C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Modernisée et fortement augmentée par Georges Leygues, ministre de la Marine de Clemenceau, la Marine française fait, en 1939, envie à toutes les autres Marines du monde, anglaise comprise. Lors du déferlement allemand de 1940, alors que les Panzers contournent la ligne Maginot et bousculent l'Armée française jusqu'à la Manche, les ports ne sont pas inquiétés. L'armistice est signé le 22 Juin 1940 mais les fleurons de la Marine Nationale, hormis ceux qui suivirent l'ordre de l'Amiral Darlan de se saborder, sillonnent toujours magistralement les mers du globe, de la Méditerranée aux ports coloniaux lointains.
Hitler craignait à juste titre cette puissante Marine et s'appliqua à la neutraliser en faisant écrire une clause de l'armistice selon laquelle la flotte serait « désarmée dans ses ports d'attache » et ne serait pas livrée aux alliés ni aux puissances de l'Axe (Allemagne et Italie). Il s'assurait ainsi le non ralliement de « la Royale » au gouvernement de Londres. Le prix qu'il consentit à payer fut la « zone libre ».
De son côté, Churchill était préoccupé par cette puissante armada intacte qui pourrait tomber entre les mains des vainqueurs du moment pour, en combinant ses forces à la naissante Kriegsmarine, déferler sur la British Navy. Il lui fallait donc, lui aussi, la neutraliser ou mieux la rallier au Royaume-Uni qui serait, sans conteste, la prochaine cible de Hitler. Le Prime Minister entreprit de convaincre son homologue français d'unir la flotte française à la flotte britannique. Sans succès car Paul Reynaud tergiverse.
Churchill conçoit alors l'opération « Catapult » dont le but est de prendre le contrôle ou, à défaut, de détruire la Flotte française, dans les ports à la portée de la mainmise nazie. Les amiraux anglais manifestent leur désaccord à devoir tirer sur des navires amis mais Churchill se montre intransigeant. Les bâtiments français sont essentiellement arrimés aux ports anglais mais une grande partie fait aussi relâche à Mers-el-Kebir, à Alexandrie et à Dakar.
Fin Juin, les navires français mouillant à Portsmouth, Plymouth, Falmouth et Sheerness sont pris sans ménagement (2 morts, 4 blessés), le 03 Juillet, les navires d'Alexandrie sont neutralisés par un accord entre l'amiral Godfroy et l'amiral Cunningham, pendant qu'a lieu l'agression sur Mers-el-Kebir et enfin, le 08 Juillet, le cuirassé Richelieu est endommagé à Dakar par les appareils du Porte-avions Hermes.
C'est au port militaire de Mers-el-Kebir (le grand port, en arabe), à quelques miles d'Oran, que la surprise est la plus grande quand, au matin du 03 Juillet, la Force H, sous la bannière anglaise de l'Amiral James Somerville, se présente dans la rade avec le cuirassé amiral Hood, les cuirassés Resolution et Vaillant, ainsi que le Porte-avions Ark Royal. Les bâtiments français, 04 cuirassés ou croiseurs, 06 destroyers, 10 contre-torpilleurs et 01 transporteur d'hydravions, alignés sur les jetées, sont à l'amarre, chaudière éteinte. Somerville transmet un ultimatum au Contre-amiral Marcel Gensoul qui a 06 heures pour choisir l'une des trois solutions suivantes, faute de quoi il ferait donner du canon :
- se rallier aux Anglais, via Gibraltar,
- rallier définitivement un port des Antilles françaises,
- se saborder lui-même.
L'Amiral Gensoul ne veut recevoir d'ordres que du gouvernement français. Un compromis est sur le point d'être trouvé lorsque l'adjoint de Darlan fait savoir, par radio, à Gensoul que les escadres françaises de Toulon et d'Alger se portent à son secours. Mais les Britanniques interceptent le message et Londres ordonne à Somerville d'attaquer. Les navires français, plus récents, avaient une allonge plus grande que les britanniques mais leurs canons étaient tournés vers l'intérieur des terres et ne purent ainsi pas riposter. Les tirs furent faciles à régler, sur des cibles fixes, et les explosions se succédèrent sur les ponts et dans les soutes où les marins français faisaient l'impossible pour remettre en marche les chaudières. Ecrasés sous les salves d'obus, le Provence et le Dunkerque s'échouent. Le Bretagne prend feu et coule avec son équipage, en quelques minutes, suivi par le Mogador. Seuls, le Strasbourg et le Commandant Teste sont épargnés.
