C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
( Lire d'abord le texte ci-dessous, ceci en est la fin )
C’est cette déclaration Balfour de Novembre 1917, reconnue par la SDN, Société des Nations, qui va légitimer le retour massif des juifs en Palestine dès 1918 et, trente ans plus tard, la création de l’Etat d’Israël avec David Ben Gourion ( fils du lion ). A la fin de la seconde guerre mondiale, en 1945, le monde découvre avec horreur le plan d’extermination nazi, appelé « la solution finale ». Renforcé par ce drame, le mouvement sioniste reprend alors de plus belle et incite les juifs de la Shoah ( catastrophe en hébreu ) à rejoindre la Palestine. Mais les Anglais qui administrent encore le territoire par protectorat vont s’opposer à toute immigration. On se souvient de l’épisode du navire Exodus arraisonné et refoulé en 1947 au large des côtes de Haïfa avec 4.500 survivants des camps de la mort que les britanniques vont renvoyer en … Allemagne !
Chaque partie s’estime victime de la situation : Israël a des airs de citadelle assiégée et se défend becs et ongles pour ne pas disparaître. L’Islamisme est nourri par les humiliations successives que les peuples arabes ont été contraints de subir de la part d’un Etat souvent jugé arrogant et impérialiste, protégé par les puissants Etats-Unis d’Amérique.
Politiquement, une issue viable et acceptée par tous n’est pas visible à échelle humaine. En matière de foi et de religion, en revanche, nous devrions nous souvenir que nous sommes tous cousins car Abraham est vénéré comme le père des croyants par les trois religions, Judaïsme, Christianisme et Islam ( sous le nom d’Ibrahim ).
En ce 14 Mai, je vous souhaite un bon « Yom Ha’atzmaout ».
Publié par Papyves à 06:03:20 dans Faits politiques. | Commentaires (2) | Permaliens
Le 14 Mai 1948, conformément à la décision de l’ONU, David Ben Gourion, président du Conseil national juif, et Chaïm Weizmann, futur chef de l’Etat, proclament la naissance de l’Etat d’Israël. Que de chemins épineux pour en arriver là !
A l’époque d’Abraham ( vers 2.000 avant Jésus Christ ) et des patriarches qui l’ont suivi, ce peuple choisi par Yahvé ( Jéhovah ) portait le nom d’Hébreux, tribus semi-nomades de Syrie ayant traversé l’Euphrate vers la terre de Canaan ( la Palestine ). Puis, à la période des rois, David, Salomon et autres, ce furent les « fils d’Israël » ou Israélites, du nom que prit Jacob après avoir lutté toute une nuit avec l’ange envoyé par Dieu. Enfin, les Judéens ou Juifs tireront leur nom du royaume de Juda ( vers 700 av JC ), bâti autour de Jérusalem.
Au premier millénaire avant notre ère, la Palestine connaît une forte poussée démographique qui entraîne une première vague d’émigration qu’on appellera « diaspora » du grec dispersion. Mais ce « croissant fertile » reste très attrayant donc très peuplé et à l’époque du Christ, soit au début de notre ère, la Palestine est aussi peuplée qu’aujourd’hui alors que le monde entier ne compte que 250 millions d’habitants, c’est-à-dire 27 fois moins que de nos jours.
Pourtant, Jérusalem, capitale de l’ancien royaume de Judée, est mise à sac par l’armée romaine de Titus en l’an 70. Tout est détruit, y compris le Temple de Salomon dont il ne reste qu’un pan de mur, le « mur des lamentations ». Les trésors du Temple sont pillés, la Ménorah, ce chandelier sacré à 7 branches, disparaît.
Juifs et Chrétiens ont en commun la foi dans un même Dieu unique, celui d’Abraham. Mais les Juifs, à la différence des Chrétiens, ne reconnaissent pas en Jésus un Messie, fils de Dieu car ils attendent encore ce Messie rédempteur qui viendra un jour les délivrer de l’oppression et sauver l’humanité. La Bible, ensemble de récits théologiques écrits quelques siècles avant J.C, est la source du Judaïsme et son inspiration. Elle relate l’alliance conclue entre le Dieu unique et les Hébreux, selon l’annonce faite à Abraham et confirmée à Moïse.
