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Après la mort de Marulanda, quel avenir pour les FARC ? | 26 mai 2008

 Article tiré du Monde

 Nous vous informons que notre commandant, Manuel Marulanda Velez, est mort le 26 mars dernier d'un infarctus. Nous lui avons rendu les hommages que mérite un chef de sa dimension. Nous lui disons au revoir physiquement, au nom des milliers et des milliers de guérilleros, et des millions de citoyens du monde qui l'aimaient, en dépit de l'acharnement détestable des médias contre les FARC." C'est ainsi qu'un porte-parole de la guérilla a confirmé, dimanche 25 mai, la mort, à plus de 80 ans, de son chef historique.

La plupart des journaux hispanophones reviennent lundi, sur la vie de celui qu'on surnommait "Tirofijo" ("en plein dans le mille"), et dont le vrai nom était Pedro Antonio Marin. Dans son article intitulé "Un agriculteur en armes", Semana décrit la mystérieuse vie du "guérillero le plus vieux du monde", dont "même la date de naissance était un mystère". Cet enfant, issu d'une famille pauvre, devenu révolutionnaire, est à l'origine de multiples légendes, rappelle l'hebdomadaire colombien. "Tout le monde disait l'avoir vu à plusieurs endroits en même temps. On racontait qu'il avait combattu à lui tout seul des bataillons entiers, on écrivait des chansons sur sa vie et certains le soupçonnaient d'être allié avec le diable", explique un historien dans cet article.

LA FIN D'UNE ÈRE

La mort de Tirofijo pose, naturellement, la question de sa succession et donc de l'avenir des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Pour le quotidien colombien El Espectador, la guérilla vient de perdre la "colonne vertébrale" de son mouvement. "La mort du mythe fondateur est un événement déconcertant, note pour sa part Semana. Cela porte un coup au moral de toutes les générations de guérilleros et leurs dirigeants qui se sont formés dans l'ombre de Marulanda (...), qui se sont maintenus coûte que coûte dans la guerre (...) qui étaient la preuve vivante de la 'trahison des élites' dans le monde agricole des années 1950." El Tiempo, le principal quotidien colombien, affirme même que la mort de Marulanda marque "la fin du temps de la lutte armée marxiste dans le pays".

La disparition de Tirofijo intervient dans un contexte déjà tendu pour les FARC, qui ont connu un mois de mars très difficile, avec la mort du numéro deux du mouvement, Raul Reyes, dans une opération militaire de grande ampleur. Comme l'indique un autre journal colombien, El Colombiano, la guérilla est donc très affaiblie et ne compterait plus que dix mille combattants, moitié moins que dans les années 1990.

DIVISIONS DES FARC ?

Quel sera le futur des FARC ? De l'avis de tous les éditorialistes, la réponse est difficile à donner. El Pais se garde de tout optimisme : "Cela faisait des années que le leader ne contrôlait plus directement ses troupes, parce qu'elles fonctionnaient avec une confédération de fronts. Il n'y a aucune raison que sa disparition change les choses."

El Nuevo Siglo, un journal colombien, n'est pas aussi catégorique, qui pense qu'en cas de négociations, la guérilla ne pourrait pas se montrer aussi exigeante qu'avant. El Tiempo avance la possibilité que les FARC se divisent : un groupe choisissant de s'éloigner de "l'orthodoxie armée", un autre de se dédier "au narcotrafic, au banditisme et à la terreur contre la population civile". "Une perspective qui n'a rien de tranquillisant", ajoute le quotidien.

La réponse dépendra certainement du successeur désigné de Marulanda, Alfonso Cano, un "anthropologue sexagénaire considéré comme un idéologue de la guérilla", selon le quotidien espagnol El Mundo. Pour Semana, le nouveau leader n'a cependant pas le même charisme ni "le même ascendant" que son prédécesseur.


Marie Maurisse

Publié par Miss Cécilia à 18:07:00 dans Big City life | Commentaires (0) |

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