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Photo de la Thailande | 23 avril 2009

Publié par alice.cedric à 04:49:11 dans Photos | Commentaires (0) |

Nepal Episode 5 : Quelle route apres le Nepal ? | 23 avril 2009

 

3 mars 2009 (9 km)

Le lendemain de la fête,  le moment est venu pour nous de quitter cet endroit formidable. Rencontrer tous ces gens et ces enfants a été une expérience très enrichissante. Ils nous ont offert le plus simple, mais le pus bel accueil au Népal. En guise de cadeau, tous les enfants nous ont aidés à pousser les vélos sur plusieurs kilomètres les plus raides dans la poussière et les cailloux. Grâce à eux, nous avons pu nous sortir de là en une seule journée. Toutefois arrivés au sommet, nous décidons de nous arrêter pour la nuit.

En pleine côte, à notre grand regret nous avons rappelé à nos petits amis qu'il était l'heure pour eux de l'école, ils nous ont abandonné et nous avons recommencé à pousser, pousser, pousser et mordre la poussière.

Cédric  ''En pleine côte nous trouvons une maison qui vend quelques bricoles venues de la ville! Nous achetons un paquet de biscuits et pendant la pause, un vieil alcoolique vient regarder les vélos de près. En se glissant au milieu d'eux, il donne en grand coup de cul dans mon vélo qui tombe dans le chemin Ça fait bien rire le vieux, mais nous, on a plutôt envie de l'étrangler !!! Nous vérifions si rien n'est cassé sur le vélo et dans les sacoches! Apparemment, pas trop de mal, le vélo à l'air d'aller, il n'y a que quelques éraflures et un trou dans une sacoche!

Le vieux disparaît et nous décidons de reprendre notre galère. Sur une petite portion de chemin moins pentu, nous décidons de donner quelques coups de pédales. Je me rends compte à cet instant que la patte métallique sous le siège qui sert à fixer les gaines qui guident la chaîne, est cassée en deux.

Nous faisons demi-tour en espérant retrouver le gars, mais il s'est envolé. Un homme ayant vu toute la scène et visiblement mal à l'aise essaie de trouver une solution. Il fait venir un petit homme du village que je suis jusque chez lui. L'instant est magique! Nous sommes paumés en pleine montagne et ce gars m'assure qu'il peut réparer la pièce cassée. Quand on sait qu'il n'y a ici que des maisons en terre et pas d'électricité, le pari semble assez osé. Et pourtant, tous les deux assis devant sa maison, il commence le travail. Il met quelques charbons sur des cendres, fait tourner une hélice qui remplace le soufflet de forge et redémarre le brasier. Avec calme et minutie, il commence son tour d'alchimiste, broie des fragments de pierres, trempe le doigt dans un verre d'eau et fait tomber une goutte sur son petit mélange qu'il touille avec une plume de poulet et une autre goutte sur la pièce à souder au milieu des braises.

En 10 minutes, il a réparé la pièce et casse l'ambiance en me demandant de le payer. Je lui explique qu'il faut qu'il me suive car c'est son copain alcoolique qui va payer ce qu'il a cassé. Malheureusement, le gars à disparu et je dois payer la réparation. Le pire c'est que 1 km plus loin, la soudure lâche et la chaîne pend à nouveau sous le siège! Réparation maison, un bout de scotch, un morceau de ficelle et on repart. La chaîne subit plus de frottement ce qui fait du bruit et rend le pédalage encore plus difficile (faut dire qu'on pousse plus qu'on pédale!)

