C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Marthe Richard, née Betenfeld à Blamont, Meurthe-et-Moselle, en 1889, est apprentie couturière dès 14 ans à Nancy où elle côtoie les jeunes soldats de la garnison. Accusée, à 16 ans, d'avoir transmis la syphilis à une recrue, elle monte à Paris et continue à user de ses charmes. Elle y rencontre et épouse un riche industriel, Henri Richer, qui lui offre, en 1912, un avion sur lequel elle passera son brevet de pilote. Elle prétendra battre un record jusqu'à Zurich alors qu'elle n'avait atteint que la Bourgogne.
Début d'une série d'affabulations, comme celle qui la dépeint comme une grande espionne au service de la France, alors qu'elle ne fut que la maîtresse d'un attaché naval allemand ...à Madrid. De même, lors de la deuxième guerre mondiale, elle ne sera pas inquiétée car inconnue des services secrets. Son livre sur ses exploits de Mata-Hari sera quand même un best-seller. Veuve de guerre, elle épouse l'Anglais Thomas Crompton, directeur financier de la Fondation Rockefeller, deux ans avant qu'il ne meure en 1928, mène grand train et débauche même Edouard Herriot, chef du gouvernement, qui lui obtiendra la Légion d'Honneur.
C'est donc comme héroïque résistante qu'elle est élue conseillère dans le 4° arrondissement de Paris. Bien que vivant avec un proxénète, la santé des femmes lui importe ; c'est pourquoi elle dépose un projet devant le conseil municipal pour la fermeture des maisons closes. Sa proposition fut votée localement, dans le département de la Seine, ce qui l'encouragea à mener une campagne de presse pour le vote d'une loi générale. Celle-ci fut votée le 13 Avril 1946 et elle gardera le nom populaire de « Loi Marthe Richard » alors que son auteur n'était pas député.
L'article 1 de la Loi, qui oscille entre abolitionnisme et prohibitionnisme, stipule que « toutes les maisons de tolérance sont interdites sur l'ensemble du territoire national » mais la prostitution reste autorisée outre-mer. C'est la fin d'un système légal datant de 1804. Les locaux de ces anciens « lupanars » ou « bordels » sont affectés aux organisations syndicales ou transformés en foyers pour étudiants.
La disparition sur Paris du Chabanais, du Sphinx ou du One-Two-Two, et d'autres, ne découragea pas les tenanciers qui se reconvertirent en propriétaires d'hôtels de passe. Le proxénétisme fut interdit et la prostitution restait libre mais les prostituées avaient perdu la sécurité d'un toit et des visites médicales et restaient fichées par la Police. Depuis, l'activité du sexe s'est déplacée sur les trottoirs ou dans les camionnettes à l'orée des bois, les lanternes rouges ne brillent plus à la porte des « boxons, des claques, des bobinards ou des poufs » mais le commerce de la chair est tout aussi visible et infâmant. Avec Internet, les rendez-vous sont plus discrets mais les « pratiquantes » plus nombreuses aussi. Le « plus vieux métier du monde » a de l'avenir.
Parodiant une célèbre marque de Champagne, Antoine Blondin dira de Marthe Richard : « la veuve qui clôt ». La vieille dame, qui écrivit encore quelques livres et fit des conférences sur sa vie d'espionne, mourut en 1982, à 92 ans. L'exercice, ça conserve !
Publié par Papyves à 00:09:30 dans Faits de Société. | Commentaires (0) | Permaliens
L'histoire de la conquête de l'Ouest américain est, dans notre imaginaire collectif, pleine de scènes d'attaques de diligences, de cow-boys ramenant les bêtes égarées au lasso et de hors-la-loi armés jusqu'aux dents. L'un des tout derniers brigands de ce type, Jesse James, reçut une balle derrière l'oreille au matin du 03 Avril 1882, lorsque son dernier associé, Robert N. Ford, le mit en joue pour toucher la prime de 10.000 dollars promise par le gouverneur du Missouri où James s'était enfui.
Bob Ford n'avait que 20 ans mais déjà une belle ambition et l'exemple de Jesse James, dont le gang venait d'être décimé, était moins attractif que la prime pour sa capture, d'autant qu'elle était assortie de la promesse d'abandon des poursuites judiciaires. Or, justement, Bob était déjà accusé d'un meurtre. Aussitôt après l'assassinat, il se précipita chez le gouverneur mais fut arrêté puis gracié et n'empocha qu'une partie de la prime annoncée.
