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Lebuzuk - historik

Les délires d'histoire de Papyves.../...ça s'est passé aujourd'hui !

Papyves

C'est  sympa  un  Blog : On  peut  aller  au  bout  de  son  monologue  sans  risquer  d'être  interrompu.  On  n'est  même  pas  obligé  de  lire  les  commentaires  d'autrui.


Non,  je  rigole,  si  j'écris  c'est  pour  être  lu,  pardi.  Alors,  bonne  lecture.  Vous  pouvez  zapper,  je  ne  m'en  offusquerai  pas.


En  fait,  si  je  suis  là,  c'est  parce  que  je  cherche  surtout  à  me  souvenir  de  l'anniversaire  du  jour.  Que  s'est-il  passé  aujourd'hui ?  On  oublie  trop  le  passé.  L'histoire  nous  apprend  pourquoi  nous  en  sommes  arrivés  là.  J'évite  quand  même  de  choisir  un  événement  anniversaire  qui  sera  bien  médiatisé. 

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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Je vous donne mon mail personnel, si vous voulez vraiment me joindre : logetteyves@yahoo.fr,. Merci de votre fidélité. Papyves.

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Pasteur et la rage de chercher | 06 juillet 2008

 

En 1831, le jeune Louis Pasteur, 9 ans, est témoin, dans son village d'Arbois, de la cautérisation au fer rougi, du bras d'un homme mordu par une louve enragée. Cette vision le hantera jusqu'à ce qu'il découvre, lui-même, le vaccin contre la rage. Mais avant cela, il va explorer plusieurs disciplines.

Chargé par Napoléon III, son mécène, de trouver une méthode pour s'attaquer aux maladies du vin qui ne se garde pas à l'époque, il démontre, en 1863, que celles-ci sont dues à des micro-organismes qu'il tue en chauffant le vin à 55°C. Appliqué à la bière et au lait, ce procédé dit de « pasteurisation » est bientôt utilisé dans le monde entier. Etudiant les fermentations, il découvre que des organismes peuvent vivre en « anaérobie », sans air.

En guise d'introduction à la biologie animale, il étudie, à Alès, avec le professeur Béchamp, les maladies qui touchent les élevages de vers à soie et isole les parasites microscopiques des papillons malades. Puis, il propose d'immuniser des animaux en leur injectant des bacilles atténués (affaiblis). Comme les scientifiques sont sceptiques, il organise une démonstration publique au cours de laquelle il vaccine la moitié d'un petit troupeau de moutons et l'autre non. Quand il injecte, quelques jours plus tard, une concentration plus forte du bacille normal, les moutons non pré-vaccinés, meurent. Son aura, bien relayée par des publications régulières, grandit de ce seul fait, même s'il sera prouvé plus tard qu'il a subtilisé, au dernier moment, son vaccin par un autre, suggéré par le docteur Roux.

Avec le docteur Roux, il découvre le staphylocoque, le streptocoque et des bactéries, ce qui lui permettra de mettre au point les vaccins contre des maladies affectant les animaux : charbon du mouton, choléra des poules, rouget du porc. Mais le passage au vaccin pour l'homme est un saut qu'il n'osera, lui qui n'est pas médecin, que lorsqu'on lui présente, le 06 Juillet 1885, Joseph Meister, un jeune Alsacien mordu par un chien enragé et, donc, voué à une mort certaine. Pendant une dizaine de jours, il inocule son vaccin expérimental « atténué » à l'enfant puis, pour vérifier qu'il fonctionne bien, administre au garçon une dernière dose mortelle. Grâce au traitement des doses atténuées précédentes, l'enfant guérit. C'est la preuve dont Pasteur avait besoin pour présenter la pertinence de ses travaux sur le vaccin antirabique à l'Académie des Sciences. Des vaccinations par centaines vont être opérées sur des malades venant de toute l'Europe, parfois malheureusement sans succès.