Retour sur Katmandou du 04 au 13 mars 2009
Avec grand peine, nous rentrons à Katmandou où Sonam nous tire encore une fois d'affaire en réparant la pièce métallique. Pour ne pas rester trop longtemps chez Razen, nous décidons d'aller dans un petit hôtel avec Darius l'anglais! Ce dernier connaît maintenant bien Katmandou et les ruelles autour de Thamel! Il nous fait découvrir les endroits pas chers pour bien nous nourrir. Il y a le resto tibétain où nous allons parfois manger le soir et boire de la tungba, une boisson un peu alcoolisée fabriquée à partir de graines de millet fermentées servies dans un grand bock en bois que l'on remplit et remplit à volonté avec de l'eau chaude. Dans une ruelle boueuse, il y a entre deux immeubles, une cabane en taule ondulée et si l'on va sous cet abri, il y a quatre tables et quelques bancs et une femme nous sert un délicieux dal-baht ''maison''. Pour cinquante centimes d'euros, nous avons un repas complet et nous ressortons toujours de table avec le ventre qui traîne par terre car en plus, contrairement aux restaurants chics, ici, on nous ressert de tout! Et en plus on mange avec les doigts. Au Tibet, la situation ne semble pas prête d'évoluer avant au moins le mois d'avril, nous devons revoir notre itinéraire! A l'Est, nous sommes bloqués par la frontière du Myanmar, fermée avec l'Inde et le Bengladesh. L'idée de prendre un bateau pour la Thaïlande doit être abandonnée, (merci l'avion). Il existerait bien une dernière solution qui consisterait à passer la frontière avec le Tibet en étant bourrés de dynamite ou alors plus sérieusement, il faudrait que l'on retourne en Inde puis au Pakistan, passer la frontière chinoise, traverser tout le pays et pourquoi pas, rentrer illégalement au Tibet (''beaucoup'' plus facile depuis l'intérieur de la Chine). Nous nous préparons à cette dernière option. Nous achetons des cartes précises pour le Tibet et étudions des cartes de la Chine. Gorgan nous situe les points de contrôle de l'armée chinoise qu'il connaît.  Malheureusement, après mûres réflexions, cette route nous semble trop difficile d'autant plus que le Nord du Pakistan est toujours incertain et la frontière avec la Chine est fermée jusqu'à tard dans l'année en raison des cols fermés pendant l'hiver. Après bientôt 2 mois au Népal et un mois stoppés en Inde à cause de la pneumonie, nous commençons à en avoir assez de faire du surplace et d'être confrontés à ce problème récurrent:  les frontières. L'option qu'il nous reste, la plus économique et la plus polluante, c'est de prendre l'avion et de survolé les conflits géopolitiques. L'avion oui mais pour aller où ? Nous décidons de nous rendre en Thaïlande, puis reprendre nos vélos et continuer sur un nouvel itinéraire Pourquoi ne pas rendre visite à Miranda l'espérantiste en Australie s'il y a des correspondances en bateau avec l'Indonésie? Aigris par cet échec de ne pas pouvoir nous passer de cet oiseau de fer de malheur (Cédric:  '' d'autant plus qu'il aura fallu pour moi que je commence un voyage à vélo pour devoir prendre la première fois de ma vie un avion !), nous achetons 2 billets pour Bangkok et nous préparons nos bagages et nos vélos.

Cédric: '' En nettoyant en profondeur mon vélo, j'ai découvert effaré la raison d'un récent grincement et d'un jeu dans le siège. C'est tout simplement que la partie du cadre avant où est fixé, siège et porte bagages, est cassée ! Un ennui de plus qui tombe mal, juste avant le départ pour la Thaïlande. J'essaye très vite de trouver quelqu'un pour ressouder de l'alu, mais Sonam me confirme que cela n'existe pas au Népal. Je contacte Paul de chez Challenge et il vole encore à notre secours en nous envoyant de toute urgence une pièce en acier qui pourrait me dépanner. La veille du vol, nous recevons la pièce. Le problème, c'est que pour la fixer, je dois percer 2 trous dans le cadre et dans la capitale Népalaise, à cette heure ci, il n'y a pas d'électricité. Nous allons de quartiers en quartiers, de mécaniciens en électriciens à la recherche d'une perceuse et d'une alimentation électrique. Nous finissons par trouver un menuisier qui nous prête sa perceuse. la réparation est rapide et finalement, nous trouvons même le temps d'aller remplir nos papiers de procuration à l'ambassade française pour les prochaines élections au pays (car même si avec la grosse manipulation de l'opinion publique, les élections se finissent parois en véritable désastre, nous continuons d'utiliser nos droits tout en restant vigilants et lucides quant au fait que la quasi totalité des grands hommes politiques appartiennent à l'oligarchie et que leur principale préoccupation est de veiller à leur confort et à l'accroissement de leur richesse avant de penser aux petites gens que nous sommes)''