Quand ils comprirent que les deux bâtiments les plus redoutables n'avaient pas été complètement coulés, les Anglais renvoyèrent une mission de destruction, le 06 Juillet, pour achever le travail par des avions torpilleurs, décollant du Ark Royal. La tragédie, sans victime côté anglais, fit 1.380 morts français qui reposeront tranquillement dans le cimetière marin de Mers-el-Kebir jusqu'à ce que des vandales, en 2005, viennent profaner et détruire les tombes dont celle de l'amiral Darlan.
Ce Pearl-Harbourg national est largement oublié aujourd'hui. C'est un traumatisme que les marins devront revivre en 1942 lorsque la Flotte de Toulon préfèrera se saborder plutôt que passer à l'ennemi. La raison d'Etat commande souvent des actes que les hommes répugnent à accomplir. J'imagine le calvaire moral des officiers britanniques et français, chacun à leur tour.
Publié par Papyves à 01:45:23 dans Faits politiques. | Commentaires (2) | Permaliens
Finalement vaincus, en 1918, par une coalition plus puissante qu'eux, les forts Prussiens et autres fiers Bavarois qui s'élancèrent à la conquête de la France en 1914, durent signer, contre leur gré, le Traité de Versailles du 28 Juin 1919, après de longues années de guerre de tranchées où les deux jeunesses se sont mutuellement anéanties. Les Français, qu'ils avaient assommés à Sedan en 1870, pouvaient prendre, grâce à l'oncle Sam, une revanche d'estime.
Le Traité avait été préparé par les vainqueurs, Américains, Anglais et Français, du 18 Janvier au 20 Juin 1919, en fonction des intérêts que chacun voulait retirer de cette nouvelle donne géopolitique. « L'Allemagne doit payer » fut le leitmotiv de ces 6 mois de palabres délicats au cours desquels l'appétit colonial des uns le disputait au désir de revanche des autres. Et pour bien montrer de quel côté étaient les vainqueurs, on fit effectivement payer durement l'addition à l'Allemagne qui devra s'acquitter de « réparations de guerre », c'est-à-dire d'une lourde amende et sera amputée d'une partie de ses territoires. La France récupère l'Alsace-Lorraine. Les trois Empires, allemand, austro-hongrois et ottoman sont démantelés. De nouveaux Etats sont créés, tels que la Pologne renaissante qui récupère l'accès au couloir de Dantzig, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie. Ainsi morcelée, l'Europe centrale est de nouveau sous contrôle des « Grandes puissances » ou supposées telles. De plus, les colonies allemandes sont partagées entre le Royaume-Uni, la France et le Japon pendant que le Proche-Orient passe sous mandat français ou anglais, avec la bénédiction de la Société des Nations ( ancêtre de l'ONU ) que l'on crée à cette occasion. L'armée allemande ( en partie confisquée ) est strictement limitée en volume de moyens et la rive gauche du Rhin, y compris Köln, Koblenz et Mainz, est démilitarisée et occupée. La Sarre est sous administration internationale pour 15 ans. Plusieurs sanctions commerciales et des livraisons en nature complètent ces mesures draconiennes.
Le lieu choisi pour la signature, la Galerie des Glaces du Château de Versailles, n'est pas innocent. Il permet de laver l'affront fait lors de la proclamation de l'Empire allemand, le 18 Janvier 1871. La date est aussi symbolique car le 28 Juin est l'anniversaire de l'assassinat de l'Archiduc autrichien François-Ferdinand à Sarajevo, geste qui a servi de détonateur pour le déclenchement de la guerre mondiale. Bien sûr, ni Llyod George l'Anglais, ni Woodrow Wilson l'Américain, et encore moins Georges Clemenceau le Français n'avaient convié les représentants allemands à cette conférence où les Russes étaient également absents pour punition d'avoir quitté la guerre en 1917. Clemenceau insiste pour de lourdes indemnités afin de financer la reconstruction en France ( de fait, celles-ci se monteront à 132 milliards de Marks-or ). Les Anglais ont soin de ne pas favoriser, en diminuant trop l'influence allemande, la prééminence française. Les Américains, enfin, dont la voix compte à la hauteur de leur effort considérable pour la victoire, cherchent à ménager l'Allemagne pour éviter la résurgence de l'esprit revanchard.
