C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Né Ougandais nubien dans la région de Kampala, non loin du lac Victoria, le jeune Idi Amin Dada est gardien de chèvres avant d'intégrer, en 1946, comme aide cuisinier, le régiment des King's African Rifles de l'Armée impériale britannique, stationné à proximité. Son physique impressionnant (1m91, plus de 100kg) le prédispose pour être soldat plutôt que cuisinier. Il se fait ainsi remarquer par sa cruauté envers les Mau-Mau du Kenya qu'il est chargé de combattre au sein de son bataillon. Caporal puis sergent en 1953, bien qu'analphabète, il est fait effendi, plus haut grade pour un noir dans l'armée coloniale. Responsable d'un véritable massacre contre des nomades, en 1962, dans plusieurs villages, il ne sera pas inquiété du fait que l'indépendance est proche et qu'il faut garder des liens avec ces soldats du cru. Amin aura traversé cette période militaire en étant, en outre, consacré champion de natation et de boxe.
Après l'indépendance, en 1962, le premier ministre ougandais, Milton Obote, originaire d'une ethnie du Nord comme lui, récompense Idi Amin de son soutien en le nommant commandant adjoint de la jeune armée, puis Général chef d'état-major. Obote, lui-même, se proclame Président en destituant son prédécesseur Mutesa. Mais, après avoir appris qu'Obote planifiait de l'arrêter pour détournement de millions de dollars des fonds de l'armée, Amin Dada profite d'un voyage d'Obote à Singapour pour prendre le pouvoir par un coup d'Etat, le 25 Janvier 1971.
Dès lors, le pays va vivre une période d'atrocités et d'éliminations brutales sans précédent. Les escadrons de la mort du State Research Bureau pourchassent et assassinent, parfois à la dynamite, tous ceux qui ne soutiennent pas le coup d'état. Une tentative de reprise de pouvoir d'Obote depuis la Tanzanie se solde par une sanglante répression.
En même temps que le régime se militarise, l'économie se dégrade : En Août 1972, à la suite d'un rêve, Amin donne 90 jours aux 50.000 Indo-pakistanais pour quitter le pays. Or, ce sont eux qui détenaient les principaux commerces et entreprises d'Ouganda. Au fur et à mesure que la vraie nature d'Amin se révèle, les pays étrangers se détournent de lui, ferment leurs ambassades et refusent de lui vendre de nouvelles armes. Idi Amin se tourne alors vers Kadhafi et les mouvements de libération palestiniens. C'est ainsi qu'il autorise, en 1976, un airbus détourné de Tel-Aviv vers la Libye, à se poser à Entebbe, au Sud de Kampala. Les otages, qui devaient être échangés contre des prisonniers de la Fraction armée rouge, sont finalement libérés par un commando israélien. Le succès de l'opération va contribuer largement à la chute du dictateur.
Amin, depuis son coup d'état, s'était autoproclamé Maréchal et Président à vie. Il s'était accordé, en tant que « dernier roi d'Ecosse », un nombre impressionnant de médailles, dont la Victoria Cross et la Military Cross, au titre de campagnes militaires en Birmanie qu'il s'était inventées. Il voyait la présidence de la future réunion de l'OUA, en 1975, comme son apothéose : Election d'une « miss OUA », rallye automobile auquel le maréchal participa au volant de sa Citroën-Maserati, démonstration militaire sur les rives du lac Victoria, tout fut bon pour lui donner de l'éclat.
En 1979, en proie à des révoltes civiles et des mutineries militaires, Amin croit sauver son régime aux abois en envahissant la Tanzanie, mais la contre-attaque qui pousse jusqu'à Kampala, sa capitale, l'oblige, le 11 Avril, à s'exiler en Arabie Saoudite où il décédera, seul, en 2003, à 80 ans supposés, sans jamais avoir été inquiété pour les 300.000 victimes et le pays en ruine laissés derrière lui.
Finalement, à la longue, les « bouffonneries » de Big Daddy n'amusaient plus personne.