Progressivement et discrètement, le vaccin phéniqué (à base de phénol), mis au point par Fermi en 1908, plus efficace, va remplacer celui de Pasteur et Roux, à base de moelle de lapin. Mais la renommée de Louis Pasteur, à la hauteur de son rival allemand Robert Koch, est faite. Peu attiré par la politique, il dédaigne le siège de député qu'il aurait obtenu sans problème et poursuit ses recherches biologiques.

Cependant, très dogmatique, n'admettant pas la remise en question, le biologiste s'attire en coulisse des critiques de la part de ses collaborateurs qui ne voient que rarement leur nom sur les publications des travaux du maître.

En fait, Pasteur a toujours eu le don de mettre de l'ordre dans les travaux de ses prédécesseurs jusqu'à les faire aboutir victorieusement, grâce à sa persévérance dans des expériences hasardeuses, s'attribuant ainsi la découverte d'un procédé qui était arrivé à maturité avant lui mais que son entregent a su médiatiser, au bon moment, pour la bonne cause. Ce fut le cas de ses études sur la dissymétrie moléculaire, sur la fermentation par les levures et la pasteurisation que Nicolas Appert avait déjà trouvée pour conserver les aliments, sur la « génération spontanée » dont il a eu le génie de « montrer » la fausseté, par une démonstration simple avec un flacon à bec retourné. Ce fut le cas aussi sur l'importance des germes dans les maladies infectieuses, mise en évidence par d'autres que lui, et surtout pour la vaccination dont il serait l'inventeur alors qu'elle avait déjà été démontrée pour la variole par Jenner, un médecin anglais, en 1796, soit 26 ans avant sa naissance. Le génie de Pasteur a toujours été de trouver, dans la confusion des résultats partiels de ses prédécesseurs, un fil conducteur qu'il a suivi avec constance, patience et application, prouvant ainsi son grand esprit de synthèse.

Elu à l'Académie française en 1881, Pasteur consacre les 10 dernières années de sa vie à l'Institut qu'il a pu faire ériger, en 1888 et dont il fait un dispensaire pour le traitement contre la rage, un centre de recherche pour les maladies infectieuses et un centre d'enseignement sur les microbes. Son œuvre sera poursuivie, à l'étranger, dans les 25 instituts qui portent son nom, par ses disciples, les « Pasteuriens ».

A sa mort, en 1895, le gouvernement fit voter des funérailles nationales et il fut enterré, à la demande de la famille, dans la crypte de l'Institut Pasteur. Son héritage et les applications médicales et scientifiques qui en découlent sont considérables. D'ailleurs, quand on est Français, on ne peut que s'émerveiller devant un scientifique aussi éminent qui affirme que :

«  le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons ».

 

Publié par Papyves à 02:40:08 dans Grands Chefs | Commentaires (0) |

Hemingway se suicide. | 02 juillet 2008

 

Ayant participé activement, à divers titres, aux deux conflits mondiaux du 20ème siècle ainsi qu'à la guerre civile en Espagne en 1936, Ernest Hemingway sera marqué par ces affrontements inutiles et sanglants dont il reviendra blessé et désabusé. Le 02 Juillet 1961, malade, dépressif et devenant aveugle, il se suicide avec son fusil de chasse, reproduisant 30 ans après le geste de son père.

Ernest Miller Hemingway naît en 1899 près de Chicago d'un père dentiste, chasseur et pêcheur qui lui apprendra, très jeune, à se servir d'un fusil et d'une canne à pêche. Aimant le sport et la vie active, le jeune Ernest ne dédaigne pas la lecture et découvre Shakespeare, Dickens et Stevenson à la High School d'Oak Park, où il publiera ses premiers poèmes à 17 ans. Après l'équivalent du Bac, il décide de devenir journaliste et entre au Kansas City Star.