Jesse Woodson James, né près de Kansas City en 1847 dans une famille esclavagiste et instable du Sud, avait un frère aîné Frank sur qui il exerçait son influence et c'est en combattants de la Confédération qu'ils font leur apprentissage de rebelles, pendant la guerre de Sécession, aux côtés des Sudistes. Jesse, du haut de ses 16 ans, avait initialement été jugé trop jeune pour s'engager et, de dépit, avait rejoint les « bushwhackers », une guérilla brutale dont les méfaits ne cesseront qu'à la capitulation du Sud à Appomattox en 1865.
Après la guerre, pour éponger les dettes de la famille, les frères se mettent à attaquer des banques, fait tout à fait nouveau à l'époque, ainsi que des trains. Vivant ainsi de braquages pendant 15 ans, ils font souvent la Une des journaux, partagés à leur endroit, et se présentent comme des victimes de guerre. L'échec de leur dernière expédition commando, en 1876, sur une banque du Minnesota, mieux défendue que les autres, les pousse à la retraite. Installés sous des noms d'emprunt, ils pensent vivre de leurs rentes mais Jesse est vite repris par ses vieux démons et il recommence à écumer la région, se faisant ainsi reconnaître.
C'est dans la maison de Jesse James à Saint-Joseph que des membres de son gang, avec les frères Younger, vont le trahir. Bob Ford, qui sera son meurtrier, n'ayant même pas eu le courage de le viser de face puisqu'il a attendu que Jesse soit occupé à replacer un tableau au mur pour lui tirer dans le dos. On a connu plus « classe » parmi les chasseurs de prime. La mère de Jesse l'a bien compris qui écrivit, sur la tombe de son fils, cette épitaphe : « In Loving Memory of my Beloved Son, Murdered by a Traitor and Coward Whose Name is not Worthy to Appear Here ».Malgré cette vie pitoyable, voire méprisable, une légende va naître, comme si l'Amérique avait besoin de héros machos pour fonder son unité. De Henri Fonda et Tyrone Power à Brad Pitt, en passant par Lucky Luke, nombreuses sont les évocations de ce guérillero meurtrier recherché par les polices de dix Etats. Comme Billy the Kid, ce Robin Hood du Missouri est devenu l'un des anges déchus de la conquête de l'Ouest.
A la recherche du temps perdu, en quelque sorte.
Publié par Papyves à 00:09:16 dans Faits de Société. | Commentaires (0) | Permaliens
Loin d'être un poisson d'Avril, malheureusement, c'est bien le 1er Avril 1994 qu'est décédé le plus célèbre photographe français contemporain, j'ai nommé Robert Doisneau, ce « braconnier de l'éphémère » ou ce « pêcheur d'images » comme il aimait à se peindre lui-même et qui est devenu mondialement connu avec des clichés noir et blanc d'anthologie comme ce fameux « baiser de l'hôtel de ville » à Paris ou les poses si touchantes d'écoliers distraits par l'horloge ou encanaillés au retour de l'école. On sourit encore à l'évocation de ces garnements qui sonnent en courant aux portes des bourgeois, dévalent les pentes de Montmartre ou reviennent, goguenards, les bras chargés du marché voisin.
Photographe du Paris éternel, romantique et populaire, Doisneau savait cueillir en douceur les petits moments de bonheur de la vie quotidienne, où cyclistes, ouvriers, amoureux ou policiers se trouvent être les acteurs involontaires d'un tableau en mouvement constant.
Né à Gentilly en 1912, au moment même où sombre le Titanic, il fait des études de graveur-lithographe et obtient son diplôme en 1929. Ses premières photographies seront des publicités puis un reportage sur le marché aux puces, vendu à l'Excelsior.
A son retour du service militaire qui confortera ses idées anarchistes, il est embauché comme photographe salarié aux usines Renault de Boulogne-Billancourt où il restera cinq ans. Au motif de « retards répétés », il s'en fait licencier en 1939 et décide de devenir photographe illustrateur indépendant. Lorsque la guerre survient, il sert dans l'armée française jusqu'en 1940 puis participe à la résistance. Ayant rejoint l'agence Rapho, en 1946 comme indépendant, il vend ses clichés à des magazines aussi divers que Life, Point de vue, Match, La vie ouvrière, Réalités ou Vogue et effectue des reportages à l'étranger ( URSS, Etats-Unis, Yougoslavie ). Témoin d'une histoire en mouvement, Doisneau aura tout photographié, du clochard à l'aristo, y compris de grandes figures de notre temps comme Picasso, Tati, Prévert ou Orson Welles et aura obtenu de nombreux prix, tels que celui de Kodak en 1947, de Niepce en 1956 ou Balzac en 1986.
