses noires en plastique. Nous avons l'impression d'être montés dans un cercueil roulant. Et nous ne parlons pas du chauffeur nerveux qui est le sosie parfait du chef des méchants dans le film de Louis de Funès, « Rabbi Jacob » : gros, frisé, avec 2 petits yeux noirs cruels.

Finalement, on arrive à bon port avec une heure de retard sous un déluge incroyable !!! Nous n'avons pas vu d'eau depuis si longtemps. Akbar nous explique que c'est comme ça tout le temps dans le Nord du pays. Les précipitations arrivent de la Caspienne et sont arrêtées tout de suite par les montagnes. Au Nord de la chaîne montagneuse, tout est verdoyant et très humide, on y cultive beaucoup de riz et de thé. Au Sud, c'est le désert.

Dans sa maison, Akbar nous présente sa femme. C'est la deuxième croyante que l'on rencontre. Elle ne parle pas beaucoup mais est très gentille. Elle est directrice d'école et est très occupée à préparer la rentrée. Elle a beau être pratiquante, elle nous prépare de délicieux repas et tolère tout à fait qu'Alice tombe le voile à la maison.

 

Mardi 16 septembre
Akbar nous emmène visiter sa région. Nous faisons le plein de fraîcheur, de chlorophylle et de pluie avant de s'attaquer prochainement au désert, à la chaleur, la soif, les tempêtes de sables. Nous pique-niquons sur le rivage de la mer Caspienne. Sur ce coin de plage, cachés de la police, tout le monde essaye d'oublier un instant le régime dictatorial. Filles et garçons se baignent ensemble, certaines ont fait tomber leur voile dans l'eau, tant pis. D'autres fument, et nous festoyons. Akbar nous emmène dans des villages. Dès qu'il peut, il nous fait déguster les spécialités culinaires de sa région. Il nous explique qu'en Iran, il y a énormément de cultures différentes et que d'un village à l'autre, la langue, la nourriture, la musique peuvent changer complètement. En fin de journée, il nous emmène dans le bazar de Racht. Les parties bibelots, vaisselle, fournitures scolaires et vestimentaire restent assez classiques. Par contre la partie alimentaire est impressionnante. Il fait une chaleur moite. La pluie a rincé toutes les étales des commerçants et un ruisseau de bouillon de culture coule sous nos sandales, mélange de jus de légumes, de poissons et de viandes. Derrière un nuage de mouches, un vieil homme assis sur un tabouret, cris pour essayer de vendre les poissons étalés devant lui. Un autre commerçant, assis par terre, passe des dizaines de têtes de moutons au chalumeau (Qui peut manger ça ?). De la viande noire est suspendue à des crochets. Un marchand de légumes pousse la chansonnette, un autre cri des poèmes disant que ses légumes sont délicieux et pas chers. Sa façon de servir les aubergines est par contre bien moins poétique. Il les prend à pleine brassée dans un tas posé par terre baignant dans le jus, puis les jette dans un grand sac plastique.


Mercredi 17 septembre
Debout de bonne heure, Akbar nous promène encore aujourd'hui. Il doit faire le plein de sa voiture. Pour le GPL, il faut attendre 1 heure (et encore, il n'y a pas trop de monde. Parfois c'est 4 heures d'attente). Pour l'essence, on attend moins longtemps, mais il y a un rationnement. 4 litres par jour et par véhicule, pas une goutte de plus, sinon le prix du litre est au moins quadruplé. Parfois on s'étonne qu'avec un rationnement sur l'essence, on observe autant de trafic sur les routes et autant de pollution. Le matin, nous visitons le célèbre village de Masulé. Perché dans les montagnes, le long d'un torrent, la tête dans les nuages, c'est un village très ancien inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Les maisons toutes à flanc de montagne sont collées les unes à coté des autres et les unes sur les autres. On circule dans le village par des petites ruelles étroites et aussi en marchant sur les toits terrasses. Akbar nous raconte qu'il y a une douzaine d'années, il était venu en famille dans ce village. Il s'était arrêté quelques kilomètres sous le village pour pique-niquer quand soudain tout un flot de voitures est redescendu tombeau ouvert dans la vallée. Les gens criaient, tout le monde était affolé. En fait, une énorme averse due à un orage violent, avait décroché de gros rochers qui s'étaient encastrés sous un pont. En quelques secondes le torrent a débordé emportant tout sur son passage et faisant une cinquantaine de morts. Il nous raconte que pendant le nettoyage du village, on retrouvait de temps en temps dans la boue, une main, une jambe, une tête... Bref, une histoire sympa qu'on a un peu hésité à mettre dans le blog. A par ça les maisons sont très bien isolées, du fait qu'elles sont à moitié enterrées et que les murs et la toiture sont fabriqués essentiellement à base de terre, de fibres végétales et de bouses. Dans ce village, mais surtout dans une autre ville à une vingtaine de kilomètres, on fabrique des pâtisseries absolument incroyables !!! Il n'y a qu'ici qu'on en mange et qu'on les fabrique. C'est un genre de biscuit fourré avec une espèce de pâte à base de noix. Ca s'appelle Kouloutché et c'est bon à s'en faire exploser le ventre. En plus, ce n'est vraiment pas cher, 35 centimes d'euro les 5 pièces.