Lorsque les Etats-Unis entrent en guerre, en 1917, Hemingway voit une chance de concrétiser la part d'aventurier qui germe en lui. C'est avec la Croix-Rouge qu'il débarque en Italie, en Juin 1918 et réussit à rejoindre le front comme ambulancier. Blessé aux jambes par un tir de mortier, il est évacué sur un hôpital de Milan où il rencontre une jeune infirmière qui lui inspirera le personnage de Catherine Barkley dans « L'Adieu aux armes ». A la fin de la guerre, fuyant la prohibition, il devient correspondant du Star à Paris où, influencé par Ezra Pound et Gertrude Stein, il délaissera le métier de journaliste pour se consacrer à l'écriture. C'est à Paris, en effet, de 1921 à 1923, que naît sa carrière littéraire.

Après un premier recueil de nouvelles et poèmes en 1923, son premier roman « Le soleil se lève aussi » en 1926 va établir sa renommée. Mais c'est surtout avec « A Farewell to arms », écrit avec les souvenirs de la guerre d'Espagne, que son style épuré, réaliste va s'affirmer. Cet adieu aux armes lui permettra de clamer l'absurdité de la guerre et la nécessité de la liberté partout dans le monde.

Les récits d'Hemingway sont imprégnés de ses expériences personnelles. Bon vivant, gros mangeur et buveur notoire, se plaisant à côtoyer la mort, mais appréciant aussi le calme de la Suisse, il peint des personnages dégoûtés par la perte des valeurs morales de l'après guerre, comme dans « Le soleil se lève aussi », ou des aventuriers aux plaisirs simples et virils, comme « In our time » en 1925, sur le monde du sport, « Mort dans l'après-midi » en 1932, ode à la tauromachie ou « Vertes collines d'Afrique » en 1935, consacré à la chasse au gros gibier. « Pour qui sonne le glas » en 1940 fera le tour du monde.

C'est à Cuba, dans le « bordel des américains » de l'époque prè-révolutionnaire des années 40 et 50, que le souvenir d'Hemingway est le plus vivace. Ses 22 ans à La Havane ont marqué l'île qui le revendique. Ecrit aux côtés de Fuentes, le vieux pêcheur cubain avec qui il partait pêcher sur son bateau El Pilar, « Le vieil Homme et la mer », en 1952, lui vaudra le Prix Pulitzer puis le Prix Nobel de littérature en 1954. Le reste de ses écrits sera publié de manière posthume.

Celui qui boxait dès l'âge de 12 ans, se querellait avec quiconque le contrariait, est resté plusieurs jours perdu dans la jungle africaine, après s'y être crashé en avion, qui a créé le fameux « Papa Hemingway special » du Floridita Bar de La Havane, en ajoutant une ration de rhum, sans sucre, au punch local, était capable de jeûner comme de se lancer dans des beuveries monstres, qui pouvait écrire « En avoir ou pas » (1937) aussi bien que des « Œuvres poétiques » (1960), se marier quatre fois par amour, élever des dizaines de chats et quatre chiens, est bien devenu une légende de son vivant, capable d'étonner par l'exubérance de son comportement autant que par la sobriété de son style.

Figure exemplaire de la « génération perdue » de l'entre-deux-guerres, Hemingway a exercé sur le roman moderne une influence considérable. A ta santé, « Papa » !

 

Publié par Papyves à 01:13:25 dans Grands Chefs | Commentaires (2) |

Jean Moulin est arrêté puis torturé. | 21 juin 2008

 

Plus jeune Sous-préfet de France à 21 ans, dès 1925, Jean Moulin est passionné par la politique. En 1937, il devient une fois de plus le plus jeune Préfet français en étant affecté en Aveyron puis à Chartres. A la déclaration de guerre, fort de son grade de Sergent de réserve, il demande à servir au front mais l'Administration préfectorale le maintient dans ses fonctions.

Sous le régime de Vichy, après 1940, il est de bon ton de collaborer avec l'occupant mais Jean Moulin est fidèle à une éthique personnelle et ne peut la trahir. Le préfet Moulin refuse donc de signer un document qui accuse, à tort, une troupe de Tirailleurs africains d'avoir commis des atrocités envers des civils. En fait, les victimes ont succombé sous les bombardements allemands. Il est arrêté, maltraité et enfermé pour refus de complicité avec le vainqueur. Craignant de ne pouvoir supporter la torture, il tente de se suicider avec un débris de verre, échappe de peu à la mort et gardera à vie une cicatrice, cachée sous une écharpe. Vichy le révoque et le place en disponibilité.