Après un dernier délicieux dal-bath à la lueur de la bougie, nous finissons de préparer nos sacoches et nous passons une courte nuit à penser au voyage de demain! Départ de Katmandou sans regret car à l'aéroport nous avons eu à faire à des militaires peu amicaux et c'est le moins que l'on puisse dire! Après avoir laissé embarquer des népalais avec dans leur bagages à mains des sacs de fruits et légumes, des bombes de mousse à raser, des bouteilles de gel douche et des rasoirs, ils nous ont fait un vrai scandale en voyant le rouleau de scotch qui nous a servi à emballer nos vélos avec des cartons. Dans un zèle de colère complètement démesuré et inexplicable, ils ont pris le scotch et l'on balancé à travers l'aéroport en nous engueulant comme ce n'est pas permis. Allez comprendre ce qui peut ce passer dans la tête d'un militaire après des années de bourrage de crâne!!! Enfin, c'est bien connu que l'uniforme donne de véritables pouvoirs à celui qui les porte. Regardez Superman, Spiderman, Batman, Policeman, etc.

Toujours est-il que cette mésaventure nous conforte dans l'idée que ce voyage en avion est bien le dernier que nous ferons car l'avion, c'est tout sauf la liberté !

 

Publié par alice.cedric à 04:43:51 dans Carnet de route | Commentaires (0) |

Tchernobyl encore et toujours | 22 avril 2009

L'annee derniere, nous etions deja sur nos velos quand le 26 avril a Dijon, nous nous sommes retrouves au milieu du cortege de commemoration de la catastrophe de Tchernobyl. L'annee d'avant en 2007, et encore avant en 2006 (les 20 ans de la catastrophe) nous etions de ce rassemblement a Chateauroux. Cette fois ci nous sommes en Malaisie et apres avoir ressenti les tensions autour du nucleaire, que ce soit en Iran, Inde et Pakistan. Il est du devoir de chacun d'entre nous d'exiger l'abandon de cette technologie dangeureuse qui compromet serieusement l'avenir de nos enfants.

En attendant nous nous permettons de faire passer l'information ci-dessous. 


Alice et Cedric

 

Samedi 25 avril 2009

Place de la République

à 11 heures à Châteauroux

 

Tchernobyl Day

Journée internationale de mobilisation contre le nucléaire

http://www.chernobyl-day.org/spip.php?article555

 

Grand rassemblement des "masques contre le déni" avec le "die-in" du souvenir et la réclamation de l'indépendance de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) vis à vis de l'AIEA (l'Agence Internationale de l'Energie Atomique).

Il y a 50 ans, l'AIEA et l'OMS ont signé un accord qui est la preuve tangible d'une complicité et d'une soumission avérée de l'OMS à l'AIEA.

Pour ne pas tomber dans l'oubli, pour l'indépendance de l'OMS et pour la vérité sur les effets sanitaires des contaminations radioactives

 Agissons Tous Ensemble!

Merci de vous joindre à nous

 

Publié par alice.cedric à 13:38:39 dans Infos diverses | Commentaires (0) |

Népal Episode 4 : Rencontre avec les Intouchables | 17 avril 2009

28 février 2009 (45km)

Ce matin, nous partons de Katmandou, direction le village d'intouchables. Mais avant, nous avons rendez-vous avec Prajval qui veut nous montrer sa ferme familiale BIO.

