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Axa et la crise financière | 30 octobre 2008

Depuis le 15 septembre 2008 - date de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, première pièce d'un édifice à céder, puisque suivra ce que l'on nomme aujourd'hui : une crise systémique - Henri de Castries est présent plus que de coutume dans les médias. Ce succèdent des interviews dans la presse écrite, à la radio, des vidéos spécialement réalisées à l'attention des salariés afin que nous rassurions les clients et actionnaires d'Axa, nous l'avons même vu à la télévision sur les marches de l'Elysée pratiquant la métaphore, asséner (souriant comme au jour de sa première communion) cette historique formule destinée à rassurer le monde : “Il y a un pilote dans l'avion, des pilotes dans l'avion.” La belle affaire quand cet avion est cloué au sol, les réservoirs vides, la boussole totalement détraquée !
Un mois donc que les messages se succèdent dans le but de rassurer, les actionnaires, les clients, les salariés. Axa serait une entreprise solide, saine, ses fonds ne seraient que très peu infectés par “les produits toxiques ”, en résumé, il y aurait les mauvais financiers qui ont mis l'économie en péril et les bons dont Henri de Castries ferait évidemment partie- ces derniers payant pour les méchants. Un conte de fées à nous faire cauchemarder la nuit !
La CGT se gardera d'emboucher les trompettes de tous les experts es finances pour trier le bon grain de l'ivraie parmi les demi-dieux de la finance ; parce que pour nous, nous assistons à la faillite d'un système, celui de la recherche effréné du profit.

Henri de Castries déclarait dans une interview “l'économie est dans un passe incertaine ” nous pensons que cette économie est dans une impasse certaine.

La CGT s'est toujours déclarée contre le capitalisme, contre un système économique ayant pour but l'accumulation des richesses entre les mains d'une minorité de privilégiés parce qu'une telle société s'édifie sur le dos des salariés, car comme nous le vivons depuis des années pour offrir un taux de rendement attirant les capitaux, les dirigeants d'entreprise sacrifient les emplois, s'opposent à la progression des salaires (sauf pour eux), détériorent les conditions de travail, voire la qualité des produits mis sur le marché. Tant que leurs affaires sont florissantes les dirigeants en profitent abondamment : Salaires mirobolants, portefeuilles d'actions opulents, plus tous les avantages aux frais de l'entreprise, mais quand vient la crise - dont ils sont (Ir) responsables - c'est encore à nous qu'ils présentent la facture.
Que va devenir AXA ? La CGT n'en sait rien et Henri de Castries non plus ! Personne ne maîtrise vraiment ce système reposant sur la “confiance ”, c'est très relatif, d'où cette autre déclaration de notre président “ Nous sommes RELATIVEMENT sereins. ”

L'action Axa c'est les montagnes russes ces temps-ci, si seuls les stock-options des dirigeants étaient concernés, la CGT ne serait pas consternée. Seulement pour édifier leurs fortunes, ces seigneurs ont entraînés des épargnants, leurs salariés y compris ceux aux revenus modestes dans leur folle aventure. En effet certains d'entre nous ont placés leurs économies dans des actions, des plans d'épargne et autres produits financiers d'Axa espérant améliorer les salaires ou préparer les vieux jours. Ceux là voient leur épargne fondre comme neige au soleil et s'inquiètent pour l'avenir, à cela s'ajoute que nous savons tous que si Axa perd des plumes dans la déroute, c'est encore aux salariés qu'ils présenteront l'addition.

Mais que faire ?

Henri de Castries nous demande de continuer à le croire sur parole, il prévoit que tout va s'arranger dans quelque temps, voire qu'Axa va sortir renforcée de cette crise, rappelant ces prises de guerre passées : “ Je vous rappelle que c'est en période de gros temps que nous avons fait nos meilleurs investissements : Drouot en 1982, Equitable en 1991, l'UAP en 1997, Winterthur en 2006. ” Il lorgne déjà avec des yeux gourmands sur les beaux morceaux que pourrait laisser AIG pour une bouchée de pain.
Malheur aux perdants ! Après la tempête ceux qui sont restés la tête hors de l'eau se redistribuent les cartes. Il nous appelle à serrer les rangs et à nous replonger dans la bataille de la guerre économique bientôt “ moralisée ” ! La main sur le cœur, en chœur avec son ami le président, celui-là de la république, ils vont partir en croisade contre les parachutes dorés, les privilèges abusifs des mauvais patrons, les paradis fiscaux, etc. Tout un tas de bonnes intentions dont sont capables les bonimenteurs pour amadouer le bon peuple... oubliées aussitôt, jusqu'à la prochaine crise !

A la CGT nous pensons que “ chat échaudé craint l'eau froide ”, les “ dirigeants ” ont entraînés toute la société au bord du gouffre. Si nous leur laissons les mains libres, inévitablement ils recommenceront car c'est la logique même du système.

A la CGT, notre but immédiat c'est de défendre nos intérêts de salariés : Préserver nos emplois, améliorer nos salaires, nos conditions de travail, assurer nos retraites et notre santé sans risquer de se retrouver sans rien parce que la bourse se sera effondrée, imposer une autre répartition des richesses. Nous ne pouvons y parvenir qu'en construisant notre solidarité, en nous organisant c'est-à-dire : Nous réunir, discuter ensemble de comment cesser de subir les volontés de ces apprentis sorciers. Il est indispensable d'avoir un contrôle plus approfondi de ce qu'ils font de l'argent confié par les assurés, les épargnants. Un contrôle sur leurs revenus, les investissements, les projets d'entreprise.

IL NE FAUT PAS LAISSER LES CAPITALISTES JOUER AVEC DES ALLUMETTES !

Publié par cgtda à 13:07:45 dans Dans le monde | Commentaires (0) |

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