Depuis sa maison de Saint-Andiol, il a vent de l'appel du Général de Gaulle, émis à la radio de Londres le 18 Juin 1940. Il entre alors en résistance et rejoindra le général en Septembre 1941, auquel il dressera un tableau controversé de la résistance en France et des besoins de celle-ci. De Gaulle perçoit en lui un homme déterminé et le charge d'unifier les mouvements de résistance et tous leurs différents services (propagande, renseignements, sabotage, etc ...) sur le territoire français.

Parachuté en Provence, dans la nuit du Nouvel an 1942, Jean Moulin se donne pour première tâche de convaincre les trois plus grandes organisations d'unir leurs efforts au sein des Mouvements Unis de Résistance (M.U.R.) mais, quand on a créé « Combat » comme Henri Frénay ou « Libération Sud » comme Emmanuel d'Astier de la Vigerie, ou encore « Franc-Tireur » comme Jean-Pierre Lévy, on tient à son autonomie. C'est tout l'art persuasif de Jean Moulin de réussir ce qui paraissait hors de portée à chacun. Il crée des services clandestins communs : atterrissages, information et presse, noyautage des administrations publiques. Il distribue les fonds, assure les liaisons avec Londres, coordonne les distributions d'armes, recrute des agents instructeurs, bref, agit, sans en avoir le titre, comme le véritable chef de la résistance, en zone Sud d'abord puis sur tout le territoire.

Utilisant une couverture artistique, via l'atelier de marchand d'art « Romanin » qui lui va bien puisqu'il adore peindre, il organise les actions de nuit, sous le pseudo de Rex puis de Max, en liaison avec le chef de « l'Armée secrète », le général Delestraint. Lors d'un énième voyage à Londres, il reçoit de De Gaulle la mission de créer, en métropole, le Comité National de Résistance (CNR) dont il prend la tête non sans difficultés pour se faire admettre comme unique chef des différents mouvements.

La première réunion du CNR a lieu à Paris, le 27 Mai 1943. Une autre réunion secrète est prévue le 21 Juin à Caluire, près de Lyon pour réorganiser la tête de la résistance après l'arrestation de Delestraint. Tous les responsables sont présents chez le docteur Dugoujon quand soudain arrivent trois Tractions noires de la Gestapo qui déversent une dizaine d'hommes commandés par Klaus Barbie. Un seul des huit résistants, René Hardy, parviendra à s'échapper. C'est donc à lui qu'on attribue la trahison d'avoir révélé le lieu et l'heure de la réunion clandestine. Interrogé au Fort de Montluc par Barbie, Max sera transféré ensuite à Paris où la Gestapo va le torturer sans pour autant rien obtenir. Au bout de plusieurs d'heures de sévices inhumains, alors qu'il ne peut plus parler, on lui tend un papier pour qu'il écrive les noms des membres de son réseau. Il fait un dessin sur la feuille et reprend des coups. On décide de le conduire à Berlin mais il meurt des suites de ses blessures pendant le voyage en train, le 08 Juillet 1943. Il n'a jamais parlé ; or lui seul savait tout de la résistance française. Une fois encore, après avoir unifié la résistance, il a sauvé son pays par son mutisme héroïque.

 

Publié par Papyves à 00:31:02 dans Grands Chefs | Commentaires (0) |

Le Coup d’Etat démocratique. | 28 mai 2008

 

Il y a un demi-siècle, en 1958, les gouvernements de la IV° République sont impuissants à régler la crise algérienne, commencée par les assassinats de professeurs Français en Novembre 1954, et donc ils sautent les uns après les autres.

