C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Août 2008, comme si l'Histoire s'amusait à ficeler de tristes coïncidences, les chars russes entrent en Georgie par l'Ossétie, exactement 40 ans après l'entrée de ceux du Pacte de Varsovie, en Août 1968, en Tchécoslovaquie pour y écraser le « Printemps de Prague », selon le terme de Roger Garaudy du PCF.
En Janvier 1968, Alexander Dubcek, 47 ans, accède au secrétariat général du PCT, Parti communiste tchécoslovaque, à la place du stalinien Novotny. Puis il fait élire le vieux général Lutvik Svoboda, l'auteur du « coup de Prague de 1948 » à la présidence de la République, pour rassurer Moscou. Cette nouvelle génération de dirigeants va ouvrir la voie à des réformes hardies, trop hardies pour le Grand frère soviétique, peu enclin à accepter le moindre écart d'un pays socialiste de l'Union et surtout pas ce « Manifeste des 2.000 mots » qui critique le régime. Dubcek va, en effet, à partir d'Avril, instaurer un « socialisme à visage humain » par un programme de démocratisation, largement applaudi par la population qui observe ce qui se passe au même moment en France. Il introduit les libertés de la presse, d'expression et de circulation dans la vie politique et sociale, en supprimant la censure, il enclenche une décentralisation de l'économie et dote le pays d'une nouvelle constitution pour une République désormais fédérale ( égalité des nations tchèque et slovaque qui montraient des velléités d'indépendance ). Les voyages à l'étranger étant autorisés, les Tchécoslovaques se ruent alors à la découverte de l'occident et se prennent à rêver à des lendemains de liberté.
Pendant ce temps, les généraux du Pacte de Varsovie organisent des manœuvres importantes de l'autre côté de la frontière. Encore une manœuvre, pensent les Praguois. Ce qu'ils ne savent pas est que « l'Opération Danube » qui mobilise essentiellement des troupes soviétiques, mais aussi des forces venant de Pologne, Allemagne de l'Est, Hongrie et Bulgarie, a pour mission finale de faire rentrer dans le rang, par la force, ce trublion libéral qui a même osé mettre en prison le chef de la Police qui avait la confiance de Moscou. Début Août, convoqué à Bratislava, Dubcek avait été fermement tancé, en vain, de renoncer à ses lubies hérétiques.
Dans la nuit du 20 au 21 Août 1968, Leonid Brejnev, sous la pression des généraux russes et poussé par Walter Ulbricht, alors à la tête de la RDA, lance les troupes blindées-mécanisées sur les routes tchécoslovaques, en direction de la capitale Prague. 300.000 hommes et 6.300 chars se déversent sur le pays malgré la dérisoire défense passive des habitants qui inversent les panneaux indicateurs ou jettent d'inutiles cocktails Molotov sur les blindés.
A Prague, dès le 18 Août, un avion de l'Aeroflot avait fait débarquer discrètement, sur l'aérodrome de Praha-Ruryne, des parachutistes en civil qui prirent rapidement le contrôle de l'aéroport. Dés lors, les avions Antonov 12 purent décharger troupes et matériels lourds. Une fois rassemblés, le 20 Août, les milliers de parachutistes de la Division aéroportée de la Garde investirent le centre ville dont le Palais présidentiel où le Président Svoboda fut mis en état d'arrestation.
En 24 heures, le « Printemps de Prague » avait été balayé et les choses redevinrent « normales » pour les Soviétiques, après « seulement » 30 morts et 300 blessés. L'URSS a encore une fois démontré qu'elle n'était prête à accorder qu'une « souveraineté limitée » à ses frères du camp socialiste. Les principaux dirigeants du pays, Alexander Dubcek compris, furent transférés à Moscou ou en exil. Un fidèle, Gustav Husak fut nommé Premier Ministre, en Avril 1969, et les structures totalitaires s'imposèrent à nouveau, avec pour commencer la fermeture des frontières. Un étudiant protestataire, Jan Palach, se fit brûler vif en Janvier 1969 pour attirer l'attention des bonnes consciences européennes mais celles-ci, tout comme l'OTAN, n'émirent que de timides protestations verbales. Le Parti communisme français, critique quant à la méthode, ne condamna jamais le retour à la « normalisation ».
