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Bienvenue
sur le blog de
Portrait de Planète
C'est ici que vous pourrez suivre
le voyage de
Cédric et Alice.
Vous y trouverez des photos, des vidéos, des sons, le carnet de route des voyageurs et surtout de nombreuses informations sur ceux qui luttent un peu partout dans le monde pour la préservation de l'environnement
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Bedaurinde, nia blogo estas en franca, tamen, vi povas vidi kelkajn bildojn. Post la voyagxo, ni provos skribi libron esperante pri nia historio
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Depuis le 15-02-2008 :
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Billets :
123 billets
du 20 au 23 aout 2009 (301 km)
Passage de la frontière presque sans problème. Nous sommes fichés de tous les cotés (photos, poids, taille, adresse internet, etc...). Dans cet énorme bâtiment gris, la procédure d'admission se déroule sur plusieurs niveaux. Nous devons franchir des escaliers mais avec les vélos ce n'est pas si simple. Nous décidons de passer tous les bureaux en laissant nos vélos dehors. En retournant chercher nos montures, un douanier nous interpelle ! Il nous demande, avant de passer les vélos en Chine, de franchir tous les bureaux. Nous essayons en vain de lui expliquer que c'est exactement ce que l'on vient de faire, mais le gars s'en fiche. Alors nous recommençons tout le circuit devant des fonctionnaires qui ne comprennent pas pourquoi nous passons une deuxième fois. Vient ensuite le moment de la fouille des vélos. Le même type qui nous a demandé de tout repasser crève d'envie de fouiller nos sacoches. Il tourne un peu autour des vélos et nous prie d'attendre son collègue. Ce dernier n'arrivant pas, le douanier frustré nous fait des signes de la main, du vent, du balai, je ne veux plus vous voir.
Et voila, nous sommes en Chine. Premiers coups de pédales sur une route super nickel! Presque pas de circulation. Nous qui étions très angoissés à l'idée de rouler dans cet empire, nous sommes peu à peu rassurés. Les premiers chinois que nous croisons sont très sympathiques et respectueux. Après 30 kilomètres de route de campagne et de forêt, nous circulons dans une énorme zone industrielle où l'on ne commercialise que du bois. Il y a des scieries, des usines qui sentent le produit chimique et des grands magasins où l'on expose les meubles énormes en bois tropical massif. Cette première vision de la Chine industrielle nous donne des frissons, mais rassurez-vous, ce n'est qu'un début, le pire est à venir. A coté de cela, nous rencontrons des chinois toujours gentils et prêts à nous aider malgré une sérieuse barrière de la langue. Dans les épiceries, les prix sont affichés. Nous n'avons donc pas à marchander, ce qui nous repose du Vietnam, car même sans négociation, les tarifs sont toujours moins chers en Chine. Un truc incroyable que nous découvrons dans la première épicerie, puis partout, ce sont les pattes de poulets entières avec la peau, les ongles et tout, confites et emballée sous vide dans du plastique. hmmmm !!!
Comme le temps est toujours très chaud et moite, nous ne pouvons absolument pas dormir sous la tente. Nous allons donc dans les hôtels qui à notre grand étonnement, nous proposent des chambres toujours bien et beaucoup moins chers que les prix affichés. Est-ce à cause de la saison creuse, ou bien à cause de nos têtes complètement déconfites en fin de journée ?
Les villes Chinoises sont toutes construites sur le même modèle : Du béton, du béton et du béton. Des immeubles de trois étages, tous identiques et tous en toc. Même dans les petits villages, les maisons traditionnelles de paysans sont rasées. Les familles sont expropriées pour être relogées dans des ''cages à lapin''. Cela donne une impression très étrange de campagne à la ville, car devant ces bas immeubles, on voit des buffles, des récoltes qui sèchent au soleil, des meules de paille, des tas de bambous, des enfants qui jouent avec des pompes à traiter...