Wilson ne croit pas si bien dire car, pour les Allemands, ces dispositions sont un « Diktat » infamant qu'ils ne peuvent accepter. « der Vertrag ist unannehmbar », irrecevable. Tenus pour « seuls responsables des dommages de guerre », ceux-ci ont le sentiment d'une profonde injustice. Malgré les efforts entrepris, l'Allemagne de Weimar ne peut pas répondre à l'oukase global, dans les délais imposés. Aussi, la France et la Belgique envahissent-elles la Ruhr, en 1923, ce qui aggrave le ressentiment populaire. Les plans US Dawes puis Young tenteront bien d'aplanir les difficultés et d'échelonner les paiements sur le long terme mais sans réel impact sur l'économie ni sur le moral.
On ne s'étonne plus, dès lors, qu'un homme puis tout un parti politique fanatisé derrière lui, accède au pouvoir, en 1933, en revendiquant le non paiement des indemnités et le recouvrement de l'intégrité et de la dignité nationale. Hitler va accompagner la vague de colère qui montait des länder, en l'incorporant dans son programme. Redonnant espoir et fierté à des Allemands humiliés, s'appuyant sur son talent oratoire autant que sur des succès réels en politique étrangère et des réalisations sociales fort appréciées en période de récession, il va s'imposer comme le chantre d'un renouveau du nationalisme allemand qui explique son ascension fulgurante au poste de Chancelier du Reich. L'anschluss de l'Autriche apparaîtra ainsi aux Allemands comme une concrétisation logique du besoin « d'espace vital » dont parle le Führer. Le ressentiment, fort aussi en Italie qui attendait la réalisation des promesses sur l'Istrie, la Dalmatie et le Trentin, mènera, de façon parallèle, au fascisme de Mussolini.
Le déclenchement de la seconde guerre mondiale n'est donc pas seulement l'œuvre d'un fou mégalomane mais c'est aussi le résultat prévisible d'un traité inique et du désir d'un peuple, rabaissé plus que de raison, à recouvrer sa dignité. Les militaires savent qu'on ne doit jamais acculer un adversaire traqué sans lui laisser une petite porte de sortie, sinon le désespoir décuple ses forces et il devient imprévisible.
( Photo : George, Orlando, Clemenceau, Wilson ).Publié par Papyves à 00:15:53 dans Faits politiques. | Commentaires (11) | Permaliens
Les Russes et les Tsars successifs ont toujours été fiers de leur marine de guerre. Mais après la défaite de Tsushima contre les « macaques » de la flotte japonaise, au printemps 1905, les officiers de la marine tsariste ont beaucoup plus de mal à se faire respecter. Déjà, en Janvier à Saint-Pétersbourg, Nicolas II avait accepté une sanglante répression, en faisant tirer sur la foule massée devant le Palais d'Hiver et qui défilait pacifiquement pour réclamer de meilleures conditions de travail et la terre aux paysans. Ces quelques centaines de morts du « Dimanche rouge » vont échauffer les esprits. Les oppositions au régime tsariste, y compris révolutionnaires, sont bien relayées dans la population.
Sur le tout nouveau cuirassé Potemkine, en rade d'Odessa sur la Mer noire, l'ambiance est morose d'autant que la nourriture est infecte. Les officiers choisissent les meilleurs morceaux et laissent à l'équipage les restes, souvent avariés. Le refus de l'un d'entre eux de manger ce type de nourriture va entraîner, le 27 Juin 1905, sa mort d'abord puis une escalade de la violence, orchestrée en mutinerie par les meneurs. Les marins mutins prennent le contrôle du navire en jetant certains officiers, dont le commandant Golikov, par-dessus bord. Arborant le drapeau rouge de la Révolution, le Potemkine est ensuite acclamé par la foule massée sur le port qui croit à un ralliement politique aux idées révolutionnaires.