La bureaucratie dirigeante soviétique ne pouvait se permettre de partager le pouvoir avec des Etats satellites, sous peine de le perdre entièrement. La réponse d'ordre militaire au mouvement politique de libéralisation tchécoslovaque fut un aveu de faiblesse du système et du régime qui sera finalement balayé par la « Révolution de velours » de 1989 avec Vaclav Havel.
Le peuple aura attendu 21 ans de résistance larvée avant de pouvoir respirer. Enfin.
Publié par Papyves à 01:09:06 dans Faits politiques. | Commentaires (2) | Permaliens
Sous la pression d'un vaste mouvement nationaliste mené par le Pandit Jawaharlal Nehru, président du Parti du Congrès et miné par l'influence internationale grandissante du Mahatma Mohandas Gandhi, avocat de la non-violence active (Ahimsa), le gouvernement britannique se voit contraint d'accorder, le 15 Août 1947, l'indépendance de l'Inde, jusqu'alors « Empire des Indes » depuis 182 ans. Ce sera dorénavant un « Dominion » du Commonwealth.
Dans le même temps, croyant apaiser les tensions entre les communautés religieuses, et pour donner raison aux exigences de Muhammad Ali Jinnah, le leader de la Ligue musulmane, Lord Mountbatten désigne une Commission chargée d'effectuer la partition en deux Etats, selon des critères de religion majoritaire. Les Hindous et les Sikhs d'une part, les Musulmans d'autre part. L'avocat londonien Cyril Radcliffe, qui ne connaît pas les Indes, trace une frontière qui mutile des zones urbaines et rurales, de populations mélangées. Le Penjab et le Bengale sont à majorité musulmane mais abritent de grosses minorités d'hindous et de sikhs. Lahore et Karachi, villes de commerçants et de fonctionnaires, sont à majorité hindoue. Ce sera le point de départ des massacres inter-ethniques et des déportations de populations.
Le musulman Ali Jinnah décroche le rêve de sa vie : une Inde indépendante en « deux nations » et non pas une Inde unique qui serait un Etat principalement Hindou. De son côté, Gandhi avait souvent mis en garde contre la partition du pays qui engendrerait, disait-il, la « monstrueuse vivisection » de son pays. La Birmanie et Ceylan (Sri Lanka actuel), majoritairement bouddhistes, ne sont pas des enjeux de cette partition.
Le nouveau Pakistan (pays des purs) que Redcliffe vient d'arracher à l'Inde est, en outre, séparé en deux parties éloignées l'une de l'autre de 1.800 kilomètres. Le Pakistan occidental (Karachi) et le Pakistan oriental (Dacca) deviennent deux provinces musulmanes d'une République islamique. L'Inde, membre du Commonwealth, devient une République laïque (Delhi) qui promulgue sa constitution en 1950. Les Etats princiers des Indes, souverains, sont laissés libres de choisir la nation qu'ils souhaitent intégrer. Le choix se fera facilement selon la religion du peuple sauf pour trois d'entre eux, dont le Cachemire (ou Kashmir, en haut à gauche pour les non littéraires) pour lequel le contentieux subsiste encore aujourd'hui.
Pour rejoindre le centre de gravité de leur communauté religieuse, des millions d'indiens vont alors se mettre en mouvement sur les routes et dans les trains. Une migration forcée sans précédent s'organise (encore qu'organisé n'est pas le mot juste). 15 millions de personnes franchissent les frontières dans les deux sens : 9 millions d'hindous et de sikhs quittent le Pakistan, à l'Est et à l'Ouest de la péninsule, alors que 6 millions de musulmans s'exilent d'Inde centrale. Mais, les routes de cet exode deviennent vite l'objet d'un massacre sauvage. Des bandes de toutes communautés, armés de couteaux et de haches, s'acharnent sur les déplacés, femmes et enfants compris. Mêmes scènes d'horreur dans les trains bondés qui amènent les réfugiés des deux côtés, loin de chez eux. Gandhi avait plaidé pour l'harmonie des religions mais des voisins, qui se connaissent, se livrent à un impitoyable massacre. On peut se demander si l'assassinat du Mahatma, le 30 Janvier 1948, n'est pas le dernier meurtre de cette série, plus qu'un geste isolé.
