C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Héritées du Moyen-Age, les anciennes localisations de quartiers et de rues dans nos villes étaient souvent énigmatiques pour le visiteur de l'Ancien Régime. Telle famille habite dans la paroisse Saint-Nicolas, à la Grande Borne, près de la maison où pend l'enseigne « A l'auberge du gros tonneau ». Casse-tête à une époque où les rues n'ont pas encore de nom et les maisons aucun numéro. Une ordonnance royale, en date du 1er Mars 1768, prescrira enfin la numérotation des maisons, rue par rue, dans toutes les villes de France. Celle-ci reprend, en fait, une exigence militaire qui faisait que, pour loger plus rapidement chez l'habitant, les troupes fatiguées par une journée de marche, les fourriers indiquaient à la craie, sur les portes des maisons, des numéros qu'ils communiquaient aux soldats. A l'exception des miséreux et de quelques privilégiés, les habitants étaient tenus d'héberger chez eux, à tour de rôle, les soldats de passage. Cette obligation était fort impopulaire puisque de bons bourgeois devaient accueillir dans leur foyer des soudards qui n'étaient pas des modèles de bonne éducation ( les officiers, plus raffinés, descendaient dans les auberges ). Quand une unité prenait ses quartiers d'hiver, les maréchaux des logis avaient donc les pires difficultés pour caser les hommes à travers toute la ville. L'ordonnance de Louis XV de 1768 tente donc de remédier à cette difficulté. Les villes s'y plieront avec peu d'empressement.
La nomenclature officielle des noms de rue ne vient qu'après, en 1784, avec la gravure artisanale de lettres creusées dans la pierre au coin de chaque rue, afin que celles-ci fussent repérables par un nom spécifique. Les pierres gravées d'origine ont malheureusement pratiquement toutes disparu avec la Révolution mais les noms sont restés, mémoire d'une activité perdue, faisant chanter parfois le passé d'une évocation poétique ou énigmatique.
Rien qu'à Paris, la « rue du chat qui pêche » ou la « rue du Bac » ( lequel permettait la traversée des blocs de pierre pour la construction des Tuileries ), la « rue Vide-Gousset » ( à cause des vols ), la « rue de l'arbalète » ou encore le « Cimetière des Innocents » en témoignent. On sait que la « Cour des Miracles », rue Damiette, voyait tous les mendiants « handicapés » retrouver le soir une parfaite agilité, sitôt passé le périmètre contrôlé par eux.
Pourtant, cette pratique commode de désignation des rues et des maisons ne fut pas reprise par les nouveaux conquérants des Amériques. Aux Etats-Unis, les rues n'ont pas de noms mais on se rencontre à l'angle de la VIème et de la VIIème avenues. D'autres procédés ont été utilisés, au travers des âges, comme cette tradition de suspendre une lanterne rouge sur le devant d'une maison close ( reprise, cette fois, aux USA, en red light ) ou d'y faire figurer le numéro en chiffres énormes ( donc évidents ).
Il est dommage que les enseignes des rues et des commerces du Moyen-Age, si truculentes, n'aient pas été conservées. Pourquoi Voltaire a-t-il voulu remplacer « cul-de-sac » par « impasse » ? Oserais-je vous rappeler que la « rue Réaumur », physicien français, était celle où les dames attendaient à l'air libre, appuyées aux murs, rue que les clients nommaient donc « raie au mur » ? On ne sait plus rire, nous sommes devenus « coincés ».
Publié par Papyves à 00:07:08 dans Faits de Société. | Commentaires (0) | Permaliens
Autorisé par le roi à créer une pièce de son choix pour la Comédie Française, le jeune auteur Victor Hugo choisit un drame historique se déroulant en Espagne qui va déclencher une véritable bataille d'artistes. Lors de la première de son « Hernani », le 25 Février 1830, en effet, les « Jeune France » conduits par Théophile Gautier et Gérard de Nerval font un triomphe à l'auteur alors que les partisans du courant littéraire traditionnel, les « Classiques » censurent par leurs cris toute atteinte à la monarchie et aux règles admises du théâtre que ce jeune provocateur se permet de transgresser.