Publié par Papyves à 00:12:56 dans Faits politiques. | Commentaires (2) | Permaliens
La fin du XIX° siècle voit une multiplication des heurts et des différends territoriaux entre la France et l'Angleterre, principales puissances coloniales. En Afrique, notamment, les ambitions du Royaume-Uni d'un axe Nord Sud du Caire jusqu'au Cap se heurtent au souhait français d'un axe Est Ouest de Djibouti à Dakar. La question la plus épineuse concerne l'Egypte où les deux nations ont des prétentions. On se souvient de Bonaparte aux pieds des pyramides.
Accaparés à Londres par la guerre des Boers et à Paris par l'affaire Dreyfus, l'Alsace-Lorraine et la laïcité, les politiques des deux côtés de la Manche ne se parlent pas et l'incident de Fachoda, en Haute Egypte ( aujourd'hui Soudan ), où l'expédition du français Marchand rencontre, en 1898, la petite armée de Lord Kitchener, est à deux doigts d'entraîner un conflit entre les deux nations. Finalement, la France cédera sa place à la « perfide Albion ».
Cependant, la montée du nationalisme allemand et le développement d'une marine de guerre, capable de menacer la suprématie navale britannique entraînent un rapprochement des ennemis héréditaires, jamais totalement réconciliés depuis la fin de la guerre de cent ans.
Le 08 Avril 1904, le ministre français des Affaires Etrangères Théophile Delcassé et le représentant du Roi Edouard VII signent à Londres trois textes d'accords sur leurs prétentions coloniales respectives ( Egypte, Maroc, Afrique centrale, Madagascar mais aussi Terre-Neuve, Siam et Nouvelles-Hébrides ) qui constituent ce qu'on appelle « l'Entente cordiale ».
Cet accord franco-britannique, entre deux nations qui ne s'étaient jamais épargné, fait l'effet d'une bombe sur la scène internationale de l'époque. Le texte s'ouvre par ces mots qui en disent long : « Le Président de la République française et Sa Majesté le Roi du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande et des Territoires britanniques au-delà des Mers, Empereur des Indes, ayant résolu de mettre fin, par un arrangement amiable, aux difficultés survenues à Terre-Neuve ... »
L'Entente cordiale, consolidée par une alliance avec la Russie constitua un contrepoids puissant à la « Triple Alliance » rassemblant, grâce à Bismarck, l'Allemagne impériale, l'Autriche-Hongrie et l'Italie.
Depuis, le soutien anglais lors des crises graves de la France sur le continent ne s'est jamais démenti. Engagement total pendant les conflits de 1914 et 1940 mais aussi participations commerciales au Concorde ou au Queen Mary II construit à Nantes par exemple. Le tunnel sous la Manche a fini de relier à jamais deux sensibilités fortes. La Reine Elisabeth II, elle-même, a observé avec humour que « s'il est vrai que nous ne conduisons pas du même côté de la route, il est tout aussi vrai que nous avançons dans la même direction ».
Alors, oublions Hastings, Waterloo et Trafalgar et conjuguons nos efforts pour une grande Europe. Et pour venger Jeanne d'Arc, il nous reste les victoires potentielles au grand chelem de rugby !
Publié par Papyves à 00:16:54 dans Faits politiques. | Commentaires (2) | Permaliens
A 9.000 mètres d'altitude, dans le ciel espagnol d'Almeria, ce 17 Janvier 1966, se joue le début de ce qui aurait pu être une catastrophe mondiale sans précédent. Un avion ravitailleur KC-135 de l'US Air Force entre en collision avec un bombardier B-52 qu'il devait approcher en douceur pour renouveler sa cargaison de carburant. Or, ce B-52 américain, qui porte le nom de code TEA 16, est un bombardier « stratofortress » armé de bombes H ( pour hydrogène ) nucléaires. Les deux avions explosent et huit des onze hommes d'équipage meurent.
Parmi les 4 bombes H de type B-28 au plutonium que transportait le bombardier TEA 16, l'une atterrit intacte dans une rivière, deux autres s'enfoncent dans le sol près de Palomarès, sans exploser, grâce aux dispositifs de sécurité mais en contaminant le sol au plutonium, et la dernière s'abîme dans la mer Méditerranée. Pendant 81 jours, ce furent 38 navires et sous-marins qui se mirent à sa recherche. Enfin, le 07 Avril 1966, des moyens océanographiques importants purent localiser et remonter la bombe, immergée à 869 mètres de profondeur. L'un des chercheurs aura ce mot étonnant, devant le vice-amiral Guest, commandant la Task Force 65 : « La bombe H perdue à Palomarès a été retrouvée grâce à la combinaison de 10% d'engineering avec 90% de chance insolente ».