Les deux communautés religieuses reconnaissent la Bible, dans sa version Ancien Testament ( car les Chrétiens ajouteront le Nouveau avec les Evangiles des apôtres ), mais l’interprètent de façon différente, au travers du Christ ( traduction grecque de Messie ) Jésus de Nazareth ( qui pourtant était juif ) ou de la Torah ( la loi en Hébreu ). Une autre différence est que l’on devient chrétien par croyance et souhait alors qu’on n’est juif seulement si l’on descend d’une mère juive. En fait, les premiers chrétiens sont des juifs qui ont suivi le Christ et cru en lui.
Depuis la plus haute antiquité, il y eut toujours des juifs en Terre Sainte malgré les occupations grecque, romaine ou arabe et les exodes entraînés par ces invasions. L’important empire sémite du 3ème millénaire, découvert grâce aux tablettes cunéiformes d’Ebla, en témoigne. Mais la population juive s’est considérablement multipliée hors de ce creuset, au sein de la diaspora extérieure ( aujourd’hui encore, il y a plus de juifs aux Etats-Unis qu’en Israël ). Ce sera sa force pour développer un lobby de par le monde mais aussi sa faiblesse de ne pouvoir s’appuyer sur un Etat enraciné et reconnu.
Aucune véritable conscience d’appartenance à une communauté spécifique ne vit le jour avant l’affaire Dreyfus en France :
Un journaliste hongrois, d’origine juive, Theodor Herzl, assiste à la cérémonie de dégradation du Capitaine Dreyfus, dans la cour des Invalides à Paris, le 05 Janvier 1895. L’officier avait été condamné à tort pour haute trahison, notamment du fait de son statut de juif. Herzl est révolté par la flambée d’antisémitisme dans la patrie des Droits de l’Homme. Il en tire la conclusion, dans son livre qu’il intitule « l’Etat juif » : « Der Judenstaat » que les Juifs doivent posséder leur propre Etat et il se lance dans une croisade, à base de congrès, qui portera le nom de Sionisme. Sa thèse du retour à Jérusalem suscite d’emblée l’enthousiasme des juifs exilés.
Le Sionisme tire son nom de Sion, l’une des collines de Jérusalem. Ce mouvement, initié par le choc de l’affaire Dreyfus mais aussi par les pogroms ( destruction totale en russe ) d’Europe centrale, vise à la création d’un Etat juif indépendant en Palestine, dans le triangle Sinaï, Jourdain, Liban-Syrie.
Herzl avait pourtant accepté, faute de mieux, la proposition du britannique Joseph Chamberlain qui offre une partie de l’Ouganda, alors possession anglaise, comme terre d’accueil. Les juifs « territorialistes » s’en satisfont mais les « sionistes » ne veulent rien d’autre que la terre d’Israël.
Pendant la première guerre mondiale, Français et Anglais concluent des accords secrets en vue de se partager les futures dépouilles de l’empire Ottoman ( turc ), allié des puissances centrales, notamment la Syrie et la Palestine. Parallèlement, les Britanniques promettent au chérif Hussein de La Mecque tous les territoires arabes sous occupation turque. Or, ce sont les mêmes. L’hypocrisie atteint son comble, en 1917, lorsque le ministre britannique des Affaires Etrangères, Arthur James Balfour, qui veut se rallier le soutien des juifs, notamment américains, adresse une lettre ouverte à Lord Rothschild dans laquelle il déclare : « Le gouvernement de sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, … ». La Palestine a donc été « promise » à la fois aux Juifs et aux Arabes, lesquels revendiquent leurs propres lieux saints dans la même Jérusalem.
( Lire la suite dans l'article ci-dessus ).
Publié par Papyves à 05:51:04 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
Il y a exactement 60 ans, le 18 Mars 1949, était publié le texte établissant l’OTAN, Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, traduction française du NATO, North Atlantic Treaty Organization. On ne blasphème pas ni ne trahissons le concept en francisant le sigle car, dès l’origine, la langue française fut acceptée comme langue officielle de l’organisation, si bien qu’on peut s’y exprimer ( fait unique ) dans l’une ou l’autre langue.
Fondé sous l’égide des Etats-Unis et signé le 4 Avril de la même année par le Canada et la plupart des pays de l’Europe de l’Ouest, ce traité visait à organiser l’Europe, ravagée par la deuxième guerre mondiale, face à une Union Soviétique victorieuse prête à y instaurer le communisme en élargissant ce qui allait devenir le Pacte de Varsovie.