Le 13 Mai 1958, une manifestation de colons français a lieu à Alger pour saluer la mémoire de 3 soldats exécutés par le Front de Libération Nationale (FLN). Les Algérois, menés par le poujadiste Lagaillarde, prennent d'assaut le Gouvernement général, siège du pouvoir. Dans la soirée, le général Jacques Massu y fait son entrée pour rétablir l'ordre et annonce qu'il prend la tête d'un Comité de salut public, où l'on retrouve Raoul Salan et Léon Delbecque. A Paris, Pierre Pflimlin, nommé en urgence, condamne l'insurrection et demande au général Salan d'assurer les pouvoirs civils et militaires en Algérie. Celui-ci remplace les préfets récalcitrants par des généraux et coopère avec le Comité de salut public, dans l'espoir de voir le général de Gaulle revenir au gouvernement, comme ultime recours. Pour cela, il lance du haut du balcon gouvernemental, le 15 Mai à Alger, un clair « Vive de Gaulle », seul capable, selon lui, de garder l'Algérie française.

Celui-ci attendait, en fin stratège silencieux, depuis son exil de Colombey les deux Eglises, que les choses se gâtent suffisamment pour le gouvernement impuissant. Le 15 Mai, il sort de son mutisme et publie un communiqué de presse dans lequel il annonce : « Je me tiens prêt à assumer les pouvoirs de la République » et le 19 Mai, il tient une conférence de presse où il balaye toutes les réticences : « Pourquoi voulez-vous qu'à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ? ».

De son côté, Salan a fait étudier une intervention militaire, nommée « Opération Résurrection », appuyée par les troupes d'Algérie et chargée, éventuellement, de reconquérir la métropole. Une répétition générale a lieu en Corse, le 24 Mai, et les parachutistes venus d'Alger, fusionnent avec le 1er Choc de Calvi, faisant passer l'île à la dissidence. Pour en bloquer le déroulement ultérieur, de Gaulle proclame « avoir entamé le processus régulier nécessaire à l'établissement d'un gouvernement républicain capable d'assurer l'unité et l'indépendance du pays ».

Cependant, la rumeur d'une opération de parachutistes sur Paris entraîne la démission du gouvernement Pflimlin, le 28 Mai 1958. Le même jour, tandis que de Gaulle annonce qu'il commence à former un gouvernement, un grand défilé antifasciste se déroule entre Nation et République. On craint la guerre civile.

Le 29 Mai, le Président de la République, René Coty, demande au Parlement d'investir le général de Gaulle, « le plus illustre des Français » et effectivement dernier recours apparent. Par 329 voix pour et 224 voix contre, de Gaulle devient le chef du gouvernement, dernier Président du Conseil de la IV° République qui vit ses derniers instants. Parmi les opposants, Pierre Mendès-France et François Mitterrand qui dénoncent « le coup d'Etat du général de Gaulle ». Le 02 Juin, le gouvernement de Gaulle, qui reçoit les pleins pouvoirs pour 6 mois, lance les travaux d'élaboration d'une nouvelle Constitution.

Encore quelques mois, et le Général fera approuver, par référendum, son projet de Constitution puis il deviendra le premier Président de la nouvelle République, la cinquième du nom. Tout cela dans la plus parfaite légalité alors que d'aucuns militent encore aujourd'hui pour accréditer la thèse d'un coup d'Etat, certes finement mené, mais prémédité.

 

Publié par Papyves à 03:53:52 dans Grands Chefs | Commentaires (0) |

Ali et le Pape. | 13 mai 2008

 

L'archevêque polonais de Cracovie, Karol Wojtyla, né le 18 Juin 1920, est devenu le 264ème Pape de la communauté religieuse catholique, en Octobre 1978, à 58 ans. Premier Pape non Italien depuis le Hollandais Adrien VI. C'est donc sous son nouveau nom de baptême, Jean-Paul II, qu'il traverse, l'air joyeux, la foule colorée et fervente de la place Saint-Pierre à Rome, dans sa jeep blanche, ce Mercredi 13 Mai 1981 avant les traditionnelles audiences du Mercredi.

Soudain, un homme surgit, un pistolet Browning à la main, et tire à quatre reprises sur le souverain Pontife. Il s'agit d'un jeune musulman originaire de Turquie, Mehmet Ali Agça, 23 ans, accompagné vraisemblablement de Oral Celik chargé, quant à lui, de faire exploser aussitôt après l'agression, une bombe pour créer la panique et leur permettre de s'enfuir.