Ces horribles exactions non contrôlées resteront longtemps dans les mémoires et le moindre incident de frontière entraînera souvent un conflit indo-pakistanais, comme en 1947-49, en 65, en 71-74 quand Rahman proclame la création du Bangladesh (à l'Est) et en 1998-99 où les deux belligérants se livrent même à des menaces d'utilisation d'armes nucléaires. Depuis, les relations restent tendues entre Islamabad et New Delhi, notamment à propos du Cachemire, revendiqué aussi, en partie, par la Chine.
Que de telles manifestations de haine entre communautés voisines, allant souvent jusqu'à la guerre, dans une région de plus d'un milliard d'habitants, soient encore possibles aujourd'hui, fait frémir quand on sait que ces deux Etats possèdent un armement nucléaire offensif. D'autant plus que le Pakistan est devenu la base arrière des Talibans et de Alkhaïda.
Publié par Papyves à 00:23:03 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
Qui, comme Napoléon, croupit à la fin de sa vie enfermé dans une île, jusqu'à sa mort à 95 ans ? Qui fut Chef d'Etat français et accusé de haute trahison ? Qui est reçu à l'Académie Française et se voit confier le Ministère de la Guerre ? Qui fut condamné à mort à 89 ans, après avoir été le sauveur de la nation ? Qui a été le chef du Général de Gaulle et gracié par celui-ci ? Qui fut Maréchal de France et frappé d'indignité nationale par la justice de son pays ? Qui est choisi par Joffre pour défendre Verdun face aux Allemands ? Qui est choisi par le Parlement unanime pour recevoir les pleins pouvoirs ? Qui laissa faire la rafle du Veldiv, enrôler les Français de l'Est dans la Wehrmacht, partir les travailleurs dans les usines ennemies ? Qui reste le vainqueur de Verdun dans l'esprit de tous les Français et le collaborateur avec Hitler dans celui des politiques ?
Philippe Pétain fut cet homme là, tant aimé et soutenu par tout un peuple, au moment de Verdun et du premier conflit mondial, puis tant haï et rejeté par les mêmes âmes déçues, au sortir de la débâcle et de l'humiliation de la seconde guerre mondiale. Car le personnage est énigmatique et complexe. Officier désigné pour effectuer les cours de tactique à l'Ecole de guerre, juste avant Foch, il est le premier à comprendre le caractère décisif de la coordination artillerie-infanterie-aviation et la nécessité de la supériorité aérienne préalable dans les conflits. Le jeune de Gaulle, affecté dans le régiment de Pétain, s'en inspirera. Il s'élève contre les offensives meurtrières du Chemin des Dames, baïonnette au canon et peste contre l'inutilité de la Ligne Maginot si elle n'est pas associée à des forces motorisées mobiles. C'est ainsi qu'il deviendra le vainqueur de la bataille de Verdun et de la voie sacrée.
En fait, il y a deux Pétain. Le généralissime, habile tacticien, économe de la vie de ses hommes, et qui redonne le moral aux troupes affectées par les mutineries et l'obstination de quelques généraux bornés. C'est le sauveur de Verdun, adulé par tous, celui qui reçoit le bâton de Maréchal en Décembre 1918, des mains de Poincaré, à 62 ans, après avoir gravi ses étoiles au feu. Et il y a le Pétain naïf et crédule, qui a pris goût à la politique et au pouvoir, malgré l'âge avancé ( ou peut-être à cause de l'âge, il a 84 ans en 1940 ) et qui croit qu'il est possible d'oublier l'occupation ennemie pour faire table rase des difficultés en fraternisant, qui prône la révolution nationale et refondatrice. « Travail, Famille, Patrie », retour aux valeurs traditionnelles, pourvu que Hitler nous laisse nous réorganiser. Mais on ne reconstruit pas sa maison pendant qu'elle flambe.