Il faut savoir que Prajval est animateur radio et qu'il est en conversion à l'agriculture depuis qu'il a récupéré les terres de son père. Comme il s'est posé des questions et qu'il en a assez du concours débile de celui qui sera le plus gros client du marchand de pesticides, il a décidé de produire des légumes sans une seule pulvérisation d'insecticides, de fongicides ou d'engrais chimique. Ses terres n'étant plus cultivées depuis quelques années, il a retroussé ses manches et bien qu'étant un peu manchot dans le domaine de l'agriculture, avec l'aide de sa famille, il a remis en état ses champs et s'est lancé dans la production de pommes de terre bio. La première année fut une bonne réussite et il obtint sans artifice, une production équivalente à celle de ses voisins accrocs du pulvérisateur. Mais le pire, c'est qu'au fil des ans, il s'est amélioré et il est devenu très observé par ses voisins mais aussi la presse, car il obtient de très bons rendements sans jamais rendre visite à la boutique du sorcier de Monsanto.  L'année dernière, alors que la production de riz a été très mauvaise dans le village, lui a rempli son grenier ! Il espère faire réfléchir ses voisins et les faire changer, mais il sait que ce n'est pas facile. Ils sont tellement ancrés dans cette espèce de course vers le précipice. Rien qu'à voir leurs buffles, ces pauvres bêtes ne ressemblent plus à rien de bovin, les paysans tellement obsédés d'avoir le plus gros buffle en vitrine devant la ferme, leur font injections sur injections.

Nous visitons la ferme et les champs de Prajval puis nous passons la soirée à discuter avec les enfants du village. D'une manière générale, ils semblent avoir conscience qu'ils bénéficient d'une qualité de vie saine dans les montagnes mais ils pensent qu'en grandissant, ils seront obligés, comme les autres, de rejoindre la ville pour trouver du travail et gagner leur vie.

 

01 Mars 2009 (42 km)   Rencontre avec les intouchables

Quelle nuit !!! On a dormi comme des bébés, ça fait longtemps. Pas un bruit dehors, pas une voiture, rien !!! Même pas des gens qui discutent en pleine nuit, ou d'autres qui ronflent. Le coq a aussi été très gentil en attendant 7h00 du matin pour chanter. A peine sommes nous sortis dans la cour que deux tasses de thé et des biscuits nous ont été servis. Nous avons ensuite joué quelques minutes avec les enfants et les chèvres. Un jeune bouc nous a bien fait rire avec sa manière de vouloir ressembler aux hommes en marchant debout, puis de monter sur des tabourets et enfin de s'intéresser à tout ce que nous faisons. Avant de partir, la famille nous offre un bon dal-bhat. Nous ne le savons pas encore, mais ce bon repas va nous sauver la vie. Lorsqu'enfin nous partons, nous pensons que les premiers kilomètres de sable, poussière et cailloux sont les pires de la journée. Hélas, même si l'on commence par de belles descentes, notamment une de 20 km, nous savons qu'il faudra bien remonter... La côte arrive sans tarder ! Un degré de pente inadmissible nous empêche de pédaler. Nous n'avons d'autres choix que de pousser les vélos, mais même cela devient parfois impossible. Que faire ? Nous cherchons des forces, on s'arrête reprendre du souffle, nous buvons nos dernières gouttes d'eau et nous avançons toujours entre 0 et 2 km/h. Un vrai moment de galère physique comme on en a jamais eu. Arrivés dans le village au sommet, nous allons près du temple où nous avons rendez vous avec l'instituteur de l'école. En l'attendant, nous récupérons quelques forces autour d'un thé et de biscuits que nous achetons sur place. L'instit arrive sur sa moto, nous ne pouvons pas croire ce qu'il nous raconte. Le village est à encore 10 kilomètres au bout d'une piste de très mauvaise qualité, faites de pierres et de poussière. Le pire de la journée reste à venir. Deux personnes de l'association viennent nous chercher pour nous guider jusqu'au village. Ils nous préviennent que la piste est un cauchemar. De notre coté, sans prendre de grande précaution d'autonomie en nourriture et eau, nous nous engageons dans la descente en enfer avec seulement 1litre d'eau, une ration de nouilles, 3 patates, 1 carotte et deux oignons. Nous avançons péniblement dans un nuage de poussière, secoués par de gros cailloux sur un petit chemin taillé sur le flanc de la montagne. On s'arrête tous les 50 mètres vérifier si rien n'est cassé sur le vélo. Après certaines grosses secousses, nous descendons de nos montures, persuadés que quelque chose est cassé.