Avec la notoriété viennent les contrats et la publication de nombreux ouvrages dans lesquels ses instantanés de la vie au quotidien deviennent des pages d'histoire. Maintenant toujours une certaine distance avec ses sujets, il guette avec humour l'anecdote, la petite histoire, montrant beaucoup d'ironie, de tendresse mais aussi de nostalgie.
« Moi j'aime les gens pour leur fragilité et leurs défauts » dira-t-il, « je m'obstine à arrêter ce temps qui fuit ... ». Il mourra à 82 ans au sommet de sa gloire, en laissant deux filles mais surtout une œuvre personnelle d'une extrême richesse et variété.
Chapeau l'artiste ! ( sur la photo, notez le regard de l'homme ).
Publié par Papyves à 00:46:12 dans Faits de Société. | Commentaires (0) | Permaliens
Pour le centième anniversaire de la Révolution française, et 11 ans seulement après celle de 1878 qui avait légué le Trocadéro, la France organisa une gigantesque Exposition universelle à Paris où toutes les techniques modernes devaient être mises en avant. Le projet d'un ouvrage colossal, par exemple une tour métallique, devait être le clou du spectacle et la preuve de la puissance de la nation.
L'ingénieur Gustave Eiffel obtint le marché, l'exploitation commerciale de la tour pour la durée de l'exposition et la jouissance pendant 20 ans ( sa conception était provisoire ). Ayant racheté les plans conçus par ses collaborateurs, il utilisa pour les fondations la technique de l'air comprimé et fit reposer chacun des 4 piliers sur un socle cimenté de 26 m2 de surface et de 12 mètres de profondeur. Deux années furent nécessaires pour l'édification de ce monument de 9.000 tonnes, formé de 18.000 pièces métalliques assemblées par 2.500.000 rivets chauffés sur place et dont la répartition des masses au sol est optimalisée.
Gustave Eiffel n'était pas un inconnu : il avait déjà réalisé le viaduc de Gabarit dans le Cantal ainsi que la structure interne de la statue de la Liberté, construite par le sculpteur français Frédéric Auguste Bartholdi et offerte aux Américains en 1885.
Quand, le 31 Mars 1889, Gustave Eiffel envoya les couleurs ( monter le drapeau ) sur le sommet, 23.200 visiteurs se pressèrent, dans les ascenseurs, jusqu'en haut de cet édifice dont la structure métallique aérée n'offre aucune prise au vent ( la plus puissante rafale ne la fait osciller que de 12 cm ).
Détestée, à l'époque, par les écrivains et les artistes, la tour a survécu à l'exposition universelle dont elle ne devait être, sur le Champ de Mars, que l'ornement éphémère. Son succès n'a guère fléchi depuis puisqu'elle reçoit 1.600.000 visiteurs par an et en totalise plus de 240 millions à ce jour. Elle resta 40 ans la construction la plus haute du monde.
Mais « la vieille dame » n'a pas été que simple objet de curiosité : elle servit de lieu d'expérimentation pour des liaisons télégraphie ou radio-électriques militaires ( Général Ferrié ) ou accueillit un phare pour avions ( 1947 ). Avec l'adjonction de la tour de télévision, la pointe ( 318 m ) est aujourd'hui hissée à 320,75 mètres, largement dépassée depuis par les gratte-ciel, type Empire State Building ( 381 m ), et les tours diverses du type de celle de Dubaï ( 810 m en 2009 ).
Heureusement, il n'est plus question de démonter ( comme ce fut envisagé ) ce monument parmi les plus visités au monde. La Tour Eiffel est devenue le symbole ou l'emblème de la France dans le monde. Nous pouvons en être fiers.
Merci, Monsieur Eiffel.
Publié par Papyves à 00:10:07 dans Faits de Société. | Commentaires (1) | Permaliens
Chers amis blogeurs. Je vais devoir faire une pause d'une semaine, désolé.
Pendant quelques jours donc vous n'aurez plus de billet historik journalier. Profitez en pour lire mes anciens articles que vous avez zappés ( en tapant même au hasard dans les numéros en bas de page ).
Joyeuses Pâques.
A bientôt. Papyves.
Publié par Papyves à 11:33:15 dans Faits de Société. | Commentaires (0) | Permaliens
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