Partout, en effet, les Soviets ( réunions d'ouvriers ou soldats ) étaient en lutte. Les funérailles, à Odessa, du marin tué lors de la mutinerie, Vakoulenchouk, se transformèrent en manifestation à caractère politique. Les manifestants étaient massés sur l'immense escalier Richelieu qui relie le port au centre ville lorsque la cavalerie à pied ouvrit le feu, provoquant une vaste panique. La confrontation meurtrière est immortalisée dans le film muet du réalisateur soviétique Sergueï Eisenstein en 1925, appelé simplement « Le cuirassé Potemkine » avec, notamment, la scène du bébé dévalant, seul dans son landau, l'escalier pentu et les fusils pointés ensuite sur la mère. Le Potemkine ripostera par un tir de deux obus, en direction du quartier général, qui ne feront guère de dégâts.
L'armée impériale envoya des renforts cosaques à Odessa pour réprimer la révolte, ce qui fut fait violemment et deux escadrons de la Flotte de la Mer du Nord furent positionnés au large de l'île Tendra pour bloquer le Potemkine. Celui-ci, toujours flanqué du torpilleur n° 267, tint tête à la flotte et s'engagea à pleine vapeur vers le centre de la formation pour franchir le barrage. Aucun des deux escadrons ne voulut ouvrir le feu et un autre cuirassé rejoignit même les insurgés qui purent poursuivre leur navigation vers Constantza en Roumanie. Les Roumains cependant, ne leur permirent pas de se ravitailler et les mutins durent se rendre. La plupart d'entre eux seront fusillés. Pourtant, la mutinerie du Potemkine eut une forte influence sur le processus de noyautage de l'armée et de la flotte russes par les révolutionnaires de Lénine.
Bien qu'il ait du accorder une Constitution à la suite d'une grève générale, Nicolas II ne s'avoua pas vaincu et repris insidieusement les commandes jusqu'à ce que la seconde révolution, celle d'Octobre ( Novembre 1917 ) ne l'oblige à abdiquer en faveur des Bolcheviques. Les marins feront d'ailleurs encore parler d'eux ( voir l'épisode du Kronstadt ) en 1921.
Comme pour la Révolution française, quelques années auparavant, le motif de la grogne populaire, avant d'être politique, était parti d'un mécontentement social, « du pain ou le gourdin ! » que les dirigeants, des deux côtés, avaient été incapables de comprendre et de juguler. On dit que l'histoire ne se répète jamais à l'identique mais il est des Présidents actuels qui devraient relire l'histoire de leur pays, ne croyez-vous pas ?
Publié par Papyves à 02:13:14 dans Faits politiques. | Commentaires (5) | Permaliens
Publié par Papyves à 09:32:55 dans Faits politiques. | Commentaires (2) | Permaliens
Un an après la fin de la Révolution française, la monarchie constitutionnelle qui en est sortie, avec Louis XVI, l'exécutif toléré, et une Assemblée constituante assagie, semble bien installée. Le 18 Juin 1791, pourtant, un incident mineur va précipiter le cours de l'Histoire. Au départ des Tuileries, Louis veut se rendre à Saint-Cloud pour recevoir la communion d'un prêtre non assermenté. Les Parisiens l'en empêchent. Pour le roi, très pieux et vexé, c'en est trop et, au soir du 20 Juin, il décide d'abandonner le « vain simulacre de la royauté » et de mettre en pratique le conseil de Mirabeau : rejoindre le quartier général du marquis de Bouillé, dans la forteresse de Montmédy, d'où il pourra revenir avec des troupes dévouées à la monarchie et en finir avec ces révolutionnaires encombrants.