De fait, en aidant à la reconstruction de l’Europe avec le Plan Marshall et en y maintenant des troupes américaines et canadiennes aux côtés des forces européennes, l’OTAN a largement contribué à l’équilibre planétaire de la terreur, bloc contre bloc et a donc évité un nouvel affrontement pendant un demi-siècle.
Cependant, après l’effondrement du mur de Berlin en 1989 et donc du bloc soviétique, on aurait pu se demander à quoi allait servir cette usine à gaz puisque sa cible ennemie avait disparue. Elle a su justifier de son utilité et se maintenir, s’élargir même, en se transformant à la marge pour continuer à paraître incontournable. Les 22.000 employés permanents respirent. Par exemple, c’est l’OTAN qui aide actuellement le gouvernement irakien en matière de sécurité, aux côtés de la Force internationale de stabilisation, à Bagdad.
Depuis la décision du Général de Gaulle, en Mars 1966, de retirer la France du Commandement intégré de l’OTAN, afin d’éviter l’automaticité de soumission et d’engagement et pour conserver aux décideurs nationaux le plein emploi des forces nucléaires notamment, la planète savait que la France tenait une place particulière au sein de l’Alliance, à la fois allié fidèle quand il le faut et à la fois membre jaloux de son autonomie de décision quand elle le souhaitait. Le meilleur exemple de cette singularité nous est fourni par le discours de Dominique de Villepin, à la tribune des Nations Unies, en Février 2003, lorsque le Ministre des Affaires étrangères qu’il était alors fut le seul à plaider contre la guerre en Irak. Cette position originale, cette liberté de parole et d’action qui n’entamaient pas la fidélité sans réserve aux grands principes, avait fini par être acceptée par tous les membres et notamment par les Américains eux-mêmes.
Or voici que le Président de la République actuel prend tout le monde à contre pied en annonçant, sans consulter le Parlement ni le peuple, le retour complet et définitif de la France dans la structure intégrée. Le bénéfice de cette mesure, hormis la satisfaction des américains, me semble douteux et incertain pour la France :
Le président nous dit qu’il faut choisir des alliés « forts » mais le plus grand d’entre eux accumule justement les déboires, autant stratégiques qu’économiques. Pourquoi le suivre dans ses naufrages ? Il assène que « les perdants ont toujours tort », ce qui est généralement vrai mais le fait d’être présent dans une organisation essentiellement anglo-saxonne ne nous fera pas être plus écouté que de l’extérieur où, justement parce qu’elle était souvent discordante, la voix de la France avait un gros écho de l’autre côté de l’Atlantique. Je crains que noyé dans la masse, et même si deux commandements subalternes, à Lisbonne et à Norfolk, Virginie, lui étaient confiés à titre de remerciement ( après l’affront de celui de Naples ), le petit doigt que lèverait le représentant français ne pèserait pas lourd face à la forêt de mains des affidés. Je doute donc que la France sera « plus forte et plus influente ». Elle aura simplement perdu cette confiance des non-alignés en affichant un ralliement inconditionnel avec le « diable US », tel que le désigne en particulier le monde musulman.
Le président nous prédit aussi que c’est le seul moyen de relancer la construction européenne qui stagne. Les Américains, pas plus que les Chinois, futurs nouveaux maîtres du monde, ne veulent d’une Europe forte et puissante économiquement, encore moins unie militairement ( et on est loin du compte sans les Anglais et les Scandinaves ). Ils auront beau jeu de rappeler que tous les pays européens sont désormais sous la protection du parapluie otanien. Alors, à quoi bon dépenser des fonds pour une défense séparée et difficilement commandable ?
En résumé, je ne crois pas qu’on puisse dire que « notre rapprochement avec l’OTAN conforte l’indépendance nationale ». Le Grand Charles de Colombey doit se retourner dans sa tombe.
A l’inverse, sans doute demandera-t-on à ce revenant de ne plus rester seulement le 5ème contributeur financier de l’Alliance mais de faire un effort supplémentaire. Cet effort étant déjà fait en termes humains. Espérons que le jeu en vaut la chandelle et que les petits Gaulois ne soient pas un jour envoyés au combat, dans une nouvelle croisade atlantique, contre la volonté des Français eux-mêmes. « C’est un pari » aurait dit le président Sarkozy. Parfois, on les perd. Je souhaite de tout cœur que celui-ci soit gagnant. Wait and see !