La pièce Hernani raconte l'histoire des amours tumultueuses d'un proscrit par le roi d'Espagne, amoureux de la jeune infante Dona Sol, elle-même courtisée par le vieux Don Ruy Gomez et le roi Don Carlos, futur Charles Quint. Victor Hugo innove en brisant les trois règles du théâtre de Boileau, « unités de lieu, de temps et d'action », mêlant lyrisme et trivialité et prenant des libertés avec le vocabulaire habituellement utilisé sur les planches. C'est le début du « romantisme ».
Durant les répétitions, les acteurs, eux-mêmes, étaient déroutés par le jeu et les textes qu'on leur imposait et proposaient des modifications. Mademoiselle Mars, par exemple, ne put pas se résoudre à déclamer le vers suivant : « Vous êtes mon lion superbe et généreux ». Victor Hugo tenait bon à chaque représentation, malgré les critiques de la presse et les attaques répétées de jour en jour par les anciens en perruques et les classiques. Il faut dire que ses amis, venus du « cénacle », tels que Honoré de Balzac, Hector Berlioz, Vigny, Musset, Alexandre Dumas étaient toujours plus nombreux et plus bruyants si bien qu'il fut de bon ton, dans les salons mondains et littéraires, de dire qu'on allait « rire à Hernani ».
Grâce à ces affrontements de courants opposés, le succès fut assuré, le romantisme à la Française lancé. Ainsi Sainte-Beuve, porte-parole du romantisme bien que dénigreur de l'art hugolien, a noté : « La question romantique est portée, par le seul fait d'Hernani, de cent lieues en avant et toutes les théories des contradicteurs sont bouleversées ».
Hernani ne fut pourtant pas la pièce la plus jouée puisque devancée par Ruy Blas, On ne badine pas avec l'amour ou Lorenzaccio.
L'année d'Hernani ( 1830 ) est aussi celle de la « Symphonie fantastique » de Berlioz et du « Rouge et le Noir » de Stendhal. Quelle ébullition artistique !
Publié par Papyves à 00:12:03 dans Faits de Société. | Commentaires (3) | Permaliens
Dans son atelier de Strasbourg, Gutenberg, né à Mainz en Allemagne, réussit, le 23 Février 1440, la première impression d'une page lisible, à l'aide d'une presse et de caractères mobiles en plomb, réutilisables à l'infini. C'est une révolution dans l'imprimerie qui utilisait, jusqu'alors, le travail long, minutieux et individuel de copistes et enlumineurs.
Johannes ( Jean ) Gutenberg fait d'abord son apprentissage pour devenir orfèvre, utilisant à cet effet la maîtrise d'alliages, bases de l'imprimerie traditionnelle. Plusieurs années de recherche, tenues dans le plus grand secret, lui permettent de donner naissance, en 1454, à une Bible en latin de 1282 pages et en 180 exemplaires. La production des livres de masse par juxtaposition de lettres de plomb et d'étain, sur une table pressée des milliers de fois sans altération de qualité, est un événement majeur de la Renaissance. Le savoir n'est plus réservé aux clercs.
Pourtant Gutenberg connaîtra une existence difficile et sera même ruiné à la suite d'un procès que lui intentera son commanditaire, Johann Fust, celui qui lui avait prêté l'argent nécessaire à la création de sa presse moderne mais qui lui confisquera celle-ci en dédommagement des sommes que Gutemberg ne peut rembourser du fait que les livres suivants, calendriers notamment, ne se vendent pas. Fust, aidé de Schoeffer, poursuivra l'impression pour son propre compte et s'expatriera à Paris, lançant ainsi les premiers pas de l'imprimerie française.
Sans ressources, Johannes Gutenberg aura la chance, sur la fin de sa vie, de bénéficier du soutien de l'archevêque de Mainz ( Mayence ) qui lui octroie une rente. Il meurt en 1468, largement méconnu par ses contemporains et sera enterré à Mainz dans un cimetière, détruit depuis. Qu'est devenue sa tombe ? Mystère. Heureusement, son invention reste et avec elle, notre plaisir de la lecture.