Après cette longue longue longue et interminable descente, nous arrivons enfin dans le village, accroché à la montagne et relié au reste du monde par cet unique petit chemin. Nous rencontrons les habitants, ces soi-disant intouchables, qui sont très sympathiques et très heureux de voir pour la première fois, 2 étrangers dans leur village. Ils nous installent dans l'une des classes d'école pour passer la nuit tranquille et jusqu'à très tard, les habitants et enfants défilent devant nous pour nous saluer et nous souhaiter la bienvenue.

Nous dînons avec les deux membres permanents de l'association, économisant ainsi une ration de nouille. Rien que de penser qu'il nous faudra remonter la pente, nous en sommes malade. Cela nous prendra peut-être deux jours !

Malgré la tranquillité du village, nous avons le sommeil un peu troublé à cause probablement des effets de la nourriture indienne pas très saine consommée deux jours auparavant.

 

2 mars 2009

Réveillés à 6h par un grand NAMASTE crié juste devant la porte de la classe, nous nous levons en nous disant que ce n'est pas aujourd'hui encore que nous récupérerons la fatigue accumulée. La journée commence par un verre de lait agrémenté de la visite matinale des enfants, parents et quelques chèvres. Il a suffit qu'un seul enfant demande à être pris en photo pour que tous les autres viennent voir leur tête dans le petit écran de l'appareil. Avant l'école qui commence à 10h, les enfants travaillent. Ils vont chercher de l'eau, nettoient les couverts, vont faire pâturer les chèvres, etc. Peu avant l'heure de l'école, ils vont se préparer et mettre leur uniforme généralement déchiré, puis se réunissent dans la cour où ils commencent à faire quelques exercices physiques sous la direction de l'un d'entre eux et la supervision du professeur. Ensuite, ils chantent  l'hymne nationale et pour finir, répètent en chœur, les tables de multiplication.

Dans la matinée, nous avons fait un tour de chaque classe pour nous présenter et échanger avec les enfants. Nous leur avons expliqué d'où nous venons, comment et pourquoi, puis ils nous ont présenté leur village. Le professeur fait un travail important en apprenant aux enfants à valoriser leur village et leur environnement. Pour la caste des intouchables, dévalorisés et défavorisés depuis tant de générations, réapprendre à s'aimer pour sortir de cette misère est un travail laborieux. C'est justement pour cela que l'association ''Society Of Humanisme'' est présente dans cette communauté et ce village perdu. Elle œuvre  dans le milieu scolaire en mettant à disposition des professeurs, mais aussi dans l'aspect sanitaire en aidant les villageois à installer des toilettes et des systèmes pour acheminer l'eau potable. Pour cette dernière, des puits ont été creusés, fermés et protégés sur tout un périmètre où la jungle est conservée. Avant d'être redistribuée dans plusieurs fontaines, l'eau est acheminée jusqu'à un réservoir équipé d'un gros filtre en céramique. Pour ce qui est des toilettes, un financement de l'UNICEF avait déjà servi à la construction d'un bâtiment tout équipé. Nous avons vu ce qu'il en reste aujourd'hui : des ruines. Il n'y a pas eu de sensibilisation auprès des habitants qui ont continué à aller dans la nature comme ils ont toujours fait et le plus grand problème étant que ces toilettes nécessitaient de l'eau qu'il fallait aller chercher très loin à l'époque. Aujourd'hui, de nombreuses maisons sont équipées  mais l'association se penche sérieusement sur la mise en place de toilettes sèches ou plus exactement de toilettes à litière bio maitrisée (rien à voir avec les toilettes à l'ancienne qui existent encore en Roumanie). Cette dernière option permettrait d'économiser de l'eau et d'éviter la pollution du sol.