Publié par Papyves à 05:43:08 dans Faits politiques. | Commentaires (3) | Permaliens
Pas un mot aujourd'hui, 27 Janvier, dans la Presse ( mais je n'ai sans doute pas bien cherché ) sur un évènement historique attendu par le monde entier il y a 36 ans. Je veux nommer le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et le Nord Vietnam, intervenu à Paris, le 27 Janvier 1973, après 10 années acharnées de guerre.
Le temps me manque pour retracer ce traumatisme insensé qui a vu toute une génération de jeunes soldats américains mourir aux portes d'Hanoï ou de Saïgon, pendant que des milliers de Vietnamiens anonymes brûlaient sous les bombes au napalm.
La défaite française de Dien Bien Phu, 20 ans auparavant, n'aura fourni aucune leçon aux belligérants qui s'entêtèrent, les uns dans leur certitude de vaincre militairement, les autres dans leur rage idéologique.
J'aurais aimé reprendre la trame chronologique de cette guerre qui remonte au conflit entre la France et le Viêt-minh, de 1946 à 1954, qui renaît avec les actions de guérilla contre le Vietnam du Sud en 1959. J'aurais souhaité dépeindre l'implication des USA bien sûr mais aussi de la Chine, du Cambodge et de l'URSS, parler de la forêt et du bourbier indochinois où s'épuisèrent tant de bonnes consciences, des 135 milliards de dollars engloutis, des caches d'armes et des trésors d'ingénuité de ces coolies asiatiques aux mains nues finalement invaincus face à la première puissance mondiale.
J'aurais voulu vous parler de ces négociations secrètes entre l'américain Henri Kissinger et Le Duc Tho, l'envoyé spécial de Hanoï. J'aurais voulu surtout rendre compte de la douleur des peuples et des mères, des deux côtés de l'océan pacifique, devant le corps inerte de leurs proches qu'on leur rendait sous un drap blanc.
Pour les hommes de ma génération, la guerre du Vietnam sonne encore douloureusement aux oreilles et des noms claquent comme des bulles de gaz nocif : Raids de B 52, Da-Nang, Viêt-congs, offensive du Têt, 17ème parallèle, Khe-Sanh, Hué, ...
A l'époque du Watergate qui éclabousse la Maison Blanche, c'est finalement l'effet psychologique des images chocs, plus que le nombre horrible de pertes humaines, qui amènera le Président Nixon à rapatrier ses troupes, honteusement sans victoire.
On comprend pourquoi le silence est fait sur cet évènement. La honte, voila la raison du silence. C'est pourquoi j'aurais aimé que la Presse en parlât.
Des millions de réfugiés, 57.000 G.I.s et 2 millions de Viets morts pour rien, pour un peu d'amour propre blessé et quelque influence économique et stratégique perdue, à l'autre bout du monde. Tristesse déjà oubliée.
Publié par Papyves à 23:05:00 dans Faits politiques. | Commentaires (4) | Permaliens
Elevé par les missionnaires, après le décès de ses parents, dans cette région appelée alors Oubangui-Chari (du nom des fleuves locaux), Jean-Bedel Bokassa s'engage dans l'Armée française à l'âge de 18 ans, en 1939, ce qui va l'amener à participer, dans les rangs des Forces françaises libres, au débarquement en Provence et à la bataille du Rhin. Il servira la France plus de 20 ans.
Dans son pays d'origine, la Centrafrique, David Dacko arrive au pouvoir en 1959, juste avant l'indépendance, lorsque le Président Barthélémy Boganda est tué dans un crash d'avion. En 1964, lorsque Dacko voit revenir son cousin Jean-Bedel au pays, en capitaine de la Légion, tout auréolé de gloire et la poitrine couverte de médailles, justement gagnées en Indochine et en Algérie, il n'hésite pas une seconde à lui confier, avec le titre de Chef d'état-major et le grade de colonel, la réorganisation de l'Armée à Bangui. Fin 1965, le chef de la Gendarmerie tente un coup de force pour destituer Dacko mais c'est J.B. Bokassa qui retournera la situation à son profit en neutralisant les gendarmes et en prenant le pouvoir, le 31 Décembre 1965. C'est ce qu'on appellera le « coup d'Etat de la Saint-Sylvestre ».