Le héros de 14-18 a fait place, après que les pleins pouvoirs lui soient donnés pour éviter le chaos, à la victime expiatoire qui offre son torse aux coups de l'ennemi pour éviter la perte complète de la souveraineté nationale. Mieux vaut collaborer avec le diable, dans une demie France occupée, que la soumission totale du pays à une Allemagne dont les forces sont écrasantes. Pétain croit sérieusement que, puisque les alliés ne veulent pas s'engager, l'armistice va épargner des milliers de vies humaines, va permettre de conserver la puissante flotte maritime et le vaste empire colonial que Hitler craint de ne pouvoir contrôler. La poignée de mains de Montoire est, selon lui, le prix à payer pour sauver ce qui peut l'être. Et il est suivi, politiques et fonctionnaires lui font allégeance, jusqu'aux exactions de la milice.
Mais la victoire vient d'ailleurs, de l'extérieur où un autre général appelle à la reprise du combat, avec l'aide des Anglo-saxons qui ne peuvent rester l'arme au pied, et l'opinion se retourne à mesure que la victoire se fait plus précise. Comment ce vieux fou a-t-il pu nous entraîner dans ce déshonneur, clament ceux-là même qui l'avaient applaudi, à l'Assemblée ou dans les rues ?
Le 14 Août 1945, on oublie de demander à l'accusé Philippe Pétain de se lever pour écouter la sentence que le Tribunal spécial, désigné parmi les parlementaires et jurés résistants, va prononcer : « condamné à mort pour intelligence avec l'Allemagne » et pour avoir « demandé l'armistice » afin de « prendre le pouvoir » en vue d'instaurer une politique dont l'objet était « de détruire ou changer la forme du gouvernement ». Condamné d'avance dans un procès à charge, avec des défenseurs courageux, tel le général Weygand, mais qu'on n'écoute pas. Puis on le destitue de son rang de Maréchal et de sa dignité nationale. C'est un vieil homme de 89 ans qui est poussé dans une cellule humide de la citadelle de la Pierre-Levée sur l'île d'Yeu où il restera, seul sans voir la mer, plus de 6 ans.
Le plus vieux condamné du monde vit un jour arriver le directeur de l'administration pénitentiaire qui s'appelait Amor. Bien que malade, il ne put résister au plaisir d'un jeu de mots : « Amor, dit-il, Comme moi ? ».
Publié par Papyves à 06:57:08 dans Faits politiques. | Commentaires (4) | Permaliens
A la fin de la guerre froide, l'état de l'armée soviétique n'est pas aussi inquiétant ni surtout aussi opérationnel que les occidentaux l'avaient longtemps craint. La marine russe, en particulier, souffre de délabrement avancé du à un budget en récession constante. Seule, la flotte de sous-marins fait encore illusion. Dès son arrivée au pouvoir, le président Poutine veut montrer au monde, et à son peuple, que la Russie est redevenue une grande puissance. De grandes manœuvres aériennes et navales dans la mer de Barents, avec la participation du tout nouveau bijou, le sous-marin nucléaire Koursk, fleuron de la Marine, vont lui servir de prétexte, en Août 2000.
De nombreux observateurs, dont des Chinois, sont embarqués sur certains bâtiments afin de juger de l'efficacité de la torpille Schkval qui atteint 500 km/h sous l'eau ( au lieu des 70 km/h pour les torpilles traditionnelles ) grâce au système de « supercavitation » qui crée une enveloppe d'air en avant de celle-ci et réduit donc les frottements. Pour les Américains, la présence des Chinois à ces manœuvres est le signe qu'ils veulent acquérir cette nouvelle technologie. Inacceptable car menaçant leurs intérêts dans le Pacifique. Ils dépêchent donc leurs propres sous-marins Memphis, Splendid et Toledo dans la zone.