Dans la nuit du 20 au 21 Juin 1791, une berline tirée par six chevaux car lourdement chargée, s'éloigne en catimini de Paris, en direction de Metz, avec à son bord le roi Louis, la reine Marie-Antoinette, leurs deux enfants et leur gouvernante, ainsi que Madame Elisabeth, la sœur du roi. A l'autre bout du trajet, Bouillé qui est général en chef des troupes de l'Est de la France, prépare des escortes à cheval pour venir à leur rencontre. 180 Dragons à Clermont-en-Argonne et 40 Hussards à Sainte-Ménehould. Mais les préparatifs, grossièrement improvisés, autant que les déguisements, ont mis l'équipage royal largement en retard ( 3 heures ) et le comité d'accueil, las d'attendre, manquera au final.
A 07 heures, le lendemain 21 Juin, le valet de chambre s'aperçoit de la disparition du roi et l'alerte est donnée. La nouvelle de « l'enlèvement » se répand dans Paris et La Fayette envoie des estafettes aux quatre coins de France, ordonnant de les arrêter. Les deux voitures royales ( un cabriolet a rejoint la berline avec deux femmes de chambre ) s'arrêtent à Montmirail. A Chalons-sur-Marne, le convoi a 04 heures de retard et les détachements à cheval qui s'impatientent plus loin, créent des attroupements.
Au relais de Sainte-Ménehould, le maître de poste, Jean-Baptiste Drouet inspecte ce drôle d'équipage et croit reconnaître le roi qu'il avait déjà vu quand il avait séjourné à Versailles ( la photographie n'existait pas encore et la figure du roi n'apparaissait que sur les écus ). Il en avertit la municipalité et part, au gallot avec un ami, de « Menou jusqu'à Varane, par les boués » pour alerter les patriotes de Varennes-en-Argonne.
Quand la berline royale arrive à Varennes, sans escorte, la petite ville argonnaise est déjà en ébullition. Radet a rassemblé la Garde nationale et fait mettre deux canons à l'entrée du pont sur l'Aire pour leur barrer la route. Le tocsin sonne, rameutant la population. Jean-Baptiste Sauce, le procureur des lieux, se dirige vers la voiture qui manoeuvre sous la voûte étroite de l'église Saint-Gengoult qui enjambe la rue. Il en fait descendre les voyageurs et les convie dans son épicerie, à deux pas de là. C'est là qu'ils passeront la nuit
Au matin du 22 Juin, les patriotes de Varennes, rejoints par les gardes arrivés de Paris, décident de renvoyer la famille royale à Paris. Cette fois, les « fugitifs » seront escortés par la Garde nationale varennoise et les dragons arrivés entre temps. Sur le trajet du retour, la foule avertie par le tocsin, se presse pour voir passer « le boulanger, la boulangère et les petits mitrons ». A Paris, l'Assemblée législative, avertie par le médecin Mangin de Varennes, se prépare à recevoir le cortège royal. Des consignes sont données, une pétition et des pamphlets circulent. « Quiconque applaudira le roi sera bastonné, quiconque l'insultera sera pendu ».
Au soir du 25 Juin 1791, après toute une série de haltes et relais où la nouvelle se répand, le cortège arrive enfin aux portes de Paris qu'il franchit dans le silence réprobateur des badauds, jusqu'aux Tuileries.
Ratée car totalement improvisée, cette équipée aura des conséquences néfastes sur la confiance du peuple envers son souverain. La « fuite » à Varennes-en-Argonne entraînera des soupçons de trahison avec l'étranger et précipitera, pour Louis XVI, la déchéance de son titre royal, son jugement par la Convention nationale et sa condamnation à mort qui sera effectivement appliquée, comme on le sait, par la guillotine, le 21 Janvier 1793. Marie-Antoinette, qui n'était pas aimée, subira bientôt le même sort tandis que le jeune dauphin, « Louis XVII », dépérira deux ans de plus dans sa prison du Temple.
Fidèle à son habitude de subir les événements, Louis XVI s'est laissé faire et c'est presque en spectateur qu'il assiste à l'enchaînement dramatique de la fin de sa vie et de la royauté. Dans le vide ainsi créé, la République, cette fois, s'impose d'évidence. Mais elle reste fragile, comme la suite le montrera.
Publié par Papyves à 02:10:52 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
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