Très vite, le paysage de campagne que l'on avait près de la frontière vietnamienne se transforme en gigantesque plantation de cannes à sucre. Pendant 3 jours, nous quittons la route principale pour rouler presque exclusivement sur de la terre, alternant entre zone de cailloux, sable, taule ondulée et boue. Le paysage de montagne dont nous pouvions rêver a presque disparu. Pour des chinois, rien n'est impossible. Nous avons vu dans le Sud de cette Chine des forêts de montagnes rasées pour être replantées en cannes à sucre. 24h/24, des ouvriers travaillent sur des pelles mécaniques pour arracher, mettre en tas et brûler des milliers d'hectares de forêt. Sachez que cette canne à sucre ne servira jamais à sucrer votre yaourt ou votre café, mais à produire de l'éthanol pour faire rouler les voitures. Après la Malaisie et son carburant à base de noix de palmiers à huile, voici la Chine et son essence sans plomb 100% origine canne à sucre. A force de réserver autant d'espace pour nourrir nos bagnoles, que restera-t'il pour nourrir les hommes ? Vivre ou conduire, c'est à nous tous et maintenant de choisir ! On entend déjà les commentaires : ''si vous croyez que c'est facile de se passer de la voiture" comment on fait pour aller faire les courses ? Pour aller travailler ? Quand on habite à la campagne ? Quand on à pas le temps ?...'' C'est sur, nous ne disons pas le contraire, ce n'est pas toujours facile de se passer de la voiture et on a tous de bonne raisons pour rester accroché à son volant. Simplement, qu'en il faudra se passer de manger pour pouvoir continuer à faire rouler la voiture, la vie sera encore plus dure, ne pensez vous pas ? Toujours est-il que le spectacle qui se déroule sous nos yeux à de quoi faire peur, surtout quand on sait que la plupart des gens en Europe ou dans le monde occidental ne verrons jamais ce qui se cache derrière leur pompe à essence. Une belle publicité viendra venter et reverdir les atouts des BIOcarburants, comme écologique et durable.
Pour en revenir au Sud de la Chine que nous avons traversé, une des démonstrations de force les plus impressionnante qui soit ; un fait réel montrant à quel point l'homme est capable de déployer une énergie phénoménale pour détruire sa planète : c'est tout simplement ces montagnes qui disparaissent sous les explosions de dynamite. Un peu partout dans le Sud de la Chine, des montagnes entières disparaissent pour finir en route, en immeuble, en bordure de trottoir, ou en banc public. A une vitesse extraordinaire, le paysage est définitivement modifié, les montagnes pas seulement grignotées, mais bouffées jusqu'à la base, laissant une surface plate, apte à être recouverte ensuite par de la canne à sucre.
Dans ce paysage désolé, mort, sans biodiversité, où fume de loin en loin des cheminées de cimenteries, nous avons parfois la surprise de trouver entre deux rangées de montagnes préservées, quelques paysans, vivants dans des maisons traditionnelles en pierre ou en terre et travaillant avec des animaux de trait. Au fil des kilomètres, nous arrivons même à remarquer que les villages isolés les uns des autres appartiennent à des groupes de gens différents. Nous remarquons des différences notamment dans la conception des maisons, tantôt en pierre, tantôt en terre. Dans la façon de récolter et stocker le riz, certains villages ne travaillent presque exclusivement qu'avec des buffles tandis qu'ailleurs, on ne travaille qu'avec des chevaux. Certains villages tirent leur subsistance des rivières (épinards d'eau, lotus, poissons, canards...). Un point commun cependant, et c'est loin d'être une qualité : tous les paysans sans exception s'empoisonnent et empoisonnent leur environnement avec des pesticides. Ils ont beau être parmi les gens les plus pauvres de l'empire de Chine populaire, ils ont tous la télévision et suivent rigoureusement les bulletins de météo agricole, financés par les grosses firmes de l'industrie agro-chimique. Résultat, 7 paysans sur 10 que nous croisons, se ballade avec une pompe à traiter dans le dos. A quand le procès de ces fabricants de poisons qui empoisonnent sciemment tous ces paysans !
Publié par alice.cedric à 10:17:54 dans Carnet de route | Commentaires (0) | Permaliens
Bonjour,
En attendant les récits de la Chine et du Japon, voici de quoi vous occuper.
Matthieu Monceau, ancien voyageur tourdumondiste en vélo couché se rend de Toulouse à Copenhague en ce moment même.
Pourquoi ? Simplement pour montrer qu'en tant que citoyen, il sera présent pour observer ce que les politiciens décideront de faire en faveur de l'humanité et de la planète. Vont-ils enfin privilégier l'intérêt général ? ou bien vont-ils comme à chaque fois priviliégier le système économique qui détruit la planète en remplissant leurs comptes bancaires ?
En tant que citoyen, bougez vous car nous sommes vraiment vraiment vraiment en état d'extrême urgence !!!
Pour vous, vos enfants, merci !