Le 12 Août 2000, vers 07h30, les sismologues norvégiens enregistrent une explosion de niveau 1,5 suivie deux minutes plus tard par une seconde plus forte de 3,5 sur l'échelle. Le Koursk, joyau de 154 m et 13.500 tonnes, vient de sombrer par 108 mètres de fond, emprisonnant 118 membres d'équipage dont 7 observateurs. Les torpilles de l'avant ont explosé, tuant plusieurs marins et créant une voie d'eau irréparable. Dès l'annonce de l'accident, les autorités de Moscou en minimisent la gravité. Elles refusent fièrement l'aide occidentale de secours alors que les moyens russes sont inadaptés. On prétexte le mauvais temps, le fait que les trappes d'ouverture soient endommagées ou des contraintes techniques pour faire durer en longueur les opérations de sauvetage. Lorsqu'enfin, les bathyscaphes anglais et norvégiens sont autorisés à s'approcher du sous-marin en perdition, 5 jours après le naufrage, les marins rescapés ont fini depuis longtemps de cogner contre la coque. Tous sont noyés.
Une entreprise néerlandaise spécialisée, la seule qui accepte de couper l'épave en deux pour laisser la partie avant dans la mer, sera choisie pour renflouer le navire. Lorsque la coque sort de l'eau, un trou rond au tiers avant semble accréditer la thèse d'un tir de torpille. Dès lors, les hypothèses les plus folles vont être émises, entretenues par le mystère dans lequel les autorités ont voulu placer l'événement.
Explosion due à une mine de la seconde guerre mondiale, attentat déclenché par une taupe tchétchène au sein de l'équipage, tir délibéré d'une torpille hostile, collision avec un sous-marin étranger ( thèse soutenue par les amiraux russes eux-mêmes ) ou explosion accidentelle d'une vieille torpille d'ancienne génération, utilisant du peroxyde d'hydrogène, très instable ( thèse officielle retenue ). Tout y passe. Mais pas de transparence avec les médias qui continuent de supputer.
La commission d'enquête, confiée au procureur Oustinov par Poutine lui-même, conclut à un accident dans le compartiment des torpilles qui se serait répercuté en chaîne sur les autres ogives de tête, d'où les deux explosions. Une autre thèse soutient que la première explosion accidentelle aurait été perçue (onde de choc) par l'un des deux sous-marins US comme une agression, ce qui aurait entraîné une riposte de leur part. D'autres croient que l'un de ces sous-marins américains, qui jouaient au chat et à la souris avec le Koursk, dans ces bas-fonds, aurait heurté l'avant de celui-ci en ouvrant une grosse voie d'eau fatale.
Peut-on raisonnablement penser que les USA aient délibérément coulé le sous-marin nucléaire pour empêcher la signature du contrat avec les Chinois et les priver du Schkval ? Toujours est-il que Vladimir Poutine et Bill Clinton se sont longuement entretenu au téléphone, sans doute pour éviter une escalade nucléaire. Mais pourquoi les américains ont-ils soustrait en urgence le Memphis des regards indiscrets ? Pourquoi Putin a-t-il abandonné ses marins ? Pourquoi garde-t-il au secret les lettres trouvées dans les poches de quelques unes des victimes ? Pourquoi a-t-il attribué, pour la première fois, une énorme somme de dédommagement aux familles ? Pourquoi le patron de la CIA est-il venu à Moscou le 17 Août ? Tant de questions sans réponse entretiennent les rumeurs. Voir la vidéo.
On est toujours dans un pays où la mort de citoyens innocents ne vaut rien face à la raison d'Etat. Que c'est méprisable, la raison d'Etat !
Publié par Papyves à 03:11:53 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
Après la défaite inéluctable de l'Allemagne nazie, la fin de la seconde guerre mondiale était suspendue à la fermeté du Japon, allié de l'Axe. Les Américains connaissaient la bravoure et le fanatisme des kamikazes comme la détermination de toute la nation japonaise et craignaient d'avoir à effectuer un débarquement sur l'île, ce qui serait synonyme d'environ 500.000 morts supplémentaires de chaque côté pour espérer entrevoir la paix. Le Japon avait montré qu'il ne céderait pas facilement car les villes détruites par les tonnes de bombes déjà larguées, depuis Janvier 1945, ne l'avait pas fait bouger d'un iota. Il fallait donc trouver le moyen de faire capituler rapidement l'Empereur nippon pour épargner d'autres vies humaines.