Sur le plan agricole, on nous explique le fonctionnement de ces petites exploitations perdues dans les montagnes. Nous écoutons sans rien dire, nous sommes dégoutés, effarés !!! Il faut savoir que même ici, les grosses firmes de l'agro-business ont mis la main sur les paysans. Profitant de leur non-éducation, des magasins locaux de pesticides et de semences, leur ont imposé l'utilisation  des variétés de céréales et légumes, mais aussi les pesticides qui vont avec. Tout est donné gratuitement ou presque aux paysans qui en échange doivent redonner toute leur récolte, rachetée au prix le plus bas. Si rien n'est fait, l'ignorance de ces paysans servira encore une fois une firme comme Monsanto pour imposer sont cocktail destructeur, mélange de plantes pesticides et de brevetage du vivant. Nous sommes toutefois satisfaits de constater qu'ils ont remarqué qu'ils se font rouler dans la farine. Lors de notre séjour dans le village, Maesh, un autre permanant de l'association était en train d'aider les paysans à s'organiser officiellement en coopérative. Nous avons beaucoup insisté pour qu'ils renoncent à l'utilisation des produits du revendeur de pesticides et qu'ils s'engagent sur une production locale de qualité réservée d'abord aux gens du village. L'association à encore beaucoup de travail et de nombreuses choses sont à réaliser comme l'installation de biogaz individuels pour éviter les coupes de bois trop importantes, le développement des toilettes sèches, la scolarisation de tous les enfants, la sensibilisation au problème des emballages plastiques, etc.

Nous avons donc présenté le voyage devant chaque classe, nous avons aussi montré Nina et Nino et nous leur avons parlé  de l'école en France. Certaines classes ont réalisé des dessins, d'autres se sont lancées dans la fabrication de poteries, et enfin, quelques garçons on fabriqué des flûtes de bambous. Nous essaierons de les envoyer dans les écoles berrichonnes afin de démarrer pourquoi pas une correspondance entre les classes.

Le soir, nous commencions à mourir de faim. Il faut dire qu'il n'y a que 2 repas par jour, le premier à 9h30 ou 10h du matin et le second à 18h (les enfants ont école de 10h à 16h sans pause déjeuner). Des gens du village sont venus nous inviter à une fête religieuse. Nous voici donc parti dans la nuit par les petits sentiers de montagne pour arriver dans leur maison. Pleins d'enfants sont en train de danser et de jouer de la musique dans la cour de ferme. Dans la maison, on nous installe par terre sur des nattes en paille de riz. Dans un coin de la pièce, le feu sous la marmite enfume toute la maison. Comme partout, Il n'y a pas de cheminée. Pour commencer la cérémonie, la maitresse de maison nous met une tica sur le front (un gros point rouge fait avec une pate de composition indéterminée) et elle nous remet un billet de 5 roupies dans les mains. Ensuite vient le repas tant attendu. Nous voyons des pots en plastique recouverts de crasse, et des bidons métalliques tous cabossés. Ils ne vont quand même pas nous servir ce qu'il y a à l'intérieur ? Et bien si ! Dans l'un des bidons il y avait des genres de petits flocons fait avec de la farine de riz, puis dans le bidon en plastique dégueulasse, il y avait des pommes de terre cuites avec d'autres légumes. Enfin dans une cruche, on nous sert du fromage blanc (enfin c'est plutôt du lait caillé piquant). On s'accroche pour manger tout ça en se disant que de toute façon, nous passerons la nuit dans les toilettes et que dans le pire des cas, nous avons des antibiotiques. Pendant le repas, une petite fille de 2 ans, vient s'assoir devant nous. Elle est bien jolie mais soudain quand nous regardons ses pieds, ça devient pour nous très difficile de continuer à manger. Elle a les pieds complètement déformés et il lui manque les orteils.

Non sans mal, nous finissons le repas et nous allons dehors où la fête bat son plein. Un jeune garçon de 17 ans joue du tambour pendant qu'une chorale de femme chante. Nous demandons si ce sont des chants religieux. En fait ce sont des chants traditionnels et le texte est inventé au fur et à mesure. Nous essayons de prendre des photos et d'enregistrer du son en espérant que la télé ne viendra jamais supprimer ces fêtes populaires (comme en France où les veillées se passent désormais à la lumière du petit écran qui est seul à parler devant des téléspectateurs hypnotisés).