Plus d'infos sur le site Internet de Matthieu :
http://tourdumondeenbent.free.fr/ecologie_copenhague2009_cadres.html
extrait du site de Matthieu :
L'avenir du climat planétaire se jouera à Copenhague ce mois de décembre 2009. C'est là que se réuniront les chefs d'états de tous les pays pour décider des mesures qu'ils sont prêts à prendre face au réchauffement (suite de Kyoto en 1997). Or les objectifs qu'ils annoncent actuellement ne sont absolument pas à la hauteur des enjeux (par exemple, les Etats-Unis d’Amérique proposent une réduction de 7% des rejets de CO2 alors qu’il faudrait réduire d’au moins 40%).
Aujourd'hui déjà, tous les indicateurs sont au rouge. Le GIEC (groupement international d'expert climatique, regroupement de plus de 2500 scientifiques de tous les pays) n'exclue pas un réchauffement de plus de 5°C d'ici la fin du siècle. 5°C au niveau de la planète, c'est la différence entre la dernière ère glaciaire et aujourd'hui.
Laisser faire le réchauffement, c'est aller droit vers plus d'inondations, de tempêtes, de sécheresses, de pénuries d'eau, d'augmentation du prix des aliments, de famines dues aux mauvaises récoltes, de déplacements massifs de populations, de guerres, perte de biodiversité, etc. Ce serait un crime contre l'humanité.
Partout sur la planète, les citoyens doivent se mobiliser pour faire comprendre à leurs décideurs que la seule alternative possible sera d'adopter les mesures recommandées par les scientifiques et les ONG.
Les négociations se dérouleront du 7 au 18 décembre 2009 et un rassemblement devant le parlement de Copenhague est prévu le 12 décembre. Des personnes des quatre coins de la planète se rendront à ce rassemblement.
Publié par alice.cedric à 14:53:33 dans Infos diverses | Commentaires (3) | Permaliens
Nous nous permettons de faire un peu de pub pour cette soirée où vous pourrez écouter de la bonne musique, manger de bon produits locaux et soutenir des citoyens qui s'engagent à fond pour la sauvegarde d'un monde vivable.
Le tout dans une ambiance très conviviale !
Alors à Vendredi soir à l'Asphodèle (Le Poinçonnet 36)!
Publié par alice.cedric à 03:26:12 dans Infos diverses | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par alice.cedric à 03:07:04 dans Photos | Commentaires (0) | Permaliens
Et voici la fin du voyage au Vietnam. D'un point de vue relations humaines, nous aurons eu dans ce pays des expériences très difficiles. Heureusement que les espérantistes que nous avons rencontrés ont été formidables et nous ont permis d'apprécier leur beau pays à sa juste valeur.
Du 12 au 20 août 2009 (268km)
Le 12 août au petit matin. Nous avons fini de préparer notre diaporama présentant la première partie de notre voyage. Nous prenons un rapide petit déjeuner sur le toit de l'hôtel puis notre ami Verda Rivero vient nous chercher pour nous guider vers la salle de conférence. A 8h45, nous sommes dans la salle qui a été décorée pour l'occasion. Un grand panneau écrit en espéranto nous souhaite la bienvenue (Bonvenon al Portreto de Planedo). Des espérantistes locaux ainsi que des membres d'associations d'amitié franco-vietnamienne viennent prendre place. 9h30, la conférence commence. Thu traduit l'espéranto en vietnamien et tout se passe bien du début à la fin. Après la présentation du diaporama, le moment des échanges a été très intéressant et nous avons été très agréablement surpris par les questions qui tournaient toujours autour de la protection de l'environnement. Nous ne pouvions pas toujours apporter de réponses précises aux questions du genre : mais alors que faire ? Car les réponses se trouvent probablement en chacun de nous. Nous sommes tous des pollueurs, c'est donc à chacun d'entre nous d'étudier la question et de changer ses comportements pour diminuer la taille de notre empreinte écologique.
Les journalistes nous attendaient à la sortie et nous avons pu nous en donner à coeur joie pour faire passer le message. Espérons seulement que nous aurons été compris.
En fin de matinée, on nous invite à une petite ballade dans Hanoï pour rejoindre un restaurant chic, fréquenté parait-il, par le roi du Cambodge. Nous pédalons dans un peloton d'espérantistes à vélo qui est lui même entouré par un groupe de motos composé de journalistes et d'espérantistes. Tout cet essaim évoluant au sein d'un flot continu et infini de motos. Vu du ciel, l'image devait valoir le coup d'oeil. Arrivés au resto au bord d'un lac, Verda Rivero nous explique qu'au fond des eaux il y a toujours la carcasse d'un avion de guerre américain qui s'est écrasé ici en plein centre ville. Le repas fut très bon, bien meilleur que ce que nous pouvons trouver dans les petits restos de rue. Deux vietnamiens francophones nous invitent au bal ce soir! Comme ça sans trop réfléchir, nous acceptons et le rendez-vous est pris pour 20h00.