Dans les premières années où il assoie son pouvoir de façon brutale, avec l'assentiment tacite de la France, Bokassa reste populaire du fait des grandes idées de retour à la terre, de réforme agraire et de valeur travail. Rapidement cependant, le « soudard », comme l'appelait le Général de Gaulle, perd tout sens de la mesure et, grisé par le pouvoir absolu, il s'auto-proclame « Président à vie » en 1972, puis « Maréchal » en 1974, en souvenir de Napoléon qu'il avait étudié en France. C'est par une monumentale et fastueuse cérémonie, en Décembre 1977, au cours de laquelle il se place lui-même la couronne « d'Empereur » sur la tête, que le ridicule atteint son comble. Pour l'occasion, le souverain avait revêtu le même costume que le Maréchal Ney lors du sacre de Napoléon 1er mais, parmi les 5.000 invités, aucun Chef d'Etat n'avait fait le déplacement.
Le pays est mené d'une main de fer, avec son lot d'exécutions et de torture contre les opposants, les ressources détournées « normalement » et le peuple reste à l'écart des distributions, bien évidemment. Pour payer les fonctionnaires, JBB se tourne vers le voisin Libyen. Afin de séduire Kadhafi, de qui il attend une aide financière, il n'hésite pas à se déclarer musulman et à changer son nom pour des consonances plus coraniques.
En Janvier 1979, des étudiants manifestent contre le prix élevé qu'ils doivent payer pour confectionner l'habit à l'effigie de l'Empereur. Bokassa 1er s'implique personnellement dans la répression de ce mouvement qui fait une centaine de morts parmi les étudiants. Dés lors, non seulement « notre cher ami » n'est plus en odeur de sainteté auprès de la diplomatie française mais il devient carrément gênant. Le 21 Septembre de la même année, lors d'une nouvelle visite qu'il effectue en Libye, la France de Valéry Giscard d'Estaing lance une opération commando, appelée « Opération Barracuda » dont l'objectif est double : destituer le dictateur Jean-Bedel Bokassa pour le remplacer par son prédécesseur plus docile, David Dacko, et récupérer des documents compromettants liés à la proximité, voire l'amitié, entre les deux présidents, Bokassa et Giscard d'Estaing dont la passion de la chasse au gros gibier l'avait amené à de nombreuses reprises en Centrafrique. Les deux objectifs sont atteints.
Pendant que l'Empereur déchu se réfugiait à Abidjan, en Côte d'Ivoire, la presse française, le Canard enchaîné et Le Monde en tête, ressortait une lettre de 1973, signée de la main de Bokassa lui-même et autorisant le don d'une plaquette de diamants de 30 carats au profit du ministre des finances de l'époque, un certain VGE. C'est dans cette rivière de diamants que va se noyer le Président Giscard, alors qu'il brigue un second mandat de 7 ans. A mesure que la polémique et les doutes enflaient sur la véracité de ces « cadeaux », VGE les balayait d'un silence de mépris. « Il faut laisser les choses basses mourir de leur propre poison » déclare-t-il. Erreur, car les électeurs se sont passionnés pour cette affaire bien exploitée par la gauche et certains gaullistes. Qui ne dit mot, consent. C'est finalement François Mitterrand qui rafle la mise le 10 Mai 1981.
Jean-Bedel reste en exil pendant 4 ans chez Houphouët Boigny, pendant que son successeur à Bangui tente de rétablir un fonctionnement républicain des institutions, puis on le revoit en France, dans les Yvelines jusqu'en 1986, où il se décide à rentrer dans le pays qui l'a condamné à mort. En l'espace de 6 ans, de 1987 à 1993, sa peine sera commuée en prison à vie, puis en 10 ans de réclusion puis en amnistie. Il meurt en 1996 d'un arrêt cardiaque, à 75 ans, persuadé que son peuple et ses 17 femmes l'avaient toujours aimé. Il laisse 50 enfants reconnus.
Il est étonnant de constater, au travers de cet exemple, que les intérêts de la France aient conduit ses présidents successifs à appuyer des dictatures africaines jusque dans leurs aberrations les plus flagrantes.
Publié par Papyves à 00:47:47 dans Faits politiques. | Commentaires (4) | Permaliens
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