Publié par alice.cedric à 16:04:02 dans Carnet de route | Commentaires (1) |

Nepal Episode 3 : de Pokhara à Katmandou | 17 avril 2009

La route de Pokhara à Katmandou et la découverte de la capitale Népalaise

 Une route terrible! C'est un axe majeur pour le pays et contrairement à la route qui longe les montagnes au sud, cette voie de communication est très empruntée et très dangereuse. Le trafic est principalement constitué de camions et de bus tous plus chargés les uns que les autres, tantôt débordants de passagers, tantôt écrasés sous les chargements de pierres. Et pourtant, évoluant accroché à la montagne avec la plus part du temps un torrent en contrebas, cette route pourrait être magnifique. Mais nous n'avons pas le temps de profiter du paysage, car les camions sont là, nombreux, dangereux et très polluants. C'est quand même fou, nous devons rouler avec des masques! Nous sommes toujours sur terre et nous constatons que l'air de notre seule et unique planète devient irrespirable. Nous nous souvenons du dessin d'un artiste engagé représentant une famille assise sur un canapé, tous portant un masque à gaz. Par la fenêtre, un paysage désolé et des arbres morts, et la petite fille sur le canapé demandant à ses parents très embarrassés, « dites, c'était comment avant ? ». Ce dessin était censé faire réfléchir les gens sur les dégâts de notre mode de vie sur la planète et notre responsabilité vis à vis des générations future. En ce moment, on ne pense qu'a une chose : ''Désolé les enfants, on n'a pas su ou plutôt, pas voulu vous offrir ce qu'il y a de mieux. On a pensé surtout à nous, on s'est bien gavé, maintenant démerdez vous avec ce qu'on vous laisse, c'est-à-dire rien à part ce qu'il y a de pire ! ''.

Dans les villages que nous traversons, le trafic ne ralentit pas. Tout le monde en souffre et cela se voit, mais au lieu d'essayer de changer les choses, d'imposer aux bus et aux camions de rouler moins vite et d'être tout simplement moins nombreux, chacun prend sur soi et subit sans rien dire. Les enfants toussent, les grands-mères regardent leurs poules se faire écraser, les femmes attendent des heures avant de pouvoir traverser la route pour aller à la fontaine et les hommes se dégagent du nez des crottes plus noires que le bitume.

Les 42km avant Katmandou ont sans doute été parmi les pires moments du voyage!

42 km de côte et comme si ça ne suffisait pas, la casse définitive des freins avant du Seiran et un bouchon de camions presque du début à la fin à cause des ralentissements dus à des accidents ou des pannes. Parfois, en passant à coté d'un camion les 4 roues en l'air et la cabine du chauffeur complètement écrasée, on pourrait penser que les autres conducteurs auraient tendance à se calmer sur le champignon. Mais pas du tout ! Dès qu'ils le peuvent, ils doublent sans aucune visibilité, en plein virage. Comme certaines épaves de bus, nous avons plus d'une fois cru que l'on allait finir comme eux, écrasés en contrebas dans le torrent.

A la fin de cette journée d'ascension, heureusement notre ami Razen espérantiste népalais, nous attend chez lui, mettant tout le confort possible à notre disposition.
Dès notre arrivée à Katmandou, nous cherchons à réparer les freins et commençons les démarches pour traverser le Tibet! Nous avons la grande chance de rencontrer par hasard le plus célèbre des réparateurs de cycles du Népal, Inde et Tibet réunis, le grand Sonam Gurung! Il regarde bien le vélo et nous propose de changer les 2 freins à disque à câble. Le problème, c'est que sur ce vélo, nous ne pouvons pas installer de v-brakes classiques. La seule solution est de remettre des freins à disques. Sonam a tout ce qu'il faut mais, en y regardant de plus près, la gaine de liquide de frein est trop courte pour aller à l'arrière du vélo. Et oui car c'est un grand vélo couché. Nous contactons Jean-Jacques notre revendeur qui ne peut rien faire pour nous, puis en désespoir de cause nous contactons Paul le fabriquant hollandais de ce vélo couché. Ce dernier comprend vite le problème et nous envoie dans la foulée un kit complet de freins à disque haut de gamme que nous recevons seulement 3 jours après. La seule chose qui nous manque pour remonter le frein arrière, c'est un câble de tandem puisque les câbles classiques sont trop courts. Sonam réussi à refaire un long câble avec un vieux tout effiloché, un vrai travail d'artiste. Enfin un vélo qui freine ! Comme c'est agréable et rassurant !