Jean-Paul II, atteint de trois balles qui ont touché l'abdomen, la main gauche et le bras droit, s'écroule sur le siège de la jeep. Aussitôt, les hommes d'église et gardes du corps qui l'entourent, ouvrent un passage express dans la foule vers la polyclinique Gemelli où il sera opéré. Ali Agça est arrêté mais Oral Celik peut s'enfuir, sans avoir actionné sa bombe. De bonne constitution, le souverain Pontife sera, cependant, sauvé in extremis d'un mauvais virus, consécutif à l'opération à l'abdomen qui durera 6 heures, et quittera la clinique le 14 Août pour célébrer l'Assomption, dès le lendemain, devant 50.000 fidèles.

Pourquoi Ali Agça voulait-il tuer le Pape ? On ne l'apprendra pas clairement de sa bouche, tant il aura changé de versions sur le mobile de son acte, annonçant avoir agi seul, en tant que « second messie » ou pour le compte des Palestiniens puis sous la pression des services secrets bulgares, aidés par les Russes ou encore avec la complicité de prélats du Vatican. « Sans l'aide de prêtres et de cardinaux, je n'aurais pas pu commettre cet acte » déclare-t-il dans La Repubblica. «  Le diable se trouve à l'intérieur du Vatican ». On ne le croit pas et il échoue en prison.

Politiquement, plusieurs nations ont tenté de « récupérer » l'attentat contre le Pape en accusant leur partie adverse. Les services secrets italiens Sismi mettent en cause l'Union Soviétique critiquant son soutien à Solidarnosc, puis abusés par la presse américaine, les Italiens semblent voir la marque du KGB bulgare, occasionnant l'arrestation de Serguei Antonov, un fonctionnaire bulgare, en 1982, qui ne sera innocenté qu'après un long procès. Enfin, on y vit une manipulation de la CIA ou du Gladio, réseau « stay-behind » de l'OTAN.

Comme on n'apprend rien du meurtrier, lui-même, on cherche et on découvre que Mehmet Ali a passé une jeunesse turbulente de voyou des rues, s'est entraîné en Syrie aux tactiques terroristes, a étudié les sciences économiques, à l'université d'Istanbul, là où il fréquente l'extrême droite nationaliste dont il deviendra l'un des membres fanatisés, au sein des redoutables « Loups gris ». On découvre aussi qu'il s'est évadé de la prison turque de Kartal où il devait purger une peine pour plusieurs attaques à mains armées, dans les années 1970 et qu'il est même accusé de meurtre, en 1979, sur la personne du journaliste Abdi Ipekci, rédacteur en chef du quotidien turc Milliyet.

Le Président italien, Carlos Azeglio Ciampi, le gracie le 13 Juin 2000, après 19 ans passés derrière les barreaux, à Rome puis à Ancône, mais il n'est pas libre pour autant car la Turquie l'incarcère aussitôt, pour le meurtre du journaliste. D'ailleurs, s'il sort un jour, il devra aussi faire son service militaire, auquel il avait échappé en étant déserteur ;

Depuis son lit d'hôpital, Jean-Paul II lui avait déjà pardonné publiquement : « je prie pour le frère qui m'a frappé et auquel j'ai sincèrement pardonné ». Pour la Noël 1983, il lui avait même rendu visite dans sa prison mais on ne saura rien de cette entrevue privée entre les deux hommes.

On ne saura donc pas ce qui est passé dans la tête de cet illuminé, aux déclarations délirantes, faux aliéné mental mais sûrement vrai manipulateur, en tous les cas, froid meurtrier. Les similitudes sont étonnamment grandes avec les circonstances de l'assassinat du Président John Fridgerald Kennedy, en 1963. Pour lui, non plus, nous ne savons pas encore les vrais motifs du geste meurtrier de Lee Harvey Oswald.

 

Publié par Papyves à 08:10:52 dans Grands Chefs | Commentaires (0) |

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