Le Président Harry S. Truman, qui vient de remplacer Roosevelt, sait que la « bombe atomique », objet du Projet Manhattan, est arrivée à maturation et que le premier essai au plutonium nommé Trinity, dans le désert du Nouveau-Mexique, a été concluant. Sa décision est prise. Le 26 Juillet 1945, lors de la conférence de Postdam, les Alliés exigent de Tokyo une capitulation inconditionnelle, sous peine de « destruction totale ». Bien entendu, les Japonais refusent de se rendre.
Dans le même temps, une équipe de pilotes de l'US Air Force, dirigée par le lieutenant-colonel Paul Tibbets, s'entraîne au largage à bord de Super-Fortress. C'est elle qui se rend sur l'île de Tinian, dans les îles Mariannes, non loin de Guam au Sud du Japon. Le 06 Août 1945, Tibbets décolle aux commandes de son bombardier B-29, qu'il a nommé « Enola Gay » en pensant aux prénoms de sa mère. Il est le seul des 11 membres d'équipage à savoir que la bombe qu'ils ont baptisée « Little Boy » est une « bombe A spéciale » qui contient 64 kg d'uranium 235 enrichi, en provenance des mines du Katanga, au Congo belge. L'équivalent de 15 kilotonnes de TNT.
A 08 h 15, l'objectif que l'on survole à 31.000 pieds ( environ 9.500 m ) est en vue et brille de toutes ses lumières. La 7ème ville du Japon, gros centre industriel de guerre, compte 343.000 habitants. Beaucoup lèvent la tête pour voir passer ce quadrimoteur mais ... un avion seul, pas de danger ! Pourtant Little Boy chute inexorablement et actionne automatiquement la mise à feu barométrique. A 580 mètres du sol, c'est l'explosion. Un immense halo blanc précède une formidable onde de choc et une boule de feu radioactive qui vitrifient tout sur 360°. Jusqu'à 4 km, tout s'écroule et prend feu et les personnes situées encore à 8 km de l'épicentre souffrent de brûlures au 3° degré, alors que leurs vêtements ont été arrachés.
78.000 morts instantanés seront rejoints par 50.000 personnes qui décèderont dans les semaines suivantes. Le chiffre total, imprécis, est de l'ordre de 150.000 morts, sans compter les milliers de blessés, les séquelles des radiations, les enfants nés difformes ou handicapés, les suicides, les cancers ou leucémies. Une ville anéantie en quelques secondes. ( voir la vidéo ).
Mais le gouvernement japonais ne veut toujours pas céder. Alors, la prochaine cible sera la ville de Kokura, le principal arsenal. Le 09 Août, un autre B-29 survole la ville avec à son bord le grand frère de Little Boy, « Fat Man », bombe au plutonium, l'équivalent de 20 kilotonnes de TNT. Comme Kokura est sous les nuages, on se dirige vers Nagasaki, la prochaine sur le plan. A 11 h 02, Fat Man ajoute 60.000 morts à la folie des hommes. Au total, les bombardements de l'Empire du Soleil levant auront fait environ 260.000 morts. Un « détail » dirait quelqu'un, comparé aux « millions » de victimes de Staline, Pol Pot ou Hitler. Mais l'impact psychologique est tel que l'Empereur Hirohito accepte la capitulation immédiate sans condition, le 14 Août. La signature officielle, le 02 Septembre 1945, à bord du Missouri, provoquera la fin de la WW2.
Paul Tibbets ne verra pas les peaux brûlées et les tympans crevés des fantômes hagards qui errent dans les ruines, à la recherche de proches volatilisés. Il sera décoré de la Distinguished Service Cross, passera Général en 1959, dirigera une compagnie d'aviation privée et s'éteindra, sans remords, le devoir accompli, le 1er Novembre 2007.
Après avoir largué sa bombe meurtrière, il s'était écrié, à l'adresse de son équipage : « Les gars, vous venez de larguer la première bombe atomique ». Tout fier le Paul. Ce qui me gêne est qu'il n'ait jamais eu, jusqu'à sa mort, un mot pour les victimes. Rien qu'un mot de compassion, Paul, pas plus, c'était dur ?
Publié par Papyves à 01:23:06 dans Faits politiques. | Commentaires (4) | Permaliens
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