Pour ce qui est du Tibet, nous retrouvons Gorgan, le montagnard savoyard, capitaine de bateau et voyageur à vélo que nous avions rencontré la première fois à Pokhara. Il nous file plein de tuyaux pour passer au Tibet. Des cartes, des contacts de guides (puisque c'est nécessaire pour traverser cette zone sensible), infos sur le climat, l'administration chinoise et les chinois. Nous nous sentons prêts à traverser ce plateau mythique mais malheureusement, au moment de contacter une agence de voyage pour la partie administrative, on nous informe que la frontière tibétaine vient d'être fermée jusqu'à nouvel ordre, car des heurts ont encore éclatés entre tibétains et occupants chinois. Il faut savoir qu'en signe de solidarité pour les tibétains torturés, emprisonnés ou tués l'an dernier à la même époque par les chinois, les frères tibétains ont tous décidé de ne pas fêter le nouvel an cette année. Or les chinois les y obligent ! Ces derniers les obligent également à signer des pétitions contre le Dalaï Lama. Dernièrement, des tibétains ont incendié un poste de police chinoise provoquant ainsi la venue d'un gros renfort militaire. Si au moins la Chine était franche et disait la vérité sur le Tibet. Car le Tibet, avant d'être un plateau désertique situé à près de 5000 mètres d'altitude et peuplé de gens rigolos, c'est un réservoir incroyable de ressources rares, de métaux précieux ou encore de lithium dans les lacs salés sacrés. Et puis pour fabriquer tous ces produits ''made in china'' comme les vélos électriques, téléphones portables, ordinateurs et autre gadgets électroniques jetables, il faut en retourner des tonnes et des tonnes de terre dans des mines à ciel ouvert et il faut en faire sauter des bâtons de dynamite et il faut en produire du CO2. Enfin quand la Chine est accusée d'être le plus gros pollueur au monde devant les Etats-Unis, elle répond, (et elle a raison d'ailleurs) que ce n'est pas tant de sa faute mais plutôt celle des pays qui achètent le ''made in china''!

Vous avez compris ce qu'il vous reste à faire ? BOYCOTTEZ DEFINITIEMENT TOUT CE QUI EST FABRIQUE EN CHINE !!!

Bref pour en revenir au Népal, nous voici coincé avec l'impossibilité de continuer l'itinéraire prévu de notre voyage. La tête pleine de questions, nous rencontrons Darius l'anglais musicien qui a lui aussi traversé le Tibet à vélo! Il veut rentrer chez lui en Angleterre toujours à vélo mais il a du mal à quitter le Népal. (Serait-ce à cause d'une charmante népalaise vendeuse de fruits et légumes?).
Ne pouvant tenir plus longtemps dans la pollution de la capitale, nous décidons de partir quelques jours dans les montagnes. Malheureusement même loin de tout, il y a toujours une fumée de plastique qui vient nous ronger la santé. De retour à Katmandou pour être présents aux rencontres internationales de l'espéranto dans l'Himalaya, nous retrouvons Razen, notre hôte, mais aussi Miranda l'australienne que nous avions rencontré à Pokhara avec Himalal. Puis plein d'autres espérantistes Chinois, Coréens, Japonais, Allemands, Danois, Indiens...

Lors du congrès, nous discutons avec Shree le vice président de l'association d'esperanto au Népal. Il nous met en relation avec des élèves à lui qui apprennent l'espéranto et qui sont par ailleurs actifs au sein de l'association ''Society Of  Humanism'' qui s'occupe de valoriser les castes d'intouchables en les aidant à accéder à de l'eau potable, des toilettes, et surtout l'instruction des enfants. Le rendez-vous est pris et le lendemain nous rencontrons les membres de l'association qui nous proposent de visiter le village pilote de l'association situé à l'Est de la capitale.

Publié par alice.cedric à 15:49:16 dans Carnet de route | Commentaires (0) |

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