L'US Strategic Air Command voulut maintenir un black-out sur cette affaire mais il fut impossible de dissimuler l'accident et des mesures furent prises, au sol, pour limiter la contamination. Le programme de surveillance d'irradiation de la zone continua apparemment jusqu'en 1986 mais aucun suivi médical sérieux ne fut mis en œuvre au profit de la population locale.
Malheureusement, cet accident n'est pas le seul de l'histoire de la conquête du nucléaire. D'autres bombes H furent perdues, comme en 1962 et 1965 dans le Pacifique puis à Thulé, au Groenland en 1968. On cite aussi le cas, en 1961, de ce B-52 qui explosa en vol, en Caroline du Nord, avec 2 bombes H de 24 mégatonnes. L'une fut amortie par son parachute automatique mais l'autre percuta un champ et on découvrit qu'un seul commutateur ( sur les 6 dispositifs de sécurité ) avait empêché l'explosion de cette bombe thermonucléaire, 1.200 fois plus puissante que celle d'Hiroshima.
Aujourd'hui, la non prolifération est le sujet le plus brûlant ( traité TNP ). En faisant exploser sa première bombe H, le 24 Août 1968, au dessus de l'atoll de Fangatofa dans le Pacifique, la France devient la 5° puissance nucléaire, après les Etats-Unis (1952), l'URSS (1953), la Grande-Bretagne (1957) et la Chine (1967). Elles seront suivies par l'Inde et le Pakistan (1998) puis par Israël et la Corée du Nord. On souhaite que cette liste s'arrête là mais de nombreux pays émergeants voudraient faire entendre leur voix au Conseil de sécurité de l'ONU.
Veillons bien à ce que les aspirations légitimes à l'énergie nucléaire civile ne cachent pas la volonté cachée de se doter d'un armement létal autrement plus dangereux.
Publié par Papyves à 00:14:26 dans Faits politiques. | Commentaires (1) | Permaliens
La Révolution française de 1789 ne fut pas la période de liberté et d'euphorie générale qu'on nous dépeint parfois. Après le départ de Danton et son remplacement par Robespierre à la Convention, c'est la terreur qui règne à Paris et la guillotine est plus souvent employée que la grâce pour les malheureux convaincus d'immoralité ou d'ennemis du peuple.
Avec la multiplication des journaux, c'est aussi la découverte de la politique pour les français dont les plus audacieux improvisent des discours virulents à la tribune. Georges Jacques Danton, qui a fait des études pour être avocat, est de ceux-là. Un visage cicatrisé et enlaidi par la vérole sur un corps de catcheur et surtout une voix de stentor en font un orateur qui ne passe pas inaperçu. Il en joue, usant de formules percutantes comme ce fameux « de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace » qui répond à la question de savoir s'il faut quitter Paris devant la menace prussienne en 1792.
Au printemps 1793, c'est lui qui dirige le Comité de Salut Public, organe exécutif, alors qu'une coalition européenne menace aux frontières et qu'une guerre civile fait rage en Vendée. On attend beaucoup de lui mais il échoue sur ces deux fronts. Il démissionne, perd sa place dominante au Club des Cordeliers et rejoint sa ville d'Arcis sur Aube. Mais l'inaction n'est pas son fort et il réapparaît au moment où Robespierre écarte, par le fer, les plus radicaux et les plus modérés du pouvoir.
Alors qu'il en avait été l'un des artisans, en votant même pour la mort du roi Louis XVI, Danton déploie alors tous ses talents d'orateur pour faire cesser la terreur et les affreux convois vers la guillotine, s'opposant ainsi à un Robespierre plus intransigeant. Mais trop de choses lui sont reprochées, comme de ne pas s'être opposé aux contre-révolutionnaires, de ne pas avoir su prévenir la trahison de Dumouriez en Avril 1793, d'être un trop bon vivant enclin à s'enrichir sur le dos des petites gens. Ses amis Girondins, eux-mêmes, l'attaquent sur l'emploi des 200.000 livres mises à sa disposition pour des dépenses secrètes. En ces temps de jugement expéditif, le verbe qu'il manie avec dextérité ne suffit plus pour le sauver.