20h00 sonne et sans trop savoir où nous allons, nous suivons ces deux hommes. Nous nous retrouvons dans une grande salle de bal où ne dansent que des confirmés ! Nous restons assis à regarder le spectacle. Sur une musique plutôt de style disco les couples dansent la valse, le chacha, le tango, la salsa. C'est du grand, grand spectacle ! Et parfois nous ne pouvons nous empêcher d'éclater de rire en voyant des danseuses pencher et balancer la tête comme des marionnettes, ou bien lorsqu'un homme trop grand danse avec une femme trop petite et que l'air de rien, il la soulève tellement qu'elle n'a plus du tout les pieds par terre. Tous sans exception, on dirait de vraies caricatures. Le film ''Dirty dancing'' version danse de salon. Nos copains nous poussent sur la piste. Finalement on se laisse tenter par une danse traditionnelle du Laos. Heureusement, le ridicule ne tue pas. Vers 23h00, la danse de salon se termine et commence la techno. C'est alors que tout notre stress accumulé au Vietnam, se libère. Tous les trois avec Anne, nous sautons comme des fous, bougeant dans tous les sens et exécutant des pogos (pas vraiment une danse, le pogo consiste à se jeter l'un sur l'autre comme des bêtes), nous évacuons toute cette énergie qui commençait à nous peser. Une fois libérés, nous rejoignons nos deux compères qui visiblement ne sont pas fans de la musique électro et peut-être un peu choqués par nos façons de danser. Nous rejoignons notre chambre d'hôtel où nous passons enfin une bonne nuit.
Le 14 juillet, Anne fait ses valises. Elle a revendu son vélo à une espérantiste. Nous embarquons son gros carton renfermant une tête de dragon et son gros sac à dos sur nos vélos, Anne transporte Hyen sur son vélo. Sur le chemin de l'aéroport, on ne parle pas beaucoup. Hyen et Fouah nous accompagnent. Pendant ce long séjour à Hanoï des liens suffisamment forts se sont tissés et bien entendu, au moment de la séparation, les larmes coulent de tous les cotés. Nous avons beaucoup aimé la visite d'Anne même si le Vietnam ne fut pas un pays facile pour nous. Elle nous aura bien fait rire! Elle n'est pas clown pour rien! On mettra plus tard ses coordonnées sur notre blog pour vous montrer ce qu'elle propose comme spectacles. Si vous voyez le spectacle sur la conférence du dragon, vous verrez la grosse tête de dragon qu'elle a rapporté du Vietnam (on précise pour les enfants, il s'agit d'un vrai dragon)!!! Pour nous, les adieux avec les espérantistes du Vietnam ont lieux le lendemain soir. Hyen et Fouah viennent nous dire au revoir. C'est toujours triste de quitter des gens avec qui nous avons passés de bons moments.
Le 16 août, nous quittons Hanoï mais pas la pollution ni le bruit. Pour rouler, nous devons utiliser nos masques et nos lunettes tellement il y a de poussière. Le dérailleur avant du vélo d'Alice est cassé. Impossible de changer de plateau, il faudra monter sur du 40 dents. En clair, ça va être très dur dans les montées.
En plus des masques et lunettes, nous devons pédaler avec des bouchons d'oreille car tous les véhicules qui nous doublent, klaxonnent. C'est une vraie maladie chez les vietnamiens. En plus il n'y a aucune limite dans les décibels. Les bouchons d'oreilles sont absolument indispensables si on tient à garder un minimum d'audition.
Point de vue climatique, il fait très très chaud et moite. Pour savoir comment nous nous sentons, mettez vous à la place de deux grains de riz perdus dans une cocotte-minute sur le feu. Dans cet enfer, personne ne pédale à part quelques écoliers. Sur cette route vers la Chine, nous nous faisons doubler par d'innombrables camions bourrés de cochons entassés exactement comme des sacs de riz. Si vous parlez de bien-être animal à ces gens la, vous allez les faire beaucoup rire, c'est sûr!
