Allô...maan...Elle l'a fait!
Ya des personnes comme ça qui vous marquent sans les avoir connues.
Elle en faisait partie. Je l'avais croisé une ou deux fois, échangé un
bonsoir, quelques paroles et c'est tout. Mais son image est restée
ancré dans ma mémoire, c'est comme si je la connaissais depuis
longtemps, depuis toujours.
Elle était gaie, rayonnante; elle aimait la vie qu'elle croquait à n'en plus s'arrêter.
Je me rappelle que je l'avais aperçu à une soirée, accompagnée de
son époux et entourée de ses amis. Mon ami en faisait partie. Je me
rappelle qu'elle m'avait dit ce soir là en parlant de mon ami, qu'il
était au stade intermédiaire entre ami et amour...et qu'il en serait
ainsi jusqu'à la fin des temps...oui, elle et mon ami c'était autre
chose que de l'amour, plutôt de la complicité, de l'amitié la vraie,
celle que n'ébranle point les aléas de la vie. Elle disait cela en
regardant son mari pour ensuite enchaîner " mais lui, ce gros bêta, lui
je l'aime, c'est mon amour, c'est ma vie".
Les aléas de la vie! ils ont finis par se séparer. Il s'est
remarié, elle a sombré. Leur séparation était inéluctable, tellement
ils se ressemblaient. Une même personne créée homme et femme. De lui je
n'en sais rien, mais d'elle je sais qu'elle était d'une sensibilité
inouïe. Il s'est remarié et elle a donc sombré!
Elle ne supportait plus sa vie de célibataire, loin de lui, loin de
ses rêves dont il était la source, l'inspiration, l'âme. Oh oui, son
unique enfant aussi elle l'aimait, mais son amour pour les deux ne
pouvaient souffrir d'une rupture, d'une déchirure. Elle les voulaient
les deux réunis, l'un n'était suffisant que si l'autre continuer à
exister.
De guerre lasse elle avait fini par rendre le tablier, baisser les
bras, se déclarer vaincue, inapte à poursuivre seule sur le chemin de
la vie. De cure en cure, elle ne finissait pas de dépérir, de se
consumer! Et hier, elle décidât qu'elle devait s'en aller. Personne ne
s'en était rendu compte de sa détresse à son apogée. Elle faisait
semblant, oui! pour son enfant, pour sa mère, sa famille et ses amis.
Mais elle n'en pouvait plus. Elle s'éclipsa de ses proches avec qui
elle passait la journée, prétextant une fatigue passagère et qu'elle
voulait se reposer. Personne n'avait rien vu, rien senti. Elle rentra
chez elle en leur promettant de revenir après. Ils attendirent, une
heure, deux heures. Ils l'appelèrent sur son téléphone mais elle ne
répondait pas. Sa mère venait de comprendre. Trop tard elle aura
compris.
Elle l'a fait! elle l'a fait! ne cessait de répéter mon ami. Au
bout du fil des sanglots sourds, des sanglots de tristesse, des
sanglots de détresse.
Elle n'a pu choisir sa vie, mais sa mort si! lui dis je pour le consoler.
Repose en Paix chère amie de mon ami.
PS: Histoire vraie qui s'est déroulée cette semaine quelque part à Alger.
Selon vous,...