L'après midi, Akbar veut nous emmener visiter un château que lui même n'a jamais vu. Au bout de plusieurs kilomètres d'une petite route de montagne, nous y sommes. Pas au château, mais au pied des escaliers qui y mènent. C'est un chemin à travers bois, en partie le long d'un torrent et comme ça grimpe sévère, ils ont eu la bonne idée de mettre des marches (plus de 900). Avec la pluie qui tombe de plus en plus fort, nos sandales avec nos cales de vélo et les escaliers tordus et aux marches déformées, ce n'est pas facile. Akbar lui, s'arrête régulièrement reprendre son souffle. Au bout d'une heure et demie d'ascension, c'est le déluge, mais nous y sommes. Une gigantesque forteresse s'impose au dessus de nous. Surprise, en passant la grande porte d'entrée en bois, sous le porche, un vieux monsieur tout maigre avec une veste de militaire est assis à un bureau et vend des tickets. Nous qui pensions que l'ascension était un prix suffisant pour visiter le château. Une famille nous rejoint et le vieux guide nous emmène au travers des ruines. En fait, ce n'est pas qu'un simple château, c'est une forteresse de 3 kilomètres de long qui suit la crête de la montagne. Elle n'est pas sans rappeler la grande muraille de Chine. La pluie qui tombe à grosses gouttes et la forêt qui transpire nous englobe dans une atmosphère très troublante. Dans la brume on distingue les silhouettes des arbres, le contour des ruines et soudain, on plonge dans l'oeuvre de Tolkien « Le Seigneur des Anneaux ». Où sont les Hobbits, les Nains, les Trolls et autres créatures fantastiques ? Il ne manque plus qu'eux ! La nuit approchant, nous devons redescendre rapidement, nous n'aurons pas vu un cinquième du site. Par une journée ensoleillée (très rare par ici), il faudrait pouvoir venir très tôt le matin et passer au minimum une journée sur le site.

Nous retournons à la voiture il fait nuit noire. Impossible d'enlever l'alarme électronique, la télécommande à pris l'eau dans la poche d'Akbar. La famille qui nous a accompagné dans la visite puis dans la redescente, nous est venue en aide. Akbar s'est chargé de leur faire la promotion de notre voyage, ce qui nous a valu une invitation chez eux lorsque nous passerons à Ispahan. En nous écoutant parler Espéranto, ils se sont intéressés à cette langue et projettent d'apprendre.