En passant à coté d'un poste de contrôle, un camion de cochons s'arrête. Un policier masqué sort sa pompe à traiter et, avec une grande lance, commence à asperger les cochons. Nous n'avons pas le temps de comprendre ce qui se passe, nous sommes au passage, aussi arrosés. Comme ça, nous ne craignons plus rien, nous avons notre dose d'antibiotique contre la grippe du cochon ! Cette route principale étant vraiment trop bruyante et dangereuse, nous décidons de bifurquer sur une petite route secondaire circulant dans les montagnes. Physiquement, c'est beaucoup plus difficile, mais en même temps, les paysages sont magnifiques et les gens plus tranquilles. Un soir, nous dormons dans un hôtel où se prépare un grand banquet de leaders communistes locaux. Ils n'ont sûrement pas l'habitude de recevoir des étrangers alors c'est la fête avec nos passeports qui passent de mains en mains. Ils sont pliés, froissés et subissent vraiment de mauvais traitements. Ils ont beau être plus nombreux et pas d'accord, nous décidons de récupérer de force nos passeports et nous leur donnons à la place des photocopies. Pour se faire pardonner de ce mauvais accueil, un camarade coco nous invite à boire de la bière. Il est en train de préparer des petits drapeaux communistes avec des baguettes en bambou. Le banquet se prépare, la salle se décore petit à petit et les bouteilles de vins et les plats de viandes commencent à se disperser sur les tables. Pendant qu'à l'extérieur, les paysans vont manger leur bol de riz quotidien, les chefs du parti dans cette petite fête privée, vont s'en mettre jusque là.
Le lendemain, l'étape est très difficile. Le soleil est brûlant et l'ombre très rare car les forêts ont toutes été coupées. Dans une montée particulièrement difficile à 10% sur 5km, nous ne supportons plus les brûlures du soleil à tel point que nous finissons par nous cacher à l'ombre de grandes herbes du bord de la route. Recroquevillés sous cet abri rudimentaire, nous agitons notre éventail jusqu'à ce qu'un nuage nous permette de continuer sur quelques dizaines ou centaines de mètres. Puis nous nous réfugions à nouveau sous un arbuste. Malgré cette torture solaire, nous apprécions quand même ces lieux tranquilles sans circulation, sans humain ou presque et en plus même pas agressif. Quand les enfants rentrent de l'école, ils portent tous leur tabouret de classe en plastique rouge. A notre grand regret, nous n'avons pas eu l'occasion de visiter l'une de ces écoles rurales. Cela aurait sans doute été très instructif. Au vue des panneaux qui ornent parfois les écoles et les camps militaires sur la grandeur du peuple communiste et la gloire de Staline, l'éducation des enfants doit se résumer en priorité à l'apprentissage de l'obéissance et le refoulement de tout questionnement qui mettrait en doute la grandeur de la nation. Bref, ici au Vietnam on n'a pas encore sorti mémé des orties.
Dans la petite ville frontalière, nous essayons de trouver un bureau de change, mais il n'y en a pas. Alors nous cherchons un commerçant avec qui marchander nos Dongs contre des Yuans. La première commerçante veut nous refiler des faux billets à un taux incroyable. Nous allons voir ailleurs et nous marchandons avec un vendeur de fringues ''made in China''. Il nous propose un taux intéressant. On se demande où est l'arnaque ? Mais après tout, nous sommes peut-être tombés dans une maison honnête. Il nous faudra attendre d'être en Chine pour constater que ce voyou, nous a arnaqués en nous refilant des billets de 50 centimes de Yuans au lieu de 5 Yuans, car sur le billet de 50 centimes, il est juste écrit 5. Du début à la fin, on se sera fait arnaqué au Vietnam.
Le passage de la frontière avec la Chine se fait par contre les doigts dans le nez. Nous avions beaucoup de craintes, mais finalement grâce à nos super vélos nous avons esquivé sans le vouloir tous les contrôles. Au premier bureau, nous avons donné nos passeports à tamponner, puis nous avons avancé sans nous arrêter devant le bureau où nous devons remettre notre carte de sortie du territoire puis le bureau de contrôle des bagages et celui de la quarantaine. Aucun contrôle, les gars ont surtout regardé les vélos au lieu de vérifier nos sacoches. Et c'est comme ça que nous nous sommes soudain retrouvés face à des fonctionnaires chinois dans un immense et affreux bâtiment gris. Nous voici en Chine!
Publié par alice.cedric à 12:31:17 dans Carnet de route | Commentaires (1) | Permaliens