On entend aujourd'hui des détracteurs qui prétendent que l'imprimerie xylographique à caractères mobiles était déjà connue en Asie bien avant lui. Peut-être, mais Gutenberg est celui qui aura amélioré la technique de typographie avec des alliages sans déformation, des matrices en négatif, une casse de composition, une encre qui ne « poche » pas et, surtout, une presse révolutionnaire dont il eut l'idée, selon la légende, en voyant fonctionner un pressoir à vin.
Comme quoi, les plaisirs de la table peuvent rejoindre ceux de l'esprit.
Publié par Papyves à 00:17:05 dans Faits de Société. | Commentaires (18) | Permaliens
Le 19 Février, c'est aussi :
La disparition en 1951 de l'écrivain français André Gide, insaisissable défenseur des plaisirs assumés, comme son homosexualité par exemple, fervent disciple puis pourfendeur acharné du communisme, préoccupé de la responsabilité de l'écrivain qui s'oppose au colonialisme. On lui doit notamment « Les nourritures terrestres ».
La disparition en 1988 du poète français René Char, jeune adhérent au mouvement surréaliste, résistant et engagé dès 1940 mais dont les textes sont souvent hermétiques. Tout son travail résidait dans l'épuration de ses phrases jusqu'à les réduire à de fulgurants instantanés.
La disparition en 2001 du chanteur compositeur et interprète narbonnais Charles Trenet qui va révolutionner le music-hall et la chanson française en lui apportant du rythme, de la fantaisie et de la poésie. Révélé par « Je chante » créé par Maurice Chevalier en 1937, il fera chanter
Publié par Papyves à 17:13:21 dans Faits de Société. | Commentaires (0) | Permaliens
Initiateur de la Réforme protestante qui déchire l'Europe du XVIème siècle, le moine allemand Martin Luther ( à ne pas confondre avec Martin Luther King ) décède à Eisleben en Allemagne, le 18 Février 1546. Trompant les attentes de son père ( qui le poussait à poursuivre de brillantes études de droit ) en embrassant la voie monastique, il entre en 1505 au couvent des Augustins d'Erfurt. Rigoureux, menant une vie des plus ascétiques, il est indigné par les abus de l'Eglise romaine, qui marchande le salut de ses ouailles contre l'argent des « indulgences » lesquelles permettent de financer la construction de la basilique Saint Pierre. Docteur en théologie, il se fait connaître, en 1517, en publiant 95 thèses ( dites de Wittenberg ) contre ces indulgences et en critiquant l'autorité du Pape et l'infaillibilité du concile. Parce qu'il dénonce publiquement les dérives morales et financières du clergé catholique, il est excommunié par le Pape Léon X en 1520, brûle la bulle papale au lieu de se rétracter et sera mis, de ce fait, au ban du Saint Empire Germanique un an plus tard ( Edit de Worms ) par Charles Quint, malgré l'appui de puissants princes allemands.
Le schisme est entériné, et le luthéranisme, église séparée de Rome, prend de plus en plus d'ampleur. Luther parvient à diffuser sa propre conception de la pratique religieuse, reposant sur une foi personnelle et intérieure indépendamment de toute autorité temporelle. Par le baptême et la foi, dit-il, tous les croyants sont égaux et ont un accès direct à Dieu sans passer par un prêtre. Il façonnera le « petit » et le « grand Catéchisme » à l'usage du peuple d'une part et des pasteurs de l'autre, ne conservera que deux Sacrements ( le baptême et l'eucharistie ) et supprimera le célibat des prêtres.
Illustrant sa réforme, il se marie lui-même en 1525 avec une ancienne religieuse dont il aura six enfants. Martin Luther aidera Jean Calvin, le réformateur français, dans sa chasse aux sorcières et s'en prendra aussi aux Juifs, coupables à ses yeux de ne pas s'être convertis à la nouvelle religion.
Il laisse en mourant une oeuvre écrite considérable, notamment la traduction de la Bible latine dans la « langue du peuple ». Son oeuvre influence durablement l'Europe, notamment les cultures germaniques et anglo-saxones, et détermine les contours du protestantisme. Son appel à « la noblesse chrétienne de la Nation allemande » sera repris, plus tard, par le philosophe Hegel et, en le détournant, par les nazis.
Publié par Papyves à 00:09:44 dans Faits de Société. | Commentaires (0) | Permaliens
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