Jeudi 18 septembre

Cédric : « Akbar et sa femme ont insisté pour que l'on reste, enfin.... c'est surtout sa femme qui a insisté pour qu'Alice l'accompagne à une fête 100% woman. Ce soir, quand sonnera l'heure de rompre le jeûne diurne du ramadan, les copines vont se retrouver dans une maison. Les hommes auront foutu le camp, les tchadors vont tomber; et Akbar m'assure que sous les voiles, des femmes vont apparaître en tenue de soirée, débardeurs et cheveux au vent, rien à voir avec les fantômes qui rodent sur le bord des routes. »
Nous profitons donc d'une journée de repos pour dormir jusqu'à 11h puis nous flânons dans la maison. Nous écrivons, regardons la télé... C'est très intéressant la télévision Iranienne, on peut y voir Lucky-Luke en persan et Nicolas Hulot très bien doublé. Ca c'est pour la partie marrante de la télé. Pour le reste du programme, il y a essentiellement des émissions religieuses, des débats d'Imam, des prières, des récits de coran sur fond d'images de mosquées. Il y a aussi le journal télévisé qui nous donne un max la trouille et ne parle que de tremblement de terre, de guerres par ci, d'attentats par là, de bombardements, d'épidémies... Dans ces mêmes journaux, on voit des images de l'Islam toute puissante avec des leaders devant lesquels s'agenouillent des millions de fidèles qui remplissent les rues tous regardant la même direction, parfois debout levant le poing en criant Allah Akbar !!! Pour finir il y a toutes ces séries où les acteurs font la gueule, les femmes qui chialent tout le temps et finissent en enfer. Si la série dure 20 minutes, on peut compter 20 minutes d'une mixture d'engueulades, de larmes et de mort (en réfléchissant bien, on doit avoir les mêmes séries débiles en France).

Cédric : Pendant qu'Alice est partie faire, entre guillemets, la fête avec les femmes, Akbar et moi parlons beaucoup sur des sujets divers comme le voyage, l'Espéranto, la vie en France et en Iran. Puis nous sommes invités chez des amis instituteurs. « Ni mangas rapide, poste ni iras !!! » qu'il me dit. Donc c'est ce que l'on fait. Nous mangeons rapidement, puis on part. La femme ne semble pas très pratiquante. Ils ont deux enfants clowns qui commencent à bien parler Anglais. Nous avons droit à un deuxième repas ainsi que de nombreuses délicieuses pâtisseries. Dans cette maison, on rêve de liberté. Ils nous montrent la vidéo d'un mariage. Ils me préviennent « tu vas voir ce que c'est que les Iraniens ». C'est absolument fou, au début de la soirée du mariage, les femmes ont presque toute le voile et leur visage ressemble beaucoup à celui des femmes de la télé, c'est à dire : triste. Quelques minutes plus tard sur la piste de danse, j'ai l'impression de regarder la vidéo d'un mariage français. Exactement tout pareil, pas un seul voile, des filles aux coiffures compliquées et MEME ! Des mecs bourrés. Comment est-ce possible ? Nous apprendrons plus tard par d'autres personnes que la police est souvent corrompue en Iran et que moyennant quelques billets voire quelques bouteilles, on peut aisément passer une soirée alcoolisée. Il y a aussi des magasins qui peuvent servir de la vraie bière ou du cognac mais c'est très cher car la police prend un gros pourcentage sur les ventes. Comme des milliers d'Iraniens leur télé est branchée sur le monde. Dans cette maison, on reçoit plus de 1000 chaînes de télévision et notamment des chaînes françaises. On restera un moment devant le film « Pouic Pouic » de Louis de Funès.

En fin de soirée, nous retrouvons Alice et la femme d'Akbar pour prolonger la veillée.


Vendredi 19 septembre

Nous faisons nos adieux à Akbar et sa femme, mais avant, ils nous emmènent visiter un musée très intéressant calqué sur l'écomusée d'Alsace dont il est le « filleul ». C'est un village reconstitué, conservatoire des traditions de ce petit coin particulièrement humide d'Iran. Des maisons traditionnelles ont été démontées puis reconstruites dans ce petit village. Nous découvrons la vie autour de la culture du riz, Les maisons au toit en paille de riz, les cordes en paille de riz, les tapis en paille de riz, les murs en mélange de terre et paille de riz, les paniers en paille de riz, les chapeaux en paille.... et divers outils relatifs à la culture du riz. Pour encore mieux apprécier le musée, il faudrait y revenir quand ce n'est pas le ramadan car il y a un café et plein de dégustation de la cuisine locale.

Nous arrivons à Téhéran assez tard et le copilote du bus nous prend par la main (au sens propre du terme) pour nous trouver un autre bus qui nous emmène au siège de l'association Espéranto Iran. Il ne sait pas mieux que nous où aller mais il a l'avantage de la langue. Finalement, il insiste pour payer nos tickets et il explique au chauffeur où nous devons descendre.

Dans le jardin de l'association, nous passons encore une nuit excellente.

Publié par alice.cedric à 07:05:00 dans Carnet de route | Commentaires (0) |

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