Le 30 Mars 1794, Robespierre, dit l'Incorruptible, obtient du Comité de Salut Public, que Danton soit arrêté avec Camille Desmoulins et Fabre d'Eglantine, sous le prétexte d'être un ennemi de la République et un révolutionnaire trop timoré. Jugé pour trahison et malversation par le tribunal révolutionnaire, à partir d'un acte d'accusation préparé par Saint-Just, il se défend une dernière fois, avec des éclats de voix si éloquents, emportant l'adhésion des jurés, que Robespierre doit extorquer à la Convention un ultime décret, assez lâche, qui l'exclut des débats. Il est ainsi condamné à mort, hors de sa présence et sera guillotiné le 05 Avril 1794 en compagnie de Camille Desmoulins.
Il aura cette suprême bravade, face au bourreau : « N'oublie pas de montrer ma tête au peuple : elle en vaut la peine ! ». Effectivement.
Publié par Papyves à 00:04:14 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, 7 pays arabes créent au Caire, le 22 Mars 1945, une organisation commune : la Ligue des Etats Arabes (جامعة الدول العربية) couramment appelée Ligue Arabe qui reprend dans ses grandes lignes le Protocole d'Alexandrie de 1944. Ce sont l'Egypte, l'Arabie Saoudite, le Liban, la Syrie, l'Irak, le Yémen du Nord et la Jordanie ( Transjordanie ). L'association veut affirmer l'union de la Nation arabe et l'indépendance de chacun de ses membres, notamment contre l'ingérence des puissances coloniales de l'époque, France et Angleterre. Au fur et à mesure de leur accession à l'indépendance, les autres Etats du monde arabe vont adhérer à cette organisation qui compte aujourd'hui 22 pays , 200 millions d'habitants et a un statut d'observateur auprès de l'ONU. Il y a donc deux sortes de membres, les 7 premiers qui ont adhéré à la charte initiale et les nouveaux qui doivent satisfaire à certaines conditions, de langue, foi et culture notamment.
La Ligue accueillera, en 1964, l'OLP ( Organisation de libération de la Palestine qui deviendra membre en 1976 ) et elle s'opposera ouvertement à la création de l'Etat d'Israël. Après la signature des accords de Camp David par l'Egypte, les ministres de la ligue arabe se réunissent à Bagdad, en 1979, pour décider des sanctions à infliger à l'Egypte qui avait osé signer un accord avec Israël. C'est ainsi que la ligue perd sa nation la plus puissante et que le siège passe du Caire à Tunis. Il reviendra au Caire en 1990. Depuis 1946, on compte 29 sommets de la Ligue et 6 secrétaires généraux. L'usage de la force est interdit pour régler un différend entre les membres.
Parmi les causes les plus importantes qui ont retenu son attention, figurent, bien sûr, la cause palestinienne et le conflit arabo-israélien au sujet desquels les Etats arabes ont pris nombre d'initiatives dont l'initiative de paix arabe décidée par le sommet de Beyrouth en 2002 mais aussi le dialogue des civilisations, la création d'une grande zone de libre échange et le projet de création, au Moyen-Orient, d'une zone d'où seraient bannies les armes de destruction massive.
Cependant des divergences ont opposé les membres à de nombreuses reprises, comme lors du conflit Iran-Irak ( conduisant à l'ajournement du sommet de Riyad de Novembre 1983 ), ou en 1990-91 lorsque l'Irak a envahi le Koweït, la Ligue arabe, impuissante, s'en remettant à la communauté internationale pour régler la crise. On ne peut pas en vouloir à chaque pays de nourrir ses propres arrières pensées.
Même si la Ligue n'a pas complètement atteint son objectif d'unité de la Nation arabe, il est important qu'elle reste un interlocuteur unique, en particulier pour la Communauté Européenne. Parler d'une seule voix, c'est justement ce qui manque à l'Europe.
Publié par Papyves à 00:07:17 dans Faits politiques. | Commentaires